Nemopilema nomurai

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Nemopilema nomurai est une méduse géante atteignant 2 m et 220 kg, qu'on trouve notamment en Mer du Japon où elle connaît depuis août 2005 une spectaculaire pullulation, qui la fait considérer par certains comme une espèce localement invasive.

Autres noms[modifier | modifier le code]

  • « Ōgata-kurage » (大型クラゲ) ou echizen-kurage (エチゼンクラゲ) pour les japonais
  • « Nomura's Jellyfish » pour les anglophones
  • « Méduse géante », ou « méduse de Nomura » pour les francophones

Description[modifier | modifier le code]

C'est une des plus grandes méduses connues, d'une taille proche de la méduse Cyanea capillata, le plus grand cnidaire connu dans le monde[1] qui mesure jusqu'à 2,3 m de diamètre. La couleur du corps est bleuté translucide et les tentacules sous-jacents sont jaunâtres chez les individus jeunes, brunâtres quand ils sont plus âgés.

Écologie[modifier | modifier le code]

Sa taille atteint deux mètres de diamètre et son poids 220 kg.
Son plus important prédateur connu est en:Stephanolepis cirrhifer.

Reproduction et l'aire de répartition[modifier | modifier le code]

La méduse de Nomura vit dans les eaux marines de Chine et du Japon. Les principaux lieux de reproduction sont situés en mer Jaune et en mer de Bohai. Une partie d'elles se déplacent vers la mer du Japon et certaines traversent le détroit de Tsugaru vers l'océan Pacifique.

Les œufs, une fois fécondés, produisent de petits animalcules qui se laissent emporter par le courant, puis coulent pour s’accrocher aux roches et aux formations de corail. Plus tard, quand les conditions seront favorables, ces créatures se détacheront de leur support par millions et deviendront peu à peu - pour celles qui auront échappé à leurs prédateurs - de grosses méduses dont certaines atteindront et dépasseront les 2 mètres de diamètre.

Le polype de cette espèce a aussi la particularité de pouvoir se dédoubler une fois fixé ce qui explique aussi leur pullulation.

En 2008, son écologie est encore mal connue. Des balises sont attachées à ces méduses pour mieux connaître leurs cycles de vie et leurs déplacements.

Impacts sur l'Homme[modifier | modifier le code]

Peu de dégâts corporels par piqûre pour l'Homme sont rapportés. Néanmoins, les recherches récentes ont montré que la toxicité de son venin était plus forte qu'on avait pensé, et certains cas se sont révélés mortels chez des individus fragiles à cause d'un choc anaphylactique.
Par précaution, les pêcheurs locaux (personnes les plus exposées à des piqûres) portent des lunettes et une combinaison de protection.

Pullulations[modifier | modifier le code]

Les grandes pullulations semblent toutes récentes, et devenues évidentes parce que spectaculaires

  • en 1958 avec un premier pic inhabituel de populations de ces méduses
  • en 1995 avec un second pic.
  • à partir de la fin août 2005, quand des pêcheurs japonais de Calmars, anchois, saumons et Sérioles japonaise ont commencé à trouver des centaines, voire jusqu’à environ un millier de ces méduses dans leurs filets.
  • en 2009, un chalutier jaugeant 10 tonnes, le Shinsho Diasan-Maru, a chaviré au large de Chiba sur la baie de Tokyo quand son équipage de trois hommes a tenté de ramener un filet contenant des dizaines de méduses de Nomura, les trois pécheurs ont été secourus par un autre chalutier. (source: Giant Jellyfish Lavabo japonais Trawler (CDNN))

Les zones les plus touchées par ces pullulations sont la Mer du Japon (Mer de l'Est) et les eaux littorales des préfectures de Fukui et de Shimane, à l’Ouest du Japon. La densité en méduse est signalé comme étant jusqu’à « une centaine de fois plus élevée que la normale » sans explication apparentes.

Impacts[modifier | modifier le code]

  • Les méduses surpeuplées attaquent des œufs et des jeunes poissons.
  • Les tonnes de méduses accumulées dans les filets les déchirent souvent. Elles y écrasent et empoisonnent les poissons qui perdent alors de leur valeur commerciale.
  • Elles empêchent le prélèvement d'eau des centrales électriques.

Causes[modifier | modifier le code]

Plusieurs théories, probablement complémentaires ont été proposées pour expliquer l'accroissement démographique anormal de cette espèce  ;

  • L’augmentation des rejets portuaires et estuariens de la Chine s’est fortement accrue, entraînant une augmentation de la turbidité de l’eau qui pourrait défavoriser les prédateurs des méduses et favoriser leur démographie,
  • L’intensification de l’agriculture chinoise et de l’industrie est une source importante de nutriments (nitrates, phosphates) apportés en mer susceptible de créer des zones mortes et pullulations de plancton et de méduses
  • la surexploitaton des eaux chinoises par la pêche a également réduit les populations des prédateurs naturels des méduses (et surtout de leurs larves quand elles font encore partie du zooplancton).
  • Les inondations qui entrainent de plus en plus de limons pourraient être en cause aussi, de même estiment certains que le nouveau barrage des Trois Gorges sur le fleuve Yangtze, qui aurait accru la quantité de phosphore et d'azote exportée au large de la Chine par le fleuve, créant un milieu idéal pour la méduse de Nomura.
  • le réchauffement de l’eau, suite aux changements climatiques planétaires pourrait aussi en être une des causes.
  • Une légère augmentation de l’acidification des océans pourrait aussi favoriser la survie des méduses par rapport à d’autres organismes nécessitant un squelette minéral externe ou interne.

Lutte[modifier | modifier le code]

La lutte contre ces méduses est quasiment impossible car, se sentant menacées ou même tuées, elles libèrent des milliards de spermatozoïdes et d’œufs immédiatement fécondés. Les autorités locales ont un temps installé des filets de protection destinés à les capturer et à les tuer. Mais les résultats se sont révélés médiocres, les méduses tuées ayant libéré spermatozoïdes et œufs ; ce phénomène ajouté aux spécificités de son polype (voir plus haut) entraîne en définitive un accroissement de la population.

Usages[modifier | modifier le code]

Plusieurs tentatives sont faites pour utiliser la méduse comme ressource de biomasse ou de molécules industriellement ou alimentairement intéressantes.

  • Les collectivités côtières japonaises tentent de promouvoir la méduse comme une nouveauté alimentaire (elle est vendue séchée et salée, Des étudiants d'Obama (Préfecture de Fukui) ont réussi à les transformer en une sorte de tofu, et le collagène des méduses est vendu et présenté comme bon pour la peau.
  • Des chercheurs ont réussi à extraire de la mucine de cette espèce, en quantités qui pourraient être commercialement intéressantes[2]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Attentiondeficitdisorderly Too Flat
  2. Source (ambassade de France au Japon), consulté en juin 2008