Néfertiti

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Néfertiti
X1
N35
N5
M17 F35 F35 F35 F35
 
F35 M18 X1
Z4
B1
Nfr-nfr.w-Jtn Nfr.t-jty
Belle est la beauté d'Aton, la belle est venue

Néfertiti (dont le nom signifie « la belle est venue » ou « la parfaite est arrivée ») est la grande épouse royale d'Akhenaton, l'un des derniers rois de la XVIIIe dynastie. Elle a vécu aux environs de 1370 à 1333/34 av. J.-C.

Sa beauté est légendaire, et il est certain qu’elle a exercé un rôle politique et religieux important pendant la période amarnienne. En effet, lorsqu'une équipe d'archéologues américains entreprit récemment la reconstitution virtuelle des parois du temple d'Aton à Karnak à partir de talatates — un gigantesque puzzle de plus de six mille blocs en grès retirés du IXe pylône —, elle a eu la surprise de constater que les représentations de Néfertiti étaient plus nombreuses que celles d’Akhenaton, son royal époux. Ailleurs, la reine est figurée dans la pose traditionnelle de pharaon châtiant les ennemis de l'Égypte, ou officiant aux côtés du roi devant leur dieu Aton. D’autres reliefs montrent le couple royal et les petites princesses dans leur intimité familiale. Toutes ces scènes sont la preuve que la reine exerçait un pouvoir considérable, l'art officiel n’ayant jamais montré auparavant de scènes similaires.

Il n'est pas établi que Néfertiti ait survécu à Akhenaton. Certains égyptologues ont conjecturé cependant qu’à la fin du règne, elle aurait été corégente d’Akhenaton sous le nom de Smenkhkarê, dont on pense en général qu'il s’agit d’un jeune frère d'Akhenaton.

Néfertiti

Généalogie[modifier | modifier le code]

Akhenaton et Néfertiti, musée du Louvre
Corps de femme, sans doute Néfertiti, musée du Louvre
Néfertiti
Naissance vers 1370 av. J.-C. Décès vers 1334/33 av. J.-C.
Père Aÿ ou Amenhotep III (incertain) Grands-parents paternels
Grand-père paternel inconnu
Grand-mère paternelle inconnue
Mère Tiyi ou Tiyi (incertain) Grands-parents maternels
Grand-père maternel inconnu
Grand-mère maternelle inconnue
Fratrie Moutnedjemet
Nakhtmin (incertain)
1re épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
2e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
3e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
4e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
5e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
6e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
7e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
8e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
Mari Amenhotep IV / Akhenaton Enfant(s) Mérytaton, L'Aimée d'Aton
Mâkhétaton, La Protégée d'Aton
Ânkhésenpaaton, Elle vit pour Aton
Néfernéferouaton Tasherit, Parfaite est la beauté d'Aton
Néfernéferourê, Parfaite est la beauté de Rê
Sétepenrê, L'Élue de Rê
2e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
3e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
4e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu

L'origine de Néfertiti est incertaine. Elle pourrait être la fille d’un grand dignitaire, le futur pharaon Aÿ (frère de Tiyi Ire)[1], ou bien une fille d’Amenhotep III mais Néfertiti ne revendique nulle part le titre de fille de pharaon (ce qu'était Amenhotep III lorsqu'elle naît vers -1370), aussi est-elle est probablement une fille d'une branche parallèle au pharaon, plus précisément une nièce de Tiyi Ire, épouse d'Amenhotep III : l'hypothèse la plus couramment admise est que sa mère, épouse d'Aÿ, est morte peu de temps après sa naissance et qu'elle a été élevée à Akhmîm par une nourrice, Tiyi II, la nouvelle épouse d'Aÿ[2].
Une autre hypothèse[3] veut qu’elle soit la princesse Tadukhipa[4] que le roi de Mitanni Toushratta envoya à son frère et beau-fils Amenhotep III [5], le nom égyptien de Néfertiti, La Belle est venue ou « la Parfaite est arrivée », semblant indiquer une origine étrangère. Cette hypothèse est peu convaincante[6] : il a en effet été établi que Néfertiti n'est pas une princesse du Mitanni. Néfertiti, contrairement à ce qu'on a pu croire est un prénom bien égyptien comme le souligne l'égyptologue Jean Yoyotte qui rappelle que c'est l'une des appellations de la déesse Hathor. Aucun document ne permet d'affirmer qu'elle venait de l'étranger. La signification de son nom a brouillé les pistes. En fait, nous savons très peu de choses sur cette reine[7].

