Nicholas Kaldor

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Nicholas Kaldor

Description de l'image  Nicholas Kaldor.jpg.
Naissance 12 mai 1908
Budapest (Hongrie)
Décès 30 septembre 1986 (à 78 ans)
Papworth Everard (Cambridgeshire) (Royaume-Uni)
Nationalité Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Champs Économie (post-keynésianisme)
Institutions London School of Economics, Université de Cambridge
Diplôme London School of Economics
Renommé pour avoir été un des principaux économistes post-keynésiens, théoricien de la répartition, des crises et de la monnaie, conseiller de Clement Attlee et membre de la commission Beveridge, sa critique de Friedrich Hayek, de la synthèse néo-classique et du monétarisme, le carré magique.

Nicholas Kaldor est un économiste britannique, né le 12 mai 1908 à Budapest et décédé le 30 septembre 1986 à Papworth Everard dans le Cambridgeshire. Il a été l'un des principaux auteurs du courant post-keynésien, théoricien des cycles économiques et conseiller de plusieurs gouvernements travaillistes au Royaume-Uni et dans d'autres pays. Polémiste de talent, il s'est également distingué par sa critique virulente de la synthèse néoclassique, puis de la « contre-révolution » monétariste et de son application au Royaume-Uni sous les gouvernements de Margaret Thatcher.

Biographie[modifier | modifier le code]

Nicholas Kaldor naît à Budapest le 12 mai 1908, issus d'une famille d'avocats hongrois, Julius et Joan Kaldor. Étudiant en économie à l'Univesité de Berlin de 1925 à 1926, il rejoint ensuite la London School of Economics, où il suit les cours d'Allyn Young et de Lionel Robbins et fréquente John Hicks. Diplômé en 1930, il devient assistant à la London School dès 1932, et y enseignera jusqu'en 1947.

Nicholas Kaldor est dans un premier temps un économiste néoclassique, disciple de Friedrich Hayek dont il traduit plusieurs ouvrages. Il se rapproche cependant progressivement de John Maynard Keynes et participe à l'élaboration de la Théorie Générale dans le cadre du « Circus », cercle d'économistes assistant Keynes dans la réalisation de ses travaux. Sur la demande de ce dernier, il publie une critique des thèses de Friedrich Hayek sur la récurrence des crises, alors que l'école autrichienne d'économie constitue à cette époque un des principaux pôles de résistance au keynésianisme ascendant.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est membre de la commission William Beveridge, à l'origine des rapports de 1942 et de 1944 qui donneront naissance au système national de sécurité sociale anglais, après la victoire du parti travailliste et de Clement Attlee aux élections de juillet 1945. Il devient membre du King's College, à Cambridge en 1949, où il enseignera de 1966 à 1975. Il y devient avec Joan Robinson l'un des animateurs du post-keynésianisme, cherche à étendre l'analyse keynésienne à l'étude des cycles économiques et à lui donner de nouveaux fondements micro-économiques. Nicholas Kaldor estime en effet que Keynes était resté prisonnier d'une vision marshalienne de la répartition, fondée sur la productivité marginale des facteurs. Dans les années 1950 et 1960, il prend une part importante aux débats virulents qui opposent les économistes keynésiens sous le nom de « guerre des deux Cambridge ». Il polémique avec les économistes de la synthèse néoclassique (notamment Paul Samuelson et Robert Solow) à qui il reproche d'appauvrir l'héritage keynésien en l'intégrant dans un cadre néoclassique.

Nicholas Kaldor est conseiller du chancelier de l'Échiquier sous deux gouvernements travaillistes, de 1964 à 1968 et de 1974 à 1976. Il conseille également plusieurs gouvernements de pays du Tiers-monde dans les années 1960-1970. Il est nommé pair à vie en 1974 avec le titre de « Baron Kaldor of Newnham in the City of Cambridge ».

