Nikolaï Alekseïev

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Nikolaï Alekseïev à la conférence de presse de la marche des fiertés de Moscou, le 16 mai 2008[1].
Nikolaï Alekseïev à la conférence de presse de la fierté slave, le 5 mai 2009[2].

Nikolaï Alekseïev ou Nikolai Alekseev (en russe : Никола́й Алекса́ндрович Алексе́ев ; né le 23 décembre 1977 à Moscou) est un militant LGBT russe. Il est le fondateur de la marche des fiertés de Moscou depuis 2005, qui est interdite par les autorités chaque année. Avec son organisation Projet des droits de l'homme LGBT Gayrussia.ru, il a organisé plusieurs manifestations pour les droits des minorités sexuelles en Russie. Aucune d'entre elles n'a été autorisée.

Militantisme LGBT[modifier | modifier le code]

Après des études à l'université d'État de Moscou, Alekseïev prépare un doctorat, dont le sujet de thèse était « la régulation légale du statut des minorités sexuelles ». Sa thèse est refusée, en infraction avec les procédures établies, sans doute en raison des rumeurs sur son homosexualité. Alekseïev poursuit l'université pour discrimination fondée sur l'orientation sexuelle dans l'administration publique et réclame une compensation pour préjudice moral et matériel. Le juge qui examine la demande en juin 2005 la refuse pour manque de preuves. Le 6 mars 2006, il envoie une demande préliminaire à la Cour européenne des droits de l'homme pour manquement de la fédération russe au respect de la vie privée (article 8 de la convention), au droit à l'éducation (article 2 du protocole additionnel 1), ainsi qu'à l'article 14 de la Convention européenne des droits de l'homme (discrimination en raison de l'orientation sexuelle).

Il publie quatre livres en 1998, 2002 et 2003.

Alekseïev dirige depuis 2005 le projet GayRussia.ru, un site LGBT à destination du public russe, et il est le secrétaire exécutif de la Journée mondiale de lutte contre l'homophobie.

Il a de plus organisé la première marche des fiertés LGBT de Moscou le 27 mai 2006, bien qu'elle ait été interdite par le maire de Moscou, Iouri Loujkov. Ce dernier avait défini l'homosexualité comme « contre nature » et il avait déclaré que « les Moscovites seraient catégoriquement opposés à une telle initiative »[3]. Le jour de la manifestation, un petit groupe de militants s'était réuni, contre lequel s'est affrontée la milice de Moscou. Parmi les militants présents se trouvaient Volker Beck et Peter Tatchell, qui furent attaqués par les miliciens[4].

En 2007, malgré une nouvelle interdiction du maire de Moscou, qui avait qualifié la marche d'« œuvre de Satan »[5], Alekseïev organise une nouvelle manifestation LGBT à Moscou. Le président russe Vladimir Poutine affirme que la marche participait au problème démographique russe en faisant diminuer la population[6]. Pour défendre la marche, des membres du Parlement européen se sont dirigés vers l'hôtel de ville de Moscou : Sophie in 't Veld, Vladimir Luxuria, Marco Cappato, ainsi que Volker Beck et les groupes t.A.T.u. et Right Said Fred. Les miliciens leur en ont empêché l'accès, pendant que des nationalistes russes et des extrémistes religieux leur jetaient des œufs et des tomates. Les militants LGBT furent arrêtés pour « résistance aux forces de l'ordre »[7].

Alekseïev a porté plainte à de nombreuses reprises devant la Cour européenne contre la Russie, pour violation des droits de l'homme envers les personnes LGBT. Le 15 septembre 2010, alors qu'il arrive à l'aéroport de Moscou pour aller à Genève, la police des frontières l'arrête pour un motif inconnu et le place immédiatement en détention dans un lieu inconnu (il s'agissait en fait d'un commissariat à Kachira). Il avait prévu une manifestation contre le maire de Moscou le 21 septembre[8]. En France, Nicole Borvo Cohen-Seat et Ian Brossat ont écrit à l'ambassade de Russie afin qu'Alekseïev retrouve la liberté. L'ILGA-Europe a fait part de son inquiétude[9], et Louis-Georges Tin, président du comité de la journée internationale contre l'homophobie, demande au gouvernement « d'obtenir des explications sur le sort de Nikolai »[10]. Il est libéré l'après-midi du 16 septembre à Moscou, et déclare au sujet des autorités : « Ils voulaient me faire signer un papier disant que je retirais les plaintes devant la Cour européenne des droits de l’Homme concernant les gay prides interdites de Moscou, dans le cadre d’un accord »[11]. Il envisage de porter plainte contre la compagnie aérienne Swissair, qui a laissé faire l'enlèvement[12].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « GayRussia.ru »
  2. « moscowpride.ru »
  3. Emmanuelle Cosse, « Le maire de Moscou s'oppose à l'idée d'une gay pride dans la capitale russe », sur Têtu.fr, Têtu,‎ 2 août 2005 (consulté le 17 septembre 2010)
  4. Lorraine Millot, « À Moscou, la gay pride attire les foudres », sur Libération.fr, Libération,‎ 28 mai 2007 (consulté le 17 septembre 2010)
  5. Christophe Gascard, « Moscou aura sa gay pride malgré l’interdiction », sur Têtu.r,‎ 27 mai 2010 (consulté le 17 septembre 2010)
  6. Lorraine Millot, « Les gays russes retrouvent de la voix grâce à Poutine », sur Libération.fr,‎ 6 février 2007
  7. « Seconde gay pride violente à Moscou », sur Têtu.fr,‎ 29 mai 2007 (consulté le 17 septembre 2010)
  8. Agence France Presse, « L'organisateur de la gay pride à Moscou arrêté par la police », sur Le Point.fr, Le Point,‎ 16 septembre 2010
  9. « ILGA Europe demands immediate release of Nikolai Alekseev », sur ilga-europe.org,‎ 16 septembre 2010 (consulté le 17 septembre 2010)
  10. Judith Silberfeld, « Premières réactions à l'arrestation de Nikolai Alekseev », sur Yagg.fr,‎ 16 septembre 2010 (consulté le 17 septembre 2010)
  11. Judith Silberfeld, « Le militant LGBT russe Nikolai Alekseev aurait été libéré », sur Yagg.fr,‎ 16 septembre 2010 (consulté le 17 septembre 2010)
  12. Judith Silberfeld, « Sur son blog russe, Nikolai Alekseev raconte son enlèvement », sur Yagg.fr,‎ 19 septembre 2010 (consulté le 20 septembre 2010)

Liens externes[modifier | modifier le code]