Niedernai

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Niedernai
Mairie de Niedernai.
Mairie de Niedernai.
Blason de Niedernai
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace
Département Bas-Rhin (Strasbourg)
Arrondissement Sélestat-Erstein
Canton Obernai
Intercommunalité C.C. du Pays de Sainte-Odile
Maire
Mandat
Jeanine Schmitt
2014-2020
Code postal 67210
Code commune 67329
Démographie
Gentilé Niedernois(es)
Population
municipale
1 220 hab. (2011)
Densité 108 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 26′ 54″ N 7° 31′ 01″ E / 48.448333, 7.51694448° 26′ 54″ Nord 7° 31′ 01″ Est / 48.448333, 7.516944  
Altitude Min. 152 m – Max. 182 m
Superficie 11,33 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Bas-Rhin

Voir sur la carte administrative du Bas-Rhin
City locator 14.svg
Niedernai

Géolocalisation sur la carte : Bas-Rhin

Voir sur la carte topographique du Bas-Rhin
City locator 14.svg
Niedernai

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Niedernai

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Niedernai
Liens
Site web www.niedernai.fr

Niedernai (Niederehnheim en allemand) est une commune française située dans le département du Bas-Rhin en région Alsace.

Géographie[modifier | modifier le code]

Entrée du village de Niedernai.
L'Ehn, le ruisseau traversant le village de Niedernai.

Niedernai se trouve dans le canton d'Obernai et l'arrondissement de Sélestat-Erstein. Les habitants sont appelés les Niedernois.

Cours d'eau[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

  • Niderrehnheim, 1050
  • Praedium Ahenaim, XIe siècle

Voir Obernai

Histoire[modifier | modifier le code]

La préhistoire[modifier | modifier le code]

Ancien puits.
Calvaire.
Maison à colombages.
Maisons à colombages.
Corps de garde (XIXe siècle), rue du château.

La première occupation du site remonte à 5000 ans avant Jésus Christ : des objets lithiques, des ossements d'animaux, des tessons de poterie, un fond de cabane et des tumuli ont été mis au jour en 1860 lors de fouilles. Des peuples celtes, romains, puis mérovingiens se succèdent sur le territoire de la commune. Ancienne voie militaire, les Romains avaient fait de ce lieu l'un de leurs établissements. Des monnaies romaines et une brique portant le chiffre de la 8e légion y ont été déterrées. Les Romains ont dû trouver en ces lieux un centre de population qu'ils relièrent par la route militaire qui, partant d'Argentorat (Strasbourg), rejoignait le penchant des montagnes et servait pour le transport de leurs troupes. En parcourant la forêt qui s'étend au sud-est du village, on rencontre trois tumuli. Du côté de l'Ettenhoelzel, il en existe trois autres d'une élévation plus grande encore.

Le couvent bénédictin de Feldkirch[modifier | modifier le code]

Le domaine de Niedernai appartient dès 706 aux bénédictins de Moyenmoutier (Vosges). La cour de Feldkirch fait partie des propriétés que l'abbaye de Moyenmoutier possède en Alsace, qu'une femme noble, Theudelinde[1], a cédé après avoir renoncé à la vie conjugale. Vers environ 707-757, l'abbé Regimbert fait construire une église sur le domaine de Niedernai. À cette époque, les Etichonides sont à leur apogée. Après le Xe siècle, un couvent de bénédictins s'installe au lieu-dit de Feldkirch (Velkiercheim, 1114). L'église est dédiée à saint Maximin. Plus tard, vers le XIIIe siècle, les Landsberg deviennent protecteurs du couvent de Niedernai. Pendant la guerre des paysans, le couvent de Feldkirch est ravagé par les paysans avec à sa tête la "bande de Truttenhausen". Le couvent est finalement démoli en 1842. Lors de la construction de la voie rapide A 35, une partie de l'ancien prieuré bénédictin a été mis au jour. Des sarcophages ont été découverts puis ont été regroupés dans un jardin lapidaire.

Un fief de la famille des Landsberg[modifier | modifier le code]

Au milieu du XIIe siècle, les Landsberg, vassaux des Hohenstaufen, s'installent dans le village et construisent un fort vers 1203. En 1230, ils deviennent les avoués de Feldkirch et se mettent en 1284 au service de l'évêque de Strasbourg qui leur cède Niedernai et Meistratzheim. En 1434, Niedernai accède au statut de ville, ce qui lui permet de se fortifier et d'avoir un marché hebdomadaire. En 1572 les Landsberg se convertissent au protestantisme et le resteront jusqu'en 1741.

Le château[modifier | modifier le code]

Les Landsberg font construire un château pour fortifier la ville et le faubourg. Le cours d'eau de l'Ehn va servir à remplir les fossés qui entourent les trois tours. À partir de 1424, la ville a un marché hebdomadaire. En 1899, le château change de propriétaire et passe à Maïa, qui épouse Joseph Le Pays du Teilleul.

Les pillages et invasions[modifier | modifier le code]

En 1439, Niedenai est envahi par les Armagnacs. Les Strasbourgeois en signe de représailles incendient le bourg, reprochant aux habitants de ne pas avoir assez résisté aux Armagnacs et d'avoir ainsi facilité l'entrée de leurs troupes dans le village. En 1444, c'est le Dauphin (devenu depuis Louis XI) qui s'empare de Niedernai mais il est chassé par les Strasbourgeois. En 1525, le village est rançonné pendant la guerre des paysans. Le village est à nouveau occupé en 1592 durant la guerre des évêques.

Guerre de Trente Ans[modifier | modifier le code]

Pendant la Guerre de Trente Ans, Niedernai est souvent saccagé. Au cours de ce conflit, les Suédois pillent la cité en 1622 et la détruisent en 1636.

