Neuhof (Strasbourg)

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Neuhof
Des maisons de la cité-jardin du Stockfeld
Des maisons de la cité-jardin du Stockfeld
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace
Département Bas-Rhin
Ville Strasbourg
Arrondissement Strasbourg-Ville
Canton Strasbourg-10
Code postal 67100
Démographie
Population 16 693 hab. (1999)
Densité 751 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 31′ 37″ N 7° 46′ 46″ E / 48.5270645, 7.779521948° 31′ 37″ Nord 7° 46′ 46″ Est / 48.5270645, 7.7795219  
Superficie 2 224 ha = 22,24 km2
Cours d’eau Rhin
Rhin Tortu
Ziegelwasser
Transport
Tramway C
Bus 14 24 27 31 40
Localisation
Le n°9 correspond au quartier Neuhof - Stockfeld - Ganzau
Le n°9 correspond au quartier Neuhof - Stockfeld - Ganzau

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Liens
Site web www.strasbourg.eu/territoire/les-quartiers/neuhof-stockfeld-ganzau

Le Neuhof (nouvelle ferme[1], littéralement nouvelle cour[2]) est un quartier de la ville de Strasbourg en France, situé au sud.

Administrativement il est divisé en deux parties: Neuhof 1 et Neuhof 2 comprenant le Stockfeld et la Ganzau[3].

Localisation[modifier | modifier le code]

Le quartier se trouve au sud de l'agglomération. Il constitue le canton de Strasbourg-10[4].

Ses limites sont les suivantes[5] :

Histoire[modifier | modifier le code]

Situé dans la plaine inondable du Rhin et recouvert d'une épaisse forêt, le Neuhof, encore inhabité, appartenait aux puissants seigneurs de Lichtenberg. Ce territoire est vendu en 1370 à un riche bourgeois de la ville.

La première mention du nom « Neue Hoff » apparaît en 1424 pour citer la création d'une ferme et son domaine dépendant d'un village outre-Rhin nommé Hundsfelden[6]. Ce domaine appartenait à plusieurs familles nobles strasbourgeoises et était loué à un fermier chargé de le mettre en valeur. La Ville rachète peu à peu les parts et finit par être seule propriétaire du domaine en 1647. Le Neuhof fait alors partie de Strasbourg. À cette époque, le site n'héberge que des ouvriers agricoles, des orpailleurs et des pêcheurs de saumons.

Au début du XVIIIe siècle, le Neuhof devient une cense appartenant au collège des jésuites de Strasbourg, qui doivent subvenir aux besoins du Collège royal installé au pied de la cathédrale (l'actuel lycée Fustel-de-Coulanges). Un peu plus loin se trouvent la Ganzau, autrefois propriété de la ville, qui la vendit en 1651, et la cense d'Altenheim. Ces origines donnent les noms aux trois grands axes routiers du Neuhof.

Au cours de ce siècle, l'installation de moulins le long du Rhin Tortu et du Ziegelwasser attire de nouveaux habitants. La Ganzau s'industrialise petit à petit : moulin à grains, moulin à tabac, foulon, moulin à chanvre, blanchisserie, teinturerie, fabrique de café de chicorée, fabrique de colle forte.

On passe de 1 000 habitants en 1812 à plus de 3 000 en 1900 : le village, que l'on appelle aujourd'hui Neuhof-village, se développe en même temps que la Ville. Avec la construction, vers le milieu du XIXe siècle, de deux églises et de deux écoles, Strasbourg confère au Neuhof le statut de quartier.

En 1910, la cité-jardin du Stockfeld est bâtie : 450 logements sont construits au sud du village afin de reloger ceux dont les logements ont été détruits pour la réalisation de la Grande-Percée. Vingt ans plus tard, la cité-jardin est complétée par la cité Ribot, nouvelle extension de 250 logements. À cette époque, un complexe militaire, la Feldartilleriekaserne est construit au nord du quartier. Il correspond au quartier Lizé, à l'ancien hôpital militaire Lyautey et à l'Institut universitaire de formation des maîtres.

Entre 1950 et 1972, 4 000 logement sont construits au Polygone, au nord du quartier dans des grands ensembles. Le Neuhof double sa population et devient la plus forte concentration d'HLM de l'agglomération. Depuis 2001, le Neuhof fait l'objet de grands projets de réhabilitation[7].