La date de son mariage et de sa montée sur le trône ne sont pas connues avec certitude, comme c’est le cas pour beaucoup d’autres données de cette époque.

Les dernières études ont révélé que Toutânkhamon n'était pas son fils comme on pouvait le croire jusqu'à présent, mais le fils d'Akhenaton et de sa propre sœur et épouse secondaire[8], baptisée Younger Lady par les égyptologues qui hésitent sur son identité et ont répertorié la momie KV35YL[9].

La disparition de la reine[modifier | modifier le code]

En l’an treize (ou quatorze) du règne d’Akhenaton (vers -1336), Mérytaton remplaça sa mère comme grande épouse royale dans les cérémonies officielles, et, à partir de l’an quatorze, Néfertiti disparut de l’iconographie amarnienne. Sur quelques reliefs, son nom et son visage furent même martelés et remplacés par ceux de Mérytaton. Il n’est pas impossible qu’elle soit déjà décédée à cette date, d’après une hypothèse, de mort violente. Certains spécialistes avaient un moment avancé une possible disgrâce, elle aurait été évincée par une rivale, Kiya, une autre épouse du roi. On sait aujourd'hui que c'est l'inverse qui s'est produit. Les raisons véritables de cette disparition subite nous échappent encore. Pour compliquer cette énigme des sceaux de jarre à vin avec son nom qui porteraient comme indication : « l'an I de Néfertiti » ont été retrouvés dans le palais nord d'Akhetaton (l'actuelle Tell el-Amarna), ce qui signifie peut-être qu'elle y vécut à la fin du règne de son époux voire qu'elle régna après lui.

Tête de Néfertiti, Altes Museum, Berlin.

La disparition de Néfertiti coïncide avec l'apparition d'un nouveau personnage nommé au titre de corégent au nom de Ânkh-Khéperourê Néfernéférouaton. Plusieurs chatons de bague inscrits, trouvés par Sir William Matthew Flinders Petrie à Amarna, montrent que ce nouveau personnage est une femme puisque la forme attestée est Ânkh(t)Khéperourê[10]. Manéthon, dans sa liste royale, évoque une « femme roi » à la fin de la XVIIIe dynastie qu'il nomme Acenchêrês (ou Akenkheres ou Achencherês) qui serait une mauvaise transcription d'Ânkh-Khéperourê. Ici encore, nous en sommes réduits à des conjectures. C'est sur ce postulat que des spécialistes y ont vu la certitude qu'il s'agissait de Néfertiti. Cependant l'identité de cette Ânkh(t)Khéperourê a été très discutée.

Après le court règne du successeur d'Akhenaton, c'est un jeune garçon d’une dizaine d'années qui monte sur le trône, dont elle n'est pas la mère, Toutânkhaton, époux de la princesse royale Ânkhésenpaaton. Une nouvelle hypothèse, qui est toutefois du domaine de l'histoire-fiction, car aucun document ne l'étaye : Néfertiti, encore en vie, mais officiellement retirée des affaires publiques, aurait gouverné dans l'ombre, étant donné le jeune âge du nouveau roi. Cette influence — et probablement sa propre vie — se seraient alors achevées pendant la troisième année de règne de Toutânkhamon, en -1331. C'est en cette année en effet que Toutânkhaton adopte le nom de Toutânkhamon, reniant le culte monothéiste d’Akhenaton et marquant officiellement son soutien au dieu thébain Amon. En même temps, la famille royale abandonne Akhetaton, la ville d’Aton, et revient à Thèbes.

