Mycobacterium marinum

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 Culture de Mycobacterium marinum
Culture de Mycobacterium marinum
Classification
Règne Bacteria
Embranchement Actinobacteria
Classe Schizomycetes
Ordre Actinomycetales
Sous-ordre Corynebacterineae
Famille Mycobacteriaceae
Genre Mycobacterium
Nom binominal
Mycobacterium marinum
Aronson 1926

Mycobacterium marinum est le nom d'une mycobactérie aquatique qui est responsable de la tuberculose du poisson et le granulome des aquariums chez l'homme.

C'est une zoonose transmissible du poisson à l'homme. Elle n'est pas mortelle pour l'homme et guérit habituellement spontanément.

Sommaire

[modifier] Description

C'est une bacille d'environ 4 nm de longueur, d'aspect zébré.

[modifier] Répartition et habitat

M. marinum a une répartition géographique mondiale. Elle vit dans l'environnement aquatique (eau douce et eau salée) et les animaux à sang froid (poissons sains ou malades, amphibiens sains ou malades, divers reptiles sains ou malades). De rares cas d'infections ont été décrits chez les bovins, chez le porc, chez le hérisson européen et chez le lamantin d'Amazonie. M. marinum est un agent de zoonose, il peut donc infecter l'homme.

[modifier] Historique

Mycobacterium marinum fut isolée pour la première fois par Joseph D. Aronson en 1926 à partir d'un poisson malade[1], mais c'est en 1951 qu'elle a été identifiée comme responsable de la maladie humaine par Linell et Norden. De nombreuses infections dues à cette mycobactérie atypique ont été liées à la natation[2]. Les infections liées aux piscines ont maintenant considérablement diminuées en raison de l'amélioration de la construction et de l'entretien de ces installations[3].

Le premier cas d'infection de M. marinum associée à un vivier de poissons a été signalé en 1962 par Swift et Cohen. La tuberculose du poisson peut être considérée comme un risque professionnel pour certaines professions, comme les travailleurs en animalerie, mais la plupart des infections se produisent chez les aquariophiles amateurs qui gardent un aquarium à la maison.

[modifier] Infection

[modifier] Tuberculose du poisson

[modifier] Infection

Couramment appelée « tuberculose du poisson », l’infection se produit généralement lorsque les conditions du milieu aquatique se dégradent. Beaucoup de poissons sont porteurs sains de l'affection. Ainsi, un poisson affaiblit est susceptible de développer la maladie, mais elle reste très peu fréquente. Cette maladie se transmet notamment lors de la consommation d'un cadavre d'un individu atteint[4]. La tuberculose du poisson a été décrite chez plus de 150 espèces d'eau douce ou d'eau de mer. Les espèces sensibles en aquariophilie sont les cyprinidés, les cichlidés, les characidés, les labyrinthidés et les espèces marines[5].

[modifier] Symptômes

Les symptômes sont non-spécifiques et surtout internes, avec la formation de nodules sur les organes internes. Le diagnostic est difficile a établir, il nécessite des analyses en laboratoires longues et onéreuses. En pratique, elles ne sont faites que chez l'homme suspecté d'être contaminé. Mais certains symptômes externes peuvent orienter le diagnostique. On constate un amaigrissement, une apathie et des petites plaies cutanées (ulcérations) sur la peau du poisson. On constate également un ternissement des couleurs, une perte d’appétit et des troubles d'équilibre. Des ulcères de la peau prolifiques, un hérissement des nageoires, une déformation de la colonne vertébrale et une exophtalmie uni ou bilatérale sont parfois observés. De plus, elle est généralement accompagnée d'autres infections, comme la pourriture des nageoires[4]. La morbidité et la mortalité sont assez faibles en général.

[modifier] Traitement

La tuberculose du poisson est une infection mortelle pour le poisson atteint. M. marinum est extrêmement résistante aux traitements basiques. L'aquariophile n'a donc pas accès aux traitements performants, seul un vétérinaire spécialiste peut tenter des soins, à base de sulfamides et d'antibiotique. Mais en pratique, le traitement antibiotique est prohibé compte tenu du risque zootonique, car il peut engendrer une sélection de souches résistantes. Il est recommandé d'isoler immédiatement les cadavres et les sujets atteints, et d'opérer un nettoyage de l'aquarium.

