Myofasciite à macrophages

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

La myofasciite à macrophages (MFM, en anglais MMF) est une maladie rare identifiée en 1993 par Michelle Coquet, neuropathologiste à Bordeaux[1], caractérisée par de microscopiques lésions présentes dans des biopsies de muscle qui montrent une infiltration des macrophages dans le tissu musculaire.
Les causes spécifiques de la MFM sont inconnues, mais la maladie est le plus souvent associée à la persistance pathologique de sels d'aluminium (hydroxyde d'aluminium, phosphate d'aluminium, sulfate d'aluminium[2]) utilisés dans certains vaccins[3].
Les symptômes cliniques comprennent des douleurs musculaires et articulaires, une importante faiblesse musculaire, une fatigue chronique, une fièvre modérée, des perturbations digestives chroniques, des neurotransmissions défectueuses (yeux, toucher, oreilles, etc.) et des troubles neuro-cognitifs. La maladie est dégénérative.

Éléments de définition[modifier | modifier le code]

La myofasciite à macrophages (MFM) est décrite pour la première fois en août 1998 dans le journal The Lancet[4].

Pour le Comité consultatif mondial sur la sécurité des vaccins de l'OMS (GACVS, de l'anglais : Global Advisory Committee on Vaccine Safety[5]), la MFM se caractérise par une « infiltration centripète de l’épimysium, du périmysium et de l’endomysium périfasciculaire par des cellules négatives à la réaction acide periodique de Schiff (PAS) appartenant à la lignée macrophagique et porteuses d’inclusions cristallines osmiophiles »[6],[7], avec « absence de nécrose (des cellules épithélioïdes et géantes) et de figures de mitose, et des lésions à peine visibles au niveau des fibres »[6]. En 2004, l'OMS reconnait toutefois la présence d'une « nécrose musculaire microscopique » autour des inclusions d'aluminium[8].
Le diagnostic peut être confirmé par une biopsie du muscle concerné par l'injection du vaccin (généralement le deltoïde en France) qui la met en évidence[8].
Cette maladie touche essentiellement l'adulte, mais plusieurs cas en ont été décelés chez de jeunes enfants (confirmés par biopsie du quadriceps)[8]. L'une des études a porté sur six cas, où cinq des six familles étaient consanguines[9]. Un cas « familial» a également été étudié (une femme de 45 ans au moment du diagnostic et sa fille de 11 ans)[10]. Ces deux dernières études ont permis d'évoquer la piste d'une sensibilité d'origine génétique et/ou d'éventuels facteurs environnementaux[10].

Inclusions dans les macrophages[modifier | modifier le code]

Les inclusions (en) dans les macrophages sont constituées de sels d'aluminium ; ceci a été montré par des études via microsonde nucléaire, microanalyse aux rayons X et spectrométrie d'absorption atomique. Ces sels étant de fréquents adjuvants vaccinaux directement injectés dans les muscles où apparaissent généralement la douleur initiale, il a été supposé que la MFM puisse être une réaction allergique inhabituelle à l'aluminium des vaccins utilisés en injection intramusculaire.

Controverse sur le statut de cette affection[modifier | modifier le code]

À la fin des années 1990, l'existence d'une lésion histologique de myofasciite était bien établie, mais la notion de « maladie » associée à cette lésion demeurait controversée, notamment parce que ce syndrome n'a d'abord été décrit épidémiologiquement qu'en France (« à quelques exceptions près » remarquait le Comité consultatif mondial sur la sécurité des vaccins de l'OMS en 1999[réf. souhaitée]), alors que le mode très « internationalisé » de préparation des vaccins rend peu probable une anomalie pharmaceutique qui se limiterait à un seul pays[6].

Parmi les hypothèse discutées en 1999 par ce comité :

