Voilier
Un voilier (ou bateau à voiles, navire à voiles) est un bateau ou navire propulsé par la force du vent. Historiquement, les voiliers ont été le premier moyen de transport à moyenne et longue distance avant l'invention des machines à vapeur. Ils transportaient les marchandises, les passagers, le courrier…
Au début du XXIe siècle, ce type d'utilisation tend à disparaître et semble réservé aux pays les moins développés industriellement. De nouvelles techniques réintroduisent une traction à voile[1] sur des gros cargos porte-conteneurs pour diminuer la consommation d'énergie fossile.
Les navires à voile ont été utilisés dans l'histoire à des fins militaires. Les convois espagnols ramenant l'or du Nouveau Monde devaient se protéger des attaques des pirates. De nombreuses et importantes batailles navales eurent lieu entre l'Angleterre, l'Espagne, la France et les Pays-Bas.
Les voiliers possèdent tous certaines caractéristiques communes : une ou plusieurs coques, un gréement constitué d'au moins un mât qui porte la ou les voiles servant à la propulsion.
Les navires à voile sont menés par un équipage commandé par un capitaine. Ils ont été progressivement remplacés au cours des XIXe et XXe siècles pour la navigation de commerce par les navires à vapeur, puis par les navires à propulsion diesel. Au début du XXIe siècle, dans un contexte où les préoccupations écologiques prennent de plus en plus d'importance et où le prix du carburant augmente sans cesse, il y a un regain d'intérêt pour le transport à la voile comme l'illustre l'initiative de la Compagnie de transport maritime à la voile. La société SkySails a également développé une alternative : l'installation d'une voile en forme de cerf-volant qui permet de réduire la consommation de carburant. La généralisation d'un tel système déjà utilisé sur le Beluga SkySails aboutirait à l'apparition d'une flotte d'un nouveau type utilisant simultanément la force éolienne et du carburant classique.
Les voiliers restent utilisés dans des compétitions sportives et pour de la navigation de plaisance ; et même pour le transport et la pêche dans de nombreux pays en voie de développement (Madagascar, Tanzanie, les Louisiades...). De nombreux types de navires à voile ont été utilisés, selon les époques et les lieux.
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[modifier] Historique
Le développement de la marine à voile, a probablement commencé en Égypte. Les bateaux à voile sont le premier moyen de locomotion sur l'eau. Principalement pour les balades sur le Nil, mais aussi pour la conduite sur la Méditerranée et la Mer Rouge. Les navires ont été utilisés avec un mât et une grande voile carrée. La voile était déjà pivotante de telle sorte que les navires pourraient naviguer même avec vent de côté.
[modifier] Classification historique
[modifier] Antiquité
[modifier] Barque solaire du pharaon Khéops
Pour les Égyptiens de l'Antiquité, le cycle perpétuel du lever et du coucher du soleil est comparable au cycle de la vie et de la mort. Ainsi, chaque matin le soleil naît à l'orient, croît jusqu'au zénith, puis vieillit jusqu'à l'occident ou il disparaît dans le royaume des morts. Ce voyage diurne, le dieu solaire Rê le fait à bord d'une barque appelée mandjet. Le choix d'une barque comme moyen de transport se comprend aisément dans une civilisation résolument fluviale où le Nil occupe la place d'axe principal de communication et de source quasi-exclusive d'alimentation grâce aux crues, à l'irrigation et à la pêche.
Enfouie depuis environ 4500 ans, la barque funéraire de Khéops ne fut découverte qu'en 1954 au pied de la pyramide de Khéops. Elle fut trouvée lors de travaux autour de la grande pyramide.
La barque, en bois de cèdre, munie de tout son outillage - rames, cordes et cabine - comprenait 1 224 pièces détachées. Elle mesure 43,5 m de long, sa proue s'élève à 5 m et sa poupe à 7 m. Remontée, elle est actuellement exposée dans le musée situé exactement à l'endroit où elle a été trouvée.
[modifier] Galère
Dès le VIIe siècle av. J.‑C., les Grecs construisent des vaisseaux de combat à voile et à rame. La trière développée à partir du pentécontère, devient dès le Ve siècle av. J.‑C. le vaisseau de combat le plus efficace. Durant l'époque hellénistique a lieu une course au gigantisme avec les quadrirèmes puis les quinquérèmes, se faisant, Alexandre le Grand les équipera de catapultes.