Démographie, géographie[modifier | modifier le code]

Avec 2 224 ha, le quartier est le plus vaste du territoire communal dont il représente 28 %. L'aérodrome occupe une partie du Nord du quartier, la forêt du Neuhof occupe la partie Sud, le port autonome occupe l'Est et à côté de celui-ci se trouve l'île du Rohrschollen (310 ha) située entre le canal d'Alsace et le Rhin.
Les habitations sont donc concentrées au nord-ouest. Au recensement de 1999, le quartier comptait 19 693 habitants, soit environ 7,5 % de la population municipale[8].

Le Neuhof urbanisé est schématiquement composé de trois entités distinctes. La première est le « Neuhof village » (néologisme apparu dans les années 1980), composé d'habitat individuel et collectif de petite dimension et correspondant à la partie la plus ancienne du quartier. Il se situe entre les rues d'Altenheim et de la Ganzau.

Cité-jardin du Stockfeld

Au sud de celle-ci se trouve le Stockfeld (qui signifie champ gagné sur la forêt), cité-jardin construite à partir de 1910 afin de reloger les populations expulsées du centre-ville à l'occasion de la réalisation de la Grande-Percée, dont l'objectif était d'assainir Strasbourg tout en y améliorant les conditions de circulation. Quittant les maisons vétustes et souvent délabrées du centre-ville pour des logements modernes pourvus d'un jardin potager, cette population a largement amélioré sa condition de vie. Cet ensemble est inscrit depuis 1997 à l'inventaire complémentaire des Monuments Historiques. Cette cité-jardin est appelée « Vieux-Stockfeld » et ses habitants étaient surnommés les « Indiens » (Stockfeld-Indianer) car lors de l'ouverture de la première ligne du tram au début du XXe siècle, les enfants tiraient des flèches sur les wagons avec des arcs fabriqués de la forêt alentour[9].

Le « Nouveau Stockfeld » construit au début des années 1930, en application de la loi Loucheur (accès à la propriété), est un ensemble de maisons individuelles souvent accolées. Il se situe à l'Ouest du vieux Stockfeld.

Terrain d'aviation du Polygone

Enfin, au nord de Neuhof-village, de part de d'autre de l'avenue du Neuhof, a été construit dans les années 1960 un vaste ensemble de logements sociaux organisés en barres et tours, suivant les principes de la Charte d'Athènes publiée par Le Corbusier en 1943. Tout comme d'autres quartiers de Strasbourg (Hautepierre, Koenigshoffen, La Meinau et Cronenbourg), cet ensemble s'est très vite dégradé et constitue aujourd'hui l'un des quartiers les plus défavorisés et les plus problématiques de l'agglomération, contribuant à dévaloriser l'image de l'ensemble du Neuhof, que nombre de strasbourgeois appellent « le quartier haut-les-mains »[10],[11].

Depuis 2001, le Neuhof fait l'objet d'un grand projet de ville, avec participation financière de l'État, et perd peu à peu cette étiquette négative. La partie nord est desservie depuis 2007 par une extension du réseau de tramway de Strasbourg, juste retour des choses après la disparition le 1er mai 1960 de l'ancienne et dernière ligne de tramway strasbourgeoise qui reliait le Stockfeld au centre-ville. L'habitat a été fortement amélioré, avec notamment la destruction du bidonville tsigane de l'Aéropostale[12].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Collectif, Neuhof, un village aux portes de Strasbourg. Son âme, ses souvenirs, ses réalisations, Éditions Coprur, Strasbourg 1996, 320 p. (ISBN 2-8420-8011-4)
  • Charles Cuvier, Notice historique sur l'Établissement du Neuhof, depuis son origine en 1825 jusqu'en 1837, Silbermann G., Strasbourg 1837, 31 p.
  • Rodolphe Reuss, Geschichte des Neuhofes bei Straßburg. Strasbourg 1884
  • Théodore Rieger, Gilbert Bronner, Léon Daul et Louis Ludes, Les faubourgs de Strasbourg : De la Belle Époque aux Années Folles, G4J 2003, 214 p. (ISBN 2-913468-20-9)
  • (de) T. Roehrich, Die evangelische Kirche auf dem Neuhof bei Strassburg als Zeugniss für die innere Mission, Strasbourg, 1852, 25 p.
  • Georges Henri Schwenk, Les faubourgs sud de Strasbourg vers 1900 : Neudorf-Meinau-Neuhof-Stockfeld, Le Verger, Illkirch-Graffenstaden 1989, 191 p. (cartes postales anciennes)
  • Zur Erinnerung an Dr. Eduard Reuß, Professor der Theologie an der Universität in Straßburg. Reden, gehalten bei seinem Begräbnisse [Kirchhof zu Neuhof], den 17. April 1891.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]