Nicholas Owen

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Nicolas Owen
Image illustrative de l'article Nicholas Owen
Nicolas Owen et Edward Oldcorne torturés (Gaspar Bouttats)
Frère jésuite, martyr et saint
Naissance c.1550
Oxfordshire (Angleterre)
Décès 2 mars 1606 
Londres
Nationalité anglaise
Béatification 1929
par Pie XI
Canonisation 25 octobre 1970
par Paul VI
Vénéré par Catholiques d'Angleterre
Fête 4 mai
Saint patron Magiciens

Saint Nicholas Owen, né vers 1550 et mort (torturé) le 2 mars 1606, à Londres, était un frère jésuite anglais. Charpentier de profession, et collaborateur de Henry Garnet il est célèbre pour avoir construit et aménagé de remarquables cachettes pour prêtres catholiques clandestins dans plusieurs manoirs et châteaux lors de la sévère persécution anticatholique du règne d’Élisabeth Ire d'Angleterre.

Torturé et mis à mort pour son attachement à la foi catholique il est honoré comme martyr par l'Église catholique. Béatifié en 1929 il fut canonisé par Paul VI le 25 octobre 1970, et est liturgiquement commémoré avec les autres martyrs anglais et gallois le 4 mai.

Une cachette aménagée par Owen, avec accès dans une marche d'escalier (Havrington Hall)
Autre cachette dans la bibliothèque de Havrington Hall
Même 'Trou à prêtre', côté intérieur (Havrington Hall)

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un charpentier dOxford, Owen travaille pour le compte de Henry Garnet, revenu en Angleterre en 1586, avant d’être admis, à sa demande, comme membre de la Compagnie de Jésus. Après l’exécution de Edmond Campion (1581) Owen avait déjà connu la prison (1582 ou 1583) pour avoir défendu l’innocence du martyr.

Durant tout le supériorat clandestin de Henry Garnet (1587 à 1606) Owen lui est un assistant et très proche collaborateur, au point d’être connu simplement comme ‘l’homme de Garnet’. Artisan très doué il est surtout connu pour avoir construit de remarquables cachettes pour prêtres qui, passant de manoir en manoir, y célébraient l’eucharistie pour de petits groupes de fidèles et d’une manière générale soutenaient les catholiques dans leur foi. Habilement conçues et aménagées en petites chambres qui permettaient même un séjour relativement prolongé plusieurs de ces cachettes furent sauvegardées et sont devenues aujourd’hui attractions touristiques. Il travaillait toujours seul et de nuit, et son travail fut si ingénieux qu’il n’est pas impossible que certaines cachettes restent encore à découvrir...

N’étant pas prêtre et son appartenance à la Compagnie de Jésus étant restée secrète pour des raisons de sécurité Nicholas Owen circulait plus facilement dans le pays. Cela n’empêche qu’il est arrêté à Londres en 1594 et incarcéré. Bien que torturé il ne révèle rien des maisons et familles catholiques qui le recevaient ou des allées et venues des prêtres clandestins. Il est finalement considéré comme étant de peu d’importance et, moyennant une amende payée par un gentilhomme catholique, il est libéré.

On lui attribue le succès de l’évasion spectaculaire de John Gerard, prisonnier dans la tour de Londres, le 4 octobre 1597. De cette époque date sans doute une chute de cheval qui le laissa avec une jambe plus courte que l’autre.

Dans le cadre de la conspiration des poudres Owen est de nouveau arrêté en janvier 1606, cette fois avec Garnet et d’autres, à Hinlip Hall, dans le Worcestershire. Ils sont emprisonnés à Londres, à la prison de Marshalsea, sur la rive sud de la Tamise, puis dans la tour de Londres. Réalisant cette fois la valeur de leur ‘prise’ Robert Cecil, secrétaire d’État exulte : « C'est incroyable, et la joie provoquée par son arrestation est grande... si l’on sait avec quelle habileté Owen a construit des cachettes, et la quantité de ‘trous noirs’ qu’il a aménagés pour cacher des prêtres à travers toute l’Angleterre. »

Le réseau clandestin catholique est désormais connu des autorités qui torturent sans pitié pour obtenir de Nicholas Owen et de ses confrères des informations et des noms. Toutefois, il garde le silence jusqu’à la fin, ne révélant rien de ce qu’il sait. Il serait mort des conséquences des terribles tortures subies, soit le 2 mars soit (d’après d’autres sources) le 12 novembre 1606. John Gerard commenta : « En vérité, de personne on ne peut dire qu’il ait fait plus de bien que lui, dans la vigne anglaise du Seigneur. Il a sauvé la vie à plusieurs centaines de personnes, ecclésiastiques et autres »

Béatifié par le pape Pie XI, en 1929, Paul VI le canonise avec le groupe des quarante martyrs d’Angleterre et du pays de Galles, le 25 octobre 1970. Liturgiquement Nicholas Owen, est commémoré le 4 mai.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • M. Hodgetts: In Search of Nicholas Owen, dans The Month, vol. 26 (1961), pp.197-209.
  • M. Hodgetts: Nicholas Owen in East Anglia, dans The Month, vol. 28 (1962), pp. 69-81.
  • Philip Caraman: Henry Garnet (1555-1606) and the Gunpowder Plot, London, 1964.
  • Bernard Basset: The English Jesuits, London, 1967.
  • Francis Edwards: The Jesuits in England, Turnbridge Well, 1985.