Nasalis larvatus

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Nasique, Long-nez, Singe à trompe

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Le Nasique[1] (Nasalis larvatus) est un singe arboricole de la famille des cercopithecidés endémique de l'île de Bornéo. Il est l'unique représentant du genre Nasalis depuis que le Nasique des îles Pagai (Simias concolor) a été classé dans un genre à part.

Étymologie et dénominations[modifier | modifier le code]

Il est également appelé Long nez[1] ou Singe à trompe[2]. Longtemps considéré comme semnopithèque, le nasique est parfois encore appelé Semnopithèque nasique.

Description[modifier | modifier le code]

Le nasique est ainsi appelé en raison de son appendice nasal mou et plat. Le mâle aussi bien que la femelle sont pourvus de cet organe qui, chez le premier, atteint des proportions telles qu’il peut descendre jusqu’au-dessous du menton. Et plus le museau est long, plus celui qui en est pourvu a de chances de séduire les femelles. Le nez de celle-ci est beaucoup plus discret que celui du mâle[3]. Quand le nasique est agité, son nez devient rouge à cause d'un afflux de sang[4]. Mise à part l'utilisation de leur nez comme outil de séduction, il lui sert aussi comme caisse de résonance amplifiant ses cris et ne cesse de croître tout au long de leur vie.

Le nasique mâle mesure de 66 à 76 centimètres et peut peser de 16 à 24 kg. Sa queue mesure de 60 à 76 centimètres. Le nasique femelle est plus petite et mesure de 53 à 61 cm pour un poids de 7 à 11 kg et une queue de 55 à 70 centimètres[réf. nécessaire].

Les nasiques vivent en groupes flexibles de 10 à 30 individus. L'espèce est hautement menacée en raison du défrichement de la forêt côtière qui constitue leur habitat. Ses effectifs sont estimés entre 1 000 et 3 000 individus sauvages en 2010.

Écologie et comportement[modifier | modifier le code]

Alimentation[modifier | modifier le code]

Le nasique est strictement végétarien, il s’alimente de feuilles, des fruits et de graines qui lui sont essentielles. . Les feuilles qu'il préfère sont celles de pedada. Grâce à la virulence des bactéries de son intestin, ce singe se délecte de végétaux réputés non comestibles. À l'inverse, de simples fruits mûrs cueillis hors de son habitat peuvent lui être fatals.

Locomotion[modifier | modifier le code]

Les nasiques se déplacent à quatre pattes, ils sautent d'arbre en arbre et nagent à la manière des chiens. Cet animal est un excellent grimpeur et un plongeur audacieux qui peut se jeter à l’eau depuis une hauteur de 15 mètres. Le nasique a un sens aigu du danger et dès qu’il se sent menacé, il se réfugie sous l'eau[3].

Le nasique est le seul non-humain, avec le Gibbon et le Grand Pangolin, à utiliser la station debout pour ses déplacements. Des nombreux groupes ont été filmés marchant sur leur pattes arrières en file indienne longeant des sentiers forestiers, les femelles transportant leurs petits sur leurs hanches. Le nasique est un nageur hors-pair. Il nage d'île en île et certains ont même été pris dans un filet de bateau de pêche à plus d'1,5 kilomètre de la côte.[réf. nécessaire]

Reproduction[modifier | modifier le code]

Les femelles ne peuvent avoir qu'un seul bébé à la fois et leur gestation dure environ 166 jours. La mère s'occupe de son petit jusqu'à sa maturité. Le petit s'agrippe à la fourrure de leur mère pour la première étape de sa vie.

Distribution et habitat[modifier | modifier le code]

Répartition géographique

Le nasique est présent en Asie, sur l'île de Bornéo. Il se trouve dans les forêts à feuilles caduques tropicales, et plus précisément dans les forêts de mangroves près des eaux douces et dans les forêts tropicales humides de plaines.

Taxinomie et classification[modifier | modifier le code]

La classification scientifique des Primates étant encore en évolution, le genre comprend une ou deux espèces selon les auteurs : si Groves (1970), Szalay et Delson (1979) et Delson (1975) considèrent que Simias n'est qu'un sous-genre de Nasalis, plus tard Krumbiegel (1978) et Napier (1985) l'ont rétabli comme étant un genre à part entière.

Menaces et conservation[modifier | modifier le code]

Sa protection est vulnérable selon l’UICN. L'espèce est malheureusement très menacée tant par la chasse que par la destruction de son habitat, notamment les mangroves. La population des nasiques était estimée à moins de 7 000 individus en 2007.
En juillet 2007, une campagne de repeuplement a été lancée à l'île de Bornéo, dans l'État du Sabah et devrait s'étendre à celui du Sarawak. « Élargir les mangroves et recréer des corridors ne pourrait qu'être bénéfique pour les nasiques » explique William Beavitt, chercheur à l'université du Sarawak.

Aspects culturels[modifier | modifier le code]

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

Le nasique a inspiré au dessinateur Hergé, dans Vol 714 pour Sydney, six vignettes d'intermède humoristique, prenant prétexte d'une supposée ressemblance entre l'animal et le « méchant de l'histoire », Rastapopoulos. Peu après avoir délivré celui-ci, retenu prisonnier par Tintin et le capitaine Haddock, son lieutenant Allan, lui retire ses liens et le sparadrap qui le baillonnait, quand il entend un bruit et aperçoit un nasique qui s'enfuit dans la clairière, effrayé par ces intrus. Allan s'aperçoit, mais un peu tard, que le « pif » du nasique lui rappelle celui de Rastapopoulos, lequel, déjà très énervé par ses précédentes mésaventures, fusille du regard son lieutenant.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Murray Wrobel, Elsevier's Dictionary of Mammals : in Latin, English, German, French and Italian, Amsterdam, Elsevier,‎ 2007, 857 p. (ISBN 978-0-444-51877-4, lire en ligne), entrée N°4349
  2. "Société zoologique de Londres, Séance du 11 juillet 1837, Zoologie - Singes", L'Institut, Journal Général des Sociétés et Travaux scientifiques de la France et de l'Étranger, 1ère Section : Sciences Mathématiques, Physiques et Naturelles, Vol.6, N°246, 13 septembre 1838, p.300-301.
  3. a et b Ivy, Bill. Le Monde Merveilleux des Animaux. Montréal: Grolier Limitée, 1990.
  4. Collet, Jean-Yves. Le Grand Catalogue des Singes du Monde. Toulouse: Milan, 1993.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Britannica Concise Encyclopedia: Proboscis Monkey

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Genre Nasalis[modifier | modifier le code]

Espèce Nasalis larvatus[modifier | modifier le code]