My Ladye Nevells Booke

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Folio 13 verso, du manuscrit My Ladye Nevells Booke
Page originale du manuscrit My Ladye Nevells Booke (f°13v) : début de The marche before the battell de William Byrd, calligraphié par John Baldwin (av. 1560–1615).

My Ladye Nevells Booke est une compilation de pièces pour clavier, certaines parmi les plus connues, du compositeur anglais William Byrd, notamment Sellinger's Round et All in a Garden Green.

Manuscrit et histoire[modifier | modifier le code]

My Ladye Nevells Booke est un recueil manuscrit de 42 pièces pour clavier de William Byrd, l'un des plus grands compositeurs anglais de l'époque. Il « rassemble une bonne partie de ses meilleures compositions[1] » de la période 1560–1590.

Bien que la musique soit copié par un collègue de Byrd, chanteur à St George’s Chapel de Windsor, John Baldwin (avant 1560-28 août 1615)[2], l'un des plus fameux copiste et calligraphe du temps, les pièces ont sans doute été sélectionnées, organisées et même éditées et corrigées par Byrd lui-même. En tout cas Baldwin s'est fondé sur les partitions originales du musicien, dont nous sommes privés.

Le manuscrit, l'un des plus beaux qui soit conservé de l'époque, se présente comme un lourd folio relié en maroquin rouge, illuminé par les armes de la famille Nevill sur la page de titre, avec les initiales "HN" [Henry Nevill] dans le coin inférieur gauche[3]. Il y a 192 folios, chacun composé de quatre ou six portées. Les notes étant figurées en forme de losanges[4]. À la fin, se trouve la table des matières.

Portrait de la reine Élisabeth première d'Angleterre (vers 1585)
La reine Élisabeth Ire, protectrice de W. Byrd (portrait, vers 1585)
Portrait de William Petre
Portrait de William, deuxième Baron Petre (1575-1637) dédicataire de la dixième Pavane du recueil (par Marcus Gheeraerts, 1599).

L'origine du manuscrit reste obscure. Même l'identité exacte de la dédicataire n'est pas claire. Cette Lady Nevell a vraisemblablement été élève, ou employeur de W. Byrd. Se sont succédé plusieurs prétendantes pour le titre, parmi la famille Nevill. Cependant, des recherches récentes semblent désigner Elizabeth Nevill, l'épouse de Sir Henry Nevill de Billingbear (en), Berkshire (vers 1518-1593) : les armes sur la page de titre ont été maintenant identifiées. Sir Henry et sa famille n'étaient pas catholiques, mais l'association du fils d'Henry avec Robert Devereux, 2e comte d'Essex, est une preuve que la famille était favorable à la tolérance religieuse. Le recueil est probablement un cadeau destiné à Élisabeth Nevill qui a vécu principalement à Hambleden dans Buckinghamshire, où, non loin de là, Byrd et ses frères avaient une maison.

La date du manuscrit en revanche ne laisse aucun doute, puisque John Baldwin écrit :

« fini et mis fin le 11 septembre en l'année de notre Seigneur Dieu 1591 & dans les 33 ans du règne de notre souveraine Dame Elizabeth par la grâce de Dieu Reine d'Angleterre etc, par moi, Jo[hn] Baldwine de Windsore. Laus Deo[5]. »

Baldwin était un fervent admirateur de Byrd : à la fin de la quatrième Galliard il a noté: mr. W. birde. memorabilis homo. Il a d'ailleurs écrit un poème louant W. Byrd, « qui possède le plus de compétences et de connaissances et excelle parmi ce temps »[6].

Le manuscrit a été présenté à la reine Elizabeth par Sir Henry Nevill, et a passé ensuite dans différentes mains jusqu'à ce qu'il soit remis en 1668, à un descendant inconnu des Nevill et conservé par la famille Nevill jusqu'à la fin du dix-huitième siècle. Puis il est passé par plusieurs collectionneurs, jusqu'à ce qu'il redevienne la possession de William Nevill, premier Marquis d'Abergavenny.

En 2006, en lieu et place de l'impôt sur les successions[7], le manuscrit My Ladye Nevells Booke est entré dans les collections nationales anglaises et est conservé maintenant à la British Library, sous la cote MS Mus 1591. Une version multimédia est maintenant disponible à la consultation.

Le contenu[modifier | modifier le code]

À l'exception des quatre pièces explicitement consacrées à Lady Nevell (nos 1, 2, 26 et 41) et peut-être implicitement la septième (A Galliards Gygge), les compositions n'ont pas été composées spécialement pour le recueil, ni pour la dédicataire. La compilation est en revanche représentative du travail de Byrd des dix ou quinze années précédentes. En 1591, Byrd a encore trente années à composer.

Les morceaux pouvant peut-être refléter les goûts musicaux d'Elizabeth Nevill, la composition du recueil se limite à quelques formes, sans aucune œuvre d'inspiration liturgique. Il s'agit de Ground, Fantaisie, Variations, Pavans & galliards, pour la musique de danse. Parmi les dix magnifiques, mais quelque peu sombres, Pavanes et gaillardes, deux portent dédicaces : la dixième Pavane, est dédiée au catholique John, Lord Petre protecteur de Byrd, tandis que le sixième l'est à Kinborough Good, la fille du Dr James Good. Le manuscrit (excepté la battell) ne présente pas de morceaux plus animés, telles courantes et voltas que l'on trouve dans le Fitzwilliam Virginal Book et une seule alman (no 38). Le contenu du Nevell est donc, dans son ensemble, dévolu à la gravité.

La naïve battell est cependant pleine de mouvements et l'une des premières musiques descriptives. Byrd y fait montre d'un rare esprit ludique. La pièce se retrouve dans le Ms. Elizabeth Roger's Virginal Book avec trois ajouts. Elle aurait pu être écrite après la victoire de l'Armada en 1588, mais il s'agit plus probablement d'une allusion aux rébellions des Irlandais de l'époque, notamment la plus importante campagne de 1578.

Les formes[modifier | modifier le code]

Page de titre de l'édition de Plaine and Easie Introduction to Practicall Musicke, de Thomas Morley
Page de titre de Plaine and Easie Introduction to Practicall Musicke (1597) de Thomas Morley, dédiée à W. Byrd.

On peut définir les cinq formes principales du recueil, grâce en partie à Thomas Morley, un élève de Byrd des années 1570, qui en évoque certaines dans son Introduction facile et simple à la Musique pratique[8] (1597) et à d'autres textes contemporains.

  • Il y a 10 Pavanes & 12 gaillardes. Bien que d'origine dansée, la pavane est devenue, à l'époque des premières composées par Byrd – c'est-à-dire dans les années 1570 – une pièce de musique pour « plaire à l'oreille » ainsi que l'écrit Christopher Simpson en 1677[9]. Leur caractère est « très Grave, et Sobre ; Plein d’Art et de Profondeur (Thomas Mace[10]) ». Techniquement, Morley en précise la forme : « pavane, une sorte de musique posée, ordonnée pour danser gravement, et normalement faite de trois strophes dont chacune est jouée ou chantée deux fois ; les musiciens composent une strophe avec huit, douze ou seize semi-brèves, comme ils veulent, mais je n’ai jamais vu moins que huit dans une pavane. [...] Aussi, vous devez concevoir votre musique par groupes de quatre semi-brèves ; si vous suivez cette règle, peu importe le nombre de groupes de quatre que vous mettez dans votre strophe, car tout tombera bien à la fin[11] ». Le nombre de trois strophes est réglé en raison du pas de danse lui-même, qui le nécessite[12]. Juste après il définit la gaillarde : « celle-ci est une sorte de danse plus légère et plus vigoureuse que la pavane, avec le même nombre de strophes ; vérifiez combien de groupes de quatre semi-brèves vous avez mis dans les strophes de votre pavane, et dans la gaillarde vous mettez six blanches pour chaque groupe de quatre. ». Ainsi la longueur des strophes de la pavane engendre celle de sa suivante, la gaillarde. Byrd respecte cet équilibre ; il y déroge seulement avec les pavanes courtes de huit mesures, où il préfère une gaillarde de huit mesures pour avoir plus de place.
  • Il y a 7 Fantaisies. Dans la langue de l'époque les fantaisies sont fancy ou parfois Volontary. Pour Morley, il s'agit de « la principale et plus importante sorte de musique qui est faite sans chanson [...] Quant un musicien choisit une idée [a point, une imitation] selon son gré, et le tord et le tourne et l'étire selon son désir, produisant plus ou moins selon ce qui s'accorde le mieux à son humeur[11]. » Dans sa dédicace de l'ouvrage Morley explique à son maître, W. Byrd, que le contenu du livre « provient de vous », on peut, comme Moroney le remarque, « y voir une description éloquente des fantaisies de Byrd[13] ».
  • Il y 6 Variations. La variation prend généralement des mélodies traditionnelles (tune) pour thème. C'est un genre plus léger que les autres. Byrd en a composé quatorze et il en figure six dans le Nevell. La mélodie s'expose en huit et jusqu'à vingt mesures ; le nombre de variations étant à la proportion inverse de la longueur de la mélodie, et varie de trois à vingt-deux (Walsingham no 31). De variation en variations la complexité augmente.
  • Il y a 5 Grounds. En général la basse obstinée qui sert de thème est de huit notes/huit mesures, d'autres de seize. Mais Byrd laisse des partitions où la basse n'est que deux notes (Les cloches), mais dans le Nevell, ils sont plus longs. La mélodie peut parfois monter dans les voix du dessus. Morley indique la nécessaire qualité technique dont doit faire preuve le musicien pour les variations sur un ground. « Le Ground est un Nombre fixe de Notes Lentes, très Graves, et Solennelles », ainsi parle Thomas Mace, dans son Musick’s Monument de 1676[14].

