Neon Bible (album)

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Neon Bible

Album par Arcade Fire
Sortie 5 mars 2007 et 6 mars 2007
Enregistré 2006
Farnham, New York, Budapest
Durée 47:03
Genre Rock indépendant, Post Rock
Producteur Arcade Fire
Label Merge Records

Albums par Arcade Fire

Singles

  1. Black Mirror
    Sortie : 22 janvier 2007
  2. Keep the Car Running
    Sortie : 19 mars 2007
  3. Intervention
    Sortie : 21 mai 2007
  4. No Cars Go
    Sortie : 6 août 2007

Neon Bible est le deuxième album du groupe de rock indépendant québécois Arcade Fire, sorti le 5 mars 2007 en Europe et le 6 mars 2007 en Amérique du Nord.

La plus grande partie de l'album a été enregistrée dans une église que le groupe a achetée et faite rénover[1]. Il a connu le succès commercial en Amérique du Nord et en Europe et a été très bien accueilli par la critique.

Enregistrement et composition[modifier | modifier le code]

Après la sortie de Funeral, enregistré dans un petit studio de Montréal, Arcade Fire décide qu'il lui faut un lieu d'enregistrement spécialement dédié. À la fin de la tournée promotionnelle de leur premier album, les membres du groupe achètent pour 200 000 dollars canadiens une ancienne église de Farnham, au Québec, reconvertie en café par ses précédents propriétaires. Une fois les travaux de rénovation achevés, le groupe y enregistre la majeure partie de son deuxième album durant le deuxième semestre 2006[2]. Les points de départ de l'album sont Black Mirror et une nouvelle version de No Cars Go, titre qui figurait sur leur premier EP[3]. Ils finissent ensuite l'enregistrement à New York, sur les bords de l'Hudson, puis à Budapest, avec l'aide d'un orchestre et d'un chœur militaire hongrois pour enregistrer No Cars Go. Régine Chassagne utilise l'orgue de l'église Saint-Jean-Baptiste de Montréal, au cours d'une session nocturne, pour enregistrer le passage à l'orgue sur Intervention[2]. D'autres instruments peu communs, tels qu'une vielle à roue, une mandoline ou encore une harpe, sont utilisés sur l'album[4].

Les paroles sont écrites par Win Butler, Américain installé à Montréal depuis plusieurs années qui a réalisé son travail d'écriture après la tournée du groupe aux États-Unis, où il voyait pour la première fois son pays natal avec les yeux d'un étranger. Le ton de l'album est sombre, les chansons abordent les thèmes de la guerre, de la religion, de la paranoïa et, selon Butler, l'idée centrale de l'album « est que le christianisme et la société de consommation sont totalement compatibles, ce qui je pense est la plus grande insanité de notre époque »[5]. La peur (Black Wave/Bad Vibrations), la condamnation d'une certaine Amérique (Windowsill) et de la télévision (Antichrist Television Blues), la désillusion (My Body Is a Cage) sont prédominantes. Au sujet de My Body Is a Cage, Win Butler affirme que c'est la chanson qui lui est venue le plus spontanément[2]. The Well and the Lighthouse s'inspire de la fable Le Loup et le Renard de Jean de La Fontaine[6]. L'héritage culturel américain est également représenté et Bob Dylan, Bruce Springsteen (Antichrist Television Blues) et Elvis Presley (The Well and the Lighthouse) sont cités comme influences pour certains titres[3]. L'imagerie autour de l'océan, qui symbolise le manque de contrôle, et de la télévision, qui affecte la façon dont les gens voient le monde sans qu'ils s'en rendent compte, est très présente[7].

Après avoir fini l'enregistrement de ces morceaux utilisant beaucoup d'instruments et de concepts différents, le groupe décide de faire intervenir quelqu'un d'extérieur pour le mixage. Ils envoient des échantillons à quelques ingénieurs du son reconnus pour qu'ils fassent des expérimentations dessus et ce sont les idées de Nick Launay qui les séduisent le plus. Launay est invité à Farnham et il y travaille pendant un mois en collaboration avec Markus Dravs, qui a enregistré et coproduit l'album[8]. Owen Pallett écrit les arrangements orchestraux de Black Mirror, Keep the Car Running et No Cars Go.

