Attentats du 11 septembre 2001

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Les tours du World Trade Center en feu après les impacts des vols AA11 et UA175.
Les tours du World Trade Center en feu après les impacts des vols AA11 et UA175.

L’expression attentats du 11 septembre 2001 (abréviations : 11/9, 11 Septembre et, en anglais, 9/11) désigne une série d'événements dramatiques qui ont eu lieu dans le nord-est des États-Unis le mardi 11 septembre 2001 : trois avions commerciaux se sont écrasés contre des immeubles hautement symboliques : les tours jumelles du World Trade Center à Manhattan, à New York, et le Pentagone, siège du département de la Défense des États-Unis, à Washington. Un quatrième avion s'est écrasé en rase campagne à Shanksville, en Pennsylvanie.

Le rapport de la Commission nationale sur les attaques terroristes contre les États-Unis, publié fin août 2004, a conclu à la responsabilité du réseau Al-Qaida, en affirmant que les dix-neuf pirates de l’air impliqués dans ces attentats-suicides en étaient membres et que le commanditaire en était Oussama Ben Laden qui, dans plusieurs messages vidéos, s'est félicité de ces événements.

Ces attentats ont été vécus presque en temps réel par des centaines de millions de téléspectateurs à travers le monde, les images de l'avion heurtant la deuxième tour du World Trade Center ayant été diffusées en direct, ainsi que l'effondrement complet des trois tours du WTC à Manhattan. Le choc psychologique a été considérable au plan international. Ces attentats ont généré des effets puissants et persistants, notamment politiques et économiques. Le gouvernement américain a institué une législation sécuritaire et, en dénonçant un nouvel « Axe du Mal », s'est lancé dans une « guerre contre le terrorisme ».

Les victimes directes de ces événements ont été chiffrées à 2 973 morts et 24 disparus. Plusieurs milliers de personnes blessées et des milliers d’autres, notamment parmi les sauveteurs, sont atteintes de maladies induites par l’inhalation de poussières toxiques.

Attentats du 11 09 2001
Sites de destruction
World Trade Center
Pentagone
Shanksville
Vols détournés
Vol 11 American Airlines
Vol 175 United Airlines
Vol 77 American Airlines
Vol 93 United Airlines
Enquêtes

Responsabilité

Commission d'enquête
Rapport final
Divers
Théories du complot


Sommaire

[modifier] Attentats : les faits

Avec leur charge (partielle) en carburant estimée à 45 000 litres[1] chacun, les avions, deux Boeing 757 et deux Boeing 767 ont été utilisés comme bombes incendiaires volantes. Des quatre avions détournés, seul le vol UA93 ne put atteindre sa cible, s’étant écrasé dans une mine à ciel ouvert désaffectée de la Pennsylvanie alors qu’il se dirigeait vers la capitale.

Quelques passagers et membres d’équipage ont pu passer des appels téléphoniques, principalement du vol UA93, mentionnant la présence de pirates de l’air armés de couteaux à lame rétractable (Box cutter en anglais), qu’ils ont utilisés pour menacer ou tuer du personnel navigant et des passagers lors de la prise de contrôle de l’avion. Un témoin rapporte aussi l'utilisation d'un produit chimique de type gaz lacrymogène utilisé dans du vol American 11 pour tenir les passagers à l’écart de la première classe[2]. La commission nationale sur les attaques terroristes contre les États-Unis, a pu établir que deux des pirates de l’air avaient récemment acheté des couteaux multifonction Leatherman[3]. Des menaces de bombe ont été faites sur trois des avions (pas sur l’American 77).

[modifier] Les détournements

Les vignettes ci-dessous présentent les trajets des détournements tels que reconstitués par le rapport de la « Commission 9/11 »
Information Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Selon l’étude du NTSB de l’hiver 2001-2002, rendue publique en août 2006[4], les vols UA175 et AA11 étaient programmés pour décoller à une minute d’intervalle, mais le premier quitta le sol avec 16 minutes de retard et atteignit sa cible très exactement 16 minutes après que l’AA11 a frappé la tour Nord, la durée de vol ayant été de 49 minutes (48 minutes pour AA11).
Ces parcours ne correspondent pas à un souci de minimiser le temps d’exposition à la réaction de la défense aérienne : après la prise de contrôle par les kamikazes, le vol 11 fut maintenu 13 minutes durant dans une direction (le Nord-Ouest) qui l’éloignait de son objectif. Ce choix se retrouve pour le vol 175 avec son large détour au dessus du New Jersey pour revenir sur Manhattan par le Sud.

Ce trait est également partagé par les vols AA77 et UA93 : le caractère tardif de la prise de contrôle des avions (après 26 et 45 minutes) résultait en un éloignement important de leur cible, accroissant d’autant les facultés d’intervention de la défense aérienne.

[modifier] Réactions de la défense aérienne

Les procédures réglant la coordination entre l’aviation civile et le Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord (NORAD), en place depuis les années 1960, fonctionnaient de manière satisfaisante (67 sorties entre septembre 2000 et mai 2001). Elles furent cependant modifiées début juin 2001 en privant les commandants de bases de leur autonomie de décision, les plaçant en dépendance du Secrétaire à la défense (Donald Rumsfeld, au Pentagone). Le NORAD disposait ce jour-là pour la côte est sur quatre bases de huit chasseurs armés et prêts à décoller[réf. nécessaire] (dont celles de Langley Air Force Base à Hampton en Virginie, d’Otis à Falmouth dans le Massachusetts et d’Oregon AB à Portland dans l’Oregon tandis que des jeux de guerre tels Global Guardian étaient en cours.

Les espaces de temps offerts par les détournements furent conséquents : prenant comme signal d’alarme le radio-mutisme du vol AA11 (8 h 14), à l’instant des impacts successifs, 33, 49, 83 et 112 minutes se sont écoulées. Aucun des avions de chasse ayant été mis en œuvre n’a été capable d’interférer avec les vols piratés. Le NORAD a soutenu que cette faillite majeure du système de protection de l’espace aérien était due aux délais pris pour transmettre les incidents de vol (24 et 39 minutes pour les vols AA11 et AA77) ou leur non transmission. Reprenant les données du NORAD, la Commission Kean exposa que les militaires auraient été avertis quelques minutes seulement avant les impacts des vols AA11 et AA77, et après les impacts pour les autres. Cependant, les choix opérés par le NORAD suscitèrent des interrogations. Selon la déposition du 13 septembre du général Myers, confirmée par la conférence de presse du vice-président Dick Cheney du 16, aucun avion de chasse n’aurait été mis en œuvre avant l’impact du vol AA77 contre le Pentagone (9 h 37). La chronologie du NORAD, publiée le 18, indiquait que des chasseurs avaient décollé à 8 h 44 et 9 h 30. Selon la Commission Kean, les premiers chasseurs décollèrent à 8 h 52, 38 minutes après le détournement du vol AA11 d’Otis, proche de Boston, éloignée de 240 km. Après avoir volé au quart de leur vitesse maximale, ils se trouvaient à 114 km de New-York lorsque le vol UA175 percutait la tour Sud. Après avoir atteint New-York à 9 h 11, ils furent affectés à patrouiller l’espace aérien new-yorkais. Pendant ce temps, le NORAD faisait décoller d’autres chasseurs de la base de Langley, située 210 km au sud de Washington. Celle d’Andrews, à 15 km de la capitale, dont des chasseurs participaient à un exercice en Caroline du Nord ce matin là[5] reçut de son côté l’ordre par les services secrets de préparer une patrouille armée. Mais une demi-heure plus tard, à la réception de l’ordre de la Présidence de faire décoller ces chasseurs suite à l’attentat contre le Pentagone, ils n’étaient toujours pas prêts. Volant à 35 % de leur capacité, les chasseurs de Langley arrivèrent au Pentagone 12 minutes après l’impact du vol AA77 au moment où trois F-16 non armés décollaient d’Andrews, quarante cinq minutes après la mise en alerte [6].

