Nan (rivière)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

19° 23′ 08″ N 101° 06′ 07″ E / 19.3856, 101.102 ()

Nan
La Nan à Uttaradit, dans la province d'Uttaradit.
La Nan à Uttaradit, dans la province d'Uttaradit.
Caractéristiques
Longueur 627 km
Bassin 57 947 km2
Bassin collecteur Chao Phraya
Débit moyen ?
Régime pluvial tropical
Cours
Se jette dans Chao Phraya
Géographie
Pays traversés Drapeau de la Thaïlande Thaïlande

La Nan est une rivière de Thaïlande. C'est un des plus importants tributaires de la Chao Phraya, dans laquelle elle se jette à Nakhon Sawan, après 627 km de cours. Son bassin versant a une superficie de 57 947 km².

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte du Bassin de la Chao Phraya, avec ses principaux affluents.

Née dans la province de Nan, la Nan coule vers le Sud, longeant ou traversant la province d'Uttaradit, la province de Phitsanulok et la province de Phichit. Dans le district de Chum Saeng, dans la province de Nakhon Sawan elle reçoit les eaux de la Yom, puis rejoint la Ping à Pak Nam Pho, dans la ville de Nakhon Sawan : les deux rivières forment alors la Chao Phraya.

Confluent de la Ping et de la Nan

Affluents[modifier | modifier le code]

Le principal est la Yom, presque aussi longue qu'elle, qui la rejoint dans la province de Nakhon Sawan. D'autres affluents de son bassin inférieur sont la Butsabong et la Wang Pong. La Wat Ta Yom et la Wang Thong la rejoignent plus au nord, dans la province de Phichit, la Khwae Noi dans la province de Phitsanulok, la Tron et la Pat dans la province d'Uttaradit. La Wa, la Haet, la Yao et la Hao sont les affluents les plus proches de la source, dans la province de Nan.

Chutes d'eau[modifier | modifier le code]

Kaeng Luang est une cascade sur la Nan dans la province de Nan. [1]

Principales villes traversées[modifier | modifier le code]

D'amont en aval :

Drainage[modifier | modifier le code]

Grand bassin de la Nan[modifier | modifier le code]

Avec ses affluents, la Nan a un bassin versant de 57 947 km² (partie du bassin versant de la Chao Phraya)[2],[3] Les sols de la partie inférieure de ce bassin versant sont excellents pour l'agriculture.

Petit bassin de la Nan[modifier | modifier le code]

La plupart des hydrologues, cependant, divisent le grand bassin de la Nan en deux : celui de la Nan au sens strict et celui de la Yom. Si on retire les 23 616 km² du bassin de la Yom et de ses affluents, le bassin de la Nan ne représente plus que 34 331 km² dans les provinces de Phitsanulok, Phichit, Nan et Uttaradit[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Premières civilisations[modifier | modifier le code]

Le bassin de la Nan est occupé depuis une date très ancienne, comme le montrent des outils de l'âge de la pierre découverts près de Phitsanulok. Ces premiers chasseurs-cueilleurs ne sont pas les ancêtres des thaïs qui occupent aujourd'hui la région. La population du bassin de la Chao Phraya resta longtemps clairsemée[4].

L'établissement de populations plus importante est liée au début de la culture du riz au cours de l'âge du bronze, et se poursuivit au cours de l'âge du fer[4]. Les archéologues suspectent que des tribus de langue Môn-khmère s'établirent dans la région, où elles introduisirent la culture du riz, la métallurgie et la domestication. La principale voie migratoire à cette époque se trouvait probablement le long de la côte de Thaïlande, mais ces populations remontèrent aussi les fleuves, atteignant par la Chao Phraya le bassin de la Nan et d'autres zones où il était relativement facile de s'établir[4].

La vague de migration suivante vint au contraire des régions montagneuses du Nord de la Thaïlande : il s'agissait des Thaïs[4]. Ils provenaient probablement du sud du Fleuve bleu[4]. À mesure que les Hans se répandaient dans cette région (aux alentours du VIe siècle avant notre ère), les ancêtres des thaïs se replièrent dans les hautes vallées, et au cours des siècles migrèrent vers l'Ouest le long d'un arc allant du Guangxi jusqu'à la vallée du Brahmapoutre.

Les Thaïs apportèrent leur maîtrise de la culture du riz dans les régions montagneuses du Nord de la Thaïlande, puis dans le bassin de la Nan et les autres basses terres du pays[4]. Certains Môn-Khmers se replièrent dans les collines, tandis que les autres adoptaient la culture et les dialectes Tai-Kadai des nouveaux arrivants[4]. Le thaï parlé dans la région fut très influencé par la culture khmère, et évolua pour donner le thaï aujourd'hui majoritaire, qui diffère fortement des autres langues taïes[4].

Même après cette migration thaï, la population resta peu importante dans la bassin de la Nan[4]. Les prédateurs, la malaria, les températures tropicales et d'autres obstacles l'empêchèrent de se développer loin des rivières, en dépit de l'extrême fertilité des sols[4]. Elle s'urbanisa progressivement le long de la Nan. Les premières villes furent organisées sur le modèle d'Angkor, qui était déjà avancé au moment où le bassin de la Nan acquit une population permettant un développement urbain[4]. Une des premières zones urbaines émergeant durant l'Empire khmer fut Song Khwae, qui devint la ville moderne de Phitsanulok. En dépit de cette urbanisation, au tournant du XXe siècle, la plus grande partie du bassin était encore constituée de forêts primaires[4].

Maisons flottantes[modifier | modifier le code]

Maisons flottantes sur la Nan (vers 1910)
Maisons flottantes à Phitsanulok (2005)

Phitsanulok est la seule ville de Thaïlande où les maisons flottantes sont légales, et elles ont toujours joué un rôle important dans la culture locale. Certains habitants y mènent encore une vie traditionnelle sur des bateaux et radeaux d'habitation le long des berges de la Nan[5]. Il existe même une maison-musée flottante, qui permet aux touristes de découvrir directement cet aspect de la culture de la Nan.

Barrage Naresuan[modifier | modifier le code]

Le barrage Naresuan, nommé d'après le roi Naresuan (r. 1590-1605), fut construit sur la Nan entre 1976 et 1985 dans la province de Phitsanulok, au nord de la ville de Phitsanulok : c'est un élément du Projet d'Irrigation de Phitsanulok[6].

Pollution[modifier | modifier le code]

La qualité des eaux de la Nan souffre d'importantes contaminations bactériennes, attribuées principalement au développement rapide des villes des provinces de Phitsanulok, Phichit, Nan et Uttaradit[2].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lonely Planet Thailand, Vietnam, Laos & Cambodia Road Atlas
  2. a et b River and Watershed Facts on the Chao Phraya
  3. a et b Basins in Thailand
  4. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l A History of Thailand, ISBN 978-0-521-01647-6
  5. Phitsanulok on ThaiWebsites.com
  6. Phitsanulok Irrigation Project