Net.art

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Net.art (net dot art) est un terme inventé par Pitz Schultz en 1995[réf. souhaitée] et repris par un petit groupe d'artistes pour désigner leurs pratiques artistiques sur internet. Ces artistes ainsi que Pit Schultz étaient présents sur la liste Nettime et partageaient un intérêt commun pour l'art. Ce groupe s'est rencontré physiquement en janvier 1996 lors du festival Next Five Minutes à Amsterdam. Ainsi Heath Bunting et Vuk Cosic ont rencontré Alexei Shulgin qui a rencontré Jodi (duo composé de Joan Heemskerk et Dirk Paesmans), rejoints, plus tard, par Olia Lialina.

Historique[modifier | modifier le code]

Depuis la seconde moitié des années 1990, le Net art désigne ainsi les créations interactives conçues par, pour et avec le réseau Internet, par opposition aux formes d’art plus traditionnelles transférées sur le réseau. Des galeries virtuelles et des revues électroniques[1] apparaissent et se consacrent à cette forme d’art naissant, relayées par de nombreux groupes de discussion et forums en ligne initiés par les artistes eux-mêmes. Pour les mondes de l’art, l’originalité d’Internet tient à ce qu’il propose simultanément un support, un outil et un environnement créatif. On entend par support, sa dimension de vecteur de transmission, dans le sens où Internet est son propre diffuseur ; par outil, sa fonction d’instrument de production, qui donne lieu à des usages et génère de nouvelles œuvres artistiques ; et par environnement, enfin, le fait qu’Internet constitue un espace habitable et habité. Dans ce contexte, le travail artistique vise au moins autant la conception de dispositifs interactifs que la production de formes de vies en ligne ou d’occupation du réseau. Internet y est tout autant investi comme un atelier que comme un lieu d'exposition. Le site Internet, la page d'accueil, le blog, le courriel et les listes diffusion ou forums de discussion constituent les cadres de sociabilités renouvelées, que les développements récents du « Web 2.0 » ont radicalisés. Les œuvres qui résultent de ses différentes expérimentations sont multiformes - environnements navigables, programmes exécutables, formes altérables - et vont parfois jusqu'à inclure une possibilité d’apport ou de transformation du matériau artistique initial.

En mai 1998, lors d'une rencontre à Banff (Centre for the Arts, Alberta, Canada), Heath Bunting, Vuk Cosic et Alexei Shulgin décident de proclamer la mort du Net.art[2].

Dissémination du terme[modifier | modifier le code]

Dans une forme de contestation de l'appropriation du terme par un groupe restreint, de nombreux artistes associent leurs pratiques au terme Net.art, webart, net-art, ou encore netart. Cette acception plus large est alors synonyme d'art en ligne ou d'art en réseau. Au terme de ces quinze années d’existence, on note en effet que le vocable Net art s’est aujourd’hui très largement imposé au détriment de qualifications antérieures et concurrentes comme « art Internet », « art réseau », « cyberart » ou encore « web art » qui manquaient à clairement distinguer l’art sur le réseau de l’art en réseau. Des expériences d'art en réseau, comme le Générateur Poïétique, ou Incident, qui existaient avant l'invention de tous ces termes, et existe encore après, ne peut pas manquer d'interroger sur les mécanismes à l’œuvre dans l'irruption de ces mouvements.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Archives de l'université de Nice Sophia-Antipolis, Fred Forest, Pour un art actuel : l'art à l'heure d'Internet, l'Harmattan, Paris 2005 nombreux articles de presse dont Le Monde, 13-14 octobre 96/Supplément Multimedia. « Une œuvre virtuelle à Drouot » par Agnès Batifoulier.
  • Jean-Paul Fourmentraux, Art et Internet, Paris, CNRS éditions, 2005 (nouvelle édition augmentée en 2010).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Rachel Greene, L'Art Internet, Coll. «L'Univers de l'Art», Paris, Thames & Hudson, 2004 (éd. française 2005) (ISBN 2878112431)
  • Fred Forest, « Pour un art actuel : L'art à l'heure d'Internet », Paris l'Harmattan, février 2005 (ISBN: 2-7384-7223-0)
  • Jean Paul Fourmentraux, Art et Internet, Paris, CNRS éditions, 2005 (nouvelle édition augmentée en 2010).
  • Jean Paul Fourmentraux, L'oeuvre Virale. Net art et culture hacker, Bruxelles, La Lettre Volée, 2013
  • Fred Forest, « Art et Internet », Paris, Editions cercle d'art, 2008 (ISBN: 978 2 7022 0864 9)
  • Martín Prada, Juan, Prácticas artísticas e Internet en la época de las redes sociales, AKAL, Madrid, 2012 (ISBN: 978 84 460 3517 6)`

Liens externes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Leonardo on line sur le site du Massachusetts Institute of Technology (MIT), Archée au Canada, Synesthésie, Panoplie et Solaris, en France.
  2. As is probably widely known, net.art originated with the Nettime mailing list. While most of the postings were about finding new flavours of inspired and clever net.pessimism, there was also a small current interested in creating art, or in asking questions about art. Like everyone else, this group met in January '96 at the Next Five Minutes festival in Amsterdam, where the first Nettime book was published and a few net.artists met for the first time. More accurately, Heath and I met Alexei and he met Jodi... or something like that. We spoke and liked each other and that was that. OFFICIAL HISTORY OF NET.ART AND THEN WHAT? (Memoirs and other thoughts of an amnesiac archaeologist) Vuk Cosic http://metamorfosis.risco.pt/English/vukCosic-en.html