Si, au Ve siècle av. J.‑C. à Athènes les rameurs étaient tous des citoyens libres, éventuellement renforcés par des métèques rémunérés, les Romains eux, utilisaient des marins, main-d'œuvre spécialisée, qui sont des hommes libres ou des esclaves.
[modifier] Moyen Âge
[modifier] Cogue
On désigne par cogue (en vieil allemand der Koggen) un type de bateau utilisé en mer du Nord au cours du Moyen Âge.
Il s'agit d'un voilier de commerce qui fut utilisé puis armé contre la piraterie pour les échanges entre les ports de la Hanse ; on pouvait l'armer de canons. Il possédait un mât et une voile carrée. Il y avait une nacelle de vigie juste sous la pointe du mât. Les cogues présentaient dès l'origine un château à l'étambot ; au cours du XIVe siècle, on leur adjoignit un château à l'avant du pont, ou gaillard d'avant[2].
[modifier] Bateau viking
Une des premières caractéristiques du bateau viking est d'être quasiment symétrique entre l'avant et l'arrière qui se répondent de part et d'autre du mât, ce qui lui permet de pouvoir se déplacer indifféremment en avant et en arrière de la même manière (amphidrome)[3].
Sa quille tient en un seul tenant, ce qui requiert de très grands arbres. Il dispose également d'un gouvernail constitué par une sorte d'aviron court à très large pelle, fixé par des attaches de cuir à tribord arrière (tribord vient du norrois styr bord, côté du gouvernail). Son fond plat et son faible tirant d'eau lui permettaient également de naviguer par petits fonds et de s'échouer directement sur une plage lors d'un raid. La coque était constituée de planches superposées (construction à clins) qui diminuaient son enfoncement quand il était à pleine charge. Il possède un grand mât facile à dresser et à abattre qui supporte une voile rectangulaire qui lui permet de remonter au vent[4].
[modifier] Caraque
La caraque ou nef est un grand navire, de la fin du Moyen Âge, caractérisé par sa coque arrondie et ses deux hauts châteaux avant et arrière. Elle fut l'un des premiers types de navires européens à pouvoir s'aventurer en haute mer. Les Espagnols l'appelaient nao (navire) et les Portugais nau, elle fut avec la caravelle, le navire des grands explorateurs de ces pays. La caraque dérive des cogues qui servaient au commerce et la guerre, en Mer du Nord et dans la mer Baltique, en particulier dans les flottes de la Hanse, depuis le XIe siècle environ. Lors des croisades (XIe et XIIe siècle), certains cogues durent traverser la Méditerranée, et durent s'adapter par l'apport d'éléments traditionnels. Ils mesuraient alors trente mètres de longueur, huit mètres de largeur, portaient deux mâts et un total de six voiles.
[modifier] Flûte
Une flûte (fluit en néerlandais) est un navire de charge hollandais équipé de trois mâts aux voiles carrées apparu à la fin du XVIe siècle[5]. Optimisé pour le transport, peu coûteux à produire, la flûte fut un facteur important dans l'essor du commerce maritime des Pays-Bas aux XVIIe et XVIIIe siècles. Le navire, très solide, navigue sur toutes les mers du monde et connait aussi des utilisations militaires dans la marine néerlandaise ou pour la Compagnie des Indes. Au XVIIIe siècle, la flûte conserve son rôle commercial mais son utilité militaire s'efface au profit des vaisseaux de ligne « armés en flûte » pour le transport de troupes. Au XIXe siècle, on désigne ce navire sous le nom de corvette de charge dans la marine française.
[modifier] Renaissance
[modifier] Caravelle
La caravelle (du portugais caravela) est un navire à voiles à hauts bords inventé par les Portugais au début du XVe siècle pour les voyages d'exploration au long cours. Évolution marine de la caraque du Moyen Âge, la caravelle s'en distingue par une taille plus élevée, entre 20 et 30 mètres, un tonnage moindre d'environ 200 tonnes et un tirant d'eau allongé. La caravelle dispose de plusieurs mâts sur lesquels sont fixées des voiles triangulaires aptes à capter la direction du vent et des voiles carrées favorables à la propulsion avec vent arrière. Les voiles latines tournant autour des mâts, grâces à de longues vergues désolidarisées du mât permettent de naviguer contre le vent. La crainte d'un retour difficile par des vents et des courants qui avaient été favorables à l'aller disparait et les explorateurs portugais se permettent alors toutes les audaces.
