Nazım Hikmet

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Nazım Hikmet

Nom de naissance Nazım Hikmet Ran
Activités Poète, romancier, auteur de théatre
Naissance
Salonique (Grèce)
Décès (à 61 ans)
Moscou (URSS)
Langue d'écriture turc
Distinctions prix international de la paix

Nazım Hikmet de son nom complet Nazım Hikmet Ran[1] (Prononcé Nazɯm) né le [2] à Salonique, et mort le à Moscou, est un poète turc, puis citoyen polonais, longtemps exilé à l'étranger pour avoir été membre du parti communiste turc.

Son grand-père paternel, Mehmed Nazım Pasha, était le gouverneur de Salonique, libéral et poète. Son père, Hikmet, était diplômé du lycée de Galatasaray (qui s'appelait alors Mekteb-i Sultani). Sa mère, Celile Hanım, linguiste et pédagogue, petite-fille d'Ismail Enver[réf. nécessaire], parlait français, jouait du piano et peignait.

Biographie[modifier | modifier le code]

Tombe de Nazım Hikmet

Nazım Hikmet est l'une des plus importantes figures de la littérature turque du XXe siècle, et l'un des premiers poètes turcs à utiliser des vers plus ou moins libres comme le fit Orhan Veli. Hikmet est devenu, de son vivant, un des poètes turcs les plus connus à l'Ouest et ses travaux ont été rapidement traduits dans différentes langues.

Cependant, dans son propre pays, il fut condamné pour marxisme et demeura en Turquie, même après sa mort, un personnage controversé. Il passa quelque 17 années en prison et baptisa la poésie le plus sanglant des arts. Ses écrits soulignent la critique sociale.

Nazım Hikmet est né à Salonique (actuellement Thessalonique en Grèce). Son père, Hikmet Bey était un fonctionnaire et sa mère, Aisha Dshalila, un peintre. Il était le petit-fils d'un pacha ottoman. Il étudie brièvement au lycée francophone Galatasaray à Istanbul et par la suite à l'école navale turque — mais est réformé après son premier embarquement en raison de son état de santé. Durant la guerre d'indépendance, il rejoint Atatürk en Anatolie et travaille ensuite comme enseignant à Bolu. Il étudie la sociologie à l'université de Moscou de 1921 à 1928) et devirnt membre du parti communiste turc dans les années 1920.

Après son retour en Turquie en 1928, sans visa, Hikmet écrit des articles pour des journaux et des périodiques, des scénarios et des pièces. Il est condamné à la prison à cause de son retour irrégulier mais bénéficie d'une amnistie générale en 1935. En 1938, il est condamné à 28 ans et 4 mois de prison pour « activités anti-nazies et anti-franquistes »[réf. nécessaire]. Il passe les douze années suivantes en prison, période pendant laquelle il se marie en deuxièmes noces avec Münevver Andaç.

Il reçoit le prix international de la paix en 1955.

Déchu de la nationalité turque, il termine sa vie en exil comme citoyen polonais. Cette dernière lui est rendue de façon posthume le 5 janvier 2009, à la suite d'un conseil des ministres reconnaissant que les crimes dont on l'accusait alors ne sont plus considérés aujourd'hui comme tels[3].

Il meurt d'une crise cardiaque à Moscou et est enterré au prestigieux cimetière de Novodevitchi, bien que dans un poème testament il écrivît : "Enterrez-moi en Anatolie, dans un cimetière de village / Et si possible, un platane au-dessus de moi suffit".

Unesco[modifier | modifier le code]

L’Unesco célèbre, chaque 21 mars, la « journée mondiale de la poésie ». En 2002, la journée mondiale de la poésie était un hommage à Nazim Hikmet :
- Mes frères, En dépit de mes cheveux blonds, Je suis Asiatique, En dépit de mes yeux bleus, Je suis Africain… » (Nazim Hikmet)

Livres traduits en français[modifier | modifier le code]

Les livres disponibles :

  • Ceci est un rêve suivi de Ferhad et Sirin et Ivan Ivanovitch a-t-il existé ?, traductions Noémie Cingöz et Nicole Maupaix, Théâtre, l'Espace d'un instant, Paris, 2005, ISBN 2-915037-19-1.
  • Il neige dans la nuit et autres poèmes, traduction de Münevver Andaç et Guzine Dino, Poésie/Gallimard, Paris, 1999.
  • Nostalgie de Nâzım Hikmet, trad. Münevver Andaç, Fata Morgana, Paris, 1989.
  • Pourquoi Benerdji s'est-il suicidé ? Éditions de Minuit, Paris, 1980.
  • C'est un dur métier que l'exil..., Le Temps des Cerises, Paris, 1999.
  • La vie est belle mon vieux, coll. « Littératures étrangères », Parangon, Paris.
  • Il neige dans la nuit, Parangon, Paris.
  • De l'espoir à vous faire pleurer de rage, Parangon, Paris.
  • Paysages humains, Parangon, Paris.
  • Il neige dans la nuit et autres poèmes de Nâzım Hikmet, et al. Poche (1999)

Un poète militant (extrait de Promenade du soir)[modifier | modifier le code]

« Bakkal Karabet'in ışıkları yanmış
Affetmedi bu Ermeni vatandaş
Kürt dağlaranda babasının kesilmesini.
Fakat seviyor seni,
Çünkü sen de affetmedin
Bu karayı sürenleri Türk halkının alnına.
 »


« Les lampes de l'épicier Karabet sont allumées,
Le citoyen arménien n'a jamais pardonné
Que l'on ait égorgé son père
Sur la montagne kurde
Mais il t'aime,
Parce que toi non plus tu n'as pas pardonné
À ceux qui ont marqué de cette tache noire
Le front du peuple turc. »

