Nkisi

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Statuette Nkisi du XIXe siècle conservée au Musée de Brooklyn.
Nkisi canin, avant 1885.

Le terme nkisi ou nkishi (pluriel : minkisi, minkishi) est généralement employé pour désigner les statuettes anthropomorphes produites par les populations bakongo à des fins magico-religieuses. Pendant la période coloniale, ces statuettes étaient appelées « fétiches », ou encore « fétiches à clous », certaines d'entre elles, Nkondi (en), étant parfois couvertes de clous et de lamelles de fer. Dans la pensée kongo, « nkisi »[1],[2] réfère aussi à une puissance personnalisée du monde invisible qui peut être soumise ou contrôlée au moyen de pratiques rituelles.

Ces statuettes sont sculptées dans du bois, leur forme est souvent celle d'un être humain ou d'un chien, leurs yeux sont généralement incrustés de morceaux de verre ou de miroir et un réceptacle contenant différentes substances est fréquemment fixé au crâne ou apposé sur l'abdomen. Parfois, d'autres emplacements sont prévus par le sculpteur pour des ajouts ultérieurs de matières. Ces ajouts sont effectués par le « nganga »[3], le spécialiste magico-religieux. Il arrive que l'objet, anthropomorphe au départ, soit recouvert d'un attirail au point de sembler informe. Les réceptacles et les croûtes de matières qui recouvrent la statuette, les « bilongo »[4], sont censés activer magiquement l'objet. La plupart des minkisi présents dans les collections des musées en sont dépourvus[1] : les substances magiques ont été retirées afin que les objets cédés aux collecteurs coloniaux soient inactifs, ou parce que leur aspect composite déplaisait aux collectionneurs.

La statuaire bakongo est produite avec différentes intentions, mais son aspect spectaculaire, parfois menaçant, en a fait un symbole de la sorcellerie africaine.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Wyatt MacGaffey, Trésors d'Afrique, Musée royal de l'Afrique centrale, Tervueren, 1995, p285
  2. (en)Wyatt MacGaffey, Art and healing of the Bakongo commented by themselves : Minkisi from the Laman collection, Folkens Museum-Etnografiska, 1991, p4
  3. (en) Ezio Bassani, « Kongo Nail Fetishes from the Chiloango River Area », sur worldafropedia.com,‎ avril 1977
  4. R. Lehuard, Art Bakongo : les centres de style, vol 1, Arnouville : Art d'Afrique Noire, 1989, p79

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • R. Lehuard, Art Bakongo : les centres de style, 2 vol, Arnouville : Art d'Afrique Noire, 1989.
  • M. Derez et al., Mayombe. Statuettes rituelles du Congo., Tielt : Lannoo, 2010.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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