Néris-les-Bains

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Néris-les-Bains
Les Thermes de Néris-les-Bains
Les Thermes de Néris-les-Bains
Blason de Néris-les-Bains
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne
Département Allier
Arrondissement Montluçon
Canton Montluçon-Sud
Intercommunalité Communauté de communes de Commentry - Néris-les-Bains
Maire
Mandat
Alain Chapy
2014-2020
Code postal 03310
Code commune 03195
Démographie
Gentilé Nérisien(ne)(s)
Population
municipale
2 628 hab. (2011)
Densité 79 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 17′ 19″ N 2° 39′ 44″ E / 46.2886111111, 2.6622222222246° 17′ 19″ Nord 2° 39′ 44″ Est / 46.2886111111, 2.66222222222  
Altitude Min. 230 m – Max. 441 m
Superficie 33,13 km2
Localisation

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Liens
Site web site officiel mairie

Néris-les-Bains est une commune française, située dans le département de l'Allier en région Auvergne.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Néris vient du nom du dieu gaulois Nérios, divinité personnifiant la source thermale (latinisé en Nérius).

Géographie[modifier | modifier le code]

À 8 kilomètres au sud-est de Montluçon, la commune se situe sur la départementale 2144, qui relie Clermont-Ferrand à Bourges par Montluçon et qui reprend le tracé de l'ancienne voie romaine.

À 352 mètres d'altitude, la ville se situe sur les premiers contreforts du Massif central et plus particulièrement du plateau des Combrailles (ou Combraille).

Histoire[modifier | modifier le code]

L'époque gauloise : Neriomagos[modifier | modifier le code]

À cette époque, Néris s'appelle Neriomagos (nom qui vient du nom du dieu Nerios, divinité personnifiant la source thermale). C'est alors une bourgade au commerce florissant, au carrefour de deux axes de passage.

La colonisation romaine : Aquae Nerii[modifier | modifier le code]

Nerios est latinisé en Nerius, Neriomagos devient Aquae Nerii (les eaux de Nérius). Les eaux sont utilisées à dessein thérapeutique et deux établissements thermaux luxueux sont créés. De nombreux monuments sont construits : temples, thermes, villas... La 8e légion Augusta y est stationnée vers la fin du Ier siècle et un théâtre-amphithéâtre est construit pour offrir aux soldats et aux habitants jeux du cirque et représentations théâtrales. Il reste de nombreux vestiges de cet âge d'or.

Invasions germaniques et époque mérovingienne[modifier | modifier le code]

Vers 275 après Jésus-Christ, les invasions germaniques détruisent une partie de la ville et la population s'enfuit, laissant des trésors monétaires non récupérés. Au IVe siècle, les thermes et les habitations sont en partie réaménagés et occupés à nouveau.

Une seconde vague d'invasions détruit à nouveau la ville, dont les ruines sont utilisées comme carrière de pierres par la population mérovingienne. Des blocs de pierre appartenant aux bâtiments publics sont ainsi utilisés pour les sarcophages maintenant exposés sous la pyramide de la place de l'Église.

L'évangélisation et l'époque carolingienne[modifier | modifier le code]

Saint Patrocle évangélise Néris au VIe siècle et y construit une église et un couvent. L'église romane actuelle date du XIe ou XIIe siècle et est construite au même endroit que la basilique primitive du VIe siècle, elle-même érigée sur les ruines d'un monument romain.

Le roi carolingien Pépin Ier d’Aquitaine, le petit-fils de Charlemagne, séjourne à Néris en 835 et 838.

Le XVIe siècle[modifier | modifier le code]

La renommée des thermes de Néris grandit. Rabelais les évoque dans Pantagruel (ce qui vaut au collège de Néris le nom de collège François-Rabelais), et Nicolas de Nicolay, géographe du roi Charles IX de France, cite les "Baings de Nérys" en 1569.

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Le nouvel âge d'or de Néris commence quand la dauphine, duchesse d'Angoulême, pose la première pierre du nouvel établissement thermal. Les hôtels, le casino et le théâtre sont construits.

Parmi les curistes célèbres, on trouve : Chateaubriand[1], Musset, Lamartine, l'impératrice Eugénie

À cette époque, l'on commence aussi des fouilles archéologiques qui permettent de découvrir l'infrastructure de l'Aquae Nerii romaine.

La vie mondaine bat son plein, des fêtes grandioses sont organisées.

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

Néris devient « ville hôpital » lors de la Première Guerre mondiale, on y soigne les blessés de guerre.

À la fin de la guerre, les thermes sont à nouveau florissants. En 1930, la ligne de chemin de fer de Montluçon à Gouttières via Néris entre en service, avec la gare aux pierres de grès rose et au toit multicolore, œuvre de Louis Brachet[2]. La bourgeoisie et les milieux politiques fréquentent les thermes : la famille Poincaré, Léon Blum

La Seconde Guerre mondiale ainsi que les avancées sociales qui l'ont précédée (sécurité sociale et congés payés) donnent à la ville un nouveau visage et une nouvelle clientèle.

Les thermes se sont modernisés et la ville s'est dotée d'un golf, d'un musée archéologique et d'une piscine. Elle s'ouvre de plus en plus au tourisme de santé et met en valeur son patrimoine.