[modifier] Galion
Un galion', à l'origine galeon, présent en 1600 de la mer noire à la méditerranée, désigne un navire à plusieurs ponts, mue à la fois à la voile et aux rames comme les autres galères, qui évolua en pure voilier, utilisé en Europe et particulièrement en Espagne du XVIe siècle au XVIIIe siècle.
Possédant de 3 à 5 mâts, il constitue une évolution mêlant les techniques de la caraque nordique aux galeons méditerranéens, dans laquelle sont introduites des caractéristiques de la caravelle lusitanienne, comme la poupe carrée qui supplante celle ronde des caraques. La coque est allongée et plus fine, ce qui le rend plus rapide et l'abaissement du château le rend plus stable en diminuant le poids dans les hauts. Il est, par contre, généralement plus petit que la caraque, dont certaines dépassaient 1000 tonnes; les galions étaient généralement en dessous des 500 tonnes, quoique de plus gros aient existé, comme celui de 1200 tonneaux commandé par l'amiral ottoman Zemis Aga, dont la capture par les galères de l'Ordre de Malte devant Rhodes le 28 septembre 1644, à bord duquel se trouvait la sultane et l'héritier, fut le déclencheur la Guerre de Candie.
[modifier] Chebec
Le chébec ou chebek est un petit bateau méditerranéen armé de canons, très fin, naviguant à la voile et à l'aviron. Il est gréé en trois-mâts avec des voiles latines. D’après ce qu'on constate de l'évolution de la navigation en Méditerranée, le chébec est une embarcation maure, pêchant au filet et allant à la rame : le jebega tel qu’on le voit jusqu’au milieu du XXe siècle en Espagne, sur les plages de Málaga[6]. Son type, assez archaïque, comporte aviron de gouverne et forts capions de proue et de poupe. Après le départ des Arabes de la péninsule (1492), l’embarcation et son nom survivent, mais le chébec, sous sa forme définitive, n’apparait qu’au XVIIe chez les raïs barbaresques. Il y remplace la galère et le brigantin pour la course mais, n’ayant pas d’installations permanentes de vogue (rames), il peut porter des canons en batterie. Il devint ainsi beaucoup plus puissant que ces deux navires[6]. Un chébec d’une quarantaine de mètres peut porter une vingtaine de canons servis par 280 hommes d’équipages, ce qui fait du navire une solide unité de guerre et lui permet d’attaquer à l’abordage[7], action encore possible en Méditerranée au XVIIIe siècle.
[modifier] XVIIe au XXe siècle
- Brick
- Brigantine
- Clipper
- Corvette
- Frégate
- Goélette
- Schooner
- Senau
- Tartane
- Navire de ligne ou vaisseau de ligne
[modifier] De nos jours
[modifier] Classification géographique
[modifier] Orient
- Corocore : Nouvelle-Guinée
- Dinga ou Dinghy ou Dinguy : Malabar, barque à un mât et à quille
- Doni : Ceylan
- Dungiryah : Bombay
- Jonque
- Pinisi : sud de Célèbes
[modifier] Moyen Orient
- Djeme d'Alexandrie
- Felouque
- Boutre ou dhow
[modifier] Occident
- Clipper
- Corallière : Italie
- Crayer ou Craïer : Baltique, 3 mats de 50 à 60 mètres
- Doris : embarcation à fond plat pour la pêche à la morue
- Drakkar
- Dromon : Grèce
[modifier] Classification d'après le type de gréement
[modifier] Un mât
- Catboat sans voile d'avant
- Sloop comportant une voile d'avant : le foc
- Cotre avec deux voiles d'avant : le foc et la trinquette
[modifier] Deux mâts
[modifier] Trois mâts et plus
- Trois-mâts
- Quatre-mâts barque
- Cinq-mâts
- Six-mâts
- Sept-mâts : Thomas W. Lawson
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[modifier] Côtes Nord et Ouest
- Bisquine
- Chaloupe
- Chasse-marée
- Dundee
- Flambart
- Flobart
- Gabare
- Goélette paimpolaise
- Lougre
- Sinago
- Txalupa
[modifier] Méditerranée
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- Santa Maria, caraque navire amiral de Christophe Colomb lors de son premier voyage, et La Niña et La Pinta, caravelles l'accompagnant, (1492)
- Mayflower, navire qui transporta les premiers colons en Amérique du Nord (1620)
- Hermione, frégate qui ramena le marquis de La Fayette vers les États-Unis d'Amérique en 1780
- l'Astrolabe et la Boussole, navires de Jean-François de La Pérouse 1785
- HMS Victory, navire amiral de la flotte de Nelson (1805, bataille de Trafalgar)
- La Méduse, célèbre pour l'évocation de son naufrage en 1816 (1810)
- L’Astrolabe, navire de Jules Dumont d'Urville (années 1820)
- America, premier vainqueur de la coupe qui porte son nom (1851)
- Cutty Sark, célèbre Clipper de la course au thé (1869)
- Pourquoi-Pas ?, plusieurs navires d'exploration polaire du commandant Charcot (1893)
- Belem, dernier trois-mâts barque français (1896)
- Pen Duick, série de voiliers d'Éric Tabarly
- Pamir, quatre-mâts barque allemand (1905)
- Duchesse Anne, premier voilier-école allemand et le plus grand voilier (trois-mâts carré) conservé en France (1901)
- Amerigo Vespucci, voilier école de la Marine italienne 1931.