  • il pourrait peut-être exister « un groupe de sujets chez lesquels l’élimination de l’aluminium présent dans le deltoïde se ferait difficilement[6] » ;
  • une dysfonction des macrophages (génétique ou acquise) pourrait être en jeu[6] ;
  • ce phénomène pourrait être « la queue de la distribution normale qui décrit la cinétique d’élimination de l’aluminium et la réponse tissulaire locale à cet élément dans la population générale[6] » ;
  • d'autres estimaient qu'il pourrait ne s'agir que d'une lésion réactionnelle locale à l'aluminium, sans conséquence à distance et donc sans expression clinique, car cette lésion n'est pas retrouvée[réf. nécessaire] ailleurs qu'au point d'injection, tandis que les symptômes rapportés sont divers et peu spécifiques, voisins de ceux observés dans d'autres entités cliniques telles que la fibromyalgie ou le syndrome de fatigue chronique ;
  • l'augmentation de la fréquence de ce syndrome en France pourrait être expliquée par le fait que dans ce pays, « la voie intramusculaire étant désormais préférée à la voie sous-cutanée[6] », ou par l'apparition du vaccin contre l'hépatite B dans « une population d’adultes neufs chez lesquels la réaction inflammatoire locale est vraisemblablement plus forte qu’après des vaccinations de rappel[6] » et/ou par un meilleur dépistage en France depuis 1998, notamment parce que c'est en France que le problème a d'abord été décrit ;
  • des indices d'associations avec une affection auto-immune concomitante existent. l'OMS a en 1999 vivement recommandé d’« entreprendre des recherches sur une association éventuelle avec une maladie auto-immune[6]. »

Après une étude épidémiologique, le conseil de l'AFSSAPS[11] a ainsi conclu en 2004 qu'en l'état actuel des connaissances, aucun syndrome clinique spécifique n'est retrouvé associé à la vaccination avec des vaccins contenant des adjuvants aluminiques.
Cette étude entamée en 2002 a comparé des cas témoins (ayant une biopsie musculaire ne révélant pas de MFM) et des patients ayant une MFM, selon le site de la biopsie, le sexe, l’âge et le délai entre la vaccination et la biopsie, pour chercher une éventuelle association entre MFM et syndrome clinique spécifique[8]. Une probabilité d’avoir reçu des vaccins contenant de l’hydroxyde d’aluminium comme adjuvant était effectivement plus élevée chez les patients touchés par la MFM, qui présentaient aussi plus de signes de fatigue et de signes fonctionnels apparentés que les cas-témoin (avec fatigue plus fréquente en début de la maladie ; c'est elle qui souvent a conduit à la biopsie musculaire),mais les myalgies et arthralgies n'étaient pas toujours associées aux MFM[8]. On n'a pas observé d'autre différence des symptômes et des facteurs de risque spécifique aux patients atteints de MFM[8]. Selon le Comité consultatif de l'OMS pour la sécurité des vaccins (GACVS), cette étude ne laisse pas penser que la persistance de macrophages contenant de l’aluminium au site d’injection d’une vaccination antérieure puisse être liée à des symptômes cliniques ou une maladie spécifique[8].

Selon le GACVS, le fait que ce syndrome soit principalement observé en France, pourrait être dû au fait qu'on pratique dans ce pays des biopsies du deltoïde alors que dans beaucoup d’autres pays d'autres muscle sont plus volontiers choisis[6] et être aussi expliqué par « la très large promotion de la vaccination anti-hépatite B chez l’adulte[8]. »

Liens avec le syndrome de fatigue chronique ?[modifier | modifier le code]

Ce syndrome de fatigue chronique, « gravement invalidant[12] », comme la MFM peut aussi être l'un des effets indésirables de vaccins contenant de l'aluminium comme adjuvant. L'étiologie de ces deux maladies est encore mal connue, mais caractérisée dans les deux cas par une « réponse immunitaire aberrante » et d'autres symptômes importants et communs chez une grande partie des personnes qui en sont victimes[12].

Une fatigue chronique peut être associée à la myofasciite à macrophages, peut-être liée à une surcharge individuelle en aluminium.
En 2009, une étude notamment portée en France par le centre de référence des maladies neuromusculaires (INSERM)[13] a pour la première fois considéré que l'aluminium contribuait quantitativement à la gravité de ces affections, en élucidant un mécanisme possible entre des adjuvants contenant de l'aluminium injectés et le déclenchement d'une cascade d'événements immunologiques habituellement associés aux maladies auto-immunes et également trouvée dans le syndrome de fatigue chronique et les myofasciites à macrophages[12]

Histoire[modifier | modifier le code]

La découverte de la myofasciite à macrophages (MFM) s’est faite en plusieurs étapes à partir de 1993, autour en France du travail du Groupe Nerf-Muscle du Département de Pathologie de Hôpital Henri Mondor de Créteil, et le Groupe d’études et de recherche sur les maladies musculaires acquises et dysimmunitaires (GERMMAD) de l’Association française contre les myopathies.
Sa définition histologique date de 1998[14].