Le XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Le succès du casino et des thermes de Néris lui permettent d'investir : création d'une salle socio-culturelle près de la gare, d'un gymnase…

Néris-les-Bains est jumelée avec la ville de Wadersloh, en Allemagne (Rhénanie-du-Nord-Westphalie).

Héraldique[modifier | modifier le code]

blason

Les armes de la commune se blasonnent ainsi :

De gueules à la fontaine d’or jaillissant d’argent, à l’intérieur d’un portique aussi d’or.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 2014 Jean-Claude De Pin    
2014 en cours
(au 27 septembre 2014)
Alain Chapy[3]   Retraité cadre de banque

Démographie[modifier | modifier le code]

Les habitants de la communes sont appelés des Nérisiens ou Nérisiennes[4].


En 2011, la commune comptait 2 628 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 132 1 152 1 071 1 097 1 392 1 379 1 432 1 760 1 769
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 933 2 000 2 180 2 080 2 190 2 383 2 803 2 588 2 723
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 821 3 067 3 075 3 070 3 276 3 377 3 444 4 344 4 595
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011
2 997 2 917 2 836 2 924 2 831 2 708 2 726 2 728 2 628
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2004[6].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église Saint-Georges où on voit un vestige de mur romain du Haut-Empire (basilique ?) dans le mur gouttereau nord et en façade.
  • Église Saint-Georges des XIe siècle et XIIe siècle, Classée Monument historique en 1923.
  • Nécropole mérovingienne sous les pyramides (place de l'Église).
  • Piscine romaine.
  • Villa gallo-romaine de Cheberne.
  • Gare de Néris-les-Bains, devenue le Pavillon du Lac, classée monument historique depuis 1975[7].
  • Musée de la civilisation gallo-romaine. Ouvert en 1995 et installé dans la Maison du Patrimoine, maison du XVe siècle située derrière l'église, le musée expose les objets antiques découverts sur le site : fragments d'architecture, inscriptions latines, statuettes, céramique gallo-romaine, verrerie, bronzes, etc.
  • Monument aux morts de la Grande Guerre, sculpté par Raymonde Martin, née et morte à Marseille (1887-1977). Les deux bas-reliefs de marbre ont pour titre L'Hommage et La Douleur[8].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Pierre Miquel, historien (1930-2007), a vécu à Néris-les-Bains.
  • Louis Moulinet, syndicaliste, député socialiste de 1981 à 1988 (1925-2006), a passé une partie de son enfance et toute son adolescence à Néris-les-Bains.
  • Maurice Prou, historien (1861-1930), membre de l'Institut, décédé à Néris-les-Bains où il était en cure. Il avait travaillé sur Néris (fouilles en 1921 ; classement des monnaies conservées au musée ; publication de L’Église de Néris en 1922, en collaboration avec F. Deshoulières)[9].
  • Roland Bourdin né à Néris-le-Bains le 15 octobre 1922 (décédé le 3 septembre 2005 à Aire-sur-Adour), homme de Théâtre.
  • Lise Bourdin née à Néris-les-Bains le 30 novembre 1925, actrice de cinéma.
  • Marcel Flichy, né à Néris-les-Bains le 8 janvier 1915 (décédé en septembre 1990 à Meudon), contre-amiral, grand-officier de la Légion d'honneur, a été le dernier commandant de la marine à voile en baie d'Halong en 1946. Il a commandé la Capricieuse, le Forbin, puis le croiseur de Grasse. Il fait partie du dernier état-major particulier du général de Gaulle, président de la République, et a été le dernier commandant supérieur interarmes de l'Afrique de l'Ouest et commandant supérieur de l'Atlantique Sud.

Anecdotes[modifier | modifier le code]

  • En 1902, le Conseil d'État rend un arrêt « Commune de Néris-les-Bains » dans lequel est précisé qu'en matière de police administrative générale, le maire peut suppléer à une décision du préfet en prenant des mesures « plus rigoureuses » (en l'espèce, relatives aux jeux d'argent).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Marie Gautier, « Chateaubriand aux eaux de Néris : 1841-1842 », Cahiers Chateaubriand, 1985, p. 25-30.
  2. Maurice Malleret, « compte rendu de la séance mensuelle du 11 mars 2006 : La voie ferrée Montluçon-Gouttières & la voie piétonne de Montluçon à Néris-les-Bains, conférence de Jacques Vigné » dans la La lettre des amis de Montluçon, société d'histoire et d'archéologie, numéro 106, 2006 p. 2 pdf (consulté le 6 août 2011).
  3. Liste des maires de l'Allier sur le site de l'association des maires et présidents de communautés de l'Allier, 8 avril 2014 (consulté le 27 septembre 2014).
  4. Habitants.fr, « Nom des habitants des communes françaises » (consulté le 5 décembre 2008)
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011
  7. Site culture.gouv.fr, base Mistral : fiche 00093244 lire (consulté le 6 août 2011).
  8. Nadine-Josette Chaline (avec la collaboration de Daniel Moulinet), Gardiens de la mémoire. Les monuments aux morts de la Grande Guerre dans l'Allier, Yzeure, 2008. (ISBN 2-9518027-3-0)
  9. Georges Rougeron, Les Bourbonnais à l'Institut de France (An IV - 1965), Moulins, Imprimeries réunies,‎ 1966, pp. 29-30.


Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]