[modifier] Granulome des aquariums

Granulome des aquariums
Classification et ressources externes
Infektionsgranulom Hand - Infektion mit Mycobacterium marinum.png
Des nodules sur les mains d'un homme contaminé
CIM-10 A31.1 (ILDS A31.110)
Wikipédia ne donne pas de conseils médicaux Mise en garde médicale

[modifier] Infection

Couramment appelée « granulome des aquariums » ou « granulome des piscines », l'infection survient par contact avec une lésion cutanée, même petite, lors d'une immersion dans de l'eau contaminée (aquariums, piscines ou, plus rarement, eau de rivières, de lacs, de carrières, de mines...). L'incubation est d'environ 2 à 3 semaines. La bactérie sévit sous forme épidémique, mais elle a été éradiquée des piscines grâce à la chloration de l'eau. Toutefois, on trouve souvent cette bactérie dans les aquariums, les aquariophiles sont donc particulièrement exposés. Mais son incidence est extrêmement faible, elle reste anecdotique et ne comporte pas de danger vital pour la santé.

Bien que l'infection peut être causée par une blessure directe causées par des piqûres (épine) ou des morsures de poissons, la plupart sont causées pendant l'entretien des aquariums. Des infection indirectes ont également été décrites avec des ustensiles de bain d'enfants qui avait été utilisé pour nettoyer un aquarium.

[modifier] Symptômes

Cette infection cutanée provoque des chapelets de nodules sur les extrémités (les mains, les avants bras, les épaules, les genoux, les jambes, les pieds et les orteils de l'individu contaminé. En effet, l'infection est bloquée par les ganglions lymphatiques et par la Température corporelle humaine, (M. marinum cultive mal au dessus de 30 °C) elle reste donc très localisée. Mais l'influence de la température reste relative car des formes généralisées ont été décrites chez des individus immunodéprimés.Ces lésions papulo-nodulaires sont impossibles à cicatriser et résistantes aux traitements classiques. Elles peuvent s'ulcérer ou devenir kératosiques. Des adénites cervicales localisées sont parfois observées. L'état général du malade reste bon, l'évolution est chronique et se fait dans la plupart des cas vers la guérison en quelques semaines ou quelques mois en l'absence de traitement. Les nodules laissent des cicatrices plus ou moins importantes [6].

Bien que non-mortelle, cette infection peut être suivie d'ulcérations et atteindre les tendons, les gaines synoviales et les articulations, pouvant conduire à une amputation. Depuis les années 80, des publications rapportent des formes cliniques graves comme ostéomyélites, ténosynovites, synovites ou arthrites[6].

[modifier] Traitement et prévention

Toute apparition de lésions sur les mains ou les avant-bras, après une manipulation dans un aquarium doit immédiatement être signalé au médecin traitant qui prescrira un traitement antibiotique spécifiquement ciblé. En effet, plus le diagnostique se fait tard, plus le traitement sera long. Le diagnostique est difficile à établir et peut prendre plusieurs mois, car il ne peut se faire qu'en recherchant spécifiquement M. marinum. Le traitement peut durer de 12 à 18 mois et repose sur les antibiotiques de la famille des Quinolones de seconde génération. Mais la guérison clinique est avérée dans 100 % des cas[5].

Il n'existe pas de vaccin capable de prévenir les infections à M. marinum et la prévention repose sur des mesures sanitaires. La Fédération française d'aquariophilie recommande aux professionnels, comme aux amateurs, des mesures simples pour lutter contre ces infections. Le respect des règles d'hygiène (se laver les mains après avoir manipulé le matériel ou l'animal, le port de gants en latex), l'entretien régulier de l'aquarium, la désinfection des accessoires et la bonne connaissance des mœurs des hôtes de l'aquarium sont les mesures de prévention usuellement recommandées. Mais surtout, il ne faut pas mettre en contact des plaies avec des éléments de l'aquarium.

[modifier] Voir aussi

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[modifier] Articles connexes

[modifier] Références taxinomiques

[modifier] Liens externes

[modifier] Notes et références

  1. Aronson, J. D. (1926). Spontaneous tuberculosis in salt water fish. J Infect Dis 39:314-320.
  2. Cox, R. and S. M. Mirkin. 1997. Characteristic enrichment of DNA repeats in different genomes. Proceedings of the National Academy of Sciences 94:5237-5242.
  3. Wolinsky, E. 1992. Mycobacterial diseases other than tuberculosis. Clin Inf Dis 15:1-12.
  4. a et b Larousse, Larousse des poissons et aquariums, Paris, Larousse, 2009 (ISBN 978-2-03-583883-4) 
  5. a et b (fr) J. P. Giraud, « Soigner vos poissons », dans L'aquarium à la maison, 2005 
  6. a et b (fr) Bercovier et V. Vincent, « Mycobacterium marinum », dans Revue Scientifique et Technique de l'Office International des Epizooties, 2001 [texte intégral] 
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