  • Elle a d'abord été considérée comme une maladie infectieuse,
  • Ensuite, la mise en évidence d’aluminium dans les biopsies musculaires a orienté la recherche vers les vaccins à adjuvant aluminique, les données alors disponibles évoquant un syndrome pouvant éventuellement être lié à la persistance d'hydroxyde d'aluminium dans le système immunitaire.
  • La définition de la maladie date de 2003[14] : c'est celle d'une maladie se manifestant chez l'adulte par « des douleurs musculoarticulaires et une fatigue chroniques, parfois associée à une maladie auto-immune. Il est maintenant établi que la lésion de MFM témoigne de la persistance chronique au sein des cellules présentatrices d'antigènes, au lieu d'injection musculaire, de l'hydroxyde d'aluminium utilisé comme adjuvant immunitaire Th2 dans les vaccins contre l'hépatite B, l'hépatite A, et le tétanos. L'association de ces lésions focales, immunologiquement actives, et du syndrome systémique arthromyalgie/fatigue chronique est actuellement évaluée par une étude épidémiologique conduite par l'AFFSSAPS. Ce syndrome présente de fortes analogies avec les syndromes de fatigue chronique post-viraux et idiopathiques, ainsi qu'avec le syndrome de la guerre du Golfe persique dont l'origine vaccinale est actuellement fortement suspectée »[14].
  • la possibilité qu'il s'agisse d'un « trouble plurifonctionnel », dont le mécanisme entier serait encore mal compris est étudiée.
  • L'OMS crée un Comité consultatif de l'OMS pour la sécurité des vaccins, qui rencontre en 1999 des représentants du GERMMAD, des experts en matière de maladies neuromusculaires ou des adjuvants aluminiques, du Secrétariat d’État français à la santé et à l’action sociale, de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé ainsi que des représentants de l’industrie[6].
    Sur la base des « faits » qui lui ont été soumis, ce comité a reconnu « l’existence d’une entité histopathologique distincte appelée myofasciite à macrophages, caractérisée d’une part par la présence, dans le deltoïde, d’amas denses, persistants et localisés, de macrophages positifs au PAS accompagnés d’inclusions cristallines osmiophiles d’aluminium, et d’autre part par une réaction inflammatoire chronique focale »[6], en précisant qu'il « existe, à l’appui de ces observations, des données faisant état de lésions passagères comparables chez des animaux de laboratoire après injection intramusculaire de vaccins contenant de l’aluminium »[6], mais en posant trois questions à résoudre:
  1. la MMF est-elle uniquement attribuable à des vaccins contenant de l’hydroxyde d’aluminium (ou d'ailleurs à ceux contenant du phosphate d’aluminium)[6] ?
  2. un antigène vaccinal existe-t-il dans le muscle lésé N[6] ;
  3. les biopsies du deltoïde ont-elles été pratiquées au point d’injection ? (« encore qu’il soit probable que tel ait été le cas la plupart du temps étant donné que la pratique recommandée consiste à vacciner et à effectuer les biopsies sur le bras non dominant »)[6]. Remarque : les biopsies musculaires étant rarement pratiquées, hormis chez les malades présentant des symptômes de myopathie, la comparaison avec la population en bonne santé était dans les années 1990 impossible[6].
  • La piste des vaccins aluminiques a ensuite été écartée par certaines autorités sanitaires nationales alors que le Comité consultatif mondial sur la sécurité des vaccins de l'OMS[15] invitait néanmoins à poursuivre la recherche et à élargir le nombre d'échantillons et la population épidémiologiquement étudiée pour « établir s’il existe une association entre des lésions MMF locales et tout symptôme ou affection générale », concluant en 1999 qu'au vu des « limites des connaissances actuelles, la MMF ne se rattache pas à des pathologies telles que la myopathie inflammatoire, la dermatomyosite, la polymyosite, la myosite à inclusions et la fasciite à éosinophiles. Les données actuelles n’établissent ni n’excluent la possibilité d’une maladie générale affectant d’autres organes »[6] ; « Il existe de nombreux mécanismes immunitaires qui pourraient être à l’origine du passage d’une immunoréaction locale à une affection généralisée et la question doit être étudiée plus à fond »[6]. Le Comité estimait en 1999 ne pas disposer de données suffisantes pour remettre en cause l'aluminium dans les vaccins, tout en recommandant « vivement d’entreprendre des recherches afin d’évaluer les aspects cliniques, épidémiologiques, immunologiques et biologiques de cette pathologie »[6].
