Naval Special Warfare Development Group

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34° 11′ 15″ N 73° 14′ 33″ E / 34.18760783, 73.24260983 ()

Naval Special Warfare Development Group
Insigne du Naval Special Warfare Development Group
Insigne du Naval Special Warfare Development Group

Période 1980
Pays États-Unis
Branche United States Navy
Type Forces spéciales
Rôle Contre-terrorisme
Fait partie de Joint Special Operations Command
Garnison Dam Neck Annex, NAS Oceana, Virginie
Surnom SEAL Team 6 (ST-6), NSWDG, NAVSPECWARDEVGRU, DEVGRU
Guerres Operation Urgent Fury
détournement de l'Achille Lauro
Opération Just Cause
Operation Desert Storm
Operation Gothic Serpent
Operation Enduring Freedom
Operation Iraqi Freedom
Maersk Alabama
Commandant historique Commander Richard Marcinko

Le SEAL Team 6 (ST6) est une unité secrète américaine de lutte contre le terrorisme et d'opérations spéciales. Elle est rattachée à l'United States Navy.

Le SEAL Team 6 a longtemps utilisé pour nom de couverture Naval Special Warfare Development Group (NSWDG ou NAVSPECWARDEVGRU, souvent abrégé en DEVGRU). Cette couverture a été changée pour une autre, qui reste cependant inconnue dans la littérature ouverte[1].

La grande majorité des informations sur cette unité est classifiée et les détails de ses activités ne sont pas commentés ni par la Maison-Blanche ou le Département de la Défense des États-Unis. Bien qu'elle soit administrativement liée au Naval Special Warfare Command, elle est opérationnellement commandée par le Joint Special Operations Command.

En 2011, l'unité est notamment remarquée pour l'opération Neptune Spear.

Organisation[modifier | modifier le code]

Le SEAL Team 6 a longtemps été organisé en trois équipes opérationnelles, appelées Gold Team, Red Team et Blue Team. La Black Team est la cellule de tireurs d'élite, mais qui sont en temps normal rattachés à une des trois autres équipes. La Green Team est le nom de la sélection et de l'entraînement des nouveaux opérateurs[2]. Il comprend également un détachement d'embarcations rapides[3]. Un article de 1988 rapportait que le SEAL Team 6 comptait environ 175 opérateurs[4].

En 2011, il était reporté qu'il comportait quatre escadrons opérationnels, appelés Gold, Red, Blue Squadrons et le récemment créé Silver Squadron, chacun comptant une cinquantaine d'opérateurs. Un Black Squadron serait notamment chargé des missions de reconnaissances[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

La Grenade[modifier | modifier le code]

Article connexe : Invasion de la Grenade.

Le SEAL Team 6 participa à l'invasion américaine de l'île de la Grenade, nommée Operation Urgent Fury. Les deux premières missions des SEAL furent l'extraction du gouverneur-général de La Grenade Paul Scoon ainsi que la capture de l'unique tour radio de l'île. La mission ne fut cependant pas correctement préparée et les SEAL firent face à des problèmes dès le début. Lors d'un parachutage en mer au large de l'île, quatre SEAL périrent noyés. Leurs corps ne furent jamais retrouvés.

Le groupe ayant la charge de la résidence du gouverneur réalisa qu'il avait oublié son équipement SATCOM dans l'hélicoptère. Après avoir été encerclés par des blindés BTR-60s et un nombre non négligeable de troupes grenadiennes et cubaines, les seules radios à disposition des SEAL furent à court de batterie. Utilisant la ligne téléphonique de la résidence, les SEAL réussirent à contacter un avion d'appui aérien rapproché Lockheed AC-130. L'équipe fut bloquée dans la résidence toute la nuit puis finalement dégagée et exfiltrée par un groupe de la force de reconnaissance des Marines le matin suivant.

L'équipe envoyée à la station de radio connut aussi des problèmes de communication. Dès que les SEAL atteignirent le complexe radio, ils se trouvèrent incapables de mettre en place leur poste de commandement. Après avoir repoussé plusieurs vagues d'assaut de troupes cubaines et grenadines appuyées par des BTR-60, les SEAL constatèrent que leur position était intenable. Ils détruisirent la station radio et se frayèrent un chemin jusqu'à l'eau où ils se cachèrent des patrouilles ennemies lancées à leurs trousses. Quand les recherches furent abandonnées, les blessés nagèrent vers le large et furent récupérés, plusieurs heures après avoir été repérés par un avion de reconnaissance.