En fait, le compositeur mélange parfois plusieurs genres que nous divisons un peu trop vite : « la distinction moderne et cartésienne entre les grounds, certaines séries de variations, et quelques pièces utilisant des petites formes de danses [...] est artificielle, car elle donne plus d’importance à la matière de base qu’au procédé musical de Byrd. (Moroney[15]) »

L'agencement[modifier | modifier le code]

Schéma montrant l'organisation des pièces 1 à 9
Organisation du premier groupe de pièces (nos 1 à 9) de My Ladye Nevells Booke.

Byrd ou son compilateur, ont organisé les quarante-deux pièces selon deux parties au poids presque identique :

  • partie I, pièces nos 1 à 25 (folios 1 à 105)
  • partie II, pièces nos 26 à 42 (17 pièces, folios 105v à 192).

On peut scinder en trois groupes qui ont chacun un agencement :

Partie I[modifier | modifier le code]

Le premier groupe contient neuf pièces. Il est composé de trois grounds et d'une fantaisie, cernant les pièces les plus légères du recueil : la bataille (nos 3 à 5), un medley, le barlye breake (no 6) et la galliard gygg (no 7).

Un second groupe de seize pièces est composé du cycle de neuf pavanes & gaillardes. Au propre, comme au figuré, il s'agit du « centre de gravité » du recueil.

Selon Olivier Neighbour[16], c'est l'agencement en cycle des neuf premières pavanes et gaillardes qui porte la marque des choix propres au compositeur. On y voit l'attention à la symétrie, la diversité et la progression, culminant avec la neuvième, la plus longue.

Le cycles des neuf pavanes et gaillardes
Pavane TonalitéMode Strophes Sections Procédé
No 1 mineur (ut, dorien transposé) à 16 mesures 6 Pavanes 1 à 4 : alternance 16 et 8 et majeur/mineur
No 2 majeur (sol, mixolidien) à 8 mesures 3
No 3 mineur (la, éolien) à 16 mesures 6
No 4 majeur (ut, ionien) à 8 mesures 3
No 5 mineur (ut, dorien transposé) à 16 mesures 6 Pavanes 5 à 8 : Byrd ne conserve que les à 16
No 6 majeur (ut, ionien) à 16 mesures 6
No 7 majeur (sol, mixolidien) à 16 mesures 6 Traitement en canon. Pas de Gaillarde
No 8 mineur (la, éolien) à 16 mesures 6 Pas de Gaillarde
No 9 mineur (sol) à 32 mesures 6 Basse ground : Passamezzo antico

Partie II[modifier | modifier le code]

Schéma montrant l'organisation des pièces 26 à 42
Organisation des pièces n° 26 à 42 du manuscrit My Ladye Nevells Booke

Le dernier groupe de dix-sept pièces, est composé de 6 variations, 6 fantaisies et 2 grounds et forme la seconde partie.

Elle contient en son centre quatre variations (nos 31 à 34) qu'entourent deux grounds (nos 30 à 35), parmi les plus réussis de Byrd.

De chaque côté de ce bloc central, il y a deux groupes de quatre pièces, formés par trois fantaisies (nos 26, 28, 29 puis 36, 41, 42) et une variation intercalée (nos 27 et 37). Avant les deux dernières fantaisies – légère rupture du schéma – sont insérés l’Alam (no 28) et la Pavane & Gaillarde (nos 39 et 40), dédiée à W. Peter, apportant une variété supplémentaire.

Résumé[modifier | modifier le code]

Tableau résumant les caractéristiques principales des quarante-deux pièces et leur agencement. Il met en évidence que la construction du recueil, n'est nullement hasardeuse.

Caractéristiques des quarante-deux pièces
No  Folios Titre BK Datation Forme (mesures) Forme complémentaire Tonalité Note
1 1-7v my ladye nevells grownde 57 c.1590 ground (24) 6 variations mineur source unique
2 8-13 Qui passe: for my ladye nevell 19 début années 1580 ground (40) 3 variations la mineur
3 13v-18 the marche before the battell 93 marche musique à programme sol majeur
4 18-31 the battell 94 années 1590 musique à programme ut majeur
5 32-34 the galliarde for the victorie 95 gaillarde sol majeur
6 34-43 the barlye breake 92 c.1580 medley 13 variations sol majeur autres sources partielles
7 43-45v the galliard gygg 18 années 1560 gaillarde la mineur
8 46-52 the Huntes upp 40 fin années 1560 ground (16) 11 variations ut majeur
9 52v-58 ut re mi fa sol la 64 c.1575 fantaisie hexacorde sol majeur
10 58v-61 the first Pavian 29a années 1570 pavane (16) ut mineur
11 61-62v the galliarde to the same 29b gaillarde
12 63-64v the seconde pavian 71a pavane (8) sol majeur
13 65-66v the galliarde to the same 71b gaillarde
14 67-69 the third pavian 14a pavane (16) la mineur
15 69v-71 the galliarde to the same 14b gaillarde
16 71v-73 the fourth pavian 30a pavane (8) ut majeur
17 73v-75 the galliarde to the same 30b gaillarde
18 75v-78 the fifte pavian 31a années 1580 pavane (16) ut mineur
19 78v-80 the galliarde to the same 31b gaillarde
20 80v-83v the sixte pavian [Kinbrugh Goodd] 32a années 1580 pavane (16) ut majeur
21 84-85v the galliarde to the same 32b gaillarde
22 86-88v the seventh pavian 74 pavane (16) canon sol majeur
23 89-91v the eighte pavian 17 pavane (16) la mineur source unique
24 92-99 the nynthe pavian 2a fin années 1570 pavane (32)
25 99v-105 the galliarde to the same 2b gaillarde ground, 5 variations sol mineur
26 105v-108v the voluntarie lesson, for my Ladye Nevell 61 c.1590 fantaisie sol majeur
27 109-112v Will Yow Walke the Woods soe Wylde 85 1590 variations 20 variations sol majeur seule date précise sur les Ms.
28 113-119 the maydens songe 82 années 1570 fantaisie 8 variations sol majeur
29 119v-125v a lesson of voluntarie 26 début années 1580 fantaisie ut majeur
30 126-134v the second grownde 42 ground (12) 17 variations ut majeur source unique
31 135-142 Have With Yow to Walsingame 8 années 1570 variations 22 variations sol mineur
32 142v-145 all in a garden greene 56 années 1570 variations 6 variations majeur
33 145v-158v the lord willobies welcome home 7 158990 variations 3 variations sol mineur
34 149-153 The Carman's Whistle 36 fin années 1580 variations (12) 8 variations ut majeur
35 153v-160v the hugh ashton’s grownde 20 fin années 1570 ground (12) 12 variations la mineur
36 161-165v Fancie, for my ladye nevell 25 années 1580 fantaisie ut majeur
37 166-173 Sellingers rownde 84 début années 1580/90 variations Ronde sol majeur
38 173v-180 munsers almaine 88 années 1580 alman sol majeur
39 180v-184 the tennthe pavian: mr. w. peter 3a pavane (16) sol mineur
40 184v-186 the galliarde to the same 3b gaillarde
41 186v-190v A fancie 46 c.1590 fantaisie mineur
42 191-192 A voluntarie 27 années 1560 fantaisie ut majeur

Les pièces[modifier | modifier le code]

La référence BK indique le numéro du catalogue Byrd Keyboard.

1. My Ladye Nevells grownde [f° 1-7v] – BK57
Le manuscrit s'ouvre par un ground d'une longueur assez inhabituelle de 24 mesures, et dont il n'existe pas d'autre manuscrit connu. Les six variations qui le compose sont de difficultés croissantes, avec une section en rythmes ternaires commençant avec des « noire-pointée-croche-noire », se transformant en une vague de sextolets de croches. La pièce se termine par une coda virevoltante où alterne main droite main gauche, puis se clos sur un accord de majeur avec le fa\sharp haut perché. La structure est similaire de celle de la pièce suivante du recueil, mais plus libre. Écrit probablement peu avant 1590, pour le recueil.

