Níkos Beloyánnis

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Statue de Níkos Beloyánnis, à Berlin

Níkos Beloyánnis (grec moderne : Νίκος Μπελογιάννης) était un chef de la résistance grecque pendant la Seconde Guerre mondiale et cadre dirigeant du Parti communiste grec.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est né à Amaliada (Péloponnèse) en 1915. Il est issu d'une famille aisée et étudie le droit à Athènes. Dans les années 1930, il est arrêté et incarcéré à la prison Akronauplia (Nauplie) par le régime de Métaxas. Il reste entre les mains des Allemands après l'occupation nazie du pays (1941). Il s'évade en 1943 et rejoint Armée populaire de libération nationale (ELAS) dans le Péloponnèse avec Áris Velouchiótis. Il devient commissaire politique de l'Armée démocratique de Grèce (DSE) au cours de la Guerre civile grecque ; il est un des derniers à quitter le pays en 1949 après la défaite des communistes.

En juin 1950, Beloyánnis retourne en Grèce afin de réorganiser le Parti communiste (KKE) déclaré illégal. Il est arrêté le 20 décembre 1950 et accusé de transmettre des informations à l'Union soviétique.

Le procès, qui concerne 94 accusés, débute à Athènes le 19 octobre 1951. L'un des trois membres de la cour martiale est Geórgios Papadópoulos, qui devint plus tard le chef de la dictature militaire de 1967-1974.

Beloyánnis nie toutes les accusations et insiste sur le caractère patriotique de ses actions pendant la résistance anti-nazie (1941-1944), l'intervention britannique (1944-1946) et la guerre civile grecque (1946-1949).

En dépit des appels nationaux et internationaux à la clémence, la cour martiale le condamne à mort le 16 novembre ainsi qu'onze de ses camarades. Quatre d'entre eux, dont Beloyánnis, sont exécutés le 30 mars 1952 dans le camp de Goudi ; les autres condamnés voient leur peine commuée en prison à vie. Ils sont libérés au milieu des années 1960.

Beloyánnis est devenu un héros de la résistance grecque, et une victime symbolique de la guerre froide. Son nom a été donné au village de Beloiannisz, construit en Hongrie pour héberger les réfugiés politiques grecs qui vivaient en exil depuis la fin de la guerre civile (1949) jusqu'au rétablissement de la démocratie en Grèce (1974).

Références[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]