  • En mai 2001, une association de malades se constitue : Association d'« Entraide aux Malades de la Myofasciite à Macrophages » (E3M)
  • En 2002, une étude épidémiologique sur l'homme était en cours. Et des résultats préliminaires obtenus sur le modèle animal (singe et chez plusieurs souches de rat de laboratoire[16] montraient une persistance à long terme de l’aluminium et les modifications histopathologiques au point d’injection du vaccin avec une « très faible réaction inflammatoire locale, sans autres symptômes ou conséquences » selon le comité, de même pour les études comparant le taux de macrophages chez les sujets bien portants et chez des sujets touchés par des MMF. Le comité en 2002 estimait que les MMF pourraient être un simple marqueur de la vaccination avec persistance prolongée d’aluminium au point d’injection, sans conséquences remettant en cause l'adjuvant aluminium dans les vaccins[17].
  • En mai 2004, le comité estime que l' « agrégat macrophagique inflammatoire comportant des inclusions cristallines et accompagné d’une nécrose musculaire microscopique » observé dans les biopsies de certains patients vaccinés pourraient n'être « une sorte de « tatouage » laissée par la vaccination) », sans preuve de véritable affection ou maladie clinique[8]. L'OMS n'estime pas pouvoir reconnaitre l'existence d'un syndrome spécifique associé car à ce jour (2004) :
    • la prévalence de la MFM dans la population générale n’est pas encore connue[8] ;
    • les patients examinés ne l'ont pas été dans le cadre d'études épidémiologiques appariés à des témoins (condition permettant d'éliminer les principaux facteurs et risques de confusion ou de détecter d'autres explications possibles)[8] ;
    • on ignore si les patients qui n’avaient pas de MFM à la biopsie « et qui ont reçu antérieurement un vaccin aluminique sont porteurs de la lésion typique de la MFM à un autre endroit du muscle, celle-ci ayant échappé à la biopsie »[8] ;
    • on ignore toujours si la lésion est présente ou non chez les vaccinés ne présentant pas de signes de NFM et si elle signe ou non un dysfonctionnement des macrophages ou n'est que « l’extrémité de la distribution normale dans la population de l’élimination de l’aluminium et de la réponse tissulaire locale ».
  • En octobre 2011, l'Afssaps, via un rapport[18] sur l'« Évaluation du risque lié à l'utilisation de l'aluminium dans les produits cosmétiques » demande aux fabricants des déodorants et d'antiperspirants de diminuer la teneur de ces produits en composés d'aluminium (l'industrie des cosmétiques est susceptible d'utilise au moins 25 composés de l’aluminium, dont principalement le chlorohydrate d’aluminium comme antitranspirant[19]. L'aluminium provoque une rétraction des pores et a une action bactéricide) ou de le remplacer par des alternatives ; Selon l'Afssaps, 18 % des sels d’aluminium d'un déodorant traversent la peau blessée ou irritée (après rasage ou épilation par exemple). L'Agence demande qu'un avertissement figure sur les boites, et demande aux fabricants de ne pas dépasser 0,6 % du produit alors que certains déodorants contiennent jusqu'à plus de 20 % d'aluminium. En 2012, aucune de ces recommandations n'avait été suivie par les grands industriels de la cosmétique.
  • En mars 2012, les députés du « groupe d'étude sur la vaccination » formulent onze « recommandations » dont l'une est un moratoire sur l’aluminium vaccinal, en attendant que des études précisent les risques qu'elles pourraient ou non faire encourir aux personnes vaccinées (principe de précaution)[2]; L'association E3M souligne que le phosphate de calcium est une alternative "immédiatement disponible" à l'aluminium ;
