Nicolas Ruwet

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Nicolas Ruwet est un linguiste belge et français, né le 1er janvier 1933[1] à Saive (Belgique) et décédé à Paris le 14 novembre 2001.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après des études de philologie romane à l'Université de Liège, et de linguistique au Massachusetts Institute of Technology (MIT), Nicolas Ruwet est chercheur au Fonds national de la recherche scientifique belge, puis professeur à l'Université de Vincennes (Paris-VIII).

On lui doit d'importants travaux de grammaire générative sur divers problèmes de syntaxe du français (passif, montée du sujet, causatif, contrôle, adverbes, impersonnel, extraposition, phrases copulatives, etc.)[2], qui sont à l'origine de nombreuses recherches. Il est aussi l'auteur de quelques études sur l'épistémologie de la grammaire générative. Ses dernières années d'activité heuristique se sont situées à l'interface lexique-syntaxe, avec notamment l'étude des verbes psychologiques et météorologiques et des constructions pronominales.

On doit aussi à Nicolas Ruwet des travaux de musicologie et de poétique.

En musique, son grand article « Méthodes d'analyse en musicologie » (1966, repris dans Langage, musique, poésie), s'inspirant des travaux du linguiste Roman Jakobson, montre que la musique est sujette à des parallélismes formels (rythmiques et/ou mélodiques) et en tire les principes de base d'une nouvelle méthode d'analyse musicale.

En poétique, on lui doit principalement un nouveau modèle théorique du discours poétique, basé sur les notions d'équivalence, de déviation et d'effet de sens, et formulé pour la première fois dans un article de 1975, « Parallélismes et déviations en poésie » (in J. Kristeva, J.-C. Milner & N. Ruwet (éds.), Langue, discours, société. Pour Émile Benveniste, Paris, Seuil, p. 307-351.

En dehors de sa propre activité de recherche, Ruwet a consacré beaucoup de son temps et de son énergie à faire connaître les travaux et les œuvres qu'il estimait. Il a ainsi joué un role primordial d'animateur de la recherche linguistique en France. On lui doit notamment :

Publications[modifier | modifier le code]

  • Introduction à la grammaire générative, Paris, Plon, 1967.
  • Langage, musique, poésie, Paris, Editions du Seuil, 1972.
  • Théorie syntaxique et syntaxe du français, Paris, Editions du Seuil, 1972.
  • Grammaire des insultes et autres études, Paris, Editions du Seuil, 1982.
  • Linguistica e Poetica, Bologne, Il Mulino, 1986.
  • Syntax and human experience, Chicago/Londres, The University of Chicago Press, 1991.

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il a été déclaré né le 31 décembre 1932 à l'état civil. Cf. Dominicy 2003, p. 140, n. 1.
  2. Aroui & Zribi-Hertz, 2002, p. 111.
  3. Aroui & Zribi-Hertz, 2002, p. 109.
  4. François Dosse, Histoire du structuralisme, T.2, Paris, La Découverte, 1992, pp. 13-29.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Louis Aroui & Anne Zribi-Hertz, In Memoriam. Nicolas Ruwet 1933-2001, in Le français moderne, no 70 2002/1, pp. 109-111pdf
  • Marc Dominicy, Nicolas Ruwet (1933-2001), in Travaux de linguistique, no 46 2003/1, pp. 133-143 Pdf en ligne.
  • Jean-Jacques Nattiez, Nicolas Ruwet musicologue, in L. Tasmowski & A. Zribi-Hertz, De la musique à la linguistique. Hommages à Nicolas Ruwet, Gand, Communication & Cognition, 1992, pp. 24-38.