Titre et pochette[modifier | modifier le code]

Le titre de l'album est également celui de la troisième chanson, qui a été écrite en une nuit et enregistrée la journée suivante. Selon Win Butler, le titre a ensuite été choisi pour être celui de l'album en raison du mélange de religion et de société de consommation qu'il implique, et il n'est pas inspiré du roman homonyme de John Kennedy Toole[1]. La pochette de l'album est une photographie d'une enseigne au néon d'une hauteur de 1m80 et représentant une Bible. Le groupe a spécialement commandé cette enseigne lumineuse et l'a ensuite emmenée sur sa tournée[2]. La directrice artistique Tracy Maurice et le photographe François Miron ont remporté pour leur travail le prix Juno de la pochette de l'année[9].

Tournée[modifier | modifier le code]

Arcade Fire en concert à Rock en Seine le 24 août 2007.

Pour promouvoir l'album, Arcade Fire joue tout d'abord une série de concerts dans des églises ou des petites salles à Ottawa, Montréal, Londres et New York en janvier et février 2007, un peu avant la sortie de Neon Bible[10]. Le groupe programme ensuite une tournée européenne de 23 dates (dont quatre en France) en mars et avril, Patrick Wolf ou Electrelane assurant la première partie, mais doit annuler les neuf dernières, Win Butler étant atteint de la coqueluche[11]. De fin avril à début juin, le groupe donne 24 concerts aux États-Unis et au Canada, avec The National, Annie Clark ou Electrelane en première partie. Il se produit ensuite dans plusieurs festivals européens durant l'été. De septembre à novembre, le groupe donne onze nouveaux concerts aux États-Unis (avec LCD Soundsystem en première partie), puis 18 en Europe. En janvier et février 2008, le groupe termine sa série de concerts par une tournée de dix dates en Australie, suivie de trois concerts au Japon[10]. En un peu plus d'un an, Arcade Fire a donné 122 concerts (dont 33 dans des festivals) dans 75 villes et 19 pays.

Accueil[modifier | modifier le code]

Succès commercial[modifier | modifier le code]

L'album a été no 1 des meilleurs ventes d'albums au Canada et en Irlande, et no 2 aux États-Unis et au Royaume-Uni. Il est disque de platine au Royaume-Uni[12], disque d'or au Canada[13] et en Australie[14] et s'est vendu à plus de 439 000 exemplaires aux États-Unis[15].

Classements et certifications[modifier | modifier le code]

Classements[modifier | modifier le code]

Liste des classements de ventes pour l'album Neon Bible
Pays Positions
Drapeau de l'Allemagne Allemagne[16] 11
Drapeau de l'Australie Australie[17] 7
Drapeau de l'Autriche Autriche[17] 25
Drapeau de la Belgique Belgique Comm. fl.[17] 5
Drapeau de la Belgique Belgique Comm. fr.[17] 17
Drapeau du Canada Canada[18] 1
Drapeau du Danemark Danemark[17] 11
Drapeau de l'Espagne Espagne[17] 14
Drapeau des États-Unis États-Unis[18] 2
Drapeau de la Finlande Finlande[17] 5
Drapeau de la France France[17] 9
Drapeau de l'Irlande Irlande[19] 1
Drapeau de l'Italie Italie[19] 44
Drapeau de la Norvège Norvège[17] 3
Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande[17] 20
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas[17] 13
Drapeau du Portugal Portugal[17] 2
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni[20] 2
Drapeau de la Suède Suède[17] 16
Drapeau de la Suisse Suisse[17] 23

Certifications[modifier | modifier le code]

Liste des certifications pour l'album Neon Bible
Pays Ventes Certifications
Drapeau de l'Australie Australie 35 000 + Disque d'or Or[14]
Drapeau du Canada Canada 50 000 + Disque d'or Or[13]
Drapeau de l'Irlande Irlande 30 000 + Disque de platine 2 × Platine[21]
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 300 000 + Disque de platine Platine[12]

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Notation des critiques

Score cumulé
Site Note
Metacritic 87/100[22]
Compilation des critiques
Périodique Note
Allmusic 4 étoiles[23]
Drowned in Sound 8/10[24]
Entertainment Weekly A-[25]
New Musical Express 9/10[26]
Pitchfork Media 8,4/10[27]
PopMatters 7/10[28]
Rolling Stone 3,5 étoiles[29]
Slant 3,5 étoiles[30]
Sputnikmusic 4 étoiles[31]

L'album a recueilli dans l'ensemble de très bonnes critiques musicales, obtenant un score de 87/100, sur la base de 46 critiques collectées, sur Metacritic[22].

