Noël Fiessinger

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Noël, Armand Fiessinger, né le 24 décembre 1881 à Thaon-les-Vosges et mort le 15 janvier 1946 à Paris, est un médecin et physiologiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le petit-fils de Charles Fiessinger, médecin de Mutzig (Alsace), et le fils de Ch. Fiessinger, médecin lui aussi dans les monts du Jura puis à Paris.

Il commença ses études de médecine à Lyon et arriva premier à l'externat en 1900.

En 1904, il était interne des Hôpitaux de Paris. Il a exercé dans le service du professeur Anatole Chauffard qu'il considérait comme son grand maitre.

Durant la guerre de 1914-1918, Noël Fiessinger s'engage et dès le début du conflit il part au front ; il est rapidement affecté au laboratoire d'un centre hospitalier ( Montdidier ) où il crée un laboratoire de fortune dédié à la biologie des plaies de guerre. Ses travaux se concluront par la publication d'un Traité de Biologie de la plaie de guerre, en collaboration avec le professeur Pierre Delbet.

Son engagement et ses missions aux postes les plus avancés lui ont valu la Croix de guerre et la Légion d'honneur au titre militaire.

Il travaille par ailleurs sur les ferments des leucocytes (ouvrage paru en 1920) et l'exploration fonctionnelle du foie (ouvrage paru en 1925)

Il est agrégé et nommé médecin des hôpitaux en 1920, chef de service en 1925, professeur de médecine expérimentale en 1931. Six fois lauréat de l'Académie de médecine (1910, 1915, 1917, 1918, 1924) et trois fois lauréat de l'Académie des sciences (1920, 1924), il a été prix Montyon pour la médecine et la chirurgie.

Il accumule les titres et les honneurs : codirecteur du Journal des Praticiens, vice-président de l'Association de la Presse médicale française, président de la Société de pathologie comparée, président de la Société anatomique, vice-président de la Société de biologie, officier de la Légion d'honneur...

À la retraite du professeur Carnot en 1939, il est nommé à la chaire de Clinique médicale de l'Hôtel-Dieu, mais la Deuxième Guerre mondiale le mobilise le 3 septembre 1939 avec fonction de consultant de l'Armée du Nord (1re armée), et ce n'est que le 13 octobre 1940 sous l'occupation qu'il prendra en charge la chaire de l'Hôtel-Dieu. À la fin de sa leçon d'ouverture, le médecin général Mahaut lui remit la croix de guerre, si bien que Fiessinger portait les croix de guerre des deux conflits mondiaux.

Pendant l'occupation, il contribue à l'exclusion des juifs de la faculté de médecine de Paris et au soutien de thèses ouvertement antisémites[1].

Il a été élu à l'Académie de médecine dans la section médecine le 15 octobre 1940, succédant à l'illustre neurobiologiste Pierre Marie.

Travaux[modifier | modifier le code]

Il est à l'origine de la découverte de la maladie de Fiessinger-Leroy-Reiter, et a élucidé l'histogenèse des cirrhoses(Thèse de Doctorat en 1908).

Ses travaux de recherche ont trouvé place dans plus de 700 publications et ses livres d'enseignement ont été des références durant de nombreuses années:

  • Physiopathologie des syndromes endocriniens (1933)
  • Nouveaux procédés d'exploration fonctionnelle du foie (1934)
  • Physiopathologie des traversées chimiques et bactériennes (1934)
  • Explorations fonctionnelles (1937)
  • Les diagnostics biologiques (1938)
  • Endocrinologie (1940)
  • Les premiers pas dans la médecine (1940)
  • Syndromes et maladies (1942)
  • Diagnostics difficiles, Cliniques et investigations…

Il s'est investi dans le syndicalisme médical et a été Président de la Chambre syndicale des médecins de la Seine et Président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF).

De nombreuses salles dans plusieurs hôpitaux parisiens portent le nom du professeur Fiessinger (hôpital Laennec, hôpital Saint-Antoine…), ainsi qu'un bâtiment du CHU d'Angers.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bruno Halioua, Blouses blanches, étoiles jaunes : l'exclusion des médecins juifs en France sous l'Occupation.

Liens externes[modifier | modifier le code]