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    cis,2. b4 cis2 d2. e4
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    d2 d1
    << { e2 a e } \\ { cis1. } >>
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    e d cis b cis2
    << { d1 d2 } \\ { a2 b4 a2. } >>
    d2. e4
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    << { a'1 a2 a2. g4 a b } \\ { << e,1 a, >> << e'2 a, >> << d1 f >> d2 } >>
    << { e2. d4 a'2 } \\ { << a1 a, >> << e'2 a, >> } >>
    << { a'1 a2 } \\ { << fis1 d >> << fis2 d >> } >>
    << { << a'1 e >>  << a2 e >> } \\ { a,2. b4 cis a } >>
    << { a'2 bes4 a g f } \\ { d1 d2 } >>
    << { e2 a e } \\ { a,1 a2 } >>
    << { fis'4 e8 fis g4 fis2 d4 } \\ { d1 d2 } >>
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2. Qui Passe, for my ladye Nevell [f° 8-13] – BK19
La seconde pièce est encore un ground. Le thème est puisé d'une chanson de rue italienne dansée. L'incipit en est : Chi passa per 'sta strada. On en trouve la première trace dans une publication de Filipo Azzaiolo, Villote alla Padoana (Venise 1557), dans une version à quatre voix. La chanson était très célèbre, puisqu'il existe plus de quarante versions répertoriées pour le seul seizième siècle, dont une (vers 1560) dans le Dublin Virginal Book (Trinity College Library, D.3.30/i) et pour luth dans le Marsh Lute Book. Le réputé Lassus lui-même, a chanté cette chanson en s'accompagnant au luth lors d'un mariage en 1568. Bien que la pièce soit spécifiquement écrite pour le recueil, elle figure aussi dans le Ms. Forster sous le titre déformé de Kepassa et dans d'autres Kapasse, Que passa ou voire Kypascie. C'est un très long ground de... 40 mesures. Byrd varie trois fois le thème en se permettant nombre de mouvements parallèles de quintes ou d'octaves (normalement proscrits dans l'écriture rigoureuse) mais qui se trouvent aussi dans les versions pour luth par exemple. À cause du style d'écriture, on présume la composition entre les années 1570 ou le début des années 1580, malgré la dédicace.
Gravure de John Derricke, Retour en triomphe
La cinquième des douze gravures de John Derricke : « The English solders return in triumph, carrying severed Irish heads and leading a captive by a halter » / Les soldats anglais de retour en triomphe, portant des têtes coupées d'irlandais et la tête d'un prisonnier par un licol. (The Image of Irelande, Londres 1581)
Gravure de John Derricke, armée est prête pour la bataille
La septième des douze gravures de John Derricke : « The English army is drawn up for battle, while Sidney himself parleys with a defiant messenger from the Irish » / L’armée anglaise est prête pour la bataille... (The Image of Irelande, Londres 1581)
3. The Marche before the battell [f° 13v-18] – BK93
Les autres sources donnent le titre de The Earl of Oxford’s March et couplée avec The galliarde for the victorie, qui semblent des compositions autonomes[17] – en sol majeur, alors que la battell est entièrement en ut majeur. Le lien avec la guerre irlandaise n'est plus considérée conforme ; en revanche Alan Brown met en parallèle avec un ensemble de douze gravures de John Derricke, The Image of Irelande paru en 1581 (soit trois ans après la campagne d'Irlande).
4. The battell [f° 18-31v] – BK94
La pièce, entièrement en ut majeur, est composée des sections suivantes : The souldiers sommons [l’appel des soldats] ; The marche of footemen [la marche de l’infanterie] ; The marche of horsmen [la marche de la cavalerie] ; The trompetts [les trompettes] ; The Irishe marche [la marche irlandaise] ; The bagpipe and the drone [la cornemuse et le bourdon] ; The flute and the droome [la flûte et le tambour] ; The marche to the fighte [la marche vers la bataille] ; tantara, tantara ; The retreat [la retraite]. Le Manuscrit d'Elisabeth Roger ajoute : The buriing of the dead ; The morris ; The souldiers daunce.
Il s'agit de la plus ancienne musique à programme connue, mais pas de la première bataille (qu'on trouve par exemple chez Clément Janequin). Chez les anglais on peut citer une pièce de John Bull, A Battle and no Battle et de John Dowland, la Battle Galliard pour luth). La marche irlandaise cite les airs Calino Custurame[18] – que Byrd utilise aussi pour concevoir un cycle de cinq variations sur la mélodie, Callino Casturame (BK 35) présent dans le Fitzwilliam Virginal Book, no 158, daté peut-être des années 1590 – et Half Hanniken. The flute and the drum, La flûte et le tambour, campe les anglais sans qu'ils soient besoin de les nommer.
5. The galliarde for the victorie [f° 32-34] – BK95
À la fin de la pièce est cité une déformation de l'air célébrissime intitulé Bonny Sweet Robin dont on pense qu'elle évoque Dudley, Comte de Leicester, lieutenant de la reine et surnommé Sweet Robin.
6. The barleye breake [f° 34-43] – BK92
Le barley-break est un jeu d'extérieur similaire au British bulldog et qui en français s'appelle l'Épervier. Il était parfois accompagné musicalement de Medley. Le déroulé a été décrit par Sir Philip Sidney dans un poème, Lamon (vers 1581–83). La pièce est composée de treize sections. Le compositeur campe les six protagonistes du jeux (trois couples) dans les six premières sections dotées chacune de sa variations. Se succèdent, un rythme de gaillarde (trois blanches-une ronde) à huit mesures, puis deux gigues pour les joueurs qui courent et enfin une alman ; Byrd y cite une chanson populaire, Browning, my dear[19]. Plus loin, juste avant que le jeu ne commence, des fanfares de trompettes entonnent un air de « chanson de bataille ». Ce méli-mélo utilise encore la pavane. Neighbour[20], comme le rappelle Moroney, le voit comme une sorte de « version domestique » de la Battell qui précède. L'œuvre est datée d'environ 1580 et ne se trouve (entière) que dans le manuscrit Nevell.
7. A Galliards Gygge [f° 43-45v] – BK18
Plus construite comme une Galliard que comme une Gig, la musique avance en groupes de quatre mesures ; les quatre suivantes étant une variation. L'articulation est en deux sections de trente-deux mesures sous la forme Aa-Bb-Cc-B’b’ et le schéma se reprend dans la deuxième section. La main gauche a un rôle harmonique dans la première section. Un rythme presque immuable ronde-blanche qui ressemble à un ground, alors que dans la seconde elle se fait loquace par des groupes de croches sur plusieurs mesures. La basse revient pour les deux sections de huit mesures. Pièce de jeunesse datant des années 1560, qu'on trouve uniquement dans le Nevell.

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8. The Huntes upp [f° 46-52] – BK40
La pièce est fondée sur un ground de 16 mesures en ut majeur et onze variations. Le titre hunt’s up étant donné aux chants ou musiques du matin ainsi que l'évoque le texte original, The King’s Hunt Is Up[21]. Byrd cite une mélodie élisabéthaine, The Nine Muses. La page de Byrd apparaît deux fois dans le Fitzwilliam Virginal Book : The Hunt’s up (no 59) et sous le nom de Pescodd Time (no 276). L'ordre de quelques variations est bouleversée dans d'autres sources. Des citations d'airs populaires n'ont pu être identifiées. Orlando Gibbons en a tiré des variations éponymes mais sur la mélodie et John Johnson The New Hunt’s Up (après 1580) pour deux luths, sur le ground, comme Byrd. Pièce de jeunesse, de la fin des années 1560.
9. Ut Re Mi Fa Sol La [f° 52v-58] – BK64
Majestueuse fantaisie sur l'hexacorde, composée dans le style du ricercar. Comme l'œuvre est en sol majeur, les notes en valeurs longues, ascendantes puis descendantes, partent du sol, le manuscrit notant soigneusement chaque départ et chaque fin. Bien que Byrd ne soit pas le premier à utiliser le thème ([John ?] White et Nicholas Strogers fin des années 1550 ou début des années 1560, dans le Ms. 371 f° 20-22, de la Christ Church d'Oxford[22]), il est le premier à en tirer une œuvre qui se développe sur plusieurs pages (soit d'une durée d'environ huit à neuf minutes) – Strogers ne le présentait que quatre fois. Byrd en compose deux autres, l'une nécessitant trois mains (BK 58) qui ouvre le manuscrit autographe de Thomas Tomkins (BN Fonds du Conservatoire de Paris, Ms. Rés. 1122 / olim Ms. 18547). La génération suivante de compositeurs abonde en pièces sur hexacorde, dont Bull, Tomkins ou Farnaby, puis sur le continent avec Frescobaldi, Froberger ou Sweelinck pour ne citer que les plus fameux.
À la mesure 62, Byrd utilise une mélodie populaire identifiée par Olivier Hirsh, « Bruynsmedelijn ». D'origine flamande et connue en Italie sous le titre de Basse flamande, il existe une allemande bâtie sur ce thème est dans le Dublin Virginal Manuscript (no 19). De son côté Frescobaldi en tire son Capriccio sopra la Bassa fiammenga en 1624. Au cours de la pièce, Byrd quitte le sol majeur : à partir de la sixième entrée, il fait débuter l'hexacorde par un fa, puis dans lors des suivantes, un sol, un la, un si\flat et enfin un ut. On pense que la pièce a été composé vers 1570–75 et dédiée pour le dix-septième anniversaire du règne de la reine Élisabeth, à l'instar de l'édition des dix-sept motets, Canciones Sacræ (1575), de Byrd (et conjointement, autant de Tallis). L'œuvre est généralement jouée à l'orgue.

