Ndaté Yalla

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Linguère Ndaté Yalla Mbodj
La linguère Ndaté Yalla Mbodj,reine du Royaume du Waalo
La linguère Ndaté Yalla Mbodj,
reine du Royaume du Waalo
Couronnement 1er octobre 1846[1]
Couronnée à Nder, (Waalo), Sénégal
Prédécesseur Linguère Ndieumbeutt Mbodj
Biographie
Titre complet Linguère Ndaté Yalla Mbodj
Dynastie Dynastie des Tedyek maternelle et dynastie Dyoos' paternelle
Nom de naissance Ndaté Yalla Mbodj
Date de naissance 1810 - 1860[2]
Lieu de naissance Waalo, Sénégal
Père Brak Amar Fatim Borso Mbodj
Mère Linguère Awo Fatim Yamar Khuri Yaye Mbodj
Enfant(s) Sidya Léon Diop

La linguère Ndaté Yalla Mbodj – ou Ndete Yalla – (1810-1860)[2] est la dernière grande reine du Waalo, un royaume situé dans le Nord-Ouest de l'actuel Sénégal.

C'est une héroïne de la résistance à la colonisation française dans l'Afrique de l'Ouest du XIXe siècle. Elle est la mère de Sidya Léon Diop – ou Sidya Ndaté Yalla Diop – qui deviendra à son tour l'un des plus grands résistants à la colonisation du Sénégal.

Biographie[modifier | modifier le code]

Succédant à sa sœur Ndjeumbeut Mbodj, elle s'est battue avec acharnement à la fois contre les Européens et les Maures.

Elle est officiellement couronnée reine du Waalo le 1er octobre 1846 à Nder, la capitale[1]. Dès le début de l'année 1847, elle se heurte aux autorités françaises et réclame un droit de passage pour les Soninkés qui approvisionnent Saint-Louis en bétail.

L'abbé Boilat, reçu en grande pompe par la reine le 2 septembre 1850, décrit sa demeure dans Esquisses sénégalaises[3].

En février 1855, alors que les colonnes de Faidherbe sont entrées au Waalo avec 15 000 hommes, la linguère s'adresse ainsi aux principaux dignitaires de son pays :

« Aujourd'hui nous sommes envahis par les conquérants. Notre armée est en déroute. Les tiédos du Walo, si vaillants guerriers soient-ils, sont presque tous tombés sous les balles de l'ennemi. L'envahisseur est plus fort que nous, je le sais, mais devrions-nous abandonner le Walo aux mains des étrangers[1] ? »

Postérité[modifier | modifier le code]

Une école de Saint-Louis porte son nom, de même que l'un des bateaux-taxis mis en service sur l'axe maritime Dakar-Rufisque.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) Alexis B.A. Adande et Emmanuel Arinze (dir.), « The place of Women in the Museum of Saint-Louis », dans Museums & urban culture in West Africa, Institut africain international, Oxford, 2002, p. 145-146 (ISBN 0-85255-276-9)
  2. a et b (fr) Christine Messiant, Premières dames en Afrique, Karthala, 2004, p. 22 (ISBN 2845865783)
  3. (fr) David Boilat, « Demeure des rois wolofs », Esquisses sénégalaises, Karthala, Paris, 1984 (1853), p. 292-294

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Alexis B.A. Adande et Emmanuel Arinze (dir.), « The place of Women in the Museum of Saint-Louis », dans Museums & urban culture in West Africa, Institut africain international, Oxford, 2002, 168 p. (ISBN 0-85255-276-9)
  • (fr) Boubacar Barry, « Le règne de la linger Ndate Yalla et la conquête du Waalo par Faidherbe en 1855 », dans Le royaume du Waalo. Le Sénégal avant la conquête, Karthala, Paris, 1985, p. 275-281 (ISBN 2-86537-141-7)
  • (fr) David Boilat (abbé), Esquisses sénégalaises (avec une introduction de Abdoulaye-Bara Diop), Karthala, Paris, 1984 (1853), 499 p. (ISBN 2865370976)
  • (en) Sylviane Anna Diouf, « Ndate Yalla Mbodj, Queen of Walo », dans Kings and Queens of West Africa, Franklin Watts Library, 2000, p. 41-49 (ISBN 9780531203750) (livre pour la jeunesse)
  • (fr) Yves-Jean Saint-Martin, Le Sénégal sous le Second Empire, Karthala, Paris, 2000, p. 320, 322, 331 (ISBN 2865372014)
  • (fr) Sylvia Serbin, Reines d'Afrique et héroïnes de la diaspora noire, Éditions Sépia, 304 p. (ISBN 2842800826)
  • (fr) Amadou Wade, « Chronique du Wâlo sénégalais (1186?-1855) (traduite du wolof par Bassirou Cissé ; publiée et commentée par Vincent Monteil) », dans Bulletin de l'IFAN, 1964, tome 26, no 3-4, p. 440-498

Liens externes[modifier | modifier le code]