Nicolas Formé

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Nicolas Formé

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Naissance 26 avril 1567
Paris,
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Décès 27 mai 1638 (à 71 ans)
Paris,
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Activité principale Compositeur
Sous-maître de musique de la Chapelle royale (1609-1638)
Style Musique baroque française

Nicolas Formé (Paris, 26 avril 1567-Paris, 28 mai 1638) est un compositeur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

À vingt ans, il est admis comme clerc à la Sainte-Chapelle du Palais, et, trois ans plus tard, comme chantre ordinaire (choriste employé de manière permanente, par opposition à un interprète « extraordinaire »). En 1595, il est haute-contre à la Chapelle royale sous l'autorité du sous-maître, Eustache Du Caurroy (le maître était un ecclésiastique sans fonction musicale). En 1609, il succède à cet auteur réputé. Il sera aussi compositeur de la Chapelle jusqu'à sa mort.

Personnage haut en couleur, de caractère difficile, libre de mœurs et avide d'honneurs, il provoqua quelques heurts à la Sainte-Chapelle[1]. Sa musique était fort appréciée, notamment par Louis XIII et par son premier ministre, le cardinal de Richelieu. C'est ainsi que, prêtre, il sut obtenir des bénéfices lucratifs : abbé commendataire de l'abbaye Notre-Dame de Reclus, au diocèse de Troyes, de 1624 à 1634, il fut également reçu chanoine de la Sainte-Chapelle en 1626. Il avait aussi bénéficié, de 1616 à 1624, des revenus d'une prébende canoniale de la collégiale Saint-Aignan d'Orléans.

À cette occasion, il est possible de signaler qu'en 1615, le doyen du chapitre canonial, Nicolas de Heere, avait fondé la première Société littéraire d’Orléans, avec l'archidiacre de Sully Claude Petau et Raoul Fournier, docteur-régent de l'Université d'Orléans. Les travaux de cette petite Académie furent publiés en 1618 sous le titre de Conférences académiques[2]. Elle disparut en 1624, à la mort de son fondateur. À cette époque, la collégiale Saint-Aignan avait sans doute atteint un bon niveau intellectuel, aussi bien que musical (grâce à son maître autrefois primé, Abraham Fourdy).

Nicolas Formé laissait entendre qu'il était l'introducteur en France de l'écriture à double chœur. La prétention du maître parisien n'était sans doute pas tout à fait exacte, mais il est clair qu'il a su faire vivre une pratique caractéristique de la première moitié du XVIIe siècle : on trouve déjà des indications de double (voire triple) chœur dans des motets d'Eustache Du Caurroy ou de Sauvaire Intermet, notamment. Ce qui est certain, c'est que Formé étendit ce procédé, en l'adaptant à la messe polyphonique.

Son œuvre[modifier | modifier le code]

Louis XIII lui portait un attachement tel qu'après son décès, sa musique fut saisie et placée dans une armoire dont le roi gardait personnellement la clé. Plus tard, cela n'empêcha pas que, comme pour beaucoup d'autres auteurs, la quasi-totalité de son œuvre a été perdue.

On a néanmoins conservé :

  • Une Missa duobus choris (Messe pour deux chœurs, l'un à 4 et l'autre à 4, 5 ou même 6 voix), que « N. Formé dédie à la mémoire éternelle d'Henri (Henri IV) le Grand et de son fils Louis (Louis XIII) le Juste » (Paris, Ballard, 1638)[3]. Elle est le premier témoignage d'une publication de messe polychorale française a cappella ;
  • Deux motets, qui lui font suite, dans le même recueil. Comme la messe, il est donc possible qu'ils aient été écrits à l'occasion du Vœu de Louis XIII, signé puis consacré en 1638 précisément. Ce vœu plaçait la France sous la protection de la Vierge Marie.

Ils sont à double chœur également :

    • Ecce tu, pulchra es, amica mea (« Voici que toi, tu es belle, mon amie »), poème d'amour tiré du Cantique des Cantiques du roi Salomon. Il est adressé à la Vierge Marie, par son texte, et par l'auteur de manière explicite.
    • Domine, salvum fac regem (« Dieu sauve le roi »).
  • Deux messes en faux-bourdon, à 4 voix, également publiées par Pierre I Ballard en 1638 :
    • Musica simplex quatuor vocum par bécarre, dédiée à Richelieu ;
    • Musica simplex quatuor vocum par bémol, dédiée à son frère.
  • Le Cantique de la Vierge Marie, selon les tons ou modes usités en l'Église, mis à 4 parties, manuscrit très soigné[4] :

Dans sa Messe à deux chœurs, Formé recourt au style concertant, opposant un quatuor vocal à un autre ensemble à 5 voix. Le caractère est déjà celui du grand motet (celui-ci se développera à la Chapelle royale de Versailles à partir de l'époque de Louis XIV). Il est à noter que nulle part il n'est fait mention de participation instrumentale, contrairement à ce qui se pratiquera dans cette forme musicale à venir.

Ses Magnificat, sans doute d'un usage plus strictement liturgique, sont d'un style souvent simple et peu orné.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marcelle Benoit (sous la dir. de), Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, Paris, Fayard, 1992 (article de Bernard Gagnepain), ISBN 2-213-02824-9
  • Marc Honegger, Dictionnaire de la musique, Paris, Bordas, 1979.
  • Henri Quittard. Nicolas Formé (1567-1638), in Revue musicale 8 (1903), p. 362-366. Lire ici.

Discographie[modifier | modifier le code]

Sources imprimées (partitions)[modifier | modifier le code]

  • Jean-Charles Léon : Nicolas Formé, Œuvres complètes, Centre de musique baroque de Versailles, Versailles, 2003, ISMN : M-707034-24-8 [5]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cette indiscipline était courante dans les maîtrises à l'époque. Voir aussi le cas d'Artus Aux-Cousteaux.
  2. Paris, Langlois, VIII-492 p.
  3. « Aeternæ Henrici magni [...] memoriæ et Ludovici justi ejus filii [...] N. Formé [...] missam hanc duobus choris ac quatuor vocibus compositam vovet ». A signaler que le mot « mémoire » n'implique pas que le roi Louis XIII était mort, puisque celui-ci mourut en 1643.
  4. Paris BnF (Mss.) : ms. fr. 1870.
  5. Éditions CMBV. Nicolas Formé. Œuvres complètes