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  \clef treble 
  \key a \minor
  \time 4/2
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  \tempo 2 = 82
  \set Staff.midiInstrument = #"recorder"

    g2. a4 b2 c | d e2. d4 c b | a g a2 g c~ | c4 d e d f2 e |
    d4 c c1 b2 | c2. b4 a1 |  
    << { r2 b2 c d | e fis g2. fis4 } \\ { s1 a,2 b | c a b } >>
    << { g'1 a } \\ { e2 d c a } >>

}

lower = \relative c {
  \clef bass
  \key a \minor
  \time 4/2
  \set Staff.midiInstrument = #"recorder"

    r1 r1 | r1 c1 | d e | f2 g a2. g4 |
    << { f4 e d c d2 e~ | e4 c g'1 fis2 } \\ { s1 g, | a2 b c d } >> 
    << { g1 } \\ { e2. d4 c2 b } >> 
    << { a2 d g, e'2~ } \\ { s2*3 c2~ } >> 
    << { e4 fis g2~ g fis } \\ { c2 b a d } >>

}

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  \new PianoStaff <<
    \set PianoStaff.instrumentName = #"No. 9"
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  >>
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  }
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}
10. The Firste Pavian [f° 58v-61] – BK29
11. The Galliarde to the Firste Pavian [f° 61-62v] – BK29
La pavane est à huit mesures et composée de trois sections, chacune avec énonciation et reprise (indiquées « Rep. » dans le Fitzwilliam). La tonalité d’ut mineur est pour Byrd réservée aux pièces sombres et graves, mais très rare dans la musique pour clavier de la période (sauf à l'orgue lorsqu'il soutient les chœurs en raison des transpositions[23]). La construction est similaire à la Newman’s Pavane du Mulliner Book qui est dans la même tonalité. Selon une annotation du Fitzwilliam, il s'agirait de la première pavane du compositeur. La forme indique qu'elle a été primitivement destinée plutôt pour le consort qu'au clavier (elle est à cinq voix) et date probablement des années 1570.
La Gaillarde, s'ouvre avec une variante d'une mélodie populaire Crimson Velvet, qui porte les vers suivants : « The lamentable complaint of Queen Mary, for the unkind departure of King Philip » / « La lamentation de la reine Marie, pour le départ du méchant roi Philip. » et dont l'incipit est : « You that true Christians be... / Vous qui êtes de vrais Chrétiens » témoignant de son usage dans les milieux Catholiques.

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  \clef treble 
  \key bes \major
  \time 4/2
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  \tempo 2 = 55

    << { g1 << d'2 g, >> << d'2 g, >> } \\ { ees1 d2 d } >>
    << { g2 ees'1 << d2~ g, >> } \\ { ees2 g1 d2 } >>
    << { d'4 c << c1 g1 >> b4 a } \\ { << g2 ees2 >> ees2 d2 d } >>
    << { << b'1 d,1 >> r2 d2 } \\ { g2 g2 << g1 d1 >> } >>
    << { g'2. g4 c,2 f~ } \\ { g,1 r2 f } >>
    << { f'2 ees4 d ees c d2~ } \\ { c2 c g << g d >> } >>
    << { d'4 c c2~ c4 b8 a c4 b } \\ { << g2 ees2 >> << f2 c >> << g' d >> r4 g4~ }  >>
    << { c2 s2 << c1 g1 >> } \\ { g4 f e8. f16 d8. f16 e1 } >>
}

lower = \relative c {
  \clef bass
  \key bes \major
  \time 4/2

    << { << c'1 g >> g2 g } \\ { c,1 b2 b } >> 
    << { c'2 g4 c2 b8 a b2 } \\ { << g2 c,1 >> g'2. g4 } >> 
    << { << c1 g >> g2 g } \\ { c,2 c << d1 g, >> } >> 
    << { d'2 g b b } \\ { g,2. g4 g'2. g4 } >>
    << { c1 c } \\ { r2 g << aes2. f2. >> << aes4 f4 >> } \\ { e1 } >>
    << { c'1 g2 g~ } \\ { << g2 c, >> c1 b2 } >> 
    << { g'2 c, g'1 }  \\ { c,2 a g1 } \\ { s1 r2 d'2 } >> 
    << { e4. f8 g4 a g4. c8 g4 c4 } \\ { c,1 c1 } >>

}

\score {
  \new PianoStaff <<
    \set PianoStaff.instrumentName = #"No. 10"
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    \new Staff = "lower" \lower
  >>
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12. The Seconde Pavian [f° 63-64v] – BK71
13. The Galliarde to the Seconde Pavian [f° 65-66v] – BK71
La seconde pavane est en sol majeur, à quatre voix et plus courte que la précédente. L'énoncé est de huit mesures et il y a six sections, soit 48 mesures. Byrd génère la basse en utilisant un procédé de contrepoint en augmentation des cinq petites notes du début de la mélodie. Dans d'autres sources, la pavane apparaît comme Pavana. Fant.Fant. a longtemps été lue comme fantaisie. Mais selon Alan Brown ce pourrait être l'abréviation du nom de Richard Farrant, maître de chœur à Windsor, mort en 1581 et dont on trouve deux pièces dans le Mulliner.
La gaillarde est d'une grande variété rythmique avec une section centrale en ternaire, d'abord de noires, puis de croches avec quelques broderies en doubles, avant les syncopes de la dernière section. Dans ce couple, les mains droite ou gauche, se répartissent un travail équivalent.
Le début de la Pavane.

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  \key a \minor
  \time 4/2
  \tempo 2 = 50
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    << { r4 g'2^1 d'4^2 b4.^3 c8^4 d2^5 } \\ { << d,1 b1 >> r4 d2 g4 } >> 
    << { a1 r4 fis4. g8 a4 } \\ { fis4. g8 a2 d, r4 d4~ } >> 
    << { b'2 b4 a2 g fis4 } \\ { d8 e fis4 g e d2 r4 d4 } >> 
    << { g1 } \\ { b,4. c8 d4. c8 b a b c b2 } >> 
   << { a'4\rest g4~ g16 d e f g a b c } \\ { s4 << d,2 b >> } >> 
   << { d'4. c8 b a b4 } \\ { s2 s4 g4 } \\ { << g1 d >> }  >>

}

lower = \relative c {
  \clef bass
  \key a \minor
  \time 4/2

    << { g'2 g4 d r4 g4 d2 } \\ { << d1 g,1_1 >> << d'1 g,1 >> } >> 
    << { r4 a'2 d4 b4. c8 d4 a } \\ { d,1_2 d } >> 
    << { r4 d2 a'4 fis4. g8 a2 } \\ { b,2._3 c4_4 d1_5 } >> 
    << { r4 g2 d4 r4 g4 d g } \\ { g,1 g2 g } >> 
    << { g'2 g4 d } \\ { << d1 g,1 >> } >> 
    << { r4 g'4~ g16 d e f g a b c } \\ { << d,1 g,1 >> } >> 
}

\score {
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    \set PianoStaff.instrumentName = #"No. 12"
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14. The Third Pavian [f° 67-69] – BK14
15. The Galliarde to the Third Pavian [f° 69v-71] – BK14
La pavane et sa gaillarde apparaissent dans quatre sources ce qui induit sa popularité. Avec de notables variantes avec la copie Nevell : notamment Fitzwilliam et surtout Weelkes, dont Moroney affirme qu'elle est une révision du Nevell. Elle est en la mineur, à seize mesures – donc longue – et en six sections.
La gaillard est en la majeur.
16. The Fourth Pavian [f° 71v-73] – BK30
17. The Galliarde to the Fourth Pavian [f° 73v-75] – BK30
Pavane courte, à huit mesures en ut majeur, mais elle commence par un accord en fa. La gaillarde devrait comporter trois strophes, mais Byrd en ajoute une quatrième en resserrant à quatre mesures l'énoncé de la dernière, ce qui ne trouble pas le nombre de mesures. C'est cette page qui porte le mr w. birde, homo memorabilis, noté par John Baldwin.
18. The Fifte Pavian [f° 75v-78] – BK31
19. The Galliarde to the Fifte Pavian [f° 78v-80] – BK31
La pavane est en ut mineur et à seize mesures, c'est-à-dire longue. Il en existe une version pour luth qui exprime encore plus la mélancolie sous-jacente qu'au clavecin ou au virginal.

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upper = \relative c' {
  \clef treble 
  \key g \minor
  \time 3/2
  \tempo 2 = 72
  \autoBeamOff

    << { c'2. bes4 g2 } \\ { << g2. ees2. >> } >> 
    << { a2 bes c } \\ { s2 << g2 d2 >> << g2 ees2>> } >> 
    << { d'2. c4 a2 } \\ { << g2. d2. >> e4 fis2 } >> 
    << { b2 g1 } \\ { g2 << d1 b1 >> } >>

    << { ees'2. d4 bes2 } \\ { g2. s4 g2~ } >> 
    << { c2 d ees4 f } \\ { g,4 f d2 g4 a } >> 
    << { g'2. f4 d2 } \\ { b4 c d c~ c b } >> 
    << { e2 c1 } \\ { c2 << g1 e1 >> } >>

}

lower = \relative c {
  \clef bass
  \key g \minor
  \time 3/2

    << { c'2. s4 c2 } \\ { << g2. c,2. >> d4 ees2 } >> 
    << { c'2 bes g } \\ { f2 g c, } >> 
    << { g'2 d'1 } \\ { << d,2 g,2 >> << a'1 d,1 >> } >> 
    << { g1 g2 } \\ { << d1 g,1 >>  << d'2 g,2 >> } >>

    << { c'2. bes4 g2~ } \\ { << g1 c,1 >> ees2~ } >> 
    << { g4 a bes2 g2 } \\ { ees4 d << bes2 f'2 >> << c ees >> } >> 
    << { << g1 g,1 >> g'2 } \\ { d2 b4 c << d2 g,2 >> } >> 
    << { c'1 c2 } \\ { << g1 c,1 >>  << g'2 c,2 >> } >>