Panama[modifier | modifier le code]

Lors de l'invasion du Panama en 1989, la Task Force Blue d'une Joint Special Operations Task Force fut constituée d'éléments du SEAL Team 6[6]. La TF Blue avait pour tâche de délivrer d'éventuels otages[7].

Guerre du Golfe[modifier | modifier le code]

Pendant la guerre du Golfe, un détachement d'embarcations rapides du SEAL Team 6 fut affecté au Naval Special Warfare Task Group (NSWTG) contrôlant les forces spéciales navales américaines et koweïtiennes[8].

Début février 1991, un petit élément du SEAL Team 6 fut ajouté au sein d'une force opérationnelle du Joint Special Operations Command (JSOC) déployée pour la chasse aux Scuds aux côtés de deux escadrons de la Delta Force[9].

Afghanistan[modifier | modifier le code]

Combats du Takur Ghar[modifier | modifier le code]

Lors de l'opération Anaconda, au cours d'une infiltration, l'officier marinier de première classe Neil Roberts, du SEAL Team 6, tomba d'un hélicoptère quand ce dernier fut touché par des combattants d'Al-Qaïda. Roberts tenta de se défendre en utilisant sa mitrailleuse SAW. Il fut probablement tué environ une heure trente après sa chute. Plusieurs SEAL de son équipe furent blessés en tentant de le secourir, et leur Combat Controller, le sergent John Chapman, fut tué. Les tentatives ultérieures pour secourir le SEAL entraînèrent la mort de cinq autres personnes.

Mort de Linda Norgrove, 8 octobre 2010[modifier | modifier le code]

Crash du Chinook 6 août 2011[modifier | modifier le code]

Pakistan[modifier | modifier le code]

Le Black Squadron du SEAL Team 6 serait notamment chargé des opérations « cross border », franchissant la frontière afghano-pakistanaise pour opérer secrètement dans les zones tribales pakistanaises pour y cibler les camps terroristes qui s'y trouvent[10]. Une seule de ces opérations a été connue avec quelques détails, lorsqu'un raid près de Angor Adda dans le Waziristan du Sud le 3 septembre 2008 a été suivi de protestations de la part des autorités pakistanaises[11].

Opération finale contre Ben Laden[modifier | modifier le code]

Article connexe : Mort d'Oussama ben Laden.

Le 1er mai 2011, un commando héliporté du Red Squadron du Naval Special Warfare Development Group venu d'Afghanistan a effectué un raid sur la résidence fortifiée d'Oussama Ben Laden à Abbottabad au Pakistan et l'a tué ainsi que deux autres membres de sa famille et deux collaborateurs. L'un des deux hélicoptères utilisé n'a pu repartir, et le commando emportant le corps de Ben Laden a quitté les lieux à bord de l'hélicoptère restant[12].

Opérations en Somalie[modifier | modifier le code]

Libération du capitaine Richard Philips, 12 avril 2009[modifier | modifier le code]

Suite à la prise d'otage du Maersk Alabama par des pirates somaliens au large d'Eyl, les hommes de la Team Six neutralisent les pirates à bord du bateau de sauvetage du MV Maersk Alabama avec lequel ils avaient pris la fuite, retenant en otage le capitaine Richard Philips. L'intervention se solde par la mort des trois preneurs d'otage et la libération du capitaine.

Libération d'otages à terre, 24 janvier 2012[modifier | modifier le code]

Une vingtaine de commandos de la Team Six des SEAL a été parachutée au milieu de la nuit du 24 au 25 janvier, près du village somalien de Galkayo. Ils ont libéré en quelques minutes deux otages, le Danois Poul Hagen Thisted et l'Américaine Jessica Buchanan, deux humanitaires kidnappés le 25 octobre 2011[13].

Équipement[modifier | modifier le code]

Au cours de son existence pour faire face aux missions les plus extrêmes et les situations les plus dangereuses, le DEVGRU a toujours été privilégié pour bénéficier du meilleur matériel disponible sur le marché. En tant que précurseur, bien souvent ils testent l'équipement au profit des autres unités américaines.