[modifier] Notes et références
- cargos tractés
- Hocker, 1991 ; Crumlin-Pedersen, 2000
- Jean Merrien, La Vie quotidienne des marins au Moyen Âge, des Vikings aux galères, Hachette, 1969, p. 18-20.
- Magazine « échappées belles » Danemark, 31.10.2009 : Historien Ulrik Kirk et skipper reconstituteur Jasper Vittenburg
- Définitions lexicographiques et étymologiques de « Flûte » du CNRTL.
- René Burlet, Dictionnaire d’Histoire maritime, collection Robert Laffont, éditions Bouquins, 2002, p.337-338
- Rémi Monaque, Suffren un destin inachevé, éditions Tallandier, 2009, p.83.
[modifier] Bibliographie
- Age of the Galley: Mediterranean Oared Vessels since pre-Classical Times, John S. Morrison, 2004, Conway Maritime Press
- La Science des galères, Barras de la Penne, 1667, musée de la marine.
- Ollivier Puget, Les plus beaux voiliers du monde, Solar, 192 pp. (L'ouvrage est dédié aux Grands Voiliers et en particulier au Cinq-Mâts Barque "La France").
- R. Gardnier, Cogs, caravels and galleons: the sailing ship, 1000-1650, 1994, Annapolis
- Michel Vergé-Franceschi (dir.), Dictionnaire d’Histoire maritime, Paris, éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2002, 1508 p. (ISBN 2-221-08751-8 et 2-221-09744-0).
- Patrick Villiers, Jean-Pierre Duteil et Robert Muchembled (dir.), L’Europe, la mer et les colonies, XVIIe-XVIIIe siècle, Paris, Hachette supérieur, coll. « Carré Histoire » (no 37), 1997, 255 p. (ISBN 2-01-145196-5).
- Source bibliographique : Edmond Pâris et Pierre de Bonnefoux, Dictionnaire de la marine à voile [détail des éditions].
- Régis Boyer, Les Vikings, Robert Laffont, 2008
- Frédéric Durand, Les Vikings et la mer, éditions Errance, Paris, 1996 (ISBN 2-87772-118-3)
- Dragons et Drakkars. Le mythe Viking de la Scandinavie à la Normandie. XVIIIe-XXe siècles, Musée de Normandie - Caen, 1996
- Jean Merrien, La Vie quotidienne des marins au Moyen Âge, des Vikings aux galères, Hachette, 1969.
- Elisabeth Ridel (dir), L'Héritage maritime des Vikings en Europe de l'Ouest, Presses universitaires de Caen, 2002.
- Dictionnaire d’Histoire maritime, sous la direction de Michel Vergé-Franceschi, éditions Robert Laffont, collection Bouquins, 2002.
- Le Chasse-Marée, (revue), René Burlet.
- Rémi Monaque, Suffren : un destin inachevé, édition Tallandier, 2009.
[modifier] Voir aussi
[modifier] Articles connexes
- Bateau
- Propulsion
- Navigation
- Architecture navale
- Vocabulaire maritime
- Liste des plus grands voiliers
- Liste des courses de voiliers de course océaniques
- Record de vitesse à la voile
- Record du tour du monde à la voile
- Record de la traversée de l'Atlantique Nord à la voile