Niklas Luhmann

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Niklas Luhmann

Naissance 8 décembre 1927
Lunebourg
Décès 6 novembre 1998 (à 70 ans)
Oerlinghausen
Nationalité Drapeau de l'Allemagne Allemagne

Niklas Luhmann, (8 décembre 1927 à Lunebourg, mort le 6 novembre 1998 à Oerlinghausen aux environs de Bielefeld) était un sociologue allemand spécialiste de l’administration et des systèmes sociaux. Fondateur de la théorie des systèmes sociaux « Soziologische Systemtheorie », il est couramment considéré comme le sociologue allemand le plus important de la seconde moitié du XXe[1]. Cette théorie s’appuie sur une approche transdisciplinaire du social qui l’amène à produire une analyse qui englobe de multiples approches : philosophique, linguistique, littéraire, juridique, économique, biologique, théologique ou pédagogique. La fin de sa vie sera notamment consacrée à l’analyse des phénomènes médiatiques.

D'abord fonctionnaire, Luhmann étudie ensuite le droit à l'Université de Fribourg et la sociologie auprès de Helmut Schelsky à l'Université de Bielefeld où il enseignera lui-même par la suite. À cette formation s'ajoutent des études en administration publique et en sociologie sous la direction de Talcott Parsons à Harvard.

Luhmann est considéré comme l'un des représentants les plus influents du fonctionnalisme, lequel a été particulièrement critiqué par Jürgen Habermas qui lui oppose sa théorie de l'agir communicationnel. Cette confrontation tient au fait que Luhmann rejette le concept d'action individuelle et s'intéresse à la nature complexe des sociétés modernes en insistant sur le rôle des institutions qui gèrent et mettent en ordre cette complexité. Cet aspect de la théorie de Luhmann a souvent été rapproché du conservatisme de son maître Schelsky qui accordait une attention particulière au rôle des institutions dans l'organisation et le maintien de l'ordre social.

Si Luhmann et Habermas s'intéressent tous deux au phénomène de la communication, le premier l'envisage selon ses fonctions au sein du système, alors que le second y voit la possibilité d'une éthique de la discussion visant à renforcer l'intersubjectivité des sujets sociaux.

Luhmann reste toutefois attaché à la théorie bien plus qu'aux analyses empiriques, ayant pour principe que si les sociétés sont complexes, elles demandent de la part du sociologue l'élaboration de concepts non moins complexes pour en rendre compte adéquatement. C'est dans cette perspective qu'il produit une œuvre monumentale, passant en revue toutes les institutions sociales à travers la notion de complexité et d'autopoïèse (les systèmes sociaux s'engendrant eux-mêmes).

Travail[modifier | modifier le code]

L'œuvre de Luhmann est d'une très riche abondance, elle compte plus de 70 livres et pas loin de 400 articles scientifiques abordant des sujets différents et variés comme le Droit, l'économie, la politique, l'art, la religion, l'écologie, les masses-médias ou l'amour. Pourtant, les théories de Luhmann ont très peu marqué la sociologie française et la sociologie américaine; elles sont essentiellement connues et très populaires en Allemagne. Cependant, leur réception fut assez importante au Japon et en Europe de L'est en y incluant la Russie. Ailleurs, leur très mauvaise réception s'explique partiellement par le fait que la traduction de l'œuvre de Luhmann est une tâche plutôt difficile, dans la mesure où sa lecture représente un challenge même pour les lecteurs allemands en incluant de nombreux sociologues.

Une bonne part de son travail traitant directement des fonctionnements du système légal et de sa théorie des systèmes autopoïétiques est considérée comme l'une des contributions les plus influentes à la Sociologie du Droit et aux "socio-legal studies"

Niklas Luhmann est probablement mieux connu en Amérique du Nord pour son débat l'opposant au " théoriste critique" Jürgen Habermas sur le potentiel de la théorie des systèmes sociaux, à l'instar de son mentor Talcott Parsons Luhmann était grand défendeur des méta-théories, quoiqu'il ne l'était ni dans le sens du fondamentalisme philosophique ni dans le sens des "méta-récits" comme cela est souvent invoqué dans les travaux critiques de l'écrivain postmoderne. Quelques pistes de travail proches de la théorie de la complexité sont considérablement impressionnant, en cela elles visent à traiter n'importe quel aspect de la vie sociale dans un cadre théorique universel; la diversité des sujets qu'il écrit en est le témoignage. La théorie de Niklas Luhmann est parfois dénigrée pour sa complexité et son "hyper-abstraction" par les anglophones tandis qu'elle a eu une influence plus durable sur les universitaires des pays germanophones, mais aussi en Scandinavie et en Italie.

Luhmann lui-même décrivait sa théorie comme étant une théorie labyrinthique ou non-linéaire. Aussi, il clamait qu'il avait délibérément gardé sa prose énigmatique pour la prévenir des compréhensions trop rapides qui produiraient des incompréhensions réductrices.

Théorie des systèmes.[modifier | modifier le code]

La théorie des systèmes de Luhmann se focalise sur trois grands thèmes qui sont interconnectés à la totalité de son travail

- 1 la théorie des systèmes comme théorie sociétal
- 2 la théorie de la communication.
- 3 la théorie de l'évolution.

L'élément central de la théorie des Niklas Luhmann est la communication. Pour Luhmann les systèmes sociaux sont des systèmes construits à partir de communication. La société est le système social englobant, ou pour ainsi dire, elle est le système social comprenant toute la communication et seulement la communication car, pour Luhmann il n'y a pas d'individus dans la société. De plus, Luhmann était l'un des premiers a considérer la société globalisée, en ce sens, il considérait le système social comme international et mondialisé. Les sous-systèmes sociaux correspondent aux sphères d'activités selon Max Weber: Système juridique, système économique, système artistique, système religion, système politique, etc. Pour Luhmann un système est défini par une frontière (faite de communication) séparant le système de son environnement extrêmement complexe et chaotique. Ainsi, l'intérieur du système est une zone de réduction de la complexité, dans la mesure où, la communication à l'intérieur du système et constituant le système opère, en sélectionnant une quantité d'information limitée, une construction de son environnement afin de réduire la complexité chaotique de l'extérieur.

