Nikola Gruevski

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Nikola Gruevski
Никола Груевски
Nikola Gruevski, en 2012, à Bruxelles.
Nikola Gruevski, en 2012, à Bruxelles.
Fonctions
7e président du gouvernement macédonien
En fonction depuis le
(&&&&&&&&&&&027917 ans, 7 mois et 21 jours)
Président Branko Crvenkovski
Gjorge Ivanov
Gouvernement Gruevski I, II et III
Législature 5e, 6e et 7e législatures
Coalition VMRO-DPMNEPDSh/DPA (2006-2008)
VMRO-DPMNEBDI/DUI (depuis 2008)
Prédécesseur Vlado Bučkovski
Ministre des Finances
Président du gouvernement Ljubčo Georgievski
Prédécesseur Boris Stojmenov
Successeur Petar Gosev
Ministre du Commerce
Président du gouvernement Ljubčo Georgievski
Prédécesseur Aucun
Successeur Ljuben Paunovski
Biographie
Date de naissance (43 ans)
Lieu de naissance Skopje, RS de Macédoine
(Yougoslavie)
Nationalité Macédonienne
Parti politique VMRO–DPMNE
Diplômé de Université de Bitola
Saint-Clément d'Ohrid
Université Saints-Cyrille
-et-Méthode de Skopje
Profession Trader
Consultant
Religion Église orthodoxe macédonienne
Résidence Palais du gouvernement (Skopje)

Nikola Gruevski
Présidents du gouvernement macédoniens

Nikola Gruevski (Никола Груевски en macédonien), né le à Skopje, en Yougoslavie, est un homme politique macédonien, membre de l'Organisation révolutionnaire macédonienne intérieure - Parti démocratique pour l'Unité nationale macédonienne (VMRO-DPMNE), qu'il préside, et actuellement président du gouvernement macédonien, depuis le .

Éléments personnels[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Il achève ses études secondaires en 1989 à Skopje, puis effectue pendant cinq ans des études supérieures de sciences économiques à l'université de Bitola Saint-Clément d'Ohrid, dont il est diplômé. Outre les formations qu'il a suivies au Royaume-Uni, en Allemagne et au Japon entre 1994 et 1998, il a reçu une qualification pour le marché international de capitaux à l'institut des sûretés de Londres, en 1996. Dix ans plus tard, il décroche un master de sciences économiques de l'université Saints-Cyrille-et-Méthode de Skopje.

Il parle couramment anglais, et a des notions de français et d'allemand.

Carrière[modifier | modifier le code]

Il commence à travailler en 1994 au sein de la banque Balkanska Banka AD de Skopje, d'abord comme trader, puis il est nommé directeur du département des liquidités en 1998. La même année, il fonde et prend la présidence de l'association des traders de Macédoine, puis suspend sa carrière professionnelle pour entrer en politique. Il fut par ailleurs le premier à réaliser une opération sur les marchés financiers macédoniens.

En 2003, il est recruté par le ministre des Finances de Serbie, Božidar Đelić, comme conseiller sur un projet de l'agence des États-Unis pour le développement international (USAID) visant à renforcer les capacités du ministère.

Famille et vie privée[modifier | modifier le code]

Nikola Gruevski est d'origine macédonienne, plus précisément de la Macédoine de l'Egée. Son grand-père, Nicholaos Grouios, d'origine grecque, est mort au cours de la guerre italo-grecque, en 1940, tandis que sa grand-mère, macédonienne, et son père ont émigré en Macédoine yougoslave pendant la guerre civile grecque, où ils ont été naturalisés.

Il est marié avec Borkica Manceva, et père de deux filles, Anastasija et Sofija. Très pieux, il appartient à l'Église orthodoxe macédonienne.

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Les débuts au gouvernement[modifier | modifier le code]

Il entre au gouvernement du conservateur Ljubčo Georgievski en 1998, au poste de ministre sans portefeuille, chargé du Commerce. L'année suivante, le , il est promu ministre des Finances, et devient à ce titre gouverneur à la Banque mondiale et à la BERD. Il a également présidé la commission de contrôle des opérations de bourse entre 2000 et 2002.

Il a notamment assuré l'instauration de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), libéralisé les marchés financiers, privatisé ou dégelé les avoirs en devises étrangères, relancé les négociations d'adhésion à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et conclu plus de trente accord de libre-échange. Il a en outre lancé des campagnes incitant à consommer des produits locaux et pour plus de transparence concernant le budget de l'État.

Ces projets, réussis ou entamés, ont été salués par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale comme d'une importance considérable pour le développement économique de la Macédoine.