}

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    \set PianoStaff.instrumentName = #"No. 19"
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20. Pavana the Sixte: Kinbrugh Goodd [f° 80v-83v] – BK32
21. The Galliarde to the Sixte Pavian [f° 84-85v] – BK32
Si aucune des pavanes et gaillardes n'est dédiés à Lady Nevell, en revanche cette sixième l'est à Kinborough Good, fille du docteur James Good, qui épouse Robert Barnewell avant 1589. La pièce est donc datée des années 1580. Pour le schéma, Byrd brise l'alternance pavane longue, pavane courte, tout en conservant le mode : l'énoncé est de seize mesures avec six sections et en ut majeur.
La gaillarde cite une fois encore l'air Crimson Velvet, utilisée dans la première.
22. The Seventh Pavian [f° 86-88v] – BK74
Le titre complet donné par le Fitzwilliam, The Seventh Pavian, Canon 2 parts in 1, précise la technique d'écriture. Il s'agit d'un canon où la mélodie du soprano, est répétée par l'alto une quinte plus bas à la mesure suivante. Byrd orne le soprano dans les reprises variées et convie le ténor au canon. L'écriture est dense et extrêmement difficile et l'un des plus vieux témoignages du mélange des genres contrapuntique et danse. Thurston Dart a émis l'hypothèse que la pièce aurait été écrite en hommage à Thomas Tallis, mort en 1585. On ignore pourquoi le manuscrit ne comporte pas de gaillarde.
23. The Eighte Pavian [f° 89-91v] – BK17
Pavane longue de seize mesures, en la mineur ; néanmoins, chacune des trois strophes commencent par des accords en majeur. Toute la pièce est faite d'une broderie en imitation, où la main droite domine. Présente uniquement dans le manuscrit Nevell.
24. The Passinge Mesures: the Nynthe Pavian [f° 92-99] – BK2
25. The Galliarde to the Nynthe Pavian [f° 99v-105] – BK2
Byrd dans ce couple, passe à une maîtrise supérieure développant une pavane à 32 mesures, suivit de cinq variations, l'une des plus longues de l'auteur, avec près de deux-cent mesures (l'autre étant la Quadran fondée sur le Passamezzo moderno). Passinge mesures est une anglicisation du mot italien passamezzo, qui désigne la basse très utilisée sur le continent et dont on trouve dans le Dublin Virginal Book le thème sur lequel est construite la pavane, Passamezzo antico. Johnson en laisse des version pour luth. Copié aussi dans le le Foster et le Fitzwilliam avec six variations (la gaillarde est en revanche est privée de sa cinquième section).

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      g1 f g d bes' f g d g
    
    \bar "||"
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La basse est citée six fois, chaque note étant étirée sur quatre mesures. Cette particularité déroge à la structure d'une pavane où, en l'occurrence, les variations ne reprennent pas la section précédente. Néanmoins le compositeur combine dans une même pièce, avec une merveilleuse habilité, le ground, la variation et le contrepoint. Dans la seconde strophe, Byrd utilise les rythmes ternaires. L'œuvre est écrite avant la fin des années 1570 et connaît des hommages, notamment celui, impressionnant, un élève de William Byrd, Peter Philips avec la Passamezzo Pavana et la Galiarda Passamezzo datés de 1592 dans le Fiztwilliam (no 76 et no 77).
Dans la dernière strophe de la gaillarde, Byrd cite des éléments d'une gigue – en triolets de croches –, connue à l'époque sous le nom de « The Lusty gallant » ou Galant vigoureux.
26. A Voluntarie: for my ladye nevell [f° 105v-108v] – BK61
La pièce introduit la seconde partie du recueil. La table du manuscrit ajoute Voluntarie lesson. Le morceau commence par un petit prélude de sept mesures, qui affirme la tonalité de sol majeur. La fantaisie débute sous forme d'un contrepoint serré, ténor, alto, basse, soprano, puis les départs ou points en imitations, se succèdent rapidement dans les différentes tessitures, ce qui suggèrent peut-être une conception originale pour consort, excepté les quatre dernières mesures de cadence parfaitement destinées au clavier. Structure proche de la Fantaisie no 41 Connue uniquement dans le Nevell.
27. Will Yow Walke the Woods soe Wylde [f° 109-112v] – BK85
Si le texte du poème a été perdue, la mélodie populaire « Voulez-vous marcher dans les bois si sauvages ? » se trouve dans le livre de luth de Giles Lodge (1571) et l'auteur identifié à Charles Jackson. L'air survit sous le titre ultérieur de Greenwood. Orlando Gibbons en a tiré huit variations, qu'on trouvent dans le Fitzwilliam (no 40). La pièce de Byrd y est aussi présente, sous le titre de The Woods so Wild (no 67). La mélodie fait huit mesures et son harmonie passe du fa au sol majeur, ce qui se répète tout le long. Après l'énonciation dans le registre aigu de la mélodie, une brève coda conclu la pièce. Moroney ajoute que la conception peut être regroupée par cinq avec une paire de variations centrales en plus, soit : 1-5, 5-10 – 11-12 – 13-17, 18-22. L'œuvre est datée précisément dans les deux manuscrits cités, de 1590 et présente dans cinq autres manuscrits, signe évident de sa popularité. Dans le Nevell, il manque les variations 11 et 12, ajouts postérieurs. Copié aussi dans le Foster.

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upper = \relative c' {
  \clef treble 
  \key a \minor
  \time 3/2
  \tempo 2 = 76
  \autoBeamOff

    f2 f4 f2 c4 | d2 c4 a2. | b4. c8 d4 e2 d4 | g2 f4 e2 << { d4 } \\ { bes4 } >> |
    << { f'2 f4 f2 c4 } \\ { a2. a2. } >> 
    d2 c4 a2 f'4 | e2 d4 c4. b16[c] a4 | b4. c8[d c] b2.

}

lower = \relative c {
  \clef bass
  \key a \minor
  \time 3/2

    << { r4 f2 r4 f2 } \\ { f,2. f2. } \\ { c'2. c2. } >> 
    << { r4 f4 c4 r4 f4 c4 } \\ { f,2. f2. } >> 
    << { r4 g'4 d4 r4 g4 d4 } \\ { g,2. g2. } >> 
    << { r4 g'4 d4 r4 g2 } \\ { g,2. g2. } >>

    << { r4 f'2 r4 f2 }  \\ { << f,2. c'2. >> f,4. g8 a4 } \\ { s2. c2 } >> 
    << { r4 f2 r4 f2 }  \\ { bes,2 a4 f2 a4 } \\ { s2. c2. } >> 
    << { g'2. a2 fis4 }  \\ { g,4. a8 bes4 << e2 a,2 >> d4 } >> 
    << { r4 g2 r4 g2 } \\ { << d2. g,2. >> << d'2. g,2. >>  } >> 
}

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    \set PianoStaff.instrumentName = #"No. 27"
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  }
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28. The Maydens Songe [f° 113-119] – BK82
On pense que le thème a été fournit par les courtes variations anonymes, The Maiden’s Song du Mulliner Book ; en revanche les paroles de la ballade ne sont pas connus. Pendant quatre mesures dans le registre du ténor, Byrd introduit la mélodie à nue – à l'instar de Walsingham et de The Carman whistle deux pièces fameuses en variations (voir plus bas). La mélodie s'étend sur seize mesures, subdivisées en quatre phrases de quatre mesures. Dès la cinquième mesure du morceau, deux autres voix plus graves l'accompagnent. Puis à quatre voix, lorsque le dessus chante la mélodie à l'octave pour la première des huit variations. Dans la section centrale, Byrd introduit des rythmes ternaires à la main gauche, alors que la mélodie est énoncée invariablement en binaire. Mais les deux mains sont bientôt contaminées, les ondulations passant de l'une à l'autre en alternances. Dans la variation finale, Byrd multiplie les imitations dans tous les registres. Davitt Moroney pense que la pièce pourrait être datée des années 1570, ou même de la décennie antérieure. Copié aussi dans le Fitzwilliam (no 157).