  • le candidat à la présidence, François Hollande, dans un courrier écrit lors de la campagne présidentielle, s'engage en faveur de la recherche : « Les maladies rares font clairement partie des orientations stratégiques qui doivent être données à notre recherche clinique et fondamentale. L'exemple de la myofasciite à macrophages démontre, s'il le fallait, la nécessité de faire progresser nos connaissances. (…) Vous pouvez compter sur moi et le parti socialiste pour porter ce sujet, dans la campagne et au-delà si nos concitoyens le décident. Une plus grande vigilance et une réévaluation plus régulière du rapport bénéfices/risques des différents produits m'apparaît essentielle. Cette règle s'applique aux médicaments mais aussi aux vaccins, aux principes actifs comme aux adjuvants, qu'il s'agisse d'hydroxyde d'aluminium ou d'une autre molécule. Je veillerai à ce que tous les travaux scientifiques soient pris en compte pour déterminer la dangerosité des produits de santé et à ce que le doute profite au patient »[20] ;
  • En juin 2012, l'Académie de Médecine reconnait que de l'aluminium peut pénétrer dans le cerveau, mais comme l'académie des sciences elle se refuse à tout moratoire[2] pour ne pas freiner les vaccinations, et faute alternatives susceptibles d'être mise sur le marché avant 5 ou 10 ans. Elle considère de plus que la quantité contenue dans les injections est bien plus faible que celle que nous ingérons sans nous en apercevoir, via l'eau ou les aliments (mais cet aluminium là n'est pas injecté dans un muscle). Néanmoins, selon le journal La Croix (2012) un groupe de travail inter-académies aurait rapidement été mis en place sur ce sujet[2];
  • En juillet 2012, l'association E3M (Entraide aux Malades de Myofasciite à Macrophages) dénonce le retrait progressif du marché des seuls vaccins encore sans aluminium ;
  • En octobre 2012, L' Association Santé Environnement France (près de 2 500 médecins de France voulant faire avancer les questions de santé environnementale), publie une synthèse sur l'aluminium[21]. Selon l'ASEF, « 1 000 cas de MFM ont été identifiés par biopsie musculaire en France (dans cinq centres d’anatomo-pathologie en France), mais cette pathologie décrite récemment semble très sous-diagnostiquée car elle est encore mal connue des professionnels de santé »[21] ;
  • En novembre 2012, les chercheurs qui ont découvert la maladie estiment qu'il existe une part de la population (jusqu'à 5 % de la population selon le Pr Gherardi) qui est génétiquement prédisposées à ce syndrome dont les symptômes, maintenant étudiés chez 585 adultes, apparaissent en moyenne 11 mois après le vaccin ; Chez eux, des cellules du système immunitaire pourraient capturer les molécules d'aluminium ou des composés d'aluminium et les transporter jusqu'au cerveau.« alors même que le nombre de vaccins recommandés ne cesse d'augmenter, avec près de 200 vaccins en développement actuellement »[22].
  • Début novembre, l'ANSM décide de ne pas poursuivre le financement des recherches de l'INSERM sur ce sujet dans le cadre de son appel à projet, tout en affirmant être intéressé par le sujet (mais alors que Romain Gherardi et l'équipe référente mondiale depuis 15 ans sur cette question n'a selon lui « jamais reçu un centime d'argent public pour ses recherches ». Selon France-Info[23], "l'ANSM assure s'intéresser à la question, mais mettrait en doute la rigueur des travaux du scientifique - l'aluminium utilisé sur les rats ne serait pas le même que l'aluminium vaccinal.
  • Mi novembre 2012, des spécialistes de la question tels que Romain Gherardi (France), Christopher Exley (Grande-Bretagne), Christopher Shaw (Canada) ou Yehuda Shoenfeld (Israël) s'associent, soutenus par le Réseau Environnement Santé (RES) et l'Association "Entraide aux Malades de Myofasciite à Macrophages" pour protester dans une lettre ouverte à la ministre de la Santé (Marisol Touraine) et lors d'une conférence de presse contre le non-financement de leurs recherches alors que selon leurs derniers travaux épidémiologiques, concernant la « nocivité des sels d’aluminium », on est passé « du soupçon aux certitudes », au moins pour certains profils génétiques[24].