Bien que le non respect des procédures d’alerte fût ainsi pointé du doigt, il n'y eu aucune enquête publique et aucune sanction à l'encontre des responsables de la FAA. L’échec du NORAD n’empêcha pas non plus les hauts responsables, tels les généraux Eberhard et Myers, d’être confirmés dans leurs fonctions voire promus. Cet échec était aggravé par le fait que le WTC avait été reconnu comme cible privilégiée dès l'explosion du camion chargé d'explosifs de 1993. En 1994, un expert commandité par le Pentagone soulignait la valeur symbolique des tours et envisageait qu'une attaque terroriste consisterait certainement en « des actions multiples et simultanées »[7]. Durant les deux années précédant les attentats, le NORAD effectua des exercices dans lesquels des avions de ligne détournés étaient utilisés contre divers objectifs, dont le WTC[8]. Par ailleurs, les services de renseignements de plusieurs pays, européens entre autres, avaient plusieurs mois auparavant prévenu leurs homologues américains d'une préparation de détournements d'avions civils sur le territoire des USA[9].

À partir de 9 h 49, tous les vols commerciaux aux États-Unis sont annulés (et tous les vols internationaux volant en leur direction détournés sur le Canada), et les aéroports de Los Angeles et San Francisco fermés. L’aviation civile reste clouée au sol jusqu’au 14 septembre.

L’US Navy annonce à 14 h 51 le déploiement de 2 porte-avions et d’autres navires venant de la base navale de Norfolk au large de New-York et de Washington.

Parmi les unités militaires déployées en renfort sur le lieu du désastre, il faut noter la présence d’une unité de guerre bactériologique de la garde nationale des États-Unis chargée d’analyser l’air afin de déterminer si des germes pathogènes avaient étés répandus. Mise en alerte quelques minutes après le second impact, elle confirma à 20 h 30 l’absence de risques en ce domaine. [10]

[modifier] Impacts et dommages

Schéma montrant à quels étages les avions ont percuté les tours jumelles du World Trade Center.
Schéma montrant à quels étages les avions ont percuté les tours jumelles du World Trade Center.

Environ dix-sept mille quatre cents personnes se trouvaient dans les deux tours au moment des attentats et la plus grande partie d'entre eux a eu la possibilité d’évacuer les lieux avant leur destruction.

[modifier] WTC1

À 8 h 46 (heure locale) (soit 13 h 46 en UTC), le vol AA11 percutait quasi perpendiculairement en son centre la face nord-est de la tour jumelle Nord[11], son angle de gîte (25°) résultant en une emprise sur cinq étages (93 à 97). Animé d’une vitesse estimée à 710 km/h, l’avion laissait dans la façade son empreinte partielle (35 mètres pour 48 mètres d’envergure), les extrémités des ailes n’occasionnant que des dégâts superficiels. Les dommages occasionnés à la structure externe ont été chiffrés à trente-six poteaux sectionnés (douze en moyenne par étage atteint, soit 5 % des deux cent quarante du pourtour). Les dommages sur la structure centrale restent inconnus et non établis (à eux seuls, les quarante-sept poteaux centraux supportaient 60 % de la charge statique). Selon le rapport de la FEMA qui reprend à son compte l’opinion d’experts exprimée le 11 septembre lors d’interviews, le sommet des tours se serait déplacé de six à huit mètres au moment des impacts. Mais, d’après l’étude qui fit suite des ingénieurs commandités par le NIST, le déplacement maximal de la tour Sud (au niveau de l’impact), obtenu par simulation, n’aurait été que de quarante centimètres, résultat que confirment les calculs du professeur Bazant du MIT (quarante-cinq centimètres).

Seule une petite partie de train d’atterrissage ressortit par la face opposée, après avoir perdu environ 95 % de son énergie, et sera retrouvée à un coin de rue, quelques 385 mètres plus loin[12]. Le FBI affirmera avoir retrouvé à proximité le passeport intact de l’un des kamikazes (Satam Al Suqami). Avec tous les ascenseurs en panne et les escaliers rendus impraticables, les personnes situées au-dessus des étages atteints furent piégées et enfumées.

Les dégâts constatés dans le hall du rez-de-chaussée, rapportés notamment par les pompiers[13] (vitres et portes d'ascenseurs soufflées, plaques de marbre murales décollées) et secouristes (personnes brûlées) sont habituellement attribués au kérosène pulvérisé autour du 95e étage, lequel aurait alors parcouru les quelque quatre cents mètres d'une cage d'ascenseur, accordant à sa combustion en atmosphère libre la capacité de produire une puissante onde de choc. Selon ces témoins, les ascenseurs concernés étaient ceux du centre, dits locaux, qui desservaient les étages inférieurs et les sous-sols. Les témoignages de techniciens travaillant dans les étages du sous-sol, tels que William Rodriguez ou Philipp Morelli[14] font par ailleurs état d'une forte explosion qui aurait ravagé le sixième étage juste avant l'impact du vol AA11. Mike Pecoraro, un ingénieur qui se trouvait à cet étage même, délivra un descriptif détaillé des dégats qu'il attribuait à une bombe[15].

[modifier] WTC2

À 9 h 03, le vol UA175 pénétrait de biais (15° environ) la face sud-ouest de la tour Sud, à quelques 7 mètres de son centre. L’événement a pu être largement enregistré par les télédiffuseurs qui couvraient l’attentat contre la tour Nord.

Selon le rapport publié par la FEMA, la vitesse de l’avion était estimée à 870 km/h, ce qui lui accordait 50 % de plus d’énergie que le vol AA11. Mais, frappant la tour entre les étages 78 et 83, il laissait une empreinte plus courte (26 mètres d’envergure) malgré un angle de gîte plus important (38°) car à ce niveau la structure extérieure était (deux fois) plus résistante qu’au niveau de l’étage 95. L’angulation de la direction de vol a fait que la moitié tribord de l’appareil ne pouvait pas rencontrer la structure interne des poteaux porteurs, permettant ainsi à des parties de moteur, de train d’atterrissage et de carlingue de ressortir par l’angle est du bâtiment et d’être retrouvés jusqu’à 400 mètres de distance. L’avion sectionna vingt-cinq colonnes de la structure externe (onze par étage en moyenne, soit 5 % du pourtour), dommages auxquels il faut ajouter ceux réalisés dans l’angle oriental par la sortie des morceaux de moteur et de train droits. L’empreinte laissée par l’avion avait une surface tout à fait comparable à celle de WTC1. Les dommages subis par la structure centrale sont tout aussi inconnus que ceux de la tour Nord, mais ne peuvent qu’être moindres, raison pour laquelle les ascenseurs ont fonctionné durant un quart d’heure (jusqu’à 9 h 03) et qu’au moins un escalier resta praticable.

