Nicolas Abraham

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Nicolas Abraham est un psychanalyste français, né à Kecskemét en Hongrie en 1919 et mort à Paris en 1975. Il devient célèbre avec la publication post-mortem en 1976 du Verbier de l'Homme aux loups en montrant le polyglottisme intrinsèque de ce cas et de la théorie qui sous-tend l'analyse qui en est faite par Freud, intitulée l'Homme aux loups.

Biographie[modifier | modifier le code]

Nicolas Abraham naquit à Kecskemét[1] en Hongrie dans une famille juive orthodoxe. Il quitta son pays pour fuir la montée du nazisme et rejoignit Paris en 1938, puis la zone libre pendant la Seconde Guerre mondiale. Il se maria une première fois en 1946, mariage dont furent issus deux fils, avant de rencontrer Maria Török, également d'origine hongroise[1].

Philosophe de formation, spécialisé dans la phénoménologie d’Husserl, il était également polyglotte[1].

Abraham fut analysé par Bela Grunberger, dans le cadre de Société psychanalytique de Paris, dont il ne fut jamais membre à part entière (il resta simplement affilié) : il apparu rapidement comme dissident et sa cure didactique ne fut pas reconnue[1].

Il se lia d’amitié avec Jacques Derrida en 1959 partageant un goût commun pour la philosophie et l'analyse des textes freudiens[1].

Ses travaux et son apport[modifier | modifier le code]

L'œuvre de N. Abraham étudie tant la métapsychologie freudienne que les travaux de Sandor Ferenczi, comme son concept d'incorporation, qu'Abraham reliera au traumatisme.

C'est post-mortem qu'il devint célèbre, avec la publication en 1976 du Verbier de l’homme au loup, en collaboration avec sa compagne Maria Török et préfacé par Derrida[1]. Après Muriel Gardiner, il s'agit d'un commentaire du cas de L’homme aux loups analysé par Freud[2] et à propos duquel il montre le polyglottisme qui le constitue : de langue maternelle russe mais élevé par une nourrice de langue anglaise, il poursuit sa cure en allemand ; à cela s'ajoute, selon les auteurs, la langue française, une « crypte » qui constitue le moi clivé du patient et la clé de son inconscient[1].

Parmi les autres thèmes abordés par Abraham, on trouvera :

  • l'écorce et le noyau ;
  • l'anasémie (pour désigner la spécificité de la conceptualité psychanalytique);
  • le symbole ;
  • la transphénoménologie.

Il existe un prix Nicolas Abraham et Maria Török. Il est attribué tous les deux ans par l’Association européenne Nicolas Abraham et Maria Török à un ouvrage ou un travail (livre, thèse, mémoire ou article) réalisé en français au cours des deux années précédant son attribution (entre le 1er janvier 2000 et le 31 décembre 2001, pour la première fois). Ce prix vient souligner l’intérêt que l’Association porte au travail de recherche dans la continuité de l’une des pistes ouvertes par les travaux de Nicolas Abraham et Maria Török. Les qualités théoriques et l’intérêt clinique des travaux présentés sont pris en considération, mais aussi leur caractère d’innovation.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Nicolas Abraham et Maria Török, L'Écorce et le noyau, éd. Poche, 1999
  • Nicolas Abraham et Maria Török, Le Verbier de l'homme aux loups, précédé de fors par Jacques Derrida, éd. Poche, 1999
  • Nicolas Abraham, Jonas et le cas Jonas, 1999
  • Nicolas Abraham et Nicholas T. Rand, Rythmes : De la philosophie, de la psychanalyse et de la poésie, 1999
  • Nicolas Abraham, Maria Torök, et Jacques Derrida, Anasémies, 1992

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Eva Brabant « Symboles, cryptes et fantômes : Nicolas Abraham et Maria Török » Le Coq-Héron no 186, 2006
  • Pascal Hachet, Cryptes et fantômes en psychanalyse. Essais autour de l’œuvre de Nicolas Abraham et Maria Torok, L'Harmattan, 2000 (OCLC 708544138)
  • Fabio Landa, La Shoah et les nouvelles figures métapsychologiques de Nicolas Abraham et Maria Torok : Essai sur la création théorique en psychanalyse, 2000
  • Jean Claude Rouchy, La psychanalyse avec Nicolas Abraham et Marie Törok, 2001
  • Barbro Sylwan et Philippe Réfabert, Freud, Fliess, Ferenczi. Des fantômes qui hantent la psychanalyse, collection Nicolas Abraham et Maria Torok, Éditions Hermann, 2010.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g Elisabeth Roudinesco et Michel Plon, Dictionnaire de psychanalyse, Paris, Fayard,‎ 2011, p. 23
  2. Sigmund Freud, L'Homme aux loups : d'une histoire de névrose infantile, Payot, coll. "Petite Bibliothèque Payot", 2010 (ISBN 2228905690) et L'Homme aux loups, Presses Universitaires de France - Quadrige, 1990, (ISBN 2130434002)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]