Mustafa Suphi

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Portrait de Mustafa Suphi

Mustafa Suphi, né en 1883 à Giresun en Empire ottoman et mort le 23 janvier 1921 en mer Noire, est le premier président du comité central du Parti communiste de Turquie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Mustafa Suphi est né en 1883 à Giresun, dans une province de Trabzon. Il fut scolarisé dans une école à Jérusalem puis continua le collège à Damas. C'est à Erzurum, qu'il fut scolarisé pour le lycée. En 1905, il fut diplômé de droit à l'université d'Istanbul. Par la suite, il fut diplômé de science politique à Paris.

Pendant sa présence en France, il fut très influencé par des hommes de pensées et des sociologues tel que Jean Jaurès, et Celestin Bougle. À cette époque, Mustafa Suphi aurait été en contact proche avec le Comité d'union et de progrès (İttihat ve Terakki Cemiyeti), une société secrète qui a lutté contre l'Empire ottoman. D'ailleurs, il fut même journaliste pour le journal Tanin qui était connu pour être proche du CUP.

Son engagement en Turquie[modifier | modifier le code]

Son retour en Turquie en 1908, coïncide avec la promulgation de la seconde Constitution de l'Empire ottoman. À Istanbul, il continue d'être journaliste pour le Tanin mais aussi pour d'autres journaux comme Servet-i Fünun et Hak. En parallèle de cela, il enseigne le Droit et les Sciences Économiques dans des établissements comme l’École de Darülmuallimin, le lycée de Galatasaray, et le Ticaret Mekteb-i (ancêtre de l'université de Marmara).

Mustafa Suphi participe en 1911 au congrès du CUP en tant que délégué de l'Anatolie. C'est à après le congrès que ses désaccords ont lieu avec le CUP. Il devient de plus en plus critique à l'encontre de l'organisation et la quitte en 1912 pour fonder avec Ahmet Ferit Tek et Yusuf Akçora le Millî Meşrutiyet Fırkası.

Suphi fut victime en 1913 de la vague d'exode forcé qui toucha les opposants à l'Empire ottoman. Il fut exilé à Sinop, une presqu'île au bord de la mer Noire.

Exil[modifier | modifier le code]

Mustafa Suphi embrasse l'idéologie communiste vers 1914. C'est ce qui le conduira avec quelques amis à fuir vers la Russie grâce à une embarcation de fortune. À son arrivée en Russie, il fut accueilli comme un Réfugié Politique mais après le début de la Première Guerre mondiale il fut envoyé à l'exil du fait de sa nationalité ottomane. Durant son exil, il fait la connaissance de révolutionnaire turc et de bolcheviques. En même temps, il mène un travail politique au sein des soldats ottomans d'Anatolie emprisonnés par la Russie.

Après la Révolution d'Octobre, il se rend à Moscou pour devenir le secrétaire de Mirsäyet Soltanğäliev, un assistant du commissaire du peuple de l'époque Joseph Staline. Il continue toujours à mener un travail politique en direction des soldats turcs ainsi que des Turcs d'origine russe, à Crimée et à Odessa. Il participer à la guerre civile de Russie avec une armée composée d’anciens soldats de l'Empire ottoman.

Le vrai travail de Mustafa Suphi en faveur de l'Anatolie débute vraiment en 1920 avec son arrivé à Bakou. Le 10 septembre 1920, il forme avec 75 délégués venus de 15 régions différentes le Parti Communiste de Turquie. Le PCT de Mustafa Suphi fut le premier parti communiste dans l'histoire de l'Empire ottoman et de la Turquie.

Mustafa Suphi fut l'un des deux premiers représentants turcs de la délégation turque aux deuxièmes congrès du Komintern. Il fut président de séance de la première réunion des pays du Sud réunissant plus de 2 000 personnes, dont 235 personnes venues de Turquie. À cette époque l'URSS fait confiance à Mustafa Suphi et voit en lui le chef du mouvement communiste en Anatolie. C'est donc naturellement que le PCT prend la décision d'intensifier le travail en Anatolie et de donner un sens au mouvement communiste en Turquie.