[modifier] Le Pentagone

Degâts sur le Pentagone
Degâts sur le Pentagone

À 9 h 37, Le vol AA77 aurait pénétré la partie centrale de l’aile occidentale du Pentagone selon un axe incliné de 52° par rapport à la façade, l’avion filant à la vitesse estimée de 850 km/h. Les traces qu’il laissait sur divers dispositifs situés en avant du bâtiment (lampadaires abattus, muret entamé, compresseur endommagé) ne sont compatibles qu’avec les caractéristiques d’un Boeing 737 ou 757[16]. À ce jour, une seule vidéo, parmi les nombreuses caméras de sécurité du Pentagone, a été rendue publique. La vidéo dure environ quatre secondes, contient cinq images dont aucune ne permet de voir un avion. L’avion pénétra au centre d’une section en achèvement de rénovation, la façade extérieure venant d’être renforcée pour résister à une attaque terroriste (poteaux d’acier, couverture de kevlar). Avec l’impact se produisait une puissante explosion dont les caractéristiques, décrites par des témoins[17] et en partie enregistrées par la caméra de surveillance du parking nord (éclair argenté, vague lumineuse, front blanc, couleur rouge intense, onde de choc), similaires à celles d’une déflagration d’explosifs. Selon les témoignages mentionnés, des pièces de l’avion et des morceaux de béton[18], ainsi que des 'confettis' d’aluminium retombés 'en pluie' après avoir été projetés en l’air[19] jonchaient la pelouse devant le bâtiment jusque sur la chaussée de la voie rapide, à 150 mètres de distance[20]. Quelques rares pièces reconnaissables furent retrouvées (parties de moteur et de train d’atterrissage à l’intérieur, fuselage sur la pelouse, empennage sur le toit).

La rangée de colonnes d’acier fut détruite sur une largeur d’une dizaine de mètres à hauteur du rez-de-chaussée. Tout un ensemble de colonnes de soutien des étages en béton fut également détruit immédiatement en arrière de l’impact, mais aussi à une distance conséquente, sectionnées à la base. D’où l’effondrement de la section d’étages une demi-heure plus tard. À cent mètres de l’impact, exactement dans l’axe de vol, une perforation circulaire de 2,3 mètres de diamètre avait été faite dans le mur interne de l’anneau C du bâtiment, marqué au-dessus de l’orifice d’un important dépôt de résidus gazeux de combustion et de traces d’une onde de choc (vitres brisées). Toujours dans cet axe, le mur extérieur de l’anneau B qui faisait face à cet orifice était porteur d’un autre dépôt de résidus de combustion.

[modifier] Les incendies

Instantanément libéré par l’éclatement des ailes contre les façades des tours, le kérosène (autour de trente-cinq mille litres par avion) se répandit largement avec les débris dans la direction donnée par les impacts jusqu'à ressortir en partie par la façade d'entrée et celles opposées, formant d'énormes boules de feu (brûlant ainsi 20 % du combustible) allant du jaune à l’orangé, engendrant des feux qui allaient se déplacer au fur et à mesure de l’épuisement des combustibles(selon le NIST, le maximum d'échauffement résultant de la combustion d'une partie du kérosène - 40 % - et de l'ameublement était atteint vingt minutes après l'impact[21]), et de l’embrasement de nouveaux matériaux. Cette combustion rapide provoqua une pénurie d’oxygène, les fumées, grises et légères suite aux boules de feu, virant au noir au bout d’un quart d’heure. Nulle part ne fut constaté de rougissement de parties en acier (à partir de 700 °C), ni même d’éclatement de vitres (au-dessus de 600 °C), même à proximité des brèches de sortie des pièces d'avions où devaient s'être accumulés les débris de toutes sortes (meubles, équipement...), témoignant de la relative faiblesse des incendies. Analysés par le NIST, les échantillons de poutres externes des étages impactés indiquent pour la plupart une exposition à une température maximale de 250 °C, une faisant exception avec une température supérieure, mais en dessous de 600 °C. Les calculs réalisés par cet organisme ont indiqué des températures maximales d'environ 500 °C[22]. Ces résultats sont cohérents avec les données d'expérimentations réalisées par l'industrie métallurgique où des feux d'hydrocarbures dans des parkings n'ont pas été capables d'échauffer les poutres d'acier non protégées à plus de 360 °C.
La puissance de ces feux reste par ailleurs très inférieure à celle d’incendies de tours répertoriés, tel celui du One Meridian Plaza[23] (sur huit étages, pendant dix-huit heures) ou de la First Interstate Bank[24] (sur cinq étages, durant trois heures et demie). Quant aux effets de ces feux, il faut souligner que le rôle des protections passives anti-incendies est apprécié dans la perspective d'une « résistance au feu » qui n'indique pas le temps durant lequel un immeuble doit rester debout, mais celui durant lequel l'incendie doit être contenu dans l'espace où il a pris naissance[25].
Malgré l’épuisement immédiat de l'essentiel du kérosène, la médiocrité des feux à l’effondrement et l’aspersion d’eau sur les gravats accumulés, des zones de hautes températures (au-dessus de 700 °C) ont persisté des jours durant d’après une étude de la US Geological Survey. Cent jours après, ces foyers étaient encore actifs. Selon une douzaine de témoignages indépendants[26], dont ceux des dirigeants d'entreprises de nettoyage du site Peter Tully et Mark Loizeaux[27], parmi les débris des tours furent découverts au fur et à mesure du déblaiement quantité de métal fondu, pariculièrement dans les sous-sols des tours jumelles et de la tour WTC7, y compris sous la forme de flaques.

[modifier] WTC1

Les feux restèrent contenus dans les espaces opposés à l’impact, à l’exception d’un surgissement au 105e étage qui exhiba l’unique émergence de flammes du bâtiment. L’effondrement de la tour Sud induit une réactivation des feux à l’intérieur du bâtiment (fumée plus volumineuse et plus grise). La béance laissée par l’impact, mettant 'à vue' le cœur du bâtiment, resta en permanence un trou noir, signalant ainsi l’absence d’incendie au niveau de la cage des services.

[modifier] WTC2

L’inclinaison de l’impact fit que le kérosène de l’aile droite ressortit par les façades en trois énormes boules de feu. Il s’en suivit que l’incendie subséquent fut bien moindre que pour la tour Nord et resta très localisé au coin est avec cependant un phénomène inhabituel mentionné par le NIST : peu avant l'effondrement fut enregistré un flash lumineux intense suivi, plusieurs minutes durant, d'un écoulement de métal en fusion. Au moment de l’effondrement, les feux donnaient des indications d’étouffement, seule une fumée noire étant visible, qui s’échappait du bâtiment. L’équipe de pompiers qui était arrivée au 78e étage avait signalé la présence de deux feux résiduels et demandé l’envoi de lances pour les éteindre. Quelques minutes plus tard, la tour s’effondrait avant que put être transmis l’ordre d’évacuation émis par le poste de commandement des urgences situé dans le WTC7. Au moins dix-huit personnes qui étaient situées dans les étages supérieurs avaient pu entre temps traverser sans difficulté la zone sinistrée par l’un des trois escaliers du noyau de services (où sont groupées les colonnes de la structure interne de soutien).

[modifier] WTC7

Atteinte par des débris métalliques chauds projetés sur sa face sud (en son tiers oriental) lors de l’effondrement de la tour Nord, ce gratte-ciel de quarante-sept étages abritait quelques incendies, avec des flammes sporadiquement et partiellement visibles (niveaux 11 à 13 et 28 à 30). Aucune information ne peut être trouvée dans le rapport de la Commission d'enquête (rapport Keane), lequel ne fait pas mention de ce gratte-ciel.

