Nestor kéa

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Nestor kéa

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Nestor notabilis

Classification (COI)
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-règne Vertebrata
Classe Aves
Ordre Psittaciformes
Famille Strigopidae
Genre Nestor

Nom binominal

Nestor notabilis
Gould, 1856

Statut de conservation UICN

( VU )
VU C2a(ii) : Vulnérable

Statut CITES

Sur l'annexe  II  de la CITES Annexe II , Rév. du 17-02-2005

Description de l'image  Image:Keagreen.jpg .

Illustration de W.T. Green

Le Nestor kéa ou plus simplement Kéa (Nestor notabilis) est une espèce de perroquet montagnard endémique de Nouvelle-Zélande. Son nom commun tire son origine de son puissant cri : « keee-aa ».

Description[modifier | modifier le code]

Le nestor kéa est un grand perroquet d'environ 48 cm pesant de 0,8 à 1 Kg et possèdant une envergure d'environ 90 cm[1]. Le plumage est de teinte générale olivâtre, les côtés étant plus foncés. Le dessous des ailes, axillaires et couvertures et la partie inférieure de la queue sont orangeâtres à rougeâtres ainsi que les plumes du dos et du croupion. Les rémiges sont infiltrées de bleu-turquoise sur la face supérieure, et rayé de jaune sur le dessous[2].

Le bec est gris avec une partie supérieure longue, étroite et courbe. Il dispose d'une queue courte, large, bleu-vert avec une pointe noire et des pattes grises. Le mâle est environ 5% plus grand que la femelle et la partie supérieure du bec du mâle est de 12 à 14% plus longue que celle de la femelle[3]. Les juvéniles ressemblent aux adultes en général mais ils ont le contour des yeux et la cire jaunes, le dessus du bec est orange-jaune et leurs pattes sont gris-jaune[2].

Habitat[modifier | modifier le code]

Le nestor kéa est l'une des dix espèces de perroquets endémiques de Nouvelle-Zélande et le seul perroquet de montagne du monde. On le retrouve depuis les vallées et les forêts côtières de la côte ouest de l'île du Sud jusqu'aux forêts d'altitude et les prairies des Alpes du Sud, sur des terrains habituellement difficiles et exposés à un climat rigoureux comme au Arthur's Pass et au Parc national Aoraki/Mount Cook. Sa répartition est étroitement associée aux forêts de Nothofagus sur les crêtes de la zone alpine. En dehors d'individus égarés occasionnels, le nestor kéa ne se rencontre pas sur l'île du Nord, bien que des éléments fossiles suggèrent qu'une population y vivait il y a plus de 10 000 ans[4].

Le nombre de nestors kéa est mal connu en raison de sa faible densité et de la difficulté d'accès à son habitat[5],[6]. Les estimations dépendent donc fortement des hypothèses retenues[7]. On craint que sa population soit faible et que l'espèce soit menacée. La population était estimée à entre 1 000 et 5 000 individus en 1986[8] ce qui contraste avec une autre estimation de 15 000 oiseaux en 1992[7].

Régime alimentaire[modifier | modifier le code]

En été, le kéa se nourrit principalement de graines, feuilles, bourgeons, fruits, fleurs, d'insectes (acridiens et coléoptères) et de vers. Il apprécie tout particulièrement les fleurs de lin de Nouvelle Zélande, riches en nectar. Il lèche le nectar grâce au "peigne" spécial que porte sa langue. En automne, il mange les pousses et les feuilles dans les forêts de hêtres austraux. En hiver, il ne dédaigne pas les charognes, en particulier celles des moutons mérinos. C'est le seul perroquet carnivore connu.

Éthologie[modifier | modifier le code]

La tendance qu'a le kéa à explorer et à manipuler les objets qu'il trouve lui donne une mauvaise réputation auprès des habitants le côtoyant régulièrement mais en fait une attraction auprès des touristes. Ce comportement l'a fait surnommer « le clown des montagnes »[9]. Il examinera minutieusement les sacs à dos, des chaussures ou même les voitures, allant parfois jusqu'à endommager les véhicules, et peut parfois s'envoler avec de petits objets.

On rencontre couramment les kéas sauvages dans les stations de ski de l'Île du Sud. Les kéas sont attirés par la perspective de pouvoir récupérer des restes de nourriture. Leur curiosité les amène à attraper à coups de bec et à emporter les objets vestimentaires non protégés ou à essayer de détacher les parties en caoutchouc des voitures, ce qui divertit ou agace les humains qui les observent. Ils sont souvent décrits comme «effrontés». Un kéa a même été rapporté avoir fui au loin avec le passeport d'un écossais qui visitait le parc national de Fiordland[10].

Certaines personnes pensent que le régime alimentaire déséquilibré résultant de l'alimentation humaine des Kéas a un effet néfaste sur la santé des oiseaux. Le ministère de la Conservation suggère également que les gains de temps résultant d'une alimentation plus riche en calories donnera aux kéas plus de temps libre pour explorer et donc causer des dégâts aux biens laissés sans surveillance dans les campings et les parcs de stationnement[11].

Le comportement de confiance naturelle des oiseaux envers l'homme a également été indiqué comme un facteur contribuant à un certain nombre d'incidents sur des sites touristiques populaires où des kéas ont été délibérément tués[12],[13].

Reproduction[modifier | modifier le code]

La période de reproduction s'étend de juillet à janvier. Le nid est construit parmi les rochers et la couvée comprend entre deux et quatre œufs blancs. Lors de l'incubation, qui dure jusqu'à quatre semaines, le mâle alimente sa femelle. En quatre mois, les poussins peuvent atteindre leur masse adulte. Les jeunes quittent leurs parents à leur maturité sexuelle. Il faut environ 14 semaines avant l'envol des jeunes.

