Napoléon-Alexandre Comeau

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Napoléon-Alexandre Comeau

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Napoléon-Alexandre Comeau vers 1900

Alias
« Roi de la Côte-Nord »
Naissance 11 mai 1848
Îlets-Jérémie
Décès 17 novembre 1923 (à 75 ans)
Godbout
Nationalité Drapeau du Canada Canada
Pays de résidence Drapeau du Canada Canada

Napoléon-Alexandre Comeau (1848-1923) est un naturaliste canadien, d'origine acadienne, de la province de Québec.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Napoléon-Alexandre Comeau nait le 11 mai 1848 aux Îlets-Jérémie (situés dans la municipalité de Colombier), non loin de la réserve amérindienne Innu de Betsiamites, sur la Côte-Nord. Il est l'aîné d'une famille de onze enfants[1]. Son père, Antoine-Alexandre Comeau, est employé de la compagnie de la Baie d'Hudson. Sa mère, Mary-Luce Hall-Bédard, est d’origine irlandaise. Napoléon-Alexandre Comeau passe son enfance dans les bois, au Labrador, au poste de North-West River, puis aux îles de Mingan, en compagnie des Innus (Montagnais) et des Inuits[2], qui lui apprennent à chasser, pêcher et s'orienter en forêt.

À l'adolescence, il parle couramment le français, le montagnais, le naskapi et l’inuktitut[3]. En 1859, il est envoyé dans une école anglaise à Trois-Rivières, où il apprend à lire, écrire et parler l'anglais.

Débuts professionnels[modifier | modifier le code]

En 1860, Napoléon-Alexandre Comeau rejoint son père Antoine à Baie-Trinité et qui le nomme, à quatorze ans, « gardien de la rivière Godbout ». Celle-ci, une des 116 rivières à saumon du Québec, est alors un territoire de pêche privé, propriété d'Agar Adamson. Napoléon-Alexandre Comeau conservera ce poste toute sa vie. Il complète sa formation grâce à ses nombreuse lectures. En compagnie du chasseur Innu (montagnais) Ashini, il apprend la trappe et approfondit ses connaissances sur la faune et la flore[2].

Il travaille, pendant 15 ans, comme trappeur professionnel[2]. Il épouse, le 14 juin 1871, Marie-Antoinette Labrie. Il est, en 1877, nommé maître des postes de Godbout[4]. Il est ensuite adjoint du coroner régional ; pratiquant même la médecine, (il met au monde plus de 250 nouveau-nés[3]) avant de devenir, en 1879, surintendant des Pêcheries pour le gouvernement canadien.

En 1883, il devient télégraphiste à Godbout. En janvier 1886, à la suite du sauvetage de ses beaux-frères Alfred et François Labrie sur le Saint-Laurent, au cours duquel il va parcourir 60 km sur les glaces, il est décoré, ainsi que son frère Isaïe, par le gouvernement canadien[3].

En 1888, son épouse Antoinette est emportée par le cancer. Napoléon-Alexandre Comeau, qui n'a pas eu d'enfants de son premier mariage, se remarie, en 1889, avec sa belle-sœur, Victoria Labrie, avec laquelle il aura douze enfants[4].

Il est invité, par les Dr Stevenson et Dr Ahearn, à séjourner à l’hôpital Jeffrey Hale, à Québec, pour parfaire ses connaissances[1] en médecine.

À Godbout, où il meurt le 17 novembre 1923, un monument, dont il existe aussi une copie identique dans l'arrondissement Charlesbourg de la Ville de Québec, est dédié à sa mémoire en 1927 et sur lequel on peut lire : « Humble enfant du Nord, il sut, avec autorité, lire dans le grand livre de la nature tout en servant les siens et son pays ». Sa maison est appelée le « château Comeau »[3]. De plus, son nom a été donné à la ville de Baie-Comeau. En 1998, la Société canadienne des postes émet un timbre à l'occasion du 150e anniversaire de sa naissance[2].

Le naturaliste[modifier | modifier le code]

Stèle élevée en 1925 à l'emplacement de la résidence érigée par Napoléon-Alexandre Comeau à Godbout

À partir de 1882, Napoléon-Alexandre Comeau se lie avec les naturalistes Elliot Coues et Hart Merriam, de la Smithsonian Institution de Washington, D.C. N. A. Comeau leur remet une liste d'oiseaux dela Côte-Nord, qui est publiée dans le bulletin de Madison du Nutall Ornithology Club, en 1882, et dans la revue The Auk, en juillet 1884, et leur fournit même des spécimens d’oiseaux[4]. Il prend également de nombreuses photographies, pour la plupart malheureusement perdues à ce jour[1].

Cette même année 1882, il devient membre de l'American Ornithological Union de New York, avant d'aller chasser le bison au Wyoming en compagnie du baron Ernest de la Grange. Le 6 mars 1883, il prononce une conférence devant la Société de géographie du Québec, intitulée "La géographie physique de la partie nord de la province de Québec". La même année, il collabore à la prestigieuse revue américaine Forest and Stream[4].

En 1914, il collabore à une étude du gouvernement canadien sur la pêche dans l’Arctique et le potentiel touristique de la Baie d’Hudson. Cinq ans plus tard, il contribue à la fondation de la Société Provancher d'histoire naturelle du Canada[4].

Baie-Comeau[modifier | modifier le code]

La ville de Baie-Comeau prend son nom de Napoléon-Alexandre Comeau[5]. À Baie-Comeau, l'édifice d'un musée d'histoire est nommé en son honneur[6].

Publication[modifier | modifier le code]

  • « Life and sport on the North Shore of the lower St. Lawrence and Gulf: containing chapters on salmon fishing, trapping, the folklore of the Montagnais Indians and tales of adventure on the fringe of the Labrador Peninsula », 1908.
    • traduction française : « La vie et le sport sur la Côte-Nord », 1945, ré-édité en 1983.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Napoléon-Alexandre Comeau », grandquebec.com (consulté le 26 avril 2010)
  2. a, b, c et d « Napoléon-Alexandre Comeau », Remarquables Oubliés, Radio-Canada,‎ 25 septembre 2007 (consulté le 26 avril 2010)
  3. a, b, c et d « Napoléon Alexandre Comeau Le Géant de la Côte », Histoires oubliées, Les Productions Vic Pelletier inc. (consulté le 26 avril 2010)
  4. a, b, c, d et e Vicky Lapointe, « Ces gens qui ont marqué notre histoire : Napoléon-Alexandre Comeau », Patrimoine, Histoire et multimédia,‎ 8 août 2009 (consulté le 26 avril 2010)
  5. « Fiche descriptive - Baie-Comeau », Commission de toponymie du Québec (consulté le 26 avril 2010)
  6. « Maison du patrimoine Napoléon-Alexandre-Comeau », Ville de Baie-Comeau consulté le=26 avril 2010

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Réjean Beaudin, « Napoléon-Alexandre Comeau. Le héros légendaire de la Côte-Nord », Editions XYZ, collection Les grandes figures, Montréal, 16 février 2006 (ISBN 978-2-89261-459-6).
  • Victor-Alphonse Huard, « Labrador et Anticosti », C.-O. Beauchemin & Fils, Montréal, 1897.
  • Revue d’histoire de la Côte-Nord, no 25-26, 1997.
  • Pauline L. Boileau, « La Côte-Nord contre vents et marées », Septentrion.
  • Yves Thériault, « Roi de la Côte-Nord (La vie extraordinaire de Napoléon-Alexandre Comeau) », Éditions de l'homme, 1960.

Lien externe[modifier | modifier le code]