[modifier] Le Pentagone

L’incendie subséquent à l’impact fut relativement violent mais circonscrit à la partie nord de l’aile frappée (dans le sens de l’axe de vol). Les pompiers ne purent jusqu’à 13h00 approcher la zone d’impact en raison de son intensité[28] et il était encore actif dix-huit heures plus tard[29]. Il a été constaté que des vitres ont été liquéfiées[30], du béton fendu[31] et que l’arrière d’un camion pompier, à poste face à l’héliport au moment de l’impact, eut l’arrière partiellement fondu[32], témoignages d’une température élevée (proche de 1500 °C) .

[modifier] Effondrement des tours

À 9 h 50, quarante-sept minutes après avoir été atteinte, la tour Sud s’effondrait. C'est la perplexité qu'exprimait le visage du chef de bataillon Joseph Pfeffer dans son poste de commandement, au rez-de-chaussée de la tour Nord, filmé par les frères Naudet[33]. Cette incrédulité est également exprimée dans le recueil de témoignages de la Mairie[34]. Étant déjà intervenus à l’occasion d’un incendie et d’un attentat aux explosifs, les pompiers new-yorkais possédaient une parfaite connaissance des immeubles et croyaient qu’ils étaient aptes à soutenir de tels impacts. D'ailleurs, John Skilling, chef de l’équipe d’ingénieurs concepteurs du World Trade Center, avait déclaré en 1993 que les tours avaient été calculées pour résister à la collision d’un Boeing 707 ou d’un DC8, les plus gros porteurs de l’époque, en pleine charge et volant à 950 km/h (la vitesse de croisière maximale). Il avait ajouté que l’impact résulterait « seulement en dommages locaux qui ne pouvaient causer l’effondrement ni de dégâts conséquents à l’immeuble ». Frank Demartini, superviseur du chantier de construction, qui avait ses bureaux au 88e étage de la tour Nord et y périt suite à sa décision d’aider à l’évacuation des occupants piégés, avait précisé, lors d’un entretien du 25 janvier 2001, que les tours pouvaient probablement soutenir plusieurs impacts d’avions de ligne grâce à leur conception. Selon ces ingénieurs, toutes les colonnes extérieures d’un côté de l’immeuble, ainsi que celles proches des coins adjacents, pouvaient même être sectionnées que cela n’empêcherait pas la structure en « tube » de continuer à remplir parfaitement sa fonction.

À 10 h 29, quarante minutes après la tour Sud, c’était sa jumelle qui s’effondrait et, à 17 h 25, la tour WTC7.

Une caractéristique commune aux trois effondrements est qu’ils se firent, selon les indications données par la FAQ n° 6 du NIST, le rapport de la FEMA ou les calculs du professeur Bazant (11-12 s, 9-10 s et 6,3-6,5 s respectivement pour les tours WTC1, WTC2 et WTC7), en un temps légèrement supérieur à celui d’une chute dans le vide (8-9 s, 7,5-9 s et 6 s), indiquant une absence de résistance des structures porteuses centrales, ce que l'ingénieur expert en structures béton Bazant exprime en parlant de la chute des étages supérieurs dans un tube vide[35]. Une autre est la production de jets de gaz et poussières jaillissant des façades, au moins dix étages au-dessous du front de destruction pour les jumelles, dans les étages pour WTC7. Une troisième est la symétrie à peu près parfaite de ces destructions.
Dans un rayon de cent trente mètres environ, quantité de vitres des immeubles furent détruites par l'onde de choc générée par la destruction des tours jumelles.

[modifier] WTC2

Quelques minutes après la dernière communication avec l’équipe de pompiers qui, ayant atteint le 78e étage, portait secours aux blessés et s’apprêtait à éteindre deux foyers résiduels, le chef pompier Ganci, recevait le messager du bureau des urgences (OEM), Steve Moscillo. Il fut stupéfait d’entendre que « les immeubles allaient s’effondrer et qu’il fallait les évacuer » (interrogé par ABC News, le maire Giuliani, membre de l’OEM, reconnaissait qu’il n’avait fait que transmettre cette information et l’origine de cette prévision reste inconnue). Quelques minutes plus tard, la section au-dessus de l’impact s’inclinait vers le Sud, une rotation qui traduisait la perte totale du soutien de la structure interne, la résistance de la partie intacte de la structure externe (le « tube »), mais moindre du secteur endommagé. Puis, après une accélération jusqu'à un angle d'environ 25°, cette rotation cessa brusquement, laissant la place au développement d'un énorme nuage « éruptif » qui progressa à l'identique au long de la tour jusqu'à son pied, des éléments lourds (plusieurs dizaines de tonnes) étant projetés à cent vingt mètres de distance, les plus légers à plus de quatre cents mètres, le contenu des étages (ciment des sols, plâtre des cloisons, meubles, équipement, êtres humains) étant réduits en poussière ou fragments. La plupart des vestiges se sont ainsi trouvés répartis autour du pied de la tour et sur les immeubles environnants.

[modifier] WTC1

La destruction de la tour Nord s'est produite avec les mêmes caractéristiques que celle de sa jumelle, mis à part le fait que la partie sommitale s'est effondrée immédiatement – sans résistance – et de manière à peu près verticale, après que l'antenne – soutenue par la structure centrale – a oscillé sur sa base et précédé le mouvement de chute globale. La propulsion continue des vestiges pulvérisés ou fragmentés vers l’extérieur (au minimum 300 000 tonnes), c'est-à-dire leur non accumulation en tas dans l'empreinte de la tour, est le phénomène qui a permis la survie de rares rescapés (20 personnes) surpris dans les étages inférieurs qui se sont retrouvés soit à la surface des débris[36], soit enfouis à quelques mètres de profondeur[37], permettant à la plupart d'entre eux (16 personnes) de s'échapper des lieux immédiatement ou après quelques dizaines de minutes d'effort.

[modifier] WTC7

Plus d’une vingtaine de témoignages - essentiellement de pompiers - exposent que, vers 16 heures, l’évacuation du bâtiment fut ordonnée pour la raison qu’il allait s’effondrer. Les déclarations du propriétaire, Larry Silverstein, indiquent qu’en accord avec les chefs des pompiers, la lutte contre les feux devait être abandonnée, en raison du risque d’embrasement des réserves d’hydrocarbures situées dans les étages inférieurs. Pour qualifier la décision qu’il venait de prendre, il utilisa l’expression « pull it » (littéralement : « tirez-le » ; en raccourci : « tirons-le » pour let's pull it ou « on le tirera » pour we'll pull it). L'alerte est donnée comme quoi cet immeuble allait s'effondrer, vers 17 h, la chaine de télévision BBC annonce que cette tour vient de s'effondrer et appelle en direct sa journaliste sur place pour en parler alors que l'on peut voir derrière elle cette tour toujours debout. Ce n'est qu'à 17 h 25, les pompiers assistèrent à la chute parfaitement verticale de l’immeuble, symétrie qui implique la défaillance simultanée des vingt-quatre énormes colonnes internes de soutien en acier, le bloc central qui en surplombait le sommet disparaissant d’abord. Les multiples témoins sur place parlent d'explosions ayant précédé l'effondrement[réf. nécessaire]. Les enregistrement à distance (video et son) de l'onde de choc et de l'effondrement montrent que des explosions ont eu lieu environ 9 secondes avant l'effondrement de cette tour[réf. nécessaire]. Un nuage de poussières se développa à partir de la base, le bâtiment descendant tel quel, comme s'il s'enfonçait dans le sol, l'effondrement créant un puits d’aspiration rendu visible par l’entraînement de la fumée des feux. Contrairement à ce qui fut constaté pour les tours jumelles, les vestiges se retrouvèrent en tas, dans l'empreinte de l’immeuble, les murs de la partie basse couchés vers l’intérieur. La médiatisation de cet effondrement fut très faible, et le rapport de la Commission Kean ne fait pas mention de la tour WTC7.

