Nina ou la Folle par amour

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Nina
ou la Folle par amour
Genre Opéra-comique
Nbre d'actes 1
Musique Nicolas Dalayrac
Livret Benoît-Joseph Marsollier
Langue
originale
Français
Création 15 mai 1786
Opéra-Comique, Paris

Nina ou la Folle par amour est un drame lyrique de Nicolas Dalayrac en un acte et en prose mêlé d’ariettes du livret de Marsollier[N 1], créé le 15 mai 1786 à l’Opéra-Comique (salle Favart).

Portrait de Jean-Baptiste-Sauveur Gavaudan (1772-1840) dans Nina, ou la folle par amour de Nicolas Dalayrac, 1820.
Jean-Baptiste-Sauveur Gavaudan dans Nina ou la folle par amour (1820).
Lithographie de Dalayrac par Grégoire et Deneux et un fac-similé de la signature de Dalayrac (1830).
Dalayrac : « lithographie par Grégoire et Deneux » et un « fac-similé de la signature de Dalayrac » (1830)[N 2].

Synopsis[modifier | modifier le code]

Nina perd son amant qui s’est battu en duel. Elle en devient folle. Celui-ci réapparaîtra et lui redonnera la raison.

Représentation[modifier | modifier le code]

La première représentation a eu lieu au théâtre privé de Choisy chez le duc de Coigny[1].

À la suite d’une souscription (due également à la situation financière difficile de Mlle Guimard)[2] à la tête de laquelle se trouvait le comte d’Artois, une seconde représentation a été produite sur le théâtre de mademoiselle Guimard[3],[4],[5].

Analyse[modifier | modifier le code]

D’emblée, on considère que le sujet est inspiré d’une histoire vraie[6]. De fait, « parmi les manuscrits autographes de Dalayrac, figurait le texte de La Folle de Saint-Joseph. Anecdote qui a fourni le sujet de Nina ou la Folle par amour[7]. ». Dalayrac passe de la comédie joyeuse au genre sentimental. « Même si l’idée de mettre en scène une folle n’était plus en 1786 une nouveauté, l'on comprend que Marsollier et Dalayrac étaient inquiets de l’accueil qui serait réservé à leur Nina : leurs craintes étaient si fortes qu’ils tinrent à organiser au préalable une représentation privée[7]. ».

Ce drame fit pleurer autant que le Déserteur de Monsigny. Mme Dugazon assura une partie du succès dans le rôle-titre : « c’était M. de Vivetières qui avait fait les paroles, M. Dalayrac la musique et Mme Dugazon qui avait fait la pièce[2]. ». La folie de Nina est jugée décrite avec réalisme mais, selon Félix Clément, seul un air s’en détacherait vraiment : « Quand le bien-aimé reviendra »[8]. Pourtant, cet opéra fut considéré par d’autres comme un chef-d’œuvre et la pièce la plus puissante de Dalayrac. Dans la Biographie universelle, Delaulnaye écrit : « Avec quel art il a su saisir les intonations incertaines et peu liées du délire ! Sa romance, par un chant simple et vrai, peint l'espoir déçu d'une amante, et nous fait partager sa douleur. Cette musette si champêtre, qui rappelle à la raison la malheureuse Nina, et dont les cordes principales se retrouvent dans un chant bachique, est une des plus fortes preuves de la puissance du rythme sur la mélodie[9]. ». De son côté Thurner témoigne qu'« Un enthousiasme indescriptible accueillit Nina ; la mode s’empara du nom de la pauvre folle : il y eut des coiffures à la Nina, des manteaux à la Nina , etc.etc. Ce fut un délire, une frénésie[10]. ».

Adaptations[modifier | modifier le code]

Louis Milon (pour les paroles) et Louis-Luc Persuis (pour la musique) remanièrent par la suite Nina pour en faire un ballet-pantomime. S’y illustra la ballerine Émilie Bigottini. Hector Berlioz raconte dans ses Mémoires qu’il assista à l’un de ces ballets et reconnut avec ravissement l’air d’un cantique chanté à sa première communion (« Quand le bien-aimé reviendra ») joué par le cor anglais de Gustave Vogt[11].

