Substitut nicotinique

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Timbre transdermique appliqué sur le bras gauche
Pastilles dans leur conditionnement

Un substitut nicotinique (ou traitement nicotinique de substitution) est un produit médicamenteux contenant de la nicotine et indiqué dans le sevrage tabagique afin de faciliter l'arrêt de la consommation de tabac. Il existe plusieurs formes galéniques, d'absorption cutanée ou buccale, habituellement bien tolérées. Ce type de traitement est conseillé en association à une prise en charge médicale de soutien.

Généralités[modifier | modifier le code]

À l'origine disponibles sous forme de timbres transdermiques (ou patchs), d'autres produits ont été progressivement disponibles par la suite, les formes orales : gommes, comprimés et pastilles à sucer, inhaleurs, et sprays. Les formes transdermiques ont une absorption cutanée, lente, tandis que les formes orales ont une absorption buccale, plus rapide. Les formes cutanées sont destinées à une utilisation continue sur 16 ou 24 heures, tandis que les formes orales sont utilisées ponctuellement.

En France, ce type de traitement est accessible en pharmacie sans ordonnance. Lorsqu'il est prescrit par un médecin ou une sage-femme, il peut être pris en charge par l'assurance maladie à hauteur de 50 € par an (150 € pour la femme enceinte)[1]. Il existe de nombreuses marques pour un même produit.

Fonctionnement et indication[modifier | modifier le code]

La nicotine étant le facteur essentiel de la dépendance au tabac, les substituts nicotiniques dispensent la nicotine en diminuant l'amplitude des variations de sa concentration sanguine (nicotinémie). Ceci permet de minimiser le syndrome de sevrage lors d'un arrêt du tabagisme, au long cours avec les formes cutanées et à court terme avec les formes orales. Concrètement, un fumeur qui arrête de fumer peut utiliser la forme cutanée afin de diminuer le risque de survenue des signes de manque et la forme orale afin de soulager ponctuellement les signes de manque lorsqu'ils sont présents.

L'indication de ce traitement est principalement fonction du niveau de dépendance, habituellement mesurée par le test de Fagerström. La version simplifiée de ce test évalue la quantité de tabac consommée quotidiennement et la précocité de la première consommation de la journée par rapport au réveil ; l'intensité de la dépendance augmentant avec ces deux valeurs. Plus la dépendance est estimée forte, plus l'indication est justifiée ; a contrario, si la dépendance est évaluée faible, il n'est pas forcément utile de suivre ce traitement. La posologie initiale peut être choisie en fonction du niveau de dépendance ou du seul niveau de consommation. Par la suite, la posologie est à adapter secondairement en fonction des signes de sevrage et de surdosage.

Efficacité et tolérance[modifier | modifier le code]

Dans le cadre du sevrage tabagique, les substituts nicotiniques sont plus efficaces qu'un traitement placebo[2]. Ils permettent une augmentation relative du taux d'abstinence à six mois de 50 à 70 % comparativement au placebo, ce qui correspond théoriquement à une augmentation absolue de 2 à 3 %[2]. Il est donc souhaitable d'associer à ce traitement un accompagnement par un professionnel de la santé[2]. La combinaison des deux formes d'administration est plus efficace qu'une seule[2]. Un traitement par timbre pour une durée supérieure à 8 semaines ne semble pas apporter plus de bénéfice[2].

Comparativement aux autres traitements médicamenteux, le bupropion et la varénicline, les substituts nicotiniques ont une efficacité équivalente mais disposent d'une meilleure tolérance[2]. Ils ne présentent pas non plus les effets du tabac sur la santé à long terme (en particulier le risque de cancer)[2]. Les effets indésirables sont liés à la nicotine et sont le plus souvent modérés et sans gravité, les plus fréquents étant : céphalée, dysgueusie, hoquet, nausée, dyspepsie, douleur et paresthésie buccale, stomatite, hypersécrétion salivaire, brûlure des lèvres, sécheresse de la bouche et de la gorge, intolérance cutanée[2]. Ces effets sont réversibles et régressent rapidement après retrait du dispositif[2].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sevrage tabagique

Références[modifier | modifier le code]