[modifier] Les témoignages

Entre octobre 2001 et janvier 2002 ont été recueillis les récits de cinq cent trois pompiers et sauveteurs grâce à Thomas Von Essen, responsable du secteur incendies à la mairie de New York. Pendant trois ans, ces enregistrements sont restés inaccessibles malgré les demandes des familles de victimes. Traîné en justice par le New York Times, le maire de la ville, Michael Bloomberg, a été finalement contraint de les rendre public en août 2005. Les pompiers relatent de manière récurrente et chronologique avoir entendu des explosions et vu des flashes lumineux (capitaine Karin Deshore) avant et pendant les effondrements, ces séries d'explosions démarrant en haut des immeubles (chef pompier Cruthers). Certains ont explicitement assimilé ces phénomènes aux caractéristiques d'une démolition controlée (Daniel Rivera, bataillon 31)[38]. Certains témoins ont délivré un récit plus précis, ainsi Ed Cachia : « en fait, l'affaissement [de WTC2] se produisit à un étage inférieur, pas celui atteint par l'avion. Nous avions d'abord pensé que cela ressemblait à la déflagration d'explosifs placés à l'intérieur parce qu'elles se succédaient : boum, boum, boum, boum; et, ensuite, la tour s'effondra. »[39]. La Commission Kean n'a entendu aucun de ces témoins.

[modifier] Bilans humain et matériel

Nombre de victimes lors de la journée du 11 septembre
World Trade Center Tours 2 595, dont 343 sapeurs-pompiers de New York, 23 officiers de police du NYPD, 37 officiers de la police du port
Vol AA11 92 passagers, membres d’équipage et terroristes
Vol UA175 65 passagers, membres d’équipage et terroristes
Pentagone Bâtiment 125 civils et militaires
Vol AA77 64 passagers, membres d’équipage et terroristes
Shanksville Vol UA93 45 passagers, membres d’équipage et terroristes
Total 2 986
Le WTC 6, l’un des immeubles endommagés
Le WTC 6, l’un des immeubles endommagés

Au moins 2 986 personnes ont donc été tuées.

Près de 1 360 personnes dans la tour Nord et 600 dans la tour Sud ont été bloquées au-dessus et au niveau des impacts. Confrontées à une situation désespérée due à la fumée, environ deux cents d'entre elles ont préféré sauter dans le vide, s’écrasant dans les rues et sur les toits des bâtiments adjacents. D'autres encore ont tenté d’atteindre le toit dans l’espoir d’un sauvetage par hélicoptère et se sont heurtées à des portes d’accès verrouillées. Seules dix-huit purent s'échapper de la tour Sud.

Sur les 2 780 personnes ayant perdu la vie dans les tours jumelles, seuls 293 corps ont été retrouvés. Près du quart des 20 000 fragments d'os et de tissus récupérés a pu être attribué, laissant sans trace quelque 1 151 disparus[40], rapportait l'agence Associated Press. Ce travail d'identification était achevé au début 2005. En avril 2006, trois cents fragments osseux (de longueur inférieure à 2 cm) étaient découverts dans les débris accumulés sur le toit de l'immeuble de la Deutsche Bank, situé à quelque cent trente mètres au sud de WTC2[41]. L'institution qui réalisa cette identification en utilisant les marqueurs ADN, le National Criminal Justice Reference Service, avait rapporté « le degré incroyable de fragmentation [des corps], avec une moyenne de seulement sept fragments récupérés par victime »[42].

Avec l’effondrement des tours jumelles du World Trade Center, quatre autres bâtiments sur le site du WTC et quatre stations de métro ont été détruits ou très endommagés. Au total, vingt-cinq bâtiments ont été endommagés.

Les gigantesques nuages de poussière générés par ces destructions ont induit les plus grands mouvements de panique que la ville de New York ait connue. Ils ont en effet envahi tout le sud de la péninsule de Manhattan et même traversé le fleuve pour atteindre Brooklyn. Il y a eu de nombreux blessés et un certain nombre de disparus, peut-être même des morts (jamais confirmé). Dans un autre domaine, la police de New York a enregistré beaucoup de vol des boutiques et magasin du quartier des affaires ainsi que des dégradations volontaires.

[modifier] Problèmes médicaux et environnementaux

Vue aérienne du Ground Zero publiée en 2004.
Vue aérienne du Ground Zero publiée en 2004.

Parmi les milliers de personnes affectés depuis de problèmes pulmonaires, déficience respiratoire[43], cancers (environ 300[44]), quelques centaines se sont adressées aux tribunaux pour obtenir réparation, estimant les institutions responsables de leur état par dissimulation de la pollution atmosphérique.[45].

Une étude conduite en 2002 en partie par le State department of health’s office of managed care a montré qu’à l’ouest de Brooklyn les asthmatiques se plaignaient 2,4 fois plus d’asthme aggravé que dans le reste de la ville après le 11 septembre. Et 1,5 fois plus se sont rendus à l’hôpital pour ce type de problèmes.

En 2006, un seul décès par fibrose pulmonaire a été officiellement attribué à Ground Zero après autopsie (60 personnes seraient mortes suite à ce type d’infection selon le Dr Levin du World Trade Center Medical Monitoring Programs au Mt Sinai Hospital [46]).

La pulvérisation aérienne des tours jumelles et l'effondrement de WTC7 avaient en effet dispersé dans l'atmosphère de Manhattan quantité de polluants, tous plus dangereux les uns que les autres : de la dioxine, du plomb (dans les 50 000 ordinateurs de chaque tour), de l’amiante, du mercure (dans les dizaines de milliers de tubes fluorescents), de l'américium 241 (radioactif présent dans les milliers de détecteurs de fumée) et de la fibre de verre dans des quantités importantes. Ajoutons les polycarbonates dans une concentration 75 000 fois celle qui ait jamais été mesurée auparavant (dans un atelier du port) et des poussières ultra fines à un taux encore jamais constaté. L’Agence de Protection de l’Environnement était en charge d’évaluer les risques et la dangerosité de l’air. Plusieurs mois après, l'EPA enregistrait encore des taux élevés de dioxine. Christine Todd Whitman, administrateur de cet organisme, avait alors, avec cinq communiqués dans les dix jours qui suivirent, garanti le caractère sain de l’atmosphère de Manhattan, ainsi que de l’eau de la ville[47]. Le 21 août 2003 cependant, l’Agence rendait public un rapport signé par l’Inspecteur Général Nikki Tinsley exposant les modifications imposées par l’administration Bush aux énoncés de prudence rédigés pour prévenir du danger représenté par les poussières, complété par une étude de 2004 des documents par le Sierra Club[48] où l’Agence se voit reprocher de n’avoir pas d’office mis en garde le public, avant toute mesure de pollution, en raison de la connaissance qu’elle avait du danger présenté par certains matériaux constituant les immeubles. L’EPA envisagea même de classer 'secret' les documents relatifs à cette pollution[49]. Les plaintes de malades ont été acceptées par les juges Deborah Batts et Alvin Hellerstein en février et octobre 2006.
Le 8 mars 2007, à la demande de Jerrold L. Nadler, le «9/11 Heroes Health Improvement Act of 2007» devrait apporter 1,9 milliard de dollars (1,4 milliard d’euros) pour financer l’évaluation et des solutions aux problèmes de santé induits par le 11 septembre[50].