\version "2.14.2"
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upper = \relative c' {
  \clef bass 
  \key a \minor
  \time 3/2
  \tempo 2 = 72
  \autoBeamOff

  \partial 1 g2 a2. | g4 a b | c2 c b | a g b a g g |
  a2. g4 a b | c2 c b | a g b | a g g c2. c4 a b |
  << { c2 c c } \\ { g1 a2 } >>
  f2. a4 g2 |
  << { f1 c'2 } \\ { s2 s2 g4. a8 } >>
  << { d1 d2 } \\ { b2 a2. g4 } >>
  << { b2 a4 g a2 } \\ { g1 fis2 } >>
  g1 g2 | g1

}

lower = \relative c {
  \clef bass
  \key a \minor
  \time 3/2

  \partial 2 r2 | s2 r1 s2 r1 s2 r1 r2 r2
  << { d2 } \\ { g,2 } >>
  << { f'2. e4 f d } \\ { d1 d2 } >>
  << { e4. d8 fis g2 } \\ { c,2 a g } >>
  << { fis'2 } \\ { d2 e4. fis8 g4 fis8 e8 } >>
  << { s2 s2 e2 } \\ { fis4 d g2 c, } >>
  << { << a'2. e2. >> e4 f2 } \\ { a,1 d2 } >>
  << { e1 f2 } \\ { c1 f,2 } >>

  << { d'2. f4 d e } \\ { bes2. f4 bes4 c } >>
  << { f2 a } \\ { << c,2 f,2 >> f' e } >>
  << {  } \\ { d2. e4 f2 } >>
  << {  } \\ { g2 d1 } >>
  << { << d4. b4. >> c8 b c d e f16 e f e f e d c } \\ { g1 c2 } >>
  << d1 b g >>

}

\score {
  \new PianoStaff <<
    \set PianoStaff.instrumentName = #"No. 28"
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  >>
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      \Score
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    }
  }
  \midi { }
}
29. A Lesson of Voluntarie [f° 119v-125v] – BK26
Si certaines sources l'intitulent Phantasia, trace de son origine de fantaisie perdue pour consort à cinq voix, il est aussi possible de lire le of comme un or (ou). Thomas Tomkins (Paris, Ms. 18547) remarque que l'œuvre est « Une excellente fantaisie de Mr Byrd, deux parties en une, à la quarte au-dessus ». Avec la septième pavane, il s'agit de la seule œuvre qui utilise l'écriture canonique de façon systématique. La seconde partie cite, par plaisanterie, une chanson populaire de l'époque, Sicke, sicke and very sicke, Malade, malade et très malade[24]. juste avant la gigue en rythmes ternaires. Quant à la troisième elle redevient sérieuse. Composée au début des années 1580.
30. The Second Grownde [f° 126-134v] – BK42
Le ground est connu sous le nom de Goodnight, Bonne nuit. Le compositeur l'avait déjà utilisé pour un consort intitulé Prelude and Ground, mais Moroney tient l'œuvre pour clavier encore plus réussie et dit-il « l’une des meilleures compositions de Byrd, [...] l’un des sommets de sa créativité ». En tout cas, c'est le ground et le plus élaboré du recueil et l'une des plus longues pièces du compositeur. La mélodie-ground fait douze mesures, subdivisées en deux couples de quatre, plus deux mesures ; les petites phrases de deux mesures aux caractères différents, jouant un rôle bien contrasté tout le long des variations. Les six à huit sont en rythmes ternaires. À la douzième variation, Byrd transporte la mélodie au soprano pour y rester jusqu'à la fin, sauf les deux petites mesures où la basse redescend dans le grave. À la seizième, Byrd conclu dans des fusées qui explorent les ambitus les plus extrêmes du clavier. Date peut-être d'avant 1580 et ne figure que dans le Nevell.
31 Have With Yow to Walsingame [f° 135-142] – BK8
Le thème sert de prétexte à vingt-deux variations en sol mineur. La populaire chanson de route « As I went to Walsingham », En allant à Walsingham, fait référence au pèlerinage de Walsingham, dédié à la vierge Marie et démantelé en 1538. Cependant, les paroles connues[25] ne correspondent pas tout à fait à la mélodie utilisée. En fait, selon Moroney, les pèlerinages étaient propices à des rencontres galantes et, comme le dit l'archevêque Percy (1765), « amenaient leurs fidèles au seul sanctuaire de Vénus[26] ». La prosodie exacte, et les mots correspondants, se trouve dans Hamlet de Shakespeare (acte IV, sc. 5), dans la bouche d'Ophélie : « Comment voir l’amour fidèle, / Un amour d’un autre ? / Par son chapeau en coquille / Et par ses sandales[27]. » Puis : « Il est mort, parti, Madame, / Il est mort, parti ; / A sa tête une tourbe verte, / À ses pieds une pierre[28]. »
Cependant, selon le musicologie Bradley Brookshire, Byrd, y aurait caché un « discours secret » adressé aux réfractaires catholiques dans l'époque élisabéthaine par « des symboles musicalement codées de vénération et de lamentation catholique[29] ». Les luthistes élisabéthains se sont aussi emparés du thème notamment Johnson qui en laisse des variations. Il n'y a pas de lien avec Sir Francis Walsingham, qui lui, était plutôt « fervent persécuteur des catholiques » (Moroney). Copié aussi dans le Foster et le Fitzwilliam (no 68). Selon les sources, datée de la fin des années 1560 ou des années 1570.

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  \clef bass
  \key d \minor
  \time 3/2
  \tempo 2 = 78
  \autoBeamOff

    bes4 c d2 c | bes g d |
  \clef treble 
    bes''4 c d2 c
    << { bes2 } \\ { s2 << bes1 f1 d1 >> } >> 
  \clef bass
    a4 bes c bes8[c] d2
    bes2 g r2
  \clef treble 
    a'4 b c b8[c] d2
    b2 << g1 d1 b1 >>

}

lower = \relative c {
  \clef bass
  \key d \minor
  \time 3/2

    << { s2 r1 } \\ { s2 r1 } >> 
    << { s2 r1 } \\ { s2 r1 } >>

    << { s1 a'2 } \\ { << bes1 f1 bes, >> f'2 } >> 
    << bes1. f1. bes,1. >>

    f'1 d2
    << { s2 s2 d4 e } \\ { g4 g,2 a4 bes c } >>

    << { fis4 g a g fis e8 fis } \\ { d2 << e2 a,2 >> d2 } >> 
    << { g1 g2 } \\ { << d1 g,1 >> << d'2 g2 >> } >>

}

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32 All in a Garden Grine [f° 142v-145] – BK56
Six variations fondées sur un thème populaire[30] dont on ne connaît pas d'autre exemple d'utilisation. Tout le long du morceau, Byrd conserve la lenteur première de la mélodie, alors que le contrepoint dès la fin de la troisième variation se précipite en vagues de double-croches. En revanche la variation six, à cinq voix, joue sur un procédé de déchant, comme souvent à la fin de ses variations. Ici, la mélodie est à l'alto, accompagnée tant au-dessus qu'au-dessous, par des figures se répondants d'un registre à l'autre. Copié dans le Fitzwilliam (no 104).
33. Lord Willobies Welcome Home [f° 145v-158v] – BK7
Qualifié de « courageux dans la bataille » et de « brave », Lord Willougby, onzième baron de Eresby († 1601) est un militaire dont les retours de campagnes sont deux fois documentés par les historiens. La date de l'œuvre se situe donc entre 1589 et 1590 lorsque Willougby « rentre chez lui » définitivement. Selon Moroney, cette page est peut être l'« une des compositions les plus nouvelles copiées dans Nevell » alors que Byrd est âgé de cinquante ans. Le thème en sol mineur, est énoncé en douze mesures, suivit de deux variations jouant sur un motif montants en croches, imités du luth. Dans le Fitzwilliam (no 68) ces variations prennent le titre de Rowland, en raison d'une gigue populaire à l'époque, Rowland and the Sexton, peut-être écrite par William Kemp, un clown et qui prend le nom de Kemp’s jig dans certains arrangements. Les deux œuvres de John Dowland, éponymes au nom du Fitzwilliam, sont plus récentes. Copié aussi dans le Foster, moins quelques mesures oubliées.
34. The Carmans Whystle [f° 149-153] – BK36
L'introduction de ce « charretier sifflotant » est énoncé d'abord en canon par le alto et la basse, puis vient seulement les douze mesures de la mélodie au soprano, harmonisée. En ut majeur. Suivent huit variations. Six des sept manuscrits-sources ont été manifestement utilisées à des fins pédagogiques car ils portent des doigtés. Johnson laisse deux versions pour luth sur le thème, avec leurs variations.
Copié dans le Foster sous le nom de Ground, le Matchett et le Fitzwilliam (no 104).
35. Hughe Ashtons Grownde [f° 153v-160v] – BK20
Hugh Aston († 1558), actif à la cour d'Henry VIII, est connu pour quelques pièces vocales fragmentaires et un Hornepype pour clavier datant de la décennie 1530 (ou avant), lequel a inspiré une autre œuvre à Byrd. Le ground provient d'une pièce pour consort intitulée Hugh Aston’s Maske, mais il est sans doute d'origine plus ancienne. Il est en la mineur et fait seize mesures. Byrd ajoute douze variations. Dans le Fitzwilliam elle apparaît sous le nom de Tregrians Ground (no 60). D. Moroney avance que ce double titre n'est pas incompatible : si la pièce est dédiée à un des Tregian, elle reste fondée sur le ground puisée dans la pièce de Hugh Aston. Pour le luth, Edward Collard, laisse un Collard’s ground basé sur le même thème que Byrd.
La pièce date de la fin des années 1570. Copié dans le Foster, intitulé juste a Ground.
36. A Fancie, for my Ladye Nevell [f° 161-165v] – BK25
Une fantaisie est un motet instrumental. Celle-ci est en ut. La première partie est en style de capriccio, et la seconde, comme la fantaisie homologue no 41, en rythmes de danses.
Probablement daté de la fin des années 1580. Copié dans le Fitzwilliam (no 103).
37. Sellingers Rownde [f° 166-173] – BK84
Ronde en sol majeur, qu'on pense basée sur une mélodie populaire irlandaise apparue vers 1543. Elle s'étend sur vingt mesures, en rythme de gigue. Dans la variation six, les quatre premières mesures sont des tierces conjointes à la mains gauche. Selon les sources anciennes, il ne faut utiliser que les deux mêmes doigts tout le long... L'œuvre qui déborde de joie et d'énergie est l'une des plus connues de Byrd et Michael Tippett lui a rendu hommage dans son Divertimento on Sellinger’s Round (1954). Enfin Glenn Gould a consacré un essai sur ce morceau où apparaît un curieux accord de si\flat à la dernière variation, ouvrant la porte à « l'émergence prochaine d'un nouveau système harmonique orienté vers la tonalité, auquel d'ici peu d'années presque toute la musique de l'époque va souscrire ». La pièce n'est pas datée et peut correspondre au début des années 1580 ou de la décennie suivante. Copié dans le Fitzwilliam (no 64).