Histologie[modifier | modifier le code]

Les lésions histologiques sont spécifiques.
La biopsie musculaire pratiquée sur le site de la vaccination, le plus souvent le deltoïde gauche, montre une infiltration du fascia et du tissu conjonctif péri et endomysial par des macrophages PAS+ contenant des cristaux d’hydroxyde d’aluminium.

Tableau clinique[modifier | modifier le code]

Le tableau clinique est invalidant et comporte schématiquement 3 états :

  • un état « de précarité » (prédominant) : associant des troubles physiques et neurocognitifs invalidants ;
  • un état « de décharge » : incapacité fonctionnelle totale par perte de l’éveil ;
  • un état « de grâce » : bouffée de rémission proche de l’état sain.

L’état « de précarité » est caractérisé principalement par des douleurs permanentes, une fatigue chronique générale, menant à l’épuisement, associée à une asthénie musculaire et des troubles cognitifs.

L’état général est marqué par une faiblesse et une fatigue chroniques, intenses et invalidantes pour les activités les plus élémentaires, telles que l’équilibre ou la marche, parfois même l’expression verbale, auxquelles s’ajoute un syndrome pseudo grippal quasi permanent, régulièrement ponctué de malaises.

Des arthralgies, permanentes et fluctuantes en intensité et en localisation, sur toutes les articulations périphériques et axiales avec des poussées congestives et inflammatoires pluriquotidiennes.

Des myalgies, des courbatures et contractures sévères, permanentes et fluctuantes en localisation, sur tous les muscles périphériques et les muscles dorsaux et cervicaux, s’aggravant en intensité au moindre effort et persistant plusieurs jours après. Le plus souvent de type inflammatoire. Des douleurs à la contraction musculaire tenue (tenir un livre, un téléphone, etc.). Des douleurs à la pression du corps musculaire et des tendons des muscles squelettiques. Des crampes paroxystiques très invalidantes.

Des douleurs osseuses caractérisées par des douleurs diffuses fluctuantes et non-systématisables (mains, cou, etc.). Des céphalées chroniques, parfois migraines oculaires. Des douleurs abdominales, à type de contractures et de brûlures.

Exceptionnellement (forme atypique de la maladie), les symptômes pourraient se développer tardivement, jusqu'à 10 ans après la vaccination[25].

Troubles de la fonction motrice[modifier | modifier le code]

  • Diminution globale et invalidante de la force musculaire, affectant le moindre geste du quotidien (écrire, tourner une clé, couper la viande, mâcher, port de charges même légères, se raser, etc.).
  • Troubles du tonus marqués par une hypotonie générale.
  • Diminution de l’endurance et de la résistance musculaires.
  • Dyspnée à l’effort modéré.
  • Ataxie rendant la marche difficile, lente et instable, ou obligeant un rythme rapide.
  • Troubles posturaux statiques (assis, debout) et dynamiques.
  • Troubles de l’équilibre lors des transferts, en position debout et lors de la marche.
  • Incoordinations cinétiques, maladresse gestuelle (perte de la précision et du contrôle de la force des préhensions, marches d’escaliers loupées, objets qui échappent, etc.) des deux côtés.
  • Troubles d’élocution : dysphonies, réduction du flux, blocages phonatoires, dysarthrie.
  • Fausses-routes.
  • Contractions fugaces, diurnes et nocturnes, des muscles des quatre membres et des spinaux.
  • Contractions nocturnes involontaires et violentes des masséters.
  • Dyskinésies discrètes des mains perturbant certains gestes fins (saisie clavier par ex.)
  • Myoclonies nocturnes des membres inférieurs et épisodiques de la main gauche.

Troubles sensitifs et sensoriels[modifier | modifier le code]

  • Cénestopathie générale.
  • Hypoesthésie pulpaire des mains.
  • Paresthésies d’intensité variable des deux mains. Parfois au niveau des pieds.
  • Dysesthésies douloureuses, à type d’aiguilles, des appuis plantaires au lever.
  • Acouphènes.
  • Hyperacousie.
  • Sensibilité à la lumière intense (néon, halogène, parfois lumière naturelle).
  • Diplopie, baisse de l’acuité visuelle.
  • Fatigue oculaire nécessitant de gros efforts pour lire.

Troubles neurovégétatifs[modifier | modifier le code]

  • Troubles thermiques (frilosité, bouffées de chaleur) et invalidants.
  • Hypotension.
  • Sensations vertigineuses.
  • Hypersudations générales, nocturnes et parfois diurnes.
  • Rougeur spontanée régulière des paumes des mains.

Troubles du sommeil[modifier | modifier le code]

  • Endormissement difficile.
  • Sommeil perturbé par les troubles thermiques et des réveils réguliers.
  • Syndrome des jambes sans repos.
  • Fatigue importante au lever.

Il existe aussi des troubles du transit, alternant diarrhées et constipations avec météorisme, nausées épisodiques ou des troubles sphinctériens à type d'impériosités voire de fuites urinaires.

