Nationalisme thiois

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Situation de la Grande-Néerlande en Europe.
Carte du « Dietsland » (Grande-Néerlande : dans cette version, Bruxelles est considérée comme faisant partie du pays ; dans d'autres, c'est un territoire fédéral, capitale de l'Union européenne). La carte suppose aussi l'annexion de la Wallonie par la France.

Le nationalisme thiois (en néerlandais groot-nederlandisme) est un mouvement politique irrédentiste voulant la création d'un pays basé sur la langue néerlandaise appelé Dietsland (Thiogne en français) ou Grande-Néerlande[1](Groot-Nederland) et comprenant les Pays-Bas actuels et la Flandre, voire le Westhoek français.

L'idée grand-néerlandaise, émergée dans les années 1920, implique le rétablissement de l’unité brisée depuis 1585, et qui ne fut que temporairement restaurée en 1815, de la Flandre et des Pays-Bas septentrionaux pour constituer une Grande Néerlande, les Pays-Bas unis.

La langue néerlandaise, fondement de l'idée grand-néerlandaise[modifier | modifier le code]

Symbole unioniste des Pays-Bas et de la Flandre.

La communauté de langue commune est l'élément fédérateur car la religion et l'histoire ont séparé les Flamands majoritairement catholiques des autres Néerlandais majoritairement protestants[2].

Les adeptes de la Grande Néerlande s'opposent donc à l’appartenance des Wallons à la communauté thioise. Faire resurgir le Royaume-uni des Pays-Bas (Vereenigd Koninkrijk der Nederlanden) dans les frontières de 1815-1830 n'est pas un objectif de ce courant de pensée, ces frontières rappelant davantage les pays-bas des États bourguignons que la Néerlande fondée sur une communauté linguistique.

La récupération de l'Afrique du Sud était en revanche cohérente avec les objectifs généraux de ce courant de pensée.

Les soutiens politiques de l'idée grand-néerlandaise[modifier | modifier le code]

Avant la Seconde Guerre Mondiale[modifier | modifier le code]

Le grand partisan de la pensée grande-néerlandaise fut Pieter Geyl, professeur d'histoire à l'Université d'Utrecht, qui publiait avec son ouvrage De Groot-Nederlandsche Gedachte un travail historiographique qui eut un énorme retentissement auprès des milieux politiques. Toutefois, dans les années 1930, il perçut avec tristesse que les forces extrémistes détournèrent ses idées et en abusèrent.

Le mouvement grand-néerlandais, qui obtint le soutien de certains milieux flamands et universitaires néerlandais, est souvent confondu avec les mouvements de droite radicale de l'entre-deux-guerres ou avec la collaboration.

Déjà au cours des années 1930, on fonda à Rotterdam une fondation pour les Pays-Bas septentrionaux et la Flandre (Stichting Noord-Nederland-Vlaanderen), qui atteindra le nombre d’environ un millier de membres.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale[modifier | modifier le code]

En juillet 1940, la fondation pour les Pays-Bas septentrionaux et la Flandre rédigera, en collaboration avec les membres du mouvement national-socialiste (Nationaal-Socialistische Beweging, NSB) et de l'Union néerlandaise (Nederlandsche Unie), un manifeste sur les fondements d’une Grande-Néerlande, que l’occupant allemand mit toutefois de côté. En effet, les nationaux-socialistes allemands ne souhaitaient pas l'émergence d'une Grande-Néerlande mais l'intégration des Pays-Bas et de la Flandre au Reich Grand-Allemand.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, plusieurs adhérents de la Ligue nationale flamande (Vlaams Nationaal Verbond, VNV) furent séduits par l'idée d'une Grande-Néerlande, pour laquelle une organisation telle que Nederland Eén! d'August De Wilde d'Eeklo fit souvent campagne à la consternation de l'occupant allemand, et de la DeVlag qui combattait l'émergence d'une Grande Néerlande de façon acharnée. Aux Pays-Bas, la NSB, le Front noir (Zwart Front) et l’Union des Pays-Bas (Nederlandsche Unie) supportèrent la pensée grande-néerlandaise.

Toutefois, en raison de l'hostilité allemande, la circulation de l'un et de l'autre côté de la frontière fut rendue impossible.

En Flandre, les adeptes se concentrent surtout dans les milieux nationalistes flamands, en particulier au sein d'un parti politique, la Volksunie, et de ses successeurs et ramifications dans le mouvement flamand plus large.

Après la Seconde Guerre Mondiale[modifier | modifier le code]

Après la Seconde Guerre mondiale, le nombre de partisans diminua au minimum dans les Pays-Bas. La pensée trouvera encore des adeptes au sein du Algemeen-Nederlands Verbond (association générale néerlandaise) : Geerten Gossaert a publié sur le sujet. Plus tard, Andries Postma, membre de la chambre haute du Parlement néerlandais pour le CDA, se fit entendre. Depuis 1985, de plus en plus d’orangistes s’expriment ouvertement en faveur de cette aspiration.

Il semble que la pensée grande-néerlandaise a commencé à reconquérir le terrain aux Pays-Bas septentrionaux à partir de 2000, dans le contexte de l’unification de l’Europe.

Des organisations nationalistes comme Voorpost (avant-poste), ne cachent pas leurs sympathies grande-néerlandaises.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'utopie de la Grande-Néerlande - Lalibre.be
  2. Correspondance Gerretson-Geyl, volume III, p. 115

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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