Niobides

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Niobide blessée provenant des jardins de Salluste, vers 440 av. J.-C., palais Massimo alle Terme

Dans la mythologie grecque, les Niobides sont les enfants d'Amphion et de Niobé, fille de Tantale. Leur mère s'étant vantée d'avoir eu plus d'enfants que Léto, mère d'Apollon et Artémis, les deux dieux les massacrent de leurs flèches.

Mythe[modifier | modifier le code]

Les Niobides apparaissent dès l’Iliade, où Achille raconte leur histoire :

« Les fils, c'est Apollon qui, de courroux, les lui tua,
Avec son arc d'argent, et ses filles, c'est Artémis,
Car Niobé se disait aussi belle que Léto,
Qui n'avait eu que deux enfants, quand elle en avait douze.
Ces deux-là cependant devaient lui tuer tous les siens,
Qui traînèrent neuf jours, sanglants, sans être ensevelis
Car le fils de Cronos avait changé les gens en pierres.
Les dieux du ciel les enterrèrent le dixième jour[1]. »

Le nombre des Niobides diffère suivant les auteurs : ils sont six garçons et six filles chez Homère, neuf et neuf (ou dix et dix) dans le Catalogue des femmes[2] et Sappho[3], sept ; et sept chez Lasos[4], Eschyle, Sophocle, Euripide, Ovide[5] et le pseudo-Apollodore[6], six et six chez Phérécyde d'Athènes[7], quatre et trois chez Hellanicos[8]etc.[9]. Quelques-uns de ces auteurs fournissent des listes de noms :

  • Apollodore : Éthodaia (ou Néère), Cléodoxa, Astyoché, Phthia, Pélopia, Astycratia et Ogygia pour les filles et Sipyle, Eupinytos, Isménos, Damasichthon, Agénor, Phédimos et Tantale pour les garçons ;
  • Hygin[10] : Néère, Phthia, Chloris, Astycratia, Eudoxa et Ogygia pour les filles et Tantale, Isménus, Eupinytos, Phédimos, Sipyle, Damasichthon et Archénor pour les garçons ;
  • Hygin (qui donne une autre liste des filles)[11] : Théra, Cléodoxa, Astynomé, Astycratia, Chias, Ogygia, Chloris ;
  • Ovide : Isménos, Sipyle, Phédimos, Tantale, Alphénor, Damasichton et Ilionée pour les garçons — les filles ne sont pas nommées.

Chez certains auteurs, quelques-uns des Niobides sont épargnés (notamment Amphion et Chloris ou Amyclas et Mélibée[6]).

Représentations artistiques[modifier | modifier le code]

La première représentation connue du mythe est une amphore tyrrhénienne de 560 av. J.-C. environ, représentant Apollon, Artémis et trois de leurs victimes tentant de fuir[12],[13]. La seconde est celle du peintre dit « des Niobides », sur un grand cratère en calice à figures rouges daté de 460-450 av. J.-C. montant les dieux jumeaux au milieu de Niobides en fuite ou déjà tombés sous leurs flèches[14],[13]. Sa composition particulière, où les personnages sont étagés à des niveaux différents, a fait penser que la scène était inspirée de la grande peinture murale[15].

À l'époque hellénistique, le mythe devient un sujet favori des sculpteurs.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Homère, Iliade [détail des éditions] [lire en ligne], XXIV, 605-612. Traduction de Frédéric Mugler, Actes Sud, 1995.
  2. Pseudo-Hésiode, Catalogue des femmes [détail des éditions], frag. 183 MW.
  3. Sappho, frag. 205 LP.
  4. Lasos, frag. 183 MW.
  5. Ovide, Métamorphoses [détail des éditions] [lire en ligne], VI, 204-266.
  6. a et b Apollodore, Bibliothèque [détail des éditions] [lire en ligne], III, 5, 6.
  7. FGrH, 3 F 126.
  8. FGrH, 4 F 21.
  9. (en) Timothy Gantz, Early Greek Myth, Johns Hopkins University Press,‎ 1993 [détail de l’édition], p. 537.
  10. Hygin, Fables [détail des éditions] [(la) lire en ligne], XI.
  11. Hygin, Fables [détail des éditions] [(la) lire en ligne], LXIX.
  12. Museum für Kunst und Gewerbe, Hambourg, 1960.1 : [Reproduction en ligne].
  13. a et b Gantz, p. 538.
  14. Musée du Louvre, Paris, G 341 : [Reproduction en ligne].
  15. Bernard Holtzmann et Alain Pasquier, Histoire de l'art antique : l'art grec, École du Louvre, RMN & Documentation française, 1998, p. 175.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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