Par ailleurs, L’association de la santé mentale de New York indique début 2006 que 12 000 personnes ont sollicité une aide psychologique depuis 2002 suite à ce drame.

[modifier] Thèses explicatives sur la destruction des tours

Aucun gratte-ciel à structure métallique ne s'est effondré à cause d'incendies, quelle qu'ait été la violence et la durée de ceux-ci. Des tentatives pour fournir une explication scientifique à leur destruction complète ont été conduites. Les thèses avancées ont toutes été l'objet de polémiques.

[modifier] Les thèses consensuelles

Les thèses émises par des autorités reconnues ou des organismes étatiques se présentent comme des variations du postulat selon lequel les tours se sont effondrées d’elles-mêmes, c’est-à-dire de par la seule force de gravité. Cette explication centrale a été formulée lors du reportage en direct sur ABC News par le journaliste Dan Dahler alors même qu'il avait peu auparavant émis l'hypothèse d'une démolition controlée. Autre exemple de cet affrontement, l'expert en démolition Van Romero, qui avait spontanément affirmé que les effondrements n'avaient pas pu se produire sans explosifs[51], se rétractait dix jours plus tard en se ralliant à la thèse de l'effondrement progressif.

[modifier] La thèse de l'acier qui fond

Dès le 11 septembre, les médias présentaient les explications d'experts, la plupart des ingénieurs de structures, professeurs d'université, tels que Hyman Brown[52] ou Richerd Ebeltoft[53] pour qui les incendies, ayant dégagé une chaleur intense (proche de 1500°C), avaient fait fondre l'acier des structures. Le lendemain, un article du New Scientist soutenait une thèse identique[54]. Cette explication par le « feu infernal », reprise un mois plus tard dans le Scientific American[55], bien qu'ayant bénéficié de ces cautions, disparut du débat avec la publication d'études ultérieures.

[modifier] La thèse de l'affaiblissement fatal

Le 12 septembre, dans une revue technique de référence, le Journal of Engineering Mechanics ASCE paraissait un article du Pr Bazant, sommité mondiale des structures en béton, intitulé : « Pourquoi le WTC s’est-il effondré ? Une première analyse », dans lequel il exposait que « les tours furent vouées à l’effondrement lorsque la majorité des colonnes de soutien au niveau d’un même étage se trouvèrent chauffées à 800°C, perdant alors leur capacité à tenir leur charge »[56]. Cet article est à l’origine de la théorie de l’effondrement progressif des étages, détruits en cascade par la chute des blocs d’étages situés au-dessus des impacts. Puis, le magazine Scientific American a fait paraître le 9 octobre un article exploitant les résultats d’une simulation effectuée par des ingénieurs des structures du MIT, « Quand les tours jumelles s’effondraient ». Le paramètre essentiel qui sous-tend les interventions de plusieurs experts en structures aurait été l’intensité des incendies qui, avec leur durée (hypothèse de l’accumulation de la chaleur dans les masses métalliques), aurait fini par faire perdre sa résistance à la structure centrale de soutien. Le modèle de simulation utilisé n’a cependant pas été publié, empêchant ainsi son évaluation.

La thèse peut être résumée comme l’a fait Jon Magnusson, directeur d'une firme œuvrant dans le génie civil : « C’est la force de la gravitation qui a finalement vaincu la résistance de la structure. Lorsque les derniers niveaux ont commencé à s’effondrer, ils ont brutalement pesé sur les niveaux directement inférieurs, ajoutant la force de l’impact à leur propre poids. Il s’en est suivi une véritable réaction en chaîne, dans laquelle non seulement le poids, mais aussi la vitesse augmentait rapidement. Aucune structure ne pouvait résister à cela, aussi robuste soit-elle. Mais c’est le feu qui a permis à la gravité de finalement l’emporter contre la résistance intrinsèque des deux tours »[57],[58].

[modifier] La thèse du décrochage des planchers

Le rapport commandé par la FEMA à l’Équipe d’évaluation du comportement des immeubles (BPAT), intitulé WTC building Performance Study, était publié en mai 2002[59]. Il présente une explication de l’effondrement des tours jumelles par l’intensité des incendies, lesquels avaient fini par affaiblir et déformer la structure métallique d’un étage au point qu’il rompit ses attaches aux structures porteuses, entraînant sa chute, laquelle provoqua successivement celle des étages inférieurs ('pancake theorie'). Quant aux structures porteuses, elles auraient été incapables de se maintenir, privées du support apporté par les étages.

Pour ce qui est de la tour WTC7, le rapport concluait, après huit mois d'étude, à la nécessité d’un effort de recherche, d’analyse et d’enquête au vu du résultat provisoire selon lequel « la meilleure hypothèse [celle des dégats suite aux incendies] ne représente qu’une faible probabilité d’occurrence » (ch.5-7, p.5-31). Pourtant, une analyse microstructurale d'un échantillon de poutre montra une « déterrioration rapide et inattendue », résultante de trois phénomènes : une oxydation, une sulfuration et une température proche de 1000°C[60].

[modifier] La thèse du déshabillage des colonnes

Cependant, ces théories des feux comme origine des trois faillites se heurtaient au fait qu’il n’existe pas d’exemple d’effondrement de gratte-ciel à structure métallique suite à un incendie, aussi intense et durable qu’il ait été, l’exemple le plus probant étant celui du One Meridian Plaza de Philadelphie, en 1991. Par ailleurs, le travail du BPAT avait été réalisé sans les plans pertinents, aboutissant à une représentation erronée des structures porteuses centrales. Le gouvernement, sous la pression exercée par les associations de familles de victimes, se résolu à commanditer une seconde étude, qu’il confia au NIST.

Durant trois années, cet organisme étatique fit effectuer (par les mêmes firmes expertes en structures que la FEMA avait chargées de sous-traitance) un travail de modélisation des étages atteints, des avions, de leur approche et des structures extérieure et interne des tours, utilisé dans une série de simulations des impacts et incendies, et délivra un rapport définitif concernant les tours jumelles en octobre 2005. Deux ans plus tard, le travail concernant la tour WTC7, qui a été confié en sous-traitance à la société ARA avec l'instruction de limiter l'étude aux étages 8 à 46, n'a toujours pas abouti.

Son étude a été restreinte à la séquence des évènements qui ont enclenché la chute des blocs d’étages situés au-dessus des impacts. La théorie présentée attribue l’effondrement à une combinaison de destruction de colonnes centrales par les avions, d'affaissement important des planchers (1 m) et de perte de résistance des colonnes intactes, ce par échauffement (une température atteignant 700°C), échauffement rendu possible par la défaillance de l’isolation anti-incendie de toutes les colonnes, constituée d’un flocage fibreux (remplaçant l'amiante) qui n’aurait pas résisté aux impacts[61]. Le processus étant le suivant : avec la tenue de leurs attaches aux structures porteuses (conclusion inverse de celles de la FEMA), l'affaissement des planchers tire les colonnes externes vers l'intérieur, les faisant plier et, éventuellement, se briser. L’évaluation de ce travail est rendu impossible par le refus du NIST de publier les simulations des effondrements que demandent des ingénieurs civils indépendants[62]. Cependant, la modélisation des structures internes est affectée des mêmes insuffisances que celles qui avaient été constatées pour les travaux du BPAT (ainsi, le modèle montre les 47 colonnes centrales comme identiques alors que 16 d'entre elles étaient doubles des autres) et les simulations des impacts utilisent pour les deux tours le même modèle de structure interne, conduisant à l’obtention de dégâts plus importants pour WTC2 (niveau 80) que pour WTC1 (niveau 95). Mais surtout, le NIST n'a pas cherché à rattacher ces simulations aux résultats des tests qu'il avait fait réaliser sur la tenue des planchers (qui n'ont manifesté qu'une flèche de 10 cm), sur la résistance au feu de la structure centrale sous charge maximale par le laboratoire Underwriters (quatre essais durant 2 heures sans effet notable[21]), sur la tenue de l'isolant thermique sous l'impact de balles d'armes à feu (pas de décrochage), ni des analyses et calculs relatifs aux températures atteintes, au plus de 500°C)[63]. Enfin, la faiblesse intrinsèque de la méthode choisie par le NIST reste la prise en compte de la seule section atteinte par les impacts, évitant ainsi la problématique de la non résistance des structures porteuses, notamment interne, au-dessous des étages frappés par les avions. cette problématique est écartée avec le postulat selon lequel « une fois engagée, la chute des étages supérieurs ne pouvait plus être interrompue »(p.144-145).