La Pazza d’amore en est la traduction italienne par Giuseppe Carpani, surtout remarquée car elle a été mise en musique par Giovanni Paisiello, créé le 25 juin 1789 au Palais de Caserte. On se partagea en deux camps pour deux œuvres qui ne sont pas véritablement comparables.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cette œuvre marque le début d'un fructueuse collaboration entre le dramaturge et le compositeur.
  2. Cette lithographie datée de 1830, donc posthume au compositeur, comporte une représentation de sa signature. Cf. (notice BnF no FRBNF396039403). Soit la signature en mentionnant le titre de « Chevalier » est située avant la Révolution française mais le patronyme devrait être « d’Alayrac », soit la signature n’est pas en adéquation avec le jeune âge représenté et elle fait référence au titre de « Chevalier de l’Empire ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. Wild et Charlton 2005, p. 51.
  2. a et b Henri Vienne, « Un succès à la comédie italienne en 1786 : Dalayrac et la Dugazon », Journal de Toulouse politique et littéraire, vol. 217,‎ 6 août 1868, vue 4/4 col. 1-2 (lire en ligne).
  3. Melchior Grimm et Denis Diderot, Correspondance littéraire, philosophique et critique, op. cit., t. 13 (lire en ligne), « Juin 1786 », p. 132.
  4. Benoît-Joseph Marsollier, Opéras-comiques, op. cit. (lire en ligne), p. VII.
  5. Pixerécourt 1810, p. 43 n. 1.
  6. Melchior Grimm et Denis Diderot, Correspondance littéraire, philosophique et critique, op. cit., t. 13 (lire en ligne), « Juin 1786 », p. 131-132.
  7. a et b Manuel Couvreur, « La Folie à l’opéra-comique : Des grelots de Momus aux larmes de Nina », dans Philippe Vendrix (dir.), Grétry et l'Europe de l'opéra-comique, Liège, Mardaga, coll. « Musique – Musicologie »,‎ 1992, 389 p. (ISBN 2-87009-483-3, notice BnF no FRBNF35566108), p. 211.
  8. Félix Clément, Dictionnaire des opéras, op. cit. (lire en ligne), p. 477.
  9. Delaulnaye et M. Michaud (dir.), Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs talents, leurs vertus ou leurs crimes, Desplaces,‎ 1855 (lire en ligne), « Dalayrac », p. 23 col. 2.
  10. Thurner 1865, p. 73.
  11. Hector Berlioz, Mémoires de Hector Berlioz, t. 1, Paris, Calmann-Lévy, coll. « Bibliothèque contemporaine »,‎ 1878, in-18°, 367 p. (lire en ligne), chap. V (« Une représentation à l’Opéra »), p. 27.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • René-Charles Guilbert de Pixerécourt (ill. Gauthier), Vie de Dalayrac : chevalier de la Légion d’honneur et membre de l’Académie royale de Stockholm ; contenant la liste complète des ouvrages de ce compositeur célèbre, Paris, Jean-Nicolas Barba,‎ 1810, in-12°, 168 p. (notice BnF no FRBNF30556374). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Auguste Thurner, Les Transformations de l'opéra-comique, Paris, Castel,‎ 1865, in-18°, 288 p. (lire en ligne). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Joann Elart, « Aline ou la Nina sacrifiée : regards sur une adaptation romanesque de l’air de Nina », dans (textes réunis par) Michel Delon et Catriona Seth, Sade en toutes lettres : autour d' Aline et Valcour, Paris, Desjonquères, coll. « L'esprit des lettres »,‎ 2004, 22 cm, 256 p. (ISBN 2 84321 067 4), p. 216-235. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Nicole Wild et David Charlton, Théâtre de l'Opéra-Comique - Paris : Répertoire 1762-1972, Sprimont, Mardaga, coll. « Musique – Musicologie »,‎ 2005, 552 p. (ISBN 2870098987). Document utilisé pour la rédaction de l’article

Liens externes[modifier | modifier le code]