Nicolas Letourneux

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Nicolas Letourneux, né le 30 avril 1640 à Rouen, et mort le 9[1] ou 28[2] novembre 1686 à Paris, est un prêtre français, prieur de Villers-sur-Fère.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né de parents pauvres, il dut le bienfait de son éducation à M. Gentien Thomas Dufossé[1] (père de Pierre Thomas), maître des comptes à Rouen, qui l'envoya étudier à Paris au collège des jésuites. Après avoir achevé sa philosophie au collège des Grassins, il retourna à Rouen, où il fut ordonné prêtre à vingt-deux ans, puis employé dans le ministère de la prédication, dont il s'acquitta avec succès, On lui procura deux petits bénéfices, et il obtint une pension du roi. Au bout de quelques années il quitta la place de vicaire qu'il occupait dans une paroisse de Rouen, et vint vivre à Paris dans la retraite. En 1681, il devint le confesseur officiel de Port-Royal[2], où il avait d'étroites liaisons. Son dessein était de se condamner pour toujours au silence ; mais Lemaistre de Sacy l'engagea à reparaître dans la chaire. Letourneux prêcha donc dans plusieurs églises, où il fut très suivi. Le goût de la retraite le conduisit dans le Maine, et enfin à son prieuré de Villers, dans le diocèse de Soissons, où il passa ses dernières années.

Décès et testament[modifier | modifier le code]

De passage à Paris, il mourut d'une crise d'apoplexie, le IV des kalendes de décembre 1686[2], à 46 ans. Il fut enterré dans l'église Saint-Landry[3] (aujourd'hui disparue), et son cœur à Port-Royal des Champs dans la chapelle des Reliques. Par son testament il légua la somme de deux milles livres au monastère de Port-Royal[2].

Publications[modifier | modifier le code]

Letourneux avait composé, entre autres ouvrages :

  1. le Catéchisme de la pénitence, 1676, in-12 ;
  2. Principes et règles de la vie chrétienne, 1688, in-12 ;
  3. Explication littéraire et morale de l'épître de saint Paul aux Romains, 1695, in-12 ;
  4. la Vie de Jésus-Christ ;
  5. la Meilleure Manière d'entendre la messe, et une Traduction du bréviaire : cette traduction fut censurée par une sentence de l'official de Paris, du 10 avril 1688, et Arnauld en prit la défense. Mais le principal ouvrage de Letourneux est son Année chrétienne, qu'il faisait imprimer lorsqu'il mourut, et dont les derniers volumes sont du Flamand Ruth d'Ans. Ce livre a été condamné à Rome, sous Innocent XII, le 17 septembre 1691, et par plusieurs évêques français, et les amis de l'auteur conviennent que sa doctrine est la même que celle de Pasquier Quesnel. On a de Letourneux une lettre pour sa justification, datée du 19 mai 1686. Il y disait qu'il n'était point retourné à Port-Royal depuis sa sortie de cette maison, et qu'il ne s'était point servi, dans son Année chrétienne, de la version du Missel de Voisin, ni de celle du Nouveau Testament de Mons. Toutefois son ouvrage renferme beaucoup de choses inexactes, et c'est pour le faire oublier que Griffet a composé son Année du chrétien.

Source[modifier | modifier le code]

« Nicolas Letourneux », dans Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes avec la collaboration de plus de 300 savants et littérateurs français ou étrangers, 2e édition,‎ 1843-1865 [détail de l’édition]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Charles-Augustin Sainte-Beuve, Anatole de Montaiglon, Port-Royal, 3e éd., vol. 7, 1871, p. 202 et 110
  2. a, b, c et d Rivet, Charles-Hugues Le Febvre de Saint-Marc, Necrologe de l'Abbaïe de Nôtre-Dame de Port-Roïal des Champs, 1723, p. LXXII, 443 et 444
  3. Germain Brice, Nouvelle description de la ville de Paris, 8e éd., vol. 4, 1725, p. 265-266

Articles connexes[modifier | modifier le code]