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  \clef treble 
  \key a \minor
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  << { g2. g4. a8 b4 } \\ { s2 s2 s4 f4 } >>
  << { c'2.~ c4. d8 e4 } \\ { << g,2. e2. >> e4. f8 g4 } >>
  << { d'2 c4 b4. a8 b4  } \\ { f2 e4 d2. } >>
  << c'1. g1. e1. >>

  << { g2. g4. a8 b4 } \\ { s2 s2 s4 f4 } >>
  << { c'2. c4. d8 e4 } \\ { e,4. f8 g4 a2 g4 } >>
  << { d'2 c4 b4. a8 b4  } \\ { f2 e4 g2 f4 } >>
  << { c'2. c2 d4  } \\ { << g,2. e2. >> << g2 e2 >> f4 } >>
}

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  \clef bass
  \key a \minor
  \time 3/2

  << { d'2. c2 f,4 } \\ { << b2 g2 >>  f4 << g2 e2 >> d4 } \\ { s2 a'4 } >>
  << { g4. c8 g4~ g4. c8 g4 } \\ { c,2. c2. } >>
  << { a'4. b8 c4 } \\ { f,2 c4 g'2 g,4 } >>
  << { g'4. c8 g4~ g4. c8 g4 } \\ { c,2. c2. } >>

  << { d'2. c2 f,4 } \\ { << b2 g2 >>  f4 << g2 e2 >> d4 } \\ { s2 a'4 } >>
  << { << c2. g2. >> c2 c4 } \\ { c,2 c4 f2 c4 } >>
  << { a'4. b8 c4 d2. } \\ { f,4. g8 a4 g2. } >>
  << { g4. c8 g4~ g4. c8 g4~ } \\ { c,2. c2. } >>
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  >>
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}
Le Duc d'Alençon, toile de François Clouet
Le Duc d'Alençon (par François Clouet, 1569)
Page de la Pavane à William Peter, publiée dans le Parthenia
William Byrd : Pavane dédiée à Sir William Peter, BK 3 publiée dans le Parthenia (1611)
38. Munsers Almaine [f° 173v-180] – BK88
Modernisé en un Monsieur Alman, il s'agirait de François, duc d’Alençon et plus tard duc d’Anjou, soupirant d'Élisabeth – elle l'appelait little frogg – et mort en 1584. Trois pièces réunies à la suite dans le Fitwilliam dont elle-ci, qui y apparaît sous le nom de Variatio (no 62) forment donc trois étapes différentes. Semble dater des années 1580.
39. The Tennthe Pavian: Mr. W. Peter [f° 180v-184] – BK3
40. The Galliarde to the Tennthe Pavian [f° 184v-186] – BK3
La famille Petre est protectrice de Byrd qui dédie à John et William quelques pièces, dont celle-ci. La pavane est en sol mineur et à seize mesures et six sections. Chaque strophe proposant un voyage harmonique particulier et très riche.
Copié dans le Foster. Ce couple est inclus, quelque peu révisé, dans le Parthenia (1611) et augmenté d'un petit prélude. Il s'agit des uniques pièces du Nevell qui y soient reprises, en première place qui plus est. Leur présence dans le recueil imprimé de 1611, démontre « la haute estime » dans laquelle il tenait ces œuvres[31]. — L'exemple ci-dessous reproduit la sixième et dernière section de la gaillarde.

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  \clef treble 
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  \set Score.currentBarNumber = #41
  \set Staff.midiInstrument = #"recorder"

    a4. bes8 c[a d bes] c[a] f4
    << { bes4 a4. c8 d[bes] c[a] r8 d8 } \\ { f,2 s2 s4 f4 } >> 
    << { f'8[d e cis] a4 d2 cis4 } \\ { a2 s8 e8 f[d] a'[g] e4 } >>

    << { d'4. g,8 a c bes g d'2 } \\ { fis,4. s8 s2 a8 fis d a' } >> 
    << { d2 s2 d4 r8 f8 } \\ { g,4 r4 r8 c8 bes g a fis d4 } >> 
    << { ees'8 c d b g4 c bes8. a16 bes[g a bes] } \\ { s2 r8 f << g ees >> c << g'8. d8. >> } >>

    c'16[d ees f] ees[d c bes] a[bes a g] a[g fis e] fis8 g4 fis8 
    r16 g16[a b] c[d e f] g[f d e] f[e d c] b[c d c] b8[a]

   
    << g\breve d\breve b\breve \fermata >>

}

lower = \relative c {
  \clef bass
  \key g \minor
  \time 3/2
  \set Staff.midiInstrument = #"recorder"

    << { c'2 a4 bes a4. c8 } \\ { f,1 f2 } >> 
    << { d'8 bes c a f4 bes4 a4. c8 } \\ { r4 f,2 bes,4 f'2 } >> 
    << { d'4 cis4. s8 s4 a2 } \\ { d,4 a'2 << a4 d,4 >> << e2 a,2 >> } >>

    << { a'2 fis4 g fis4. c'8 } \\ { d,2. g,4 d'2 } >> 
    << { bes'8 g a fis d4 g fis2 } \\ { g4 d2 g,4 d'2 } >> 
    << { g2. g4 g bes } \\ { c,4 b s4 << ees c >> << d g, >> g' } \\ { s4 d2 } >>

    << { g4 c2 bes4 a2 } \\ { ees4 c d1 } >> 
    << { g2 g4 d r8 g4 fis8 } \\ { << d2~ g,2~ >> << d'2 g,2 >> << g4 d'4 >> d } >> 
    \cadenzaOn
    << g\breve d\breve g,\breve \fermata >>
    \bar "|."
}

\score {
  \new PianoStaff <<
    \set PianoStaff.instrumentName = #"No. 40"
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  >>
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  }
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41. A Fancie [f° 186v-190v] – BK46
Fantaisie en mineur. La première partie à quatre voix, est écrite dans le style vocale, constitué de deux points d'imitation que Byrd exploite tout du long. Le second motif, introduit à l'alto n'est autre que l'intonation du Salve Regina. Ainsi transparaissent discrètement ses inclinations religieuses. La seconde partie est en rythmes de danses jusqu'à la conclusion de sept mesures, anticipation d'une génération du stylus fantasticus des toccatas italiennes, avec ornementations et gammes montantes et descendantes de double-croches. Copiée avec quelques amélioration dans le Ms. Weelkes. Composée vers 1590.

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  \clef treble 
  \key f \major
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  \set Staff.midiInstrument = #"recorder"

    << {  } \\ { r1 r1 a'1 } >> 
    << { r2 d1 cis2 d2. c8 bes } \\ { g1 a d,2 g2 } >> 
  \time 4/2
    << { a4 c bes g bes2 a2~ } \\ { fis2 g d2. c4 } >> 
  \time 6/2
    << { a'4 g d'1 cis2 d2. a4 } \\ { d,2. s4 s2 g1 fis2 } >> 
    << { bes4 g bes1 a2 a1 } \\ { g2. f8e d4 g f d f2 e~ } >> 
    << { a1 a1 r1 } \\ { e4 d f2~ f2 e2. d4 d2 } >> 
    << { r1 r2 a'2 g a~ } \\ { cis,2 e1 d1 cis2 } >>

}

lower = \relative c {
  \clef bass
  \key f \major
  \time 6/2
  \set Staff.midiInstrument = #"recorder"

    << { d'1 cis2 d2. c8 bes8 c4 } \\ { r1*3 } >> 
    << { bes4 g bes2 a2. a4 bes2 g } \\ { r1*3 } >> 
    << { d'2 } \\ { r2 g,1 fis2 } >> 
    << { bes2. r4 a2 g4 a2 g4 a2 } \\ { g2. f8 e d4 f e2 d1 } >> 
    << { g2. a4 bes g d'2 a2. g4 } \\ { g,1 r2 d'1 cis2 } >> 
    << { a'2.s4 r2 a1 g2 } \\ { << f2. d2. >> c8 bes8 a4 d c a c2 bes } >> 
    << { a'2. g8 f e4 g f d e1 } \\ { a,1 r1 r2 a2 } >>

}

\score {
  \new PianoStaff <<
    \set PianoStaff.instrumentName = #"No. 41"
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  >>
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      \Score
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    }
  }
  \midi { }
}
42. A Voluntarie [f° 191] – BK27
Malgré le titre, il s'agit d'une fantaisie comme le précédent numéro, mais en ut et à trois voix, augmenté à quatre pour les deux dernières mesures. Œuvre de jeunesse, des années 1560 que Moroney qualifie de « l’un de ses premiers chefs-d’œuvre[32] », elle ne présente dans le Nevell que la seconde partie, mais c'est peut-être Byrd lui-même qui a coupé la pièce confronté au mode différent de la et au style démodé. Souvent jouée à l'orgue, elle offre tout le caractère brillant de sa conclusion pour terminer le recueil.