Sa vie littéraire[modifier | modifier le code]

Nazım Hikmet a publié ses premiers poèmes composés selon le rythme syllabique, dans les revues telles que Yeni Mecmua, İnci, Ümit et Premier Livre, Deuxième livre publiés par Celal Sahir (Erozan). Il a obtenu le premier prix de poésie avec son poème intitulé « Bir dakika » (Une Minute) lors du concours organisé par le journal Alemdar (1920). Le poète publiant ses écrits dans des revues telles que Aydınlık, Resimli Ay, Hareket, Resimli Herşey ou Her Ay n'a rien publié pendant ses années de prison. Mais certains de ses poèmes ont été publiés dans les années 1940, dans des revues à tendance sociale, telles que Yeni Edebiyat, Ses, Gün, Yürüyüş, Yığın, Baştan, Barış, sous des noms d'emprunt comme « Ibrahim Sabri » ou « Mazhar Lütfi ». L'Épopée de la guerre d'indépendance a été publiée en feuilleton, dans le journal Havadis à Izmir (1949).

La Revue Yön a édité l'Épopée en 1965 en brisant le cercle dans lequel le poète était enfermé.

Il introduisit avec Orhan Veli la versification libre dans la poésie turque.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Poésie[modifier | modifier le code]

  • 835 satır (835 lignes) (1929)
  • Jokond ile Si-Ya-u" (1929)
  • Varan 3 (1930)
  • 1+1=+ (1939 - avec Nail V.)
  • Sesini Kaybeden Şehir (Ville ayant perdu sa voix) (1931)
  • Gece Gelen Telgraf (Le Télégramme qui arrive dans la nuit (1932)
  • Benerci Kendini niçin öldürdü. (Pourquoi Benerdji s'est-il tué) (1933) - rééd. Aden Éditions, Bruxelles (2009)
  • Taranta Babuya Mektuplar (Lettres à Taranta Babu) (1935)
  • Simavna Kadısı Oğlu Şeyh Bedrettin Destanı (Épopée du cheikh Bedrettin, fils du cadi de Simavne) (1936)
  • Kurtuluş Savaşı Destanı (Épopée de la guerre d'indépendance) (1965)
  • Saat 21-22 Şiirleri (Poèmes de 21-22H.) (Préparés pour la publication par M. Fuat en 1965)
  • Memleketimden İnsan Manzaraları (Paysages Humains de mon Pays) (1966-1967, 5 volumes, publication faite par M. Fuat)
  • Rubailer (Quatrains) (1966, publication faite par M. Fuat)
  • De quatre prisons (1966, préparé par M. Fuat pour publication)
  • Nouveaux Poèmes (1966, préparé Par Dost Yayınevi pour publication)
  • Derniers Poèmes (préparé par les Éditions Habora, pour publication).
  • Œuvres Complètes (1980, 8 volumes, préparé par A. Bezirci pour publication).
  • Le Globe traduit par Charles Dobzynski

Pièces de Théâtre[modifier | modifier le code]

  • Bir ölü Evi Yahut Merhumun Hanesi (Un foyer de décès, ou Domicile du Défunt) (1932)
  • Ceci est un rêve (1934), traduction Noémie Cingöz, l'Espace d'un instant (Paris, 2005), ISBN 2-915037-19-1.
  • Unutulan Adam (Homme oublié, 1935)
  • Kafatası (Crâne, 1943)
  • Ferhad et Şirin (1955), traduction Noémie Cingöz, l'Espace d'un instant (Paris, 2005), ISBN 2-915037-19-1.
  • Ivan Ivanovitch a-t-il existé (en turc, İvan Ivanoviç) (1955), traduction (du russe) Nicole Maupaix, l'Espace d'un instant (Paris, 2005), ISBN 2-915037-19-1.
  • İnek (Vache, 1965)
  • Naïf (1965)
  • Sabahat (1966)
  • Yusuf et Menofis (1967)

Romans[modifier | modifier le code]

  • Kan Konuşmaz (Le Sang ne parle pas, 1965)
  • Yeşil Elmalar (Pommes vertes, 1965)
  • Yaşamak Güzel Şey Be Kardeşim (Vivre est une belle chose [mon ami/mon frère], 1966)
  • Nostalgie, 1989

Récits[modifier | modifier le code]

  • İt Ürür Kervan Yürür (Le chien aboie, la caravane marche, 1936, sous le nom d'emprunt Orhan Selim).
  • Fascisme et racisme allemand (1936)
  • L'Orgueil national (1935)
  • La Démocratie des Soviets (1936).

Correspondance[modifier | modifier le code]

  • Lettres de Prison à Kemal Tahir (1968)
  • Lettres de Prison à Mehmet Fuat (1968)
  • Lettres de La Prison de Bursa à Vâ-Nû
  • Lettres inconnues de Nazım (1986, correspondance avec Adalet Cimcoz, préparée par Ş. Kurdakul pour publication)
  • Lettres à Piraye (1988)

Contes[modifier | modifier le code]

  • Contes de la Fontaine (1949, sous le nom d'Ahmet Oğuz Saruha)
  • Nuage Amoureux (1967)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Bozdémir, Timour Muhidine, et Coll., Nâzim Hikmet. Héritage et modernité., Paris, Éditions Pétra,‎ 2010, 284 p. (ISBN 978-2-84743-024-0)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. En turc, sans point sur le i de Nazım.
  2. Mais il a été déclaré né le
  3. http://www.actualitte.com/actualite/7101-Turquie-Nazim-Hikmet-rehabiliter-poete.htm