Nirriti

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Nirriti (IAST: Nirṛti) fait partie des déesses de l'hindouisme et plus particulièrement du védisme[1]. Lors des offices liés au feu les Yajna, Nirrti est invoquée.

Dans l'hindouisme plus récent (à partir des Purana, Nirriti est une divinité masculine appelée aussi Nirrita. Divinité d'aspect émacié, voire squelettique, dikpâla (gardien) du sud-ouest, son vahana ou monture est un cadavre.

Symbolisant la décadence, étroitement associé à Yama (la mort) et la décrépitude, elle régirait les rakshasa (créatures anthropophages), les bhûta (fantôme) et les maladies.

Origine indo-européenne[modifier | modifier le code]

Georges Dumézil rapproche cette divinité d'une divinité romaine, Lua Mater, qui personnalise le même concept d'anéantissement et de désagrégation. Il rappelle l'importance, dans la pensée védique comme chez les Romains, de la notion d'ajustement ordonné, exprimé en sanskrit par le participe passé r̥tá (du verbe r̥-). Nirr̥ti représente la destruction du r̥tá[2]. Il lui paraît probable que Nirr̥ti et Lua continuent une même conception indo-européenne[3].

Culture et médias[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

C'est un des Grands Maîtres Goa'uld (puis une rebelle après les avoir trahis) de la série Stargate SG-1. Elle s'est spécialisée dans la recherche génétique afin de se créer un hôte parfait. Incarnant une déesse indienne, son symbole dans la série ressemble d'ailleurs grossièrement à un Aum inversé et son nom est orthographié Nirrti.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. The A to Z of Hinduism par B.M. Sullivan publié par Vision Books, page 148, (ISBN 8170945216)
  2. Il cite Abel Bergaigne, Religion védique, III (1883), pp. 214-215, à propos de l'adaptation, sans laquelle le monde n'offrirait ni ordre ni solidité : « Nous savons déjà que la racine r̥- signifie "être adapté" et au causal "adapter". […] avec le préfixe niḥ- marquant la séparation, la racine prend le sens de "se dissoudre" et le nom d'action nírr̥ti désigne la Destruction personnifiée. »
  3. Georges Dumézil, Déesses latines et mythes védiques, Bruxelles, coll. Latomus XXV, 1956 : chap. IV « Lua Mater », pp. 99-115.