[modifier] La thèse de la démolition contrôlée

La thèse de la destruction par explosifs fut spontanément avancée le jour des attentats et dans les jours qui ont suivi avant d'être marginalisée par le consensus construit autour de celle des effondrements par gravité dans les différents rapports publiés par la suite et en particulier celui du NIST. Cette thèse alternative s'est développée au fil des ans à travers les travaux de physiciens, tels Steven E. Jones ou Frank Legge[64],du mathématicien Jim Hoffman, ainsi que d'ingénieurs indépendants comme Kevin Ryan et Willian Rice ou universitaires tel Jeff King (du MIT)[65].

Six ans après les évènements, cette thèse est soutenue par plus de 200 professionnels rassemblés par l'architecte Richard Gage sous la bannière :Architects and Engineers for 911 Truth[66]. Elle prétend être seule à rendre compte de la totalité des données disponibles : historique des effondrements d'immeubles et d'incendies de tours, récits de témoins et propos d'acteurs, données techniques et visuelles (photos et vidéos). Elle s'affirme soutenue par un ensemble d'études et de simulations, y compris les tests produits ou commandités par le NIST. Ces auteurs expliquent qu'un effondrement naturel suite à incendie se déclenche progressivement (selon l'affaiblissement des structures) avec d'importantes déformations visibles, qu'il est nécessairement asymétrique (là où les dommages sont les plus sévères), suivant le chemin de moindre résistance et aboutit toujours à des vestiges reconnaissables (structures métalliques non fractionnées, pans de murs, cloisons et planchers). Selon eux, la tour WTC7 a été détruite suivant la procédure classique (destruction simultanée de tous les supports à la base de l'immeuble associée à des destructions à certains étages pour fractionner les colonnes) alors que les tours jumelles l'ont été selon un protocole inverse (destruction à partir des étages supérieurs par progression vers la base).

À côté de publications de nature scientifique comme celles sur le bilan énergétique par Gordon Ross[67] qui vient contredire celle du Pr Bazant, sur l'accélération subie par la tour WTC7 par Frank Legge[68], sur les traces de thermite dans les échantillons de lingots (d'acier fondu) et poussières par Jerry Lobdill[69], certains travaux viennent critiquer les publications à la base de la thèse officielle, tels ceux de Eric Douglas (L'enquête du NIST sur le WTC. Quel lien entre simulation et réalité ?)[70] et Frank Legge (Les données du NIST démentent les théories fondées sur l'échauffement des structures)[71], ou Gordon Ross (NIST et le Dr Bazant. Un échec simultané)[72], conduisant ces architectes, ingénieurs et universitaires à exiger du NIST -au nom des lois et règlements définissant la qualité des informations délivrées par les organismes d'État- dans leur « requête pour un rapport scientifiquement irréprochable sur les tours du WTC » une révision de leur démarche[73].

Le 6 septembre 2007 une chaîne nationale de télévision d'un pays de l'Union Européene – ORF 1 en Autriche – a pour la première fois diffusé un documentaire (911 Mysteries) exposant l'hypothèse d'une démolition contrôlée des Twin Towers et de la tour 7 du WTC.

[modifier] Enquêtes et polémiques

[modifier] L'enquête

Khalid Cheikh Mohammed, un des responsables opérationels d'Al-Qaida arrété au Pakistan en 2003, jugé en 2007.
Khalid Cheikh Mohammed, un des responsables opérationels d'Al-Qaida arrété au Pakistan en 2003, jugé en 2007.

L'attentat ayant causé la mort du commandant Massoud le 9 septembre 2001 est perçue par nombres d'observateurs comme un préambule à ces attaques [74]

Ceux-ci furent attribués le jour même par les autorités américaines, l’ensemble des médias dominants et la quasi totalité des gouvernements étrangers au réseau terroriste Al-Qaida dirigé et financé par Oussama Ben Laden, lequel avait, pour le compte de la CIA, été recruté avec d’autres par les services secrets d'Arabie saoudite pour exacerber la résistance moudjahiddin contre les troupes de l’Union soviétique durant la première guerre d’Afghanistan.

L'enquête de police sur ce crime fédéral [75] fut confiée par l'Exécutif au Bureau Fédéral d'Enquête. Il reçut l'entière maitrise des divers aspects de ces événements : des lieux, des vestiges, des témoignages des personnes et de toute communication d'informations vers le public.

Dans les cinq minutes qui ont suivi la collision du vol 77 contre le Pentagone, ses agents confisquaient les enregistrements des caméras de surveillance de l'hôtel Sheraton[76], de la station service SITCO[77], ainsi que de l'organisme de régulation de la circulation automobile[78]. Alors que l'incendie faisait rage, ils passèrent au peigne fin les alentours pour récupérer les débris projetés par l'explosion, les vestiges à l'intérieur (pour certains évacués sous bâche), et les « boîtes noires ».

En Pensylvanie, c'est le responsable local du FBI qui organisa le bouclage et l'investigation du site où finit le vol 93. Les « boîtes noires » qui avaient été remises au NTSB pour leur déchiffrage furent récupérées par les services du FBI. Ce sont eux qui interdirent aux contrôleurs aériens de Cleveland de révéler quoi que ce soit de ce qu'ils avaient pu voir sur leurs écrans. Ils contraignirent également au silence les employés des compagnies aériennes et confisquèrent les enregistrements des communications entre les vols détournés et le sol [réf. nécessaire].

Cette enquête du FBI, appelée PENTTBOM [79], a été, selon les dires de l'Agence, la plus importante et la plus complexe de l'histoire du FBI, mettant en jeu plus de 7 000 agents[80]. Dans les 72 heures après les attaques, le FBI proposait les noms des 19 pirates de l'air décédés.

Concernant le site du WTC à Manhattan, 750 agents du FBI et plus de 400 autres policiers ont utilisé l'USS Intrépid (CV-11), un ancien porte-avions transformé en navire-musée comme quartier-général pour débuter leurs investigations [81].
Après six mois de travail où la moindre information était exploitée, Robert Mueller, directeur du Bureau, reconnaissait que « les pirates n'ont laissé derrière eux aucun document. Nos recherches n'ont abouti à la découverte d'aucun document, ni ici aux États-Unis, ni parmi le trésor de données mis à jour en Afghanistan ou ailleurs, mentionnant de quelque manière le complot du 11 Septembre », description associée, dans le même discours, à l'affirmation – non étayée – selon laquelle le FBI avait obtenu « la preuve, claire et définitive, que Al-Quaida était derrière ces attentats »[82]. D'autres responsables du FBI, tel que Dale L. Watson, ont fait ce même type de déclaration[83].