Qu’on ait identifié Néfertiti à la princesse mitannienne Tadukhipa (idée abandonnée aujourd'hui), à Smenkhkarê ou même à Kiya, qu’elle soit morte pendant le règne d’Akhenaton ou qu’elle ait survécu à son royal époux, voire être la « femme roi » qui lui a succédé : aucune de ces hypothèses n'est attestée à ce jour. Seule, pour l'instant, la version proposée par Marc Gabolde, remporte un grand nombre d'approbations de la part des égyptologues. Il propose que Néfertiti meure avant Akhenaton et que ce soit Mérytaton qui succède à son père.

Buste[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Buste de Néfertiti.
Portrait de la reine Néfertiti au Neues Museum de Berlin

Un buste la représentant l'a rendue célèbre. Il est conservé au Neues Museum à Berlin. Il s'agit d'une des œuvres de l'Égypte antique les plus copiées. On l'attribue au sculpteur Thoutmôsis, et on pense que le lieu de sa découverte était l'atelier du sculpteur. Le buste donne une idée de la manière dont les anciens Égyptiens restituaient les proportions du visage humain.

En 2009, l'historien d'art suisse Henri Stierlin soutient que le buste de Berlin est une copie datant de 1912[11],[12],[13]. Le conservateur du musée égyptien de Berlin Dietrich Wildung ainsi que plusieurs égyptologues réfutent cette thèse et affirment l'authenticité du buste. Sous réserve d'une preuve matérielle qui fait défaut, le débat n'est pas clos.

La momie de Néfertiti[modifier | modifier le code]

Le 9 juin 2003, l'archéologue anglaise Joann Fletcher, professeur à l'Université de York, annonça qu’une des momies découvertes en 1898 dans la tombe KV35 de la vallée des rois, mais non encore identifiée, serait celle de la reine.

La momie était en si mauvais état que, d’après Joann Fletcher, elle avait probablement été saccagée peu après la momification. La technique utilisée serait celle employée par les embaumeurs de la XVIIIe dynastie. La position du corps indiquerait un personnage royal.

Le 12 juin, soit trois jours plus tard, Zahi Hawass, directeur de l'ESCA (Egypt's Supreme Council for Antiquities, Conseil suprême des Antiquités égyptiennes), mit en avant l’absence de preuves étayant cette hypothèse, et démentait publiquement que cette momie fût celle de Néfertiti[14].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Essais

Culture[modifier | modifier le code]

Littérature de fiction[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Hymne à Aton.
  2. (en) Aidan Dodson & Dyan Hilton, The Complete Royal Families of Ancient Egypt, Thames & Hudson,‎ 2004 (ISBN 0-500-05128-3), p. 145-147
  3. (en) Joyce Tyldesley, Nefertiti : Egypt's Sun Queen, Penguin,‎ 1998 (ISBN 0-670-86998-8)
  4. Princesse mitannienne du harem d'Amenhotep III, mais très probablement d'ascendance égyptienne d'après Christiane Desroches Noblecourt, La femme au temps des pharaons, 1986, Éditions Stock, p. 62 ; cf. aussi Carl Nicholas Reeves, Echnaton, 2002, Éditions Philipp von Zabern, p. 102
  5. Lettres d’Amarna.
  6. (en) Cyril Aldred, « The End of the El-'Amārna Period », The Journal of Egyptian Archaeology, vol. 43,‎ 1957, p. 30-41
  7. Article sur Néfertiti de Jean Yoyotte dans le Dictionnaire de la civilisation égyptienne, éditions Fernand Hazan, 1959
  8. D'après Alain-Pierre Zivie, Fouilles à Saqqarah dans la falaise dite du Bubasteion.
  9. Analyses génétiques Toutânkhamon est le fruit d'un inceste
  10. Le t est la marque du féminin.
  11. « Le célèbre buste de Néfertiti est un faux, affirme un historien de l'art »
  12. Henri Stierlin, Le buste de Néfertiti - Une imposture de l'égyptologie ?, édition Infolio, 2009.
  13. « Le faux buste de Néfertiti »
  14. Voir « La grâce solaire de Néfertiti », p. 16 in : Sciences et Avenir Hors série no 157, Reines d'Égypte, un pouvoir méconnu.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]