Par ailleurs, chaque système a une identité distinctive qui est constamment reproduite dans sa communication et dépend de ce qui est considéré comme étant significatif et ce qui ne l'est pas. Si un système échoue à maintenir son identité, il cesse d'exister et se dissout dans son environnement duquel il émergeait. Luhmann nomme ce processus de reproduction à partir d'éléments préalablement filtrés d'un environnement complexe et chaotique: autopoïèse; terme emprunté à la biologie cognitive relative au travaux d'Humberto Maturana et Francisco Varela. Les systèmes sociaux sont de manière opératoire clos sur eux-mêmes, tandis qu'ils utilisent et compte sur les ressources de leur environnement. Ces ressources ne deviennent jamais une part intégrante du fonctionnement des systèmes. La réflexivité des systèmes et l'ingurgitation des ressources sont des conditions préalables importante pour la communication, mais aucun n'apparait dans la communication tel quel. Il faut noter, cependant que Maturana argumentait férocement qu'une appropriation de la théorie des systèmes autopoïétiques était conceptuellement défectueuse, à l'instar des présupposés de l'autonomie de la communication. C'est en décrivant les systèmes sociaux comme étant de manière fonctionnelle des réseaux clos de communication que Luhmann ignore le fait que la communication présuppose un interlocuteur humain. ( Pour Luhmann, il n'y a pas d'individu dans la société. La société n'est faite que de communication. Et seule la communication communique.) L'autopoïèse (de Maturana) s'applique seulement à des réseaux de processus qui se reproduisent eux-mêmes, mais la communication est reproduite par l'humain. Pour ces raison l'analogie de la biologie à la sociologie n'est pas vraiment opératoire.. C'est une critique faite à Luhmann qui considère la société comme étant un réseau de communication sans individus.

Niklas Luhmann compare le fonctionnement de l'autopoïèse ( le processus par lequel les systèmes sociaux se maintiennent par le filtrage et le traitement de l'information provenant de leur environnement) à un programme faisant une série de distinctions logiques (en allemand Unterscheidungen). Pour ceci, Luhmann se réfère à la logique de la distinction du mathématicien britannique George Spencer-Brown que Maturana et Varela ont très tôt identifié comme étant un modèle pour le fonctionnement de n'importe quel processus cognitif. le critère suprême guidant l'auto-création de n'importe quel système donné est un code binaire défini. Le code binaire d'un système n'est pas à confondre avec le système numérique binaire utilisé pour les ordinateurs. Luhmann suppose que les systèmes auto-référentiel (dans le processus d'autopoïèse) sont continuellement confrontés à un dilemme de désintégration/continuation. Ce dilemme est dirigé par une suite en perpétuel changement de choix possibles; chacun de ces choix possibles peut être sélectionné par le système ou non (l'état binaire équivaut à la dichotomie sélection/rejet. Chaque système à un code dichotomique qui lui est propre. Par exemple, le code binaire du système juridique est: légal/illégal) L'influence de Laws of form sur Luhmann peut difficilement être surestimé.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages traduits en français[modifier | modifier le code]

Ouvrages en allemand[modifier | modifier le code]

  • Funktionen und Folgen formaler Organisationen (1964)
  • Grundrechte als Institution (1965),
  • Zweckbegriff und Systemrationalität (1968)
  • Vertrauen - ein Mechanismus der Reduktion sozialer Komplexität (1968)
  • Zweckbegriff und Systemrationalität (1968)
  • Legitimation durch Verfahren (1969),
  • Soziologische Aufklärung, 6 vol. (1970-)
  • Politische Planung (1972)
  • Macht (1975)
  • Funktion der Religion (1977)
  • Rechtssoziologie (1980)
  • Gesellschaftsstruktur und Semantik, 4 vol. (1980-)
  • Liebe als Passion (1982)
  • Soziale Systeme (1984)
  • Ökologische Kommunikation (1986)
  • Die Wirtschaft der Gesellschaft (1988)
  • Die Wissenschaft der Gesellschaft (1990)
  • Soziologie des Risikos (1991)
  • (avec Raffaele De Giorgi), Teoria della società (1992)
  • Beobachtungen der Moderne (1992)
  • Das Recht der Gesellschaft (1993)
  • Die Kunst der Gesellschaft (1995)
  • Die Realität der Massenmedien (1996)
  • Die Gesellschaft der Gesellschaft (1997)
  • Die Politik der Gesellschaft (2000)
  • Organisation und Entscheidung (2000)
  • Die Religion der Gesellschaft (2000)
  • Das Erziehungssystem der Gesellschaft (2002)
  • Einführung in die Systemtheorie (2002)
  • Einführung in die Theorie der Gesellschaft (2005)

Ouvrages en français sur Luhmann[modifier | modifier le code]

Estelle Ferrarese, Niklas Luhmann, une introduction, Agora Pocket, Paris, 2007.

Hugues Rabault, Un monde sans réalité ? En compagnie de Niklas Luhmann : épistémologie, politique et droit, Presses de l'Université Laval, Québec, 2012.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Roth, S. (2011) Les deux angleterres et le continent. Anglophone sociology as the guardian of Old European semantics, Journal of Sociocybernetics, Vol. 9, No. 1-2, available for [download at SSRN http://ssrn.com/abstract=2265350]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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