Face à la montée des idées monétaristes dans les années 1970, il publie plusieurs articles et ouvrages contre ce courant, dont le plus célèbre est The Scourge of Monetarism, paru en 1985. Il est également très critique vis-à-vis des politiques libérales mises en œuvre par les différents gouvernements de Margaret Thatcher à partir de 1979. Il meurt à Papworth Everard, dans le Cambridgeshire, le 30 septembre 1986. Le Times salue dans sa mort celle du « dernier des grands keynésiens ».

Travaux[modifier | modifier le code]

Critique de Hayek[modifier | modifier le code]

Dans Professor Hayek and the Concertina Effect (1942), Nicholas Kaldor critique la contradiction qui réside selon lui dans l'explication des crises formulée par Friedrich Hayek, entre deux de ses ouvrages : Prices and Production (1931) et Profits, Interest and Investment (1939). Dans le premier les crises sont expliquées par l'éloignement du taux d'intérêt réel du taux d'équilibre égalant épargne et investissement (théorie influencée par le Suédois Knut Wicksell), dans le second elles sont le produit de l'écart entre les industries produisant des biens de consommation et celles produisant des biens intermédiaires.

Controverse avec les« keynésiens de la synthèse »[modifier | modifier le code]

Il prend l'idée de diviser la société en 2 groupes :

- les riches (R)
- les pauvres (P).

Ainsi, Y = Yr+Yp et C = Cr+Cp (avec Y le revenu et C la consommation).

Ces ménages ont des pratiques de consommation keynésiennes : en se plaçant en courte période, on a une représentation linéaire :
Cr = cr.Yr
Cp = cp.Yp
avec 0<cr<cp<1.

c = C/Y = (Cr+Cp) / (Yr+Yp) = (crYr + cpYp) / (Yr+Yp)

c = (cr.Yr / (Yr+Yp)) + (cp.Yp / (Yr+Yp))

c = α.cr + (1-α)cp

Cette équation justifie les politiques de transferts sociaux que les gouvernements keynésiens vont faire. En effet, en prenant aux riches pour redonner aux pauvres, on va augmenter la propension marginale à consommer de l'économie (plus α est faible, plus cp est grand avec cp>cr).

Théoricien de la monnaie[modifier | modifier le code]

Critique du monétarisme[modifier | modifier le code]

La théorie de la répartition de Nicholas Kaldor[modifier | modifier le code]

Nicholas Kaldor propose deux modèles théoriques de la répartition :

Tout d'abord, lorsqu'il élabore le modèle agent public-agent privé, il pose un cadre théorique de la stimulation de l’investissement public. Le mécanisme avancé est le suivant : le financement de l’investissement public est assuré par un déficit public monétisé (seigneuriage) qui génère de l’inflation. Se met alors en place une « taxe d’inflation », car il y a taxation indirecte d’une partie du patrimoine des agents privés à destination de l’État. La réduction de l’épargne privée est alors supposée compensée par une hausse de l’épargne publique, plus efficace, puisqu’investie en totalité.

En d'autres termes, le déficit public est censé stimuler une politique monétaire expansive qui peut être potentiellement permanente, car elle génère de l’inflation, qui, dans cette optique est bénéfique pour ses effets redistributifs, du fait de l’augmentation du niveau moyen de la propension marginale à épargner et du changement de répartition dans l’épargne au bénéfice de l’État.

Par la suite Nicholas Kaldor propose un modèle de répartition à peu près similaire, mais se concentre cette fois sur le secteur privé dont il distingue deux catégories d'acteurs : les « capitalistes », détenteurs des forces de production et les « travailleurs » . La « taxe d’inflation » (générée par le seigneuriage) est souhaitable car elle bénéficie aux « capitalistes » et ce, au détriment des « travailleurs », puisqu'elle abaisse le coût réel du travail. Or, en se basant sur les travaux et analyses de John Maynard Keynes on sait que les « capitalistes » ont une propension à épargner nettement plus importante que les « travailleurs », par conséquent, grâce à la « taxe d’inflation » le financement de l'investissement privé se trouve renforcé, ce qui stimule, à terme, la croissance économique.

L'explication des cycles[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]