Sur le plan cognitif et comportemental[modifier | modifier le code]

  • Troubles de la vigilance nécessitant une stimulation intellectuelle permanente
    • somnolence diurne
    • état d’éveil imposant régulièrement des efforts épuisants
  • Troubles de l’attention, de la concentration intellectuelle et de l’association des idées
    • interruption coûteuse des tâches les plus élémentaires, refaire/revenir en arrière pour reprendre
    • fatigabilité intellectuelle à la lecture, l’écriture, la tenue d’une conversation
  • Troubles de la mémoire à court terme, parfois lors d’une même action
  • Altération de la mémoire procédurale
  • Ralentissement mental
  • Perte des chiffres, dyscalculie, gestion financière
  • Troubles phasiques
    • perte du mot, confusions épisodiques, difficulté à exprimer les idées de façon univoque
    • troubles de la syntaxe, de la grammaire, dysorthographie
    • substitutions, inversions orales et écrites de syllabes et mots, omission de lettres à l’écrit
  • Altération de la prise d’initiative
  • Troubles du comportement
    • modifications de l’humeur et du caractère, sensation d’instabilité, irritabilité, voire irascibilité
    • anxiété de l’inconnu, de l’imprévu, du dehors, de l’empressement, des bousculades
    • apathie épisodique, perte de l’estime de soi, aboulie récurrente (jouer, etc.)
    • idées persistantes, blocages devant des situations pourtant simples

L’état « de décharge » est marqué par une incapacité mentale et fonctionnelle totale, liée à un effondrement massif général, pseudo-comateux. La conscience d’abord présente, ne supporte aucune communication avec l’entourage, puis cède rapidement dans un sommeil profond. L’image la plus parlante semble être celle de la batterie vide qu’il faut recharger par le sommeil. La survenue des crises est imprévisible. Quelques signes annonciateurs (bâillements impérieux, épuisement soudain, asthénie mentale plus intense) apparaissent un peu avant l’effondrement et permettent de s’isoler.

L’état « de grâce » est marqué par une sorte de rémission avec presque plus de douleur ni de troubles moteurs et un retour de la fluidités cognitive et gestuelle.

Biologie[modifier | modifier le code]

Les rares signes retrouvés au bilan sanguin sont parfois :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Authier FJ, Sauvat S, Champey J, Drogou I, Coquet M, Gherardi RK (2003), « Chronic fatigue syndrome in patients with macrophagic myofasciitis ». Arthritis Rheum 2003; 48: 569-70.
  • Couette M, Boisse MF, Maison P, et al. (2009), « Long-term persistence of vaccine-derived aluminum hydroxide is associated with chronic cognitive dysfunction ». J Inorg Biochem 2009; 103: 1571-8.
  • Cherin P, Authier FJ, Gherardi RK, et al. (2012), « Gallium-67 scintigraphy in macrophagic myofasciitis ». Arthritis Rheum 2000; 43: 1520-6.
  • Gherardi RK, FJ Authier FJ. « Macrophagic myofasciitis: characterization and pathophysiology ». Lupus 2012 21: 184-9. DOI: 10.1177/0961203311429557
  • RK Gherardi, M. Coquet, P. Chérin, L. Belec, P.Moretto, PA Dreyfus, J.-F. Pellissier, P. Char et F.-J. Authier (2001), Macrophagic myofasciitis lesions assess long-term persistence of vaccine-derived aluminium hydroxide in muscle, mai 2001.
  • INVS (2001), Myofasciite à macrophages, Rapport d’investigation exploratoire, mars 2001.
  • FJ Authier, P Cherin, A Creange, B Bonnotte, X Ferrer, A. Abdelmoumni, D. Ranoux, J. Pelletier, D. Figarella-Branger, B. Granel, T. Maisonob, M. Coquet, J.-D. Degos et R. K. Gherardi (2001), « Central nervous system disease in patients with macrophagic myofasciitis » ; Brain 124 (5): 974-983. doi: 10.1093/brain/124.5.974
  • Michelle Coquet (2008), Dossier : Myofasciite à Macrophages ; Mise en évidence d’une nouvelle entité ; Kinésithérapie, la Revue ; Volume 8, Issue 79, Juillet 2008, Pages 16–21 ([2])

