Nicétas Stéthatos

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Nicétas Stéthatos (grec : Νικήτας Στηθᾶτος, appelé en latin Nicetas Pectoratus, le mot stêthos signifiant « poitrine », en latin pectus, -oris) est un moine et théologien byzantin, né à Constantinople vers l'an 1000, mort dans la même ville vers 1090.

Biographie[modifier | modifier le code]

Moine dès l'âge de quatorze ans au monastère Saint-Jean de Stoudios, il se fit le disciple de Syméon le Nouveau Théologien (mort le 12 mars 1022), dont il fut ensuite le biographe et dont il défendit la pratique, contestée à l'époque, de prière contemplative. Il écrivit également d'autres textes sur l'ascèse et la contemplation, qui ont fait de lui un des auteurs de la Philocalie des Pères neptiques.

Il prit également part comme polémiste aux conflits qui opposaient l'Église orthodoxe grecque à l'Église catholique latine et à l'Église arménienne. Il composa cinq traités contre les Arméniens et deux contre les Latins. Il fut l'allié du patriarche Michel Cérulaire contre le légat pontifical Humbert de Moyenmoutier, mais fut contraint de se rétracter en présence de l'empereur Constantin IX (24 juin 1054). Il développa les griefs déjà traditionnels de l'Église grecque contre l'Église latine : conception de la primauté du pape, ajout du filioque au Credo, et pratiques comme le célibat obligatoire des prêtres, l'usage du pain azyme pour l'Eucharistie, le jeûne du samedi.

Éditions de textes[modifier | modifier le code]

  • Nicétas Stéthatos, Un grand mystique byzantin : Vie de Syméon le Nouveau Théologien (949-1022), introduction, texte grec et notes par Irénée Hausherr, traduction française en collaboration avec Gabriel Horn, Pontificium Institutum Orientalium Studiorum, Rome, 1928.
  • Nicétas Stéthatos, Le paradis spirituel et autres textes annexes, textes grecs, traduction française et commentaire par Marie Chalendard, Éditions du Cerf, Paris, 1944.
  • P. K. Christou, S. Sakkou, G. Mandzaridis, Νικήτα Στηθάτου Μυστικά Συγγράμματα, Thessalonique, 1957.
  • Nicétas Stéthatos, Opuscules et lettres, introduction, texte critique, traduction française et notes par J. Darrouzès, coll. Sources chrétiennes (n°81), Éditions du Cerf, Paris, 1961 (contient les textes suivants : Traité de l'âme, Contemplation du paradis et lettres annexes, De la hiérarchie, Sur les limites de la vie, Traité contre les Juifs, Exposé de la profession de foi, lettres sur la législation canonique, sur les coutumes studites, sur les cieux nouveaux après la fin du monde).
  • Philocalia, PG 120, col. 852-1005.
  • Nicétas Stéthatos, Trois centuries, pratique, physique, gnostique, introduction et traduction française par J. Touraille, Abbaye de Bellefontaine, Bégrolles-en-Mauges, 1982.
  • C. Will (éd.), Acta et scripta quæ de controversiis Ecclesiæ Græcæ et Latinæ sæculo undecimo composita extant, Leipzig et Marbourg, 1861, p. 127-136.
  • A. Michel (éd.), Humbert und Kerullarios, Quellen und Studien zum Schisma des XI. Jahrhunderts, vol. 2, Paderborn 1930, p. 322-342.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • A. Michel, « Die vier Schriften des Niketas Stethatos über die Azymen », Byzantinische Zeitschrift 35 (2), p. 308-336.
  • F. Lauritzen, « Psello discepolo di Stetato », Byzantinische Zeitschrift 101 (2), p. 715-725.
  • A. Golitzin, « Hierarchy versus anarchy? Dionysius Areopagite, Symeon the New Theologian, Nicetas Stethatos and their common roots in ascetical tradition », St Vladimir's Theological Quarterly 38 (2), 1994, p. 131-179.