À l'étranger, l'Intelligence Community américaine et les services de police et de renseignement de plusieurs nations participent à l'enquête.

Dès novembre 2001, plusieurs personnes sont arrêtées à travers le monde dans le cadre de cette enquête dont Imad Eddin Barakat Yar en Espagne et Khalid Cheikh Mohammed, considéré comme l'organisateur des attaques qui est interpelé au Pakistan en 2003.

Toutefois, Rex Tomb, chef de l'Investigation Publicity, lors d'une interview a avancé que le FBI ne disposait pas de preuve tangible, « hard evidence », pour lier Ben Laden au 11 Septembre[84].

[modifier] Un complot intérieur ?

Depuis les attentats, plusieurs thèses, notamment formulées dans les ouvrages de Jimmy Walter, Thierry Meyssan, Webster G. Tarpley ou David Ray Griffin, ainsi que dans des vidéos d'entretiens et d'images d'archives présentées sur le Web[85], se présentent comme des réfutations de certains aspects de la version dominante – dite officielle – des évènements. Certaines d'entre elles affirment ou supposent l’implication -passive ou active- à un degré plus ou moins grand du gouvernement américain soulignant que certains faits observés ou rapportés ne sont pas pris en compte par ladite version ou ne sont pas expliqués par elle. Pour ces auteurs, les attentats auraient fourni le prétexte à l’administration Bush pour modifier radicalement les politiques intérieure et extérieure des États-Unis, notamment avec les dispositions législatives du Homeland Security Act et des Patriot Act 1 et 2, et justifié les invasions militaires de l’Afghanistan et de l’Irak qui ont suivi[86], projets qui attendaient dans les tiroirs le moment propice pour être mis en place.

Quelques hommes politiques soutiennent ouvertement cette hypothèse comme l'ancien chef d'État italien Francesco Cossiga, qui affirme que les « attaques » sur les tours du World Trade Center ont été mises en scène par les services secrets américains et du ­Proche-Orient [87]., ou encore l'ancien ministre allemand Andreas von Bülow qui a consacré un livre à cette question et le député européen italien Giulietto Chiesa. En janvier 2008, le député japonais Yukihisa Fujita a exposé ses doutes devant les commissions de la défense et des affaires étrangères de son pays.

Ces thèses sont dénoncées par leurs adversaires comme « conspirationnistes », néologisme utilisé pour désigner les partisans d'une théorie du complot intérieur. Elles sont toutefois de plus en plus présentes dans l'opinion publique américaine[88] suite aux manifestations répétées des familles de victimes et aux conférences[89] organisées par ces auteurs marginaux, avec parfois l'aide des médias locaux ou régionaux.

[modifier] Conséquences

[modifier] Émotion et condamnation internationales

Des images diffusées en direct dans le monde entier.
Des images diffusées en direct dans le monde entier.

Peu d'événements historiques ont reçu pareille couverture médiatique, dépassant de très loin la prise d’otages des Jeux Olympiques de Munich.

Le lieu, une des villes les plus connues au monde et siège de nombreuses agences de presse et de télévision, la présence de caméras et de journalistes présents sur les lieux dès le crash du premier avion, ont entraîné une médiatisation considérable et l’observation en direct du crash du deuxième avion, puis de l’effondrement des tours.

La plupart des télévisions du monde retransmirent l'événement en simultané, dès neuf heures.

Ces attentats et leurs conséquences sont restés à la une des journaux plusieurs semaines. Ils ont créé un choc énorme pour la masse des Américains habitué à se considérer comme hors d'atteinte du terrorisme international puisque, à l'exception de l’attentat contre la tour Nord en février 1993, les seules attaques subies avaient eu pour objectifs les ambassades au Kenya et en Tanzanie le 7 aout 1998) ou des dispositifs militaires au Yémen.

Le lendemain des attentats, le conseil de sécurité des Nations unies adopte la résolution 1368[90], proposée par la France, condamnant ces actes terroristes :

« 1. Condamne catégoriquement dans les termes les plus forts les épouvantables attaques terroristes qui ont eu lieu le 11 septembre 2001 à New York, Washington (DC) et en Pennsylvanie et considère de tels actes, comme tout acte de terrorisme international, comme une menace à la paix et à la sécurité internationales;
2. Exprime ses plus profondes sympathies et condoléances aux victimes et à leurs familles ainsi qu’au peuple et au gouvernement des États-Unis d’Amérique. »

[modifier] Réactions dans le monde

L’émoi provoqué par les attentats a produit des réactions de tous ordres :

  • réactions de compassion provenant d’une grande partie du monde intellectuel médiatisé et politique, à l’exception des partis situés aux extrêmes de l’échiquier politique;
  • réactions d’inquiétude : le chancelier allemand Gerhard Schröder déclare après les attentats : « Ce n’est pas là une bataille entre les civilisations, c’est une bataille pour la civilisation[91]. »
  • réactions beaucoup moins empathiques d’une partie de la population mondiale, de certains intellectuels et partisans de l’extrême gauche ; en France, les délégués et militants de la CGT présents à la fête de l’Humanité des 15-16 septembre 2001 refusèrent de s’associer aux trois minutes de silence en hommage aux victimes[92].
  • réactions partagées de personnes qui observent que les quelques trois mille victimes aux États-Unis qui, selon eux, méritent leur respect, ont cependant un impact médiatique sans commune mesure avec celle des victimes de terrorisme en Afrique ou ailleurs, et notamment celles du génocide au Rwanda pour lesquels 800 000 morts n’a jamais provoqué de telles manifestations ;
  • réactions de joie d’une partie de la population mondiale allant jusqu’à la proclamation d’une victoire contre l’impérialisme américain par certains groupes ou certaines populations, notamment dans de nombreux pays musulmans mais également en Amérique latine et Asie du Sud-Est.
  • de nombreux pays ont renforcé leurs mesures de sécurité, comme par exemple la France qui a augmenté le niveau d’alerte de son plan vigipirate.

[modifier] Opérations militaires

L’impact militaire le plus direct est l’invasion de l’Afghanistan, désigné comme le siège opérationnel d’Al-Quaïda, dès le mois d’octobre 2001 et le renversement du régime des Talibans quelques mois plus tard par les forces armées américaines, britanniques, canadienne, françaises, et autres.

Icône de détail Article détaillé : Guerre d'Afghanistan (2001).

Ce renversement et l’établissement d’un gouvernement de transition s’accompagne de l’arrestation de nombreux musulmans présumés terroristes, internés dans des camps disséminés autour de la planète, ce qui provoquera les vives réactions de nombreuses ONG, dont Amnesty International. La création de la prison de Guantanamo s’explique en partie par cet afflux important de prisonniers.

Un second impact militaire d’importance est l'invasion de l’Irak et le renversement du régime de Saddam Hussein en 2003 par les forces armées américaines et britanniques. Bien que l’Iraq de Saddam Hussein n’ait pas participé aux attentats du 11 septembre, le régime baasiste a été désigné par l’administration américaine comme un soutien actif du terrorisme international et un détenteur d’armes de destruction massive, malgré l'absence de preuves sur le terrain. Le régime de Saddam Hussein a été remplacé par un régime plus démocratique, notamment par la tenue d’élections et une représentation de la majorité chiites par rapport aux sunnites. L’invasion de l’Irak provoquera de houleux débats à l’ONU et des manifestations à travers le monde, protestant contre les véritables raisons qui seraient d’ordre économique et stratégique (indépendance énergétique vis-à-vis de l’Arabie saoudite notamment).