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. T. Papo « Myofasciite à macrophages : maladie systémique ou tatouage post-vaccinal ? » Revue Neurologique 2007;163(10):981-984 extrait 1ère page, DOI:10.1016/S0035-3787(07)92644-2
  2. a, b, c et d Denis Sergent « L’ajout d’aluminium dans les vaccins suscite le débat » La Croix du 11 novembre 2012, consulté le 11 novembre 2012.
  3. F.-J. Authier et al. « Central nervous system disease in patients with macrophagic myofasciitis » Brain 2001;124(5):974-983. DOI:10.1093/brain/124.5.974
  4. Gherardi RK, Coquet M, Cherin P, Authier FJ, Laforet P, Belec L. et al. « Macrophagic myofasciitis: an emerging entity » Lancet 1998;352: 347–52. PMID 9717921 (résumé)
  5. le Comité consultatif mondial sur la sécurité des vaccins de l'OMS a été créé en 1999 « pour répondre rapidement, efficacement, en toute indépendance (vis-à-vis de l’OMS) et avec toute la rigueur scientifique voulue aux problèmes de sécurité vaccinale pouvant concerner l’ensemble du monde » ; il se réunit régulièrement deux fois par an
  6. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s et t Comité consultatif mondial sur la sécurité des vaccins de l'OMS, Myofasciite à macrophages et vaccins contenant de l’aluminium, OMS, octobre 2009, consulté le 11 novembre 2012.
  7. (en)(fr) OMS, Comité consultatif pour la sécurité des vaccins [WHO Vaccine Safety Advisory Committee]. « Myofasciite à macropahges et vaccins contenant de l'aluminium (Macrophagic myofasciitis and aluminum-containing vaccines) » Wkly Epidemiol Rec. 1999;74:338–40.
  8. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l GACVS/OMS, Questions/réponses : les MFM et les résultats d’une nouvelle étude (mai/04), mai 2004
  9. (en) Y Nevo, M Kutai, J Jossiphov, A Livne, Z Neeman, T Arad, R Popovitz-Biro, J Atsmon, Y Shapira & D Soffer, « Childhood macrophagic myofasciitis—consanguinity and clinicopathological features » Neuromuscul Disord. 2004;(14)4:246-52. PMID 15019702
  10. a et b (en) Amoura Z, Costedoat N, Maisonobe T, Godeau P, Piette JC. « Familial macrophagic myofasciitis » Ann Rheumat Dis. 2000;59:927–8.
  11. ANSM. La myofasciite à macrophages - Point d'information
  12. a, b et c (en) Christopher Exley, Louise Swarbrick, Rhomain K. Gherardi, Francois-Jérôme Authier, « A role for the body burden of aluminium in vaccine-associated macrophagic myofasciitis and chronic fatigue syndrome » Med Hypotheses (2008) DOI:10.1016/j.mehy.2008.09.040
  13. Centre de référence des maladies neuromusculaires Garches-Necker-Mondor-Hendaye, INSERM U841-E10, université Paris 12, faculté de médecine, F94010, à Créteil
  14. a, b et c Gherardi R. K, Myofasciite à macrophages et hydroxyde d'aluminium : vers la définition d'un syndrome des adjuvants = Lessons from macrophagic myofascitiis: towards definition of a vaccine adjuvant-related syndrome ; Revue neurologique ; ISSN:0035-3787  ; 2003, vol. 159, no2, p. 162-164 ; 3pp ; (résumé Inist-CNRS)
  15. Myofasciite à macrophages et vaccins contenant de l’aluminium Rapport du Comité consultatif mondial sur la sécurité des vaccins mis en place par l'OMS
  16. Authier FJ, Sauvat S, Poron F, Gherardi RK. Experimental macrophagic myofasciitis: a long-term evaluation in different rat strains. Neurology 2001a; 56 Suppl 3: A61.
  17. GACVS/OMS, Comité consultatif mondial sur la Sécurité des Vaccins, 20-21 juin 2002, communiqué 2002
  18. Évaluation du risque lié à l’utilisation de l’aluminium dans les produits cosmétiques, rapport d'expertise d'octobre 2012, 44 pages, PDF
  19. Flarend R et al; A preliminary study of the dermal absorption of aluminium from antiperspirants using Al26, Food. Chem. Toxicol, février 2001
  20. Courrier à Madame M. Madonna du 23 février 2012, cité par le Réseau Santé Environnement en novembre 2011 (voir page 10)
  21. a et b ASEF (Association Santé Environnement France, Synthèse sur l'aluminium (2012) en version HTML ou en version PDF, consulté 2012-11-13
  22. AFP, Communiqué intitulé L'ajout d'aluminium dans les vaccins continue d'inquiéter , par Elizabeth Zingg (AFP), 2012-11-12
  23. France info, communiqué intitulé Faut-il avoir peur de l'aluminium contenu dans les vaccins ?, daté 2012-11-12, 11:50
  24. Conférence de presse, [1], 12 novembre 2012
  25. Ryan AM, Bermingham N, Harrington HJ, Keohane C. Atypical presentation of macrophagic myofasciitis 10 years post vaccination. Neuromusc Disord 2006;16:867–9.