James Monger, d'Allmusic, affirme que l'album « demande quelques écoutes pour pouvoir être digéré correctement et, comme toutes les nourritures riches, il est aussi décadent que savoureux » et met en avant les titres No Cars Go, Keep the Car Running, Intervention et My Body Is a Cage[23]. Stephen Deusner, de Pitchfork Media, juge prometteur le « rôle plus proéminent de Régine Chassagne » et affirme que l'album, plus extraverti que Funeral, est « construit avec élégance, le groupe maintenant une ambiance à la fois inquiétante et exaltante »[27]. Mark Beaumont, du New Musical Express, évoque un « monolithe orgasmique et un album dans la grande tradition du rock contestataire et mélodique » qui a « l'esprit sombre et néanmoins rédempteur d'Automatic for the People et la magnificence musicale de Deserter's Songs de Mercury Rev »[26]. Jody Rosen, d'Entertainment Weekly, met en avant « l'immensité du son », le groupe y ajoutant « d'étranges couleurs musicales » et des chants en chœur « qui donnent aux moments les plus majestueux une sensation d'indie rock débraillé »[25]. Pour JD Beauvallet, des Inrockuptibles, l'album « se révèle dès la première écoute nettement plus âpre que son prédécesseur » et a des « tonalités plus sombres mais toujours aussi entêtantes », atteignant son paroxysme dans sa deuxième moitié[32]. Le site Sputnikmusic évoque « un album très consistant », bien que par moments « trop théâtral et majestueux », et des « arrangements extrêmement impressionnants », et met en avant les titres Keep the Car Running, Black Wave/Bad Vibrations et No Cars Go[31]. Mike Diver, de Drowned in Sound, évoque une « formidable série de chansons » à laquelle il manque « l'unité absolue » de Funeral et ajoute que la « la véritable beauté de l'album réside peut-être dans cette imperfection »[24].

Adrien Begrand, de PopMatters, affirme que le romantisme de Funeral a été remplacé par « l'amertume et parfois l'irritabilité » mais que « l'infatigable passion de la musique » en fait son « digne successeur », neon Bible ayant en outre « une approche beaucoup plus disciplinée qui reflète une vision du monde beaucoup plus cynique »[28]. Jonathan Keefe, de Slant Magazine, estime que la musique est « exaltante et passionnée » mais qu'il y a « une rupture entre la structure musicale et les paroles » et que l'album est moins focalisé que Funeral tout en restant inspiré[30]. David Fricke, de Rolling Stone, évoque un album inégal dont « le son est souvent trop froid », parfois intrigant (Black Mirror et Black Wave/Bad Vibrations) et qui atteint ses sommets avec No Cars Go, Antichrist Television Blues et Keep the Car Running[29].

Distinctions[modifier | modifier le code]

En 2008, il a été nommé lors de la 50e cérémonie des Grammy Awards dans la catégorie du meilleur album de rock alternatif et a remporté le prix Juno dans la même catégorie[33]. Le magazine Q, le classe à la première place de sa liste des meilleurs albums de l'année 2007, et Rolling Stone et New Musical Express à la 4e place.

Pistes de l'album[modifier | modifier le code]

No Titre Durée
1. Black Mirror 4:13
2. Keep the Car Running 3:29
3. Neon Bible 2:16
4. Intervention 4:19
5. Black Wave/Bad Vibrations 3:57
6. Ocean of Noise 4:53
7. The Well and the Lighthouse 3:56
8. (Antichrist Television Blues) 5:10
9. Windowsill 4:16
10. No Cars Go 5:43
11. My Body Is a Cage 4:47

Crédits[modifier | modifier le code]

Interprètes[modifier | modifier le code]

Arcade Fire

Musiciens additionnels

  • Mélanie Auclair - violoncelle
  • Owen Pallett - violon
  • Liza Rey - harpe sur Black Mirror et The Well and the Lighthouse
  • Marika Shaw - alto
  • Pietro Amato, Edith Gruber, Margaret Gundara, Jake Henry, Laurent Ménard, Geoffrey Shoesmith, Colin Stetson et Andreas Stolzfus - cuivres
  • Jacob Valenzuela et Martin Wenk - cuivres sur Ocean of Noise
  • István Silló - chef d'orchestre