Armement[modifier | modifier le code]

Selon « Mark Owen » lorsqu'il entra au SEAL Team 6 en 2004, il fut doté des armes suivantes[14] :

  • un pistolet Sig-Sauer P226
  • un pistolet H&K 45C
  • un pistolet-mitrailleur HK MP7
  • un fusil HK416 avec canon de 10 pouces (25 centimètres) de longueur équipé d'un silencieux et d'un viseur point rouge EOTech doublé d'un grossissement 3x, et un autre pour le tir à plus longue distance équipé d'un canon de 14 pouces (35 centimètres), d'une lunette (arme) de visée nocturne 2,5x10, d'un silencieux, d'un pointeur laser et d'un viseur thermique amovible
  • un lance-grenades M79 raccourci

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Richard Marcinko et John Weisman, Rogue Warrior, New York, Simon & Schuster,‎ 1992
  • (en) Robert Gormly, Combat Swimmer: Memoirs of a Navy SEAL, New York, Dutton Adult,‎ 1998
  • (en) Dennis Chalker et Kevin Dockery, One Perfect Op : An Insider's Account of the Navy Seal Special Warfare Teams, New York, HarperCollins,‎ 2002
  • (en) Chuck Pfarrer, Warrior Soul: The Memoir of a Navy SEAL, New York, Random House,‎ 2004
  • Howard E. Wasdin et Stephen Templin, Sniper Navy Seals : J'étais tireur d'élite dans les forces spéciales [« SEAL Team Six : Memoirs of an Elite Navy SEAL Sniper »], Altipresse,‎ 2012
  • (en) Don Mann et Ralph Pezzullo, Inside SEAL Team Six: My Life and Missions with America's Elite Warriors, New York, Little, Brown and Company,‎ 2011 (ISBN 978-0-316-20431-6)
  • (en) Eric Blehm, Fearless : The Undaunted Courage and Ultimate Sacrifice of Navy SEAL Team SIX Operator Adam Brown, WaterBrook Press,‎ 2012 (ISBN 9780307730695)
  • Mark Owen et Kevin Maurer, Ce jour là : Au cœur du commando qui a tué Ben Laden [« No Easy Day: The Firsthand Account of the Mission That Killed Osama Bin Laden »], Seuil,‎ 2012 (ISBN 978-2-02110-255-0)

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Marc Ambinder, « Delta Force Gets a Name Change », The Atlantic,‎ 12 octobre 2010 (lire en ligne)
  2. (en) Howard E. Wasdin et Stephen Templin, SEAL Team Six : Memoirs of an Elite Navy SEAL Sniper, New York, St. Martin's Press,‎ 2011, 352 p. (ISBN 978-0-312-69945-1), p. 146, 150-151, 155
  3. (en) Principal Deputy Under Secretary (Strategy and Resources), Conduct of the Persian Gulf War : Final Report to Congress, Département de la Défense, Washington DC, avril 1992, Appendix J, pages J-4
  4. (en) Steven Emerson, « Stymied Warriors », New York Times,‎ 13 novembre 1988 (lire en ligne)
  5. (en) « SEALs in bin Laden raid drawn from Red Squadron », Navy Times,‎ 5 mai 2011 (lire en ligne)
  6. (en) William Harrision Huff IV, « The United States 1989 Military Intervention in Panama: A Just Cause? », thèse au Louisiana State University and Agricultural and Mechanical College, août 2002 [lire en ligne] p. 80
  7. (en) Ronald H. Cole, Operation Just Cause: the Planning and Execution of Joint Operations in Panama, February 1988-January 1990, Washington, D.C., Joint History Office, Office of the Chairman of the Joint Chiefs of Staff, 1995 p. 21
  8. (en) Principal Deputy Under Secretary (Strategy and Resources), Conduct of the Persian Gulf War: Final Report to Congress, Département de la Défense, Washington DC, avril 1992, Appendix J, pages J-2 à J-4
  9. (en) Douglas C. Waller, The Commandos: The Inside Story of America's Secret Soldiers, Dell Publishing, New York, 1995 (ISBN 0-440-22046-7) (édition originale Simon & Schuster, 1994) [présentation en ligne], p. 404
  10. (en) Marc Ambinder et D. B. Grady, The Command : Deep Inside the President's Secret Army, Hoboken, New Jersey, John Wiley & Sons,‎ 7 février 2012 (ISBN 978-1-118-34672-3 et 978-1-118-33148-4)
  11. (en) Spec ops raids into Pakistan halted, Sean D. Naylor, 27 septembre 2008
  12. Corrine Lesnes, « Le raid sur le compound de Ben Laden: détails », Le Monde,‎ 2 mai 2011 (consulté le 2 mai 2011)
  13. http://www.lefigaro.fr/international/2012/01/27/01003-20120127ARTFIG00242-les-navy-seals-liberent-deux-otages-en-somalie.php
  14. (en) Mark Owen et Kevin Maurer, No Easy Day: The Firsthand Account of the Mission That Killed Osama Bin Laden, Dutton Adult,‎ 2012 (ISBN 978-0-525-95372-2), p. 44-45