Galerie[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Éditions[modifier | modifier le code]

  • My Ladye Nevells Booke of Virginal Music. Édité par Hilda Andrews, introduction de Blanche Winogron. Dover, New York 1969. (ISBN 0-486-22246-2)[33]
Reproduction du texte de Hilda Andrews paru aux éditions J. Curwen & Son, Londres 1926.
  • William Byrd, Keyboard Music vol. 1 & 2 - Alan Brown (éd), Musica Britannica vol XXVII & XXVIII. Stainer and Bell. Londres 1969 & 1971, 2e éd. révisée 1976.

Monographies[modifier | modifier le code]

  • (en) Oliver Neighbour, The Consort and Keyboard Music of William Byrd. Faber, Londres 1978.
  • (en) John Harley, My Ladye Nevell revealed, Music & Letters 86, 2005. p. 1-15.
  • (en) Charles Van den Borren, Sources of Keyboard Music in England. Novello 1914.

Notes discographiques[modifier | modifier le code]

  • (en)(fr) Davitt Moroney (clavecin) (trad. Moroney), « William Byrd, L'Œuvre pour clavier », Londres, CDS44461/7, p. 103-194, Hypérion, 1999 (Lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

  • My Ladye Nevells Booke - Christopher Hogwood, clavecin, clavicorde, orgue (1976 - 3CD L'Oiseau-Lyre/Decca)
  • Pavans et Gaillards, les dix pavanes et galliardes - Davitt Moroney, clavecin (mai 1986 - 2CD HM 901241.42)
  • Intégrale de l'œuvre pour clavier - Davitt Moroney, clavecin, muselard, virginal, clavicorde, orgue (entre 1991 et 1997 - 7CD Hyperion CDS44461/7)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Présentation multimédia, accessible aux anglicistes par les descriptions de chacune des pages (écrit et sonore), et aux non anglicistes par des exemples musicaux assez nombreux.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Davitt Moroney 1999, p. 106
  2. www.hoasm.org
  3. Reproduction des armes de Lady Nevell
  4. Reproduction sur [1] ou [2]
  5. « finished & ended the leventh of September in the yeare of our Lord God 1591 & in the 33 yeare of the raigne of our sofferaine ladie Elizabeth by the grace of God queene of Englande etc, by me Jo. Baldwine of Windsore. Laus deo. »
  6. :« whose greate skill and knowledge, do the excelle all at this tyme
    and farre to strange countries, abroade his skill dothe shyne. »
  7. Cette page donne les noms des possesseurs du manuscrit et son prix d'acquisition (plus de 400 000 livres) (en) http://www.artfund.org/supporting-museums/art-weve-helped-buy/artwork/9613/my-ladye-nevells-booke On y voit notamment Charles Burney pour le XVIIIe siècle.
  8. http://imslp.org/wiki/A_Plain_and_Easy_Introduction_to_Practical_Music_(Morley,_Thomas)
  9. Christopher Simpson, A Compendium or Introduction to Practicall Music, 1677, p. 74
  10. Thomas Mace, Musick’s Monument (1676) p. 129).
  11. a et b Thomas Morley, A Plaine and Easie Introduction to Practicall Musicke, Londres 1597, p. 181.
  12. Voir un traité de danses de Thoinot Arbeau, Orchesographie et traicte en forme de dialogue, par lequel toutes personnes peuvent facilement apprendre & practiquer l'honneste exercice des dances, publié en 1589.
  13. Davitt Moroney 1999, p. 118
  14. Thomas Mace, p. 129
  15. Davitt Moroney 1999, p. 120
  16. Neighbour (1978).
  17. Davitt Moroney 1999, p. 188
  18. Ce titre serait la corruption de Colleen oge Asthore, une vieille ballade irlandaise qui raconte le malheur d'un aveugle qui ne peut admirer la jeune fille qu'il aime. Selon Kathleen Hoagland (éd), One Thousand Years of Irish Poetry. New York, 1947 p. 267) Colleen Oge Asthore est évoqué dans le Henry V de Shakespeare (acte IV, sc. 4) : « Quality? Calen O Casture me. » Charles Villiers Stanford vers 1882, a arrangé la mélodie sur des paroles de Alfred Perceval Graves (1846–1931).
  19. La ballade populaire Browning, my dear commence ainsi : « The leaves be green, the nuts be brown, / They hang to high, they will not come down.
    Les feuilles sont vertes, les noix sont brunes, / Ils pendent du haut, ils ne s'abaisserons pas.
     »
  20. Neighbour (1978) p. 174.
  21. « The hunt is up, the hunt is up, / And it is well night day; / And Harry our King has gone hunting / To bring his deer to bay. / The east is bright with morning light, / And darkness it is fled; / And the merry horn wakes up the morn / To leave his idle bed. »
    « La chasse est ouverte..., / Le jour point déjà, / et Harry notre roi est parti à la chasse / Pour mettre son cerf aux abois. / L'Est s'illumine avec la lumière du matin, / Et l'obscurité a fui; / Et la corne joyeuse réveille le matin / Pour quitter le repos de son lit. etc » William Gray († 1557)
  22. Fiche du Mus. 371 de la Christ Church Library d'Oxford.
  23. Morley (1597), p. 156
  24. La ballade populaire se déroule par une mauvaise nuit en mer et a pour titre Captain Car « Sick, sick and very sick, / And sick and like to die; / The sickest night that I abode, / Good Lord have mercy on me. »
    « Malade, malade et très malade, / Et malade et comme mort; / Maladif la nuit je demeurais, / Bon Seigneur, aie pitié de moi. » Shakespeare dans Beaucoup de bruit pour rien fait allusion à cette ballade (acte III, sc. 4). Héro parle : « Why, how now! Do you speak in the sick tune? »
    « Comment donc ! vous parlez sur un ton mélancolique ? » À quoi Béatrice répond : « I am out of all tune, methinks. »
    « Je suis hors de tous les autres tons, il me semble. ». Selon [3] les événements décrits par la ballade ont eu lieu en 1571. Par ailleurs, un morceau intitulée Sick, Sick a été autorisée [à la publication] en 1578.
  25. Extrait du texte de Walsingham : « As I went Walsingham, / To the shrine with speede / Met with a jolly palmer / In a pilgrime's weede. / Now God save you jolly palmer ! / Welcome lady gay, / Oft have I Sued to thee for love, / Oft have I said you nay. – As ye from the Holy Land of Walsingham. / Met you not witch my true love by the way as you came ? / How schould I know your true love that have met many a one. / As I came from the Holy Land, that have come, that have gone. »
    « En allant à Walsingham, / Vers le sanctuaire me hâtant, / J'ai rencontré un gai pénitent, / En bure de pèlerin. / Dieu vous garde gai pénitent ! / Bienvenue joyeuse dame, / J'ai souvent voulu que tu m'aimes, / Et j'ai refusé souvent. – En revenant de la Terre Sainte de Walsingham, Chemin revenant as-tu rencontré mon bien-aimé ? Comment reconnaître ton aimé, il y en avait tant, Sur le chemin de la Terre Sainte, qui s'en revenait, qui s'en allait. » L'expression palmer désigne un pèlerin ayant effectué le voyage en Terre Sainte, qui communément ramenait une branche de palmier.
  26. Davitt Moroney 1999, p. 144
  27. « How should I your true love know / From another one? / By his cockle hat and staff / And his sandal shoon. »
  28. « He is dead and gone, lady, / He is dead and gone ; / At his head a grass-green turf, / At his heels a stone. »
  29. Bradley Brookshire, Bare ruined quiers, where late the sweet birds sang, in Walsingham in Literature and Culture from the Middle Ages to Modernity, Ashgate Publishing, 2010 p. 199.
  30. All in a Garden green est une ballade populaire dont le texte est le suivant : « My fancie did I fire in faithful from and frame: / In hope ther shuld no blustring blast have power to move the same. / And as the gods do know, and world can witnesse beare: / I never served other saint, no Idoll other where. / Yonder thou seest the sun / Shine in the sky so bright, / And when this day is done, / And cometh the dark night, / No sooner night is not / But he returns always, / And shines as bright and hot / As on this gladsome day. / He is no older now / Than when he first was born; / Age cannot make him bow, / He laughs old time to scorn. »
    « J'ai mis mes rêves à feu, j'ai juré d'être fidèle : / Et des boulets enflammés ne pourraient m'en faire changer. / Et les dieux le savent bien, et je prends le monde à témoin : / Jamais d'autre saint n'ai servi ni d'idole d'ailleurs qu'ici. / Là-haut, vois le soleil / Qui nous darde de ses feux. / Après l'heure du sommeil / Noire comme le corbeau / L'aube point et bientôt / Il resurgit au ciel / Aussi brillant et chaud / Qu'hier, ou que tantôt. / Aussi jeune aujourd'hui / Qu'à son premier instant ; / L'âge ne l'a pas vieilli / Il fait la nique au temps. »
  31. Alan Brown, p. 7 du livret du disque de Bertrand Cuiller, Mr Tomkins, his Lessons of Worthe. 2011 - Mirare MIR 137.
  32. Davitt Moroney 1999, p. 108
  33. Aperçu : http://books.google.fr/books?id=cbzd_rWiZnkC&lpg=PP1&hl=fr&pg=PP7#v=onepage&q&f=false