Député et chef de l'opposition[modifier | modifier le code]

Lors des élections législatives du , il est élu député à l'Assemblée de la République (Sobranie) tandis que le VMRO-DPMNE perd 21 de ses 49 députés, et doit abandonner, le 1er novembre suivant, le pouvoir à une coalition gouvernementale menée par l'Union sociale-démocrate de Macédoine (SDSM). Porté à la présidence de la commission parlementaire des Finances, il devient en président du parti et chef de l'opposition à Branko Crvenkovski, puis Hari Kostov, et enfin Vlado Bučkovski.

Président du gouvernement[modifier | modifier le code]

Premier mandat[modifier | modifier le code]

À la suite de la victoire de la coalition politique menée par l'Organisation révolutionnaire macédonienne intérieure - Parti démocratique pour l'Unité nationale macédonienne aux élections législatives du 5 juillet 2006, Nikola Gruevski constitue une coalition gouvernementale avec le Parti démocrate albanais (PDSh/DPA) et le Nouveau Parti social-démocrate (NSDP), qui compte 63 députés sur 120, et est investi président du gouvernement le 27 août suivant.

Son gouvernement instaure alors un impôt à taux unique, prend des mesures en vue de favoriser les investissements directs étrangers, de lutter contre la corruption, principalement dans le secteur énergique, et réoriente la politique culturelle du pays, mettant l'accent sur les fêtes religieuses des différentes confessions, ouvrant les trésors archéologiques au public, afin de renforcer l'identité nationale et l'unité de la Macédoine. En termes de politique étrangère, la coalition s'est fixée comme objectif l'adhésion du pays à l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) et à l'Union européenne (UE).

Au cours des années 2006 et 2007, il doit faire face au conflit entre le PDSh/DPA et l'Union démocratique pour l'intégration (BDI/DUI), principal parti de la minorité albanaise, qui réclamait d'intégrer la coalition gouvernementale. Afin de mettre fin au boycott parlementaire de la BDI/DUI, il accepte de faire voter plusieurs lois ayant pour objet l'application de dispositions en suspens des accords d'Ohrid de 2001.

Crise politique[modifier | modifier le code]

Nikola Gruevski et le Premier ministre britannique, David Cameron, en 2010.

En , le Parti démocrate albanais quitte le gouvernement pour réclamer la fin des poursuites judiciaires contre d'anciens combattants de l'Armée de libération nationale (UÇK-M), l'augmentation du nombre d'Albanais dans l'administration publique et l'adoption de la législation relative à la langue albanaise. Moins d'un mois plus tard, l'OTAN, du fait d'un veto de la Grèce à cause du désaccord persistant entre les deux pays depuis 1992 sur le nom « Macédoine », refuse l'adhésion macédonienne tout en acceptant celle de la Croatie et de l'Albanie.

Face à ces difficultés, le VMRO-DPMNE accepte de voter, le 12 avril, la motion de dissolution du Sobranie proposée par l'Union démocratique pour l'intégration quatre jours plus tôt. Des élections législatives anticipées sont alors convoquées pour le 1er juin. Ce choix est cependant critiqué par l'Union sociale-démocrate de Macédoine, qui y voit une forme de lâcheté de la part du président du gouvernement.

Second mandat[modifier | modifier le code]

Menant campagne sur l'amélioration de la qualité de vie et l'inflexibilité concernant le nom du pays, la coalition « Pour une meilleure Macédoine », dominée par les conservateurs, remporte une éclatante victoire avec 48,78 % des voix et 63 députés sur 120, tandis que la coalition « Soleil, coalition pour l'Europe », dirigée par la SDSM, n'a recueilli que 23,64 % des suffrages et 27 députés. Il est chargé, le 23 juin de former un nouveau cabinet, et constitue une coalition gouvernementale réunissant en outre la BDI/DUI et le Parti pour l'avenir européen (PEI), forte de 82 parlementaires.

Troisième mandat[modifier | modifier le code]

Le , pour mettre fin à l'impasse politique en cours depuis quatre mois et causée par le boycott de la SDSM de l'Assemblée de la République à la suite du gel des comptes bancaires de quatre médias lui étant favorables[1], les députés votent une motion de dissolution du Parlement[2]. Des élections anticipées sont de ce fait convoquées le 5 juin suivant. Il parvient de nouveau en tête du scrutin, avec 39 % des voix, soit en net recul, tandis que les sociaux-démocrates recueillent 32,8 % des voix. Dans son ensemble, sa coalition gouvernementale conserve cependant la majorité, avec 49,2 % des suffrages exprimés, contre 38,6 % à l'opposition.

Le 5 juin, il forme un troisième gouvernement, reconduisant sa coalition avec le principal parti de la minorité albanaise.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]