Équipe de production et artistique[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Josh Modell, « Win Butler of Arcade Fire », sur A.V. Club,‎ 14 mars 2007 (consulté le 12 août 2012)
  2. a, b, c et d (en) Sean Micaels, « Inside the church of Arcade Fire », sur pastemagazine.com (consulté le 12 août 2012)
  3. a et b (en) « Arcade Fire's Second Coming », sur dose.ca (consulté le 12 août 2012)
  4. (en) Karl Butler, « Neon Bible », sur junkmedia.org (consulté le 12 août 2012)
  5. (en) Greg Kot, « Band of the Year: An Interview with Arcade Fire », sur PopMatters (consulté le 12 août 2012)
  6. (en) Amy Philips, « Arcade Fire Reveals Neon Bible Lyrics », sur Pitchfork Media (consulté le 12 août 2012)
  7. (en) Amanda Petrusich, « Interview: The Arcade Fire », sur Pitchfork Media (consulté le 12 août 2012)
  8. (en) « Interview with Nick Launay », sur hitquarters.com (consulté le 12 août 2012)
  9. (en) « 2008 Juno Awards Winners », sur francomix.com (consulté le 12 août 2012)
  10. a et b (en) « 2007 Arcade Fire Past Dates », sur arcadefire.net (consulté le 13 août 2012)
  11. (en) Rosie Swash, « Arcade Fire cancel rest of European tour », sur The Guardian (consulté le 13 août 2012)
  12. a et b (en) « Cerified Awards Search - Arcade Fire », sur BPI (consulté le 12 janvier 2014)
  13. a et b (en) « Gold Platinum Database - Arcade Fire », sur musiccanada.com (consulté le 12 août 2012)
  14. a et b (en) « ARIA Charts - Accreditations - 2008 Albums », Australian Recording Industry Association (consulté le 22 août 2012)
  15. (en) Jon Pareles, « The Arcade Fire: Beyond Indie », sur The New York Times (consulté le 12 août 2012)
  16. (de) « Arcade Fire Chartverfolgung », sur musicline.de (consulté le 23 août 2011)
  17. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m et n « Arcade Fire - Neon Bible », sur lescharts.com (consulté le 23 août 2011)
  18. a et b (en) « Arcade Fire Chart History », sur billboard.com (consulté le 23 août 2011)
  19. a et b « Arcade Fire - Neon Bible », sur acharts.us (consulté le 12 août 2012)
  20. (en) « Arcade Fire Top 75 Releases », sur theofficialcharts.com (consulté le 23 août 2011)
  21. (en) « 2007 Certification Awards Multi Platinum », sur irishcharts.ie (consulté le 6 mars 2013)
  22. a et b (en) « Neon Bible », Metacritic (consulté le 29 mai 2012)
  23. a et b (en) James Monger, « Neon Bible Review », Allmusic (consulté le 29 mai 2012)
  24. a et b (en) Mike Diver, « Arcade Fire - Neon Bible », Drowned in Sound,‎ 5 mars 2007 (consulté le 29 novembre 2013)
  25. a et b (en) Jody Rosen, « Neon Bible Review », Entertainment Weekly,‎ 2 mars 2007 (consulté le 29 novembre 2013)
  26. a et b (en) « Neon Bible Review », New Musical Express,‎ 2 mars 2007 (consulté le 29 mai 2012)
  27. a et b (en) « Neon Bible Review », Pitchfork Media,‎ 5 mars 2007 (consulté le 29 mai 2012)
  28. a et b (en) Adrien Begrand, « Arcade Fire: Neon Bible », PopMatters,‎ 1 mars 2007 (consulté le 29 novembre 2013)
  29. a et b (en) David Fricke, « Neon Bible Review », Rolling Stone,‎ 20 février 2007 (consulté le 29 mai 2012)
  30. a et b (en) Jonathan Keefe, « Neon Bible Review », Slant Magazine,‎ 5 mars 2007 (consulté le 29 mai 2012)
  31. a et b (en) « Arcade Fire - Neon Bible », Sputnikmusic (consulté le 29 novembre 2013)
  32. JD Beauvallet, « Critique Neon Bible », Les Inrockuptibles,‎ 1 février 2007 (consulté le 30 mai 2013)
  33. (en) « 2008 Alternative Album of the Year », sur junoawards.ca (consulté le 13 août 2012)