Systématique et taxinomie[modifier | modifier le code]

Le kéa a été décrit par l'ornithologue John Gould en 1856[14]. Son épithète spécifique est le terme latin notabilis qui signifie « notable »[15]. Son nom vernaculaire est d'origine maoris et représente probablement le cri de l'oiseau[16].

Le genre nestor comprend quatre espèces: le nestor superbe (Nestor meridionalis), le nestor kéa (N. notabilis), le nestor de Norfolk (N. productus) éteint depuis 1851, et le nestor des Chatham (N. sp.) disparu vers 1550. Tous les quatre semblent provenir d'un « proto-nestor » qui vivait dans les forêts de la Nouvelle-Zélande il y a cinq millions d'années [17],[18]. Leur plus proche parent est le kakapo (Strigops habroptila)[17],[18],[19],[20]. Ensemble, ils forment la famille des perroquets Strigopidae, un ancien groupe qui s'est séparée de toutes les autres Psittacidae avant leur expansion territoriale[17],[18],[20],[21].

Menaces et protection[modifier | modifier le code]

En raison de leur comportement curieux et de leur réputation de carnivores, ils ont été persécutés et on estime que plus de 150 000 oiseaux ont été exterminés au cours des 130 dernières années. Depuis 1970, l'espèce est protégée. En 1986, les éleveurs de montagne ont été persuadés de renoncer à tuer les kéas en échange d'une compensation financière accordée par les organismes gouvernementaux.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) John B. Dunning Jr., CRC Handbook of Avian Body Masses, CRC Press,‎ 1992 (ISBN 978-0-8493-4258-5.[à vérifier : isbn invalide])
  2. a et b (en) Joseph M. Forshaw (ill. Frank Knight), Parrots of the World; an Identification Guide, Princeton University Press,‎ 2006 (ISBN 0-691-09251-6)
  3. (en) A. B. Bond,K. J. Wilson et J. Diamond, J., « Sexual Dimorphism in the Kea Nestor notabilis », Emu, vol. 91, no 1,‎ 1991, p. 12–19 (DOI 10.1071/MU9910012, lire en ligne)
  4. (en) R.N. Holdaway et T.H. Worthy, « First North Island fossil record of kea, and morphological and morphometric comparison of kea and kaka », Notornis, vol. 40, no 2,‎ 1993, p. 95–108 (lire en ligne)
  5. (en) J. Diamond, A. Bond,, Kea. Bird of paradox. The evolution and behavior of a New Zealand Parrot., Berkeley, Los Angeles, Californie, University of California Press,‎ 1999 (ISBN 0-520-21339-4)
  6. (en) G. Elliott, J. Kemp, Conservation ecology of Kea (Nestor notabilis)]. Report., WWF New Zealand.,‎ 1999 (lire en ligne)
  7. a et b (en) A. Bond et J. Diamond, « Population Estimates of kea in Arthur’s Pass National Park », Notornis, vol. 39,‎ 1992, p. 151–160. (lire en ligne)
  8. (en) Anderson, R., « Keas for keeps. », Forest and Bird, vol. 17,‎ 1986, p. 2–5
  9. (en) « Clever clown of the mountains », University of Vienna - Faculty of Life Sciences, Department of Cognitive Biology (consulté le 6 avril 2013)
  10. (en) « Cheeky parrot steals tourist's passport », ABC News,‎ 30 Mai 2009 (consulté le 6 avril 2013)
  11. (en) « DOC's work with kea », Department of Conservation (consulté le 6 avril 2013)
  12. (en) « Arthurs Pass neighbours at odds », sur The Press,‎ 2 février 2008 (consulté le 6 avril 2013)
  13. (en) « Dead kea dumped at Arthur's Pass were shot », Department of Conservation media release (consulté le 6 avril 2013)
  14. (en) J. Gould, On two new species of birds (Nestor notabilis and Spatula variegata), coll. « the collection of Walter Mantell, Esq. Proceedings of the Zoological Society of London »,‎ 1856, p. 94–95.
  15. (en) DP Simpson, Cassell's Latin Dictionary, Londres, Cassell Ltd.,‎ 1979, 883 p. (ISBN 0-304-52257-0)
  16. (en) « Ngā manu – birds », sur Te Ara - the Encyclopedia of New Zealand,‎ 1 mars 2009 (consulté le 27 mars 2013)
  17. a, b et c (en) T.F. Wright, « A Multilocus Molecular Phylogeny of the Parrots (Psittaciformes): Support for a Gondwanan Origin during the Cretaceous », Mol Biol Evol, vol. 25, no 10,‎ 2008, p. 2141–2156 (PMID 18653733, PMCID 2727385, DOI 10.1093/molbev/msn160)
  18. a, b et c (en) E.J. Grant-Mackie, « Evolution of New Zealand Parrots », NZ Science Teacher, vol. 103,‎ 2003
  19. (en) Juniper, T., Parr, M., Parrots: A guide to parrots of the world., New Haven, Yale University Press,‎ 1998 (ISBN 0-300-07453-0)
  20. a et b (en) Rolf S. De Kloet et Siwo R. De Kloet, « The evolution of the spindlin gene in birds: sequence analysis of an intron of the spindlin W and Z gene reveals four major divisions of the Psittaciformes », Mol. Phylogenet. Evol., vol. 36, no 3,‎ septembre 2005, p. 706–21 (PMID 16099384, DOI 10.1016/j.ympev.2005.03.013)
  21. (en) M. Schweizer, « The evolutionary diversification of parrots supports a taxon pulse model with multiple trans-oceanic dispersal events and local radiations », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 54, no 3,‎ 2009, p. 984–994 (PMID 19699808, DOI 10.1016/j.ympev.2009.08.021)