Condamnations pour sorcellerie[modifier | modifier le code]

Au XVIIe siècle, le « Tribunal des maléfices » siège au château et près d'une centaine de personnes sont condamnées pour sorcellerie à Niedernai et dans ses environs.

Louis XIV installe un directoire de la Basse Alsace[modifier | modifier le code]

En décembre 1681, la noblesse de la Basse Alsace prête serment de fidélité à la France. Louis XIV installe au château le directoire de la noblesse de basse Alsace : il y demeure jusqu'en 1682 date de son retour à Strasbourg. Le 28 mai 1777 les préposés et délégués des communautés juives, rabbinat de la noblesse de basse Alsace, siègent à Niedernai pour rédiger le protocole de la Nation Juive.

La période révolutionnaire[modifier | modifier le code]

La Révolution éclate un peu partout en France. Niedernai n'échappe pas à la tourmente révolutionnaire. Les Landsberg n'ayant plus d'héritier direct, la possession du château va passer par mariage aux barons de Reinach-Werth. Cette famille va fortement s'impliquer dans la commune. Trois membres de cette famille vont devenir maires de la commune entre 1872 et 1869. Ils seront également hommes politiques (sénateurs, préfet, conseillers généraux ou militaires).

Le déclin[modifier | modifier le code]

Au début du XVIIIe siècle les conditions de vie deviennent de plus en plus difficiles. On assiste à des famines ; plus tard le déclin industriel provoque une baisse très sensible de la population. Le reste de la population s'installe le plus près possible des lieux de travail.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Niedernai

Les armes de Niedernai se blasonnent ainsi :
« Coupé : au premier de sinople à la montagne de six coupeaux d'or, mouvant de la pointe, au second d'argent plain. »[2].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
2009 en cours Jeanine Schmitt « Réussir Ensemble à Niedernai » Professeur agrégé d'histoire-géographie
mars 2001 mars 2008 Patrick Douniau[3] « Réussir Ensemble à Niedernai » Cadre dans l'industrie
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 220 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 210 1 299 1 250 1 227 1 316 1 326 1 346 1 350 1 393
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
1 337 1 353 1 303 1 235 1 141 1 108 960 948 905
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
868 858 811 704 678 674 661 648 641
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011
636 690 799 813 942 1 238 1 243 1 244 1 220
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2004[5].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église Saint-Maximin (1893)
La nef de l'église Saint-Maximin
La tour de guet ou "Glockenturm"
Domaine fortifié des Landsberg (1434)
Mairie de Niedernai

L'église Saint-Maximin (fin XIXe siècle)[modifier | modifier le code]

En 1785, l'église du couvent de Feldkirch est détruit par un violent orage. Les habitants utilisent alors l'ancienne chapelle castrale des Landsberg pour le service religieux. L'ancienne chapelle a depuis été reconvertie en école primaire Sainte-Barbe. En 1891 une nouvelle église est reconstruite qui sera consacrée le 8 octobre 1893 par Monseigneur Charles Marbach, évêque auxiliaire de Strasbourg. En mai1917, les cloches seront démontées par l'armée allemande pour être fondues. En 1923 l'église retrouvera de nouvelles cloches.

Baptistère (1884)[modifier | modifier le code]

C'est le seul objet ayant pu être sauvé lors de l'incendie de l'ancienne église de Feldkirch en 1785. Il est maintenant installé dans l'église actuelle.

Reliquaire (XVIIIe siècle)[modifier | modifier le code]

Un reliquaire contenant une main argentée est exposée dans l'église. Il contient des reliques de sainte Barbe et saint Maximin.

Mairie du XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

Domaine fortifié des Landsberg (1434)[modifier | modifier le code]

Le domaine du château comprend un donjon, une chapelle gothique, un manoir Renaissance et une maison néo-renaissance. Les Landsberg occupent le premier fort, édifié sur une motte de 5 mètres 65 d'altitude, ceint de remparts et dont les fossés sont alimentés par un canal de dérivation de l'Ehn, le Stadelbach. Le manoir est modifié et agrandi aux XVIIIe et XIXe siècles. La maison est réaménagée au XIXe siècle; seuls, en subsistent la façade du pignon à escalier et la tour du nid de cigogne datant du XVe siècle. Au XIXe siècle des travaux sont entrepris pour modifier le couronnement du donjon. Le manoir sert de caserne et d'hôpital pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Tour de Guet (1439)[modifier | modifier le code]

La tour de guet, dite aussi Glockenturm est une ancienne tour flanquante de l'enceinte urbaine. Elle présente un appareillage grossier ainsi qu'un chaînage d'angle à bossage et à large liséré. Ses meurtrières sont adaptées pour le tir au canon. Cette tour de guet se trouve actuellement à l'intérieur du cimetière.

Ancienne chapelle Sainte-Barbe (1741)[modifier | modifier le code]

Ancien moulin (XVIIe siècle)[modifier | modifier le code]

Hangar à tabac[modifier | modifier le code]

Corps de garde[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

  • Nordrach en Forêt Noire (en 1998)

Galerie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Theudelinde est qualifiée de dame noble (illustris madona). Avec l'autorisation de son mari Ricpert ou Rupert, elle renonce à poursuivre sa vie conjugale pour rentrer dans les ordres. En 746, la religieuse Theudelinde fait à l'abbaye de Wissembourg une donation située à Lortzheim, village aujourd'hui disparu près de Schwindratzheim.
  2. Jean-Paul de Gassowski, « Blasonnement des communes du Bas-Rhin », sur http://www.newgaso.fr (consulté le 24 mai 2009)
  3. [PDF]« Liste des maires du Bas-Rhin au 1er avril 2008 », sur www.bas-rhin.pref.gouv.fr,‎ 2009 (consulté le 22 mai 2009)
  4. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011