Muséum d'histoire naturelle de Grenoble

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Muséum d'histoire naturelle de Grenoble
Image illustrative de l'article Muséum d'histoire naturelle de Grenoble
Informations géographiques
Pays Drapeau de la France France
Ville Grenoble
Adresse 1 rue Dolomieu, 38000 Grenoble, France
Coordonnées 45° 11′ 17″ N 5° 44′ 07″ E / 45.18799, 5.73519 ()45° 11′ 17″ Nord 5° 44′ 07″ Est / 45.18799, 5.73519 ()  
Informations générales
Date d’inauguration 1851 (institution)
Collections Sciences naturelles
Superficie 3000 m²
Protection  Inscrit MH (1944)
Informations visiteurs
Nb. de visiteurs/an 65 569[1](2012)
Site web Site officiel

Géolocalisation sur la carte : Grenoble

(Voir situation sur carte : Grenoble)
Muséum d'histoire naturelle de Grenoble

Le Muséum d'histoire naturelle de Grenoble est un musée municipal de la Ville de Grenoble fondé en 1851. Depuis l'ouverture du bâtiment en 1855, il présente au public un riche patrimoine naturel, notamment alpin. Ses collections sont composées de plusieurs centaines de milliers d'objets dans les disciplines de la botanique, de la zoologie, de la géologie ou encore de l'ethnologie.

Historique[modifier | modifier le code]

Le Cabinet d’histoire naturelle de Grenoble[modifier | modifier le code]

En 1772, des notables grenoblois, parmi lesquels se trouve le docteur Henri Gagnon (1728-1813), grand-père maternel de Stendhal, lancent une souscription visant à faire l’acquisition de la bibliothèque de feu Monseigneur Jean de Caulet, évêque de Grenoble. Grâce à ce fonds, une bibliothèque publique sera créée l’année suivante dans l’ancien collège des Jésuites (actuel lycée Stendhal).

Le docteur Gagnon rédige un mémoire adressé au conseil de direction de la bibliothèque pour qu’y soit annexé un Cabinet d’histoire naturelle. En 1775 est publié un « prospectus pour l’établissement d’un Cabinet d’histoire naturelle ». Le texte déclare notamment : À peine jouit-on des avantages que procure une Bibliothèque publique, qu’on désire voir former tous les établissements qui peuvent faciliter le progrès des connaissances : celui d’un Cabinet d’Histoire Naturelle est tellement attendu que beaucoup de citoyens éclairés et des personnes en place ont déjà fait des collections particulières, qui par leur réunion sont en état de former une suite intéressante. […] Dès que le projet de joindre à la Bibliothèque publique un Cabinet d’Histoire naturelle a été formé, MM. les Administrateurs du Collège se sont empressés d’y coopérer par la concession d’un local vaste, commode et attenant à la Bibliothèque.

Le père Étienne Ducros, ami et protégé d’Henri Gagnon, devient le second bibliothécaire et premier « garde du cabinet d’histoire naturelle ».

Les collections du père Ducros lui-même, les minéraux de Christophe Pajot de Marcheval (1724-1792), intendant du Dauphiné, et les objets du cabinet de curiosités de l’abbaye de Saint-Antoine constituent les premières collections.

Jacques-Joseph Champollion-Figeac de 1807 à 1816 puis Pierre Antoine Amédée Ducoin (1777-1851) de 1816 à 1825 se succèdent ensuite à la tête de la Bibliothèque de Grenoble et donc du Cabinet d'histoire naturelle (il faut entendre à l'époque "Bibliothèque" comme bibliothèque ET cabinet d'histoire naturelle).

L’institution tout d'abord privée devient municipale en 1814.

Le médecin Albin Crépu (1799-1859) devient à son tour garde du Cabinet d'histoire naturelle de Grenoble à partir de 1825. Il exerce jusqu’en 1847 la double fonction de garde du Cabinet d’histoire naturelle et de professeur de botanique au Jardin des plantes. C’est sous sa direction que la Ville de Grenoble fera l’acquisition de l’herbier de Dominique Villars (1745-1814).

En 1847, Albin Crépu est évincé au profit de Louis Hippolyte Bouteille (1804-1881).

Le Muséum dans ses locaux actuels[modifier | modifier le code]

Façade sur la rue Dolomieu

Le 9 juin 1845, le maire de Grenoble, Frédéric Taulier, fait un exposé au conseil municipal sur la création d'un nouveau bâtiment pour les collections du musée[2]. Le 3 décembre, il prend la décision d’agrandir le Cabinet. Changement de taille et de lieu, mais aussi de nom : le Cabinet devient Muséum.

Le nouveau bâtiment est construit dans le Jardin des plantes de Grenoble, en périphérie de la ville près des remparts (actuelle rue Dolomieu). En ordre toscan, il est conçu par l’architecte municipal Paul Benoît Barillon et est achevé en 1855. Une colonnade en pierre de l'Échaillon orne la façade côté parc.

Une longue salle ornée de boiseries et entourée d’une mezzanine occupe toute la longueur du premier étage. À partir de 1871, seize médaillons en terre cuite qui ont été commandés au sculpteur Charles Aimé Irvoy (1824-1898) complètent la décoration de la salle : ils représentent les portraits de scientifiques de diverses époques et nationalités, depuis Aristote jusqu’à Coenraad Jacob Temminck (1778-1858), en passant par Dominique Villars (1745-1814) ou Alexander von Humboldt (1769-1859).

Un parc zoologique est créé dans le Jardin des plantes. Les différents conservateurs qui se succèderont à la tête du muséum seront également chargés du zoo, jusqu’à l’extinction progressive de ce dernier à partir de la Seconde guerre mondiale.

La rénovation (1986-1989)[modifier | modifier le code]

L'éléphante Eulalie à l'entrée
Le Jardin des Plantes

L’encombrement progressif des salles sous l’afflux des collections et le vieillissement de ces dernières ont fini par rendre indispensable une rénovation complète des expositions. Grenoble est parmi les premiers muséums de province à procéder à cette lourde opération. La grande salle et ses boiseries ont été conservées, les grandes vitrines dans lesquelles s’accumulaient les spécimens étant pour la plupart remplacées par des dioramas au style épuré. Une jeune éléphante, baptisée pour l'occasion Eulalie, accueille désormais les visiteurs.

À l'intérieur du périmètre des 2,2 hectares du Jardin des Plantes, un nouveau bâtiment abritant l'administration est construit et le bâtiment de l’orangerie à proximité est réservée aux expositions temporaires. La fréquentation annuelle moyenne des dernières années est d'environ 70 000 visiteurs.

Les expositions permanentes actuellement visibles par le public sont les suivantes :

  • Montagne vivante : la faune alpine
  • Genèse des Alpes : géologie régionale
  • Sites minéralogiques : minéralogie régionale
  • Cristal Symphonie : minéralogie internationale
  • Ils disparaissent de l'échiquier : les espèces menacées et éteintes
  • Le carnaval des insectes : entomologie
  • Paroles de terre : paléontologie

Le muséum dispose d'une bibliothèque scientifique publique, spécialisée dans le domaine des Sciences de la Nature, et riche d'un fonds patrimonial important[3].

Façades et toitures en bordure du jardin des Plantes font l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 24 janvier 1944[4].

Gardes et conservateurs du Cabinet puis du Muséum[modifier | modifier le code]

  • 1775-1807 : Etienne Ducros (1735-1814)
  • 1808-1816 : Jacques Joseph Champollion-Figeac (1778-1867). Secondé par son frère Jean-François Champollion de 1811 à 1816.
  • 1816-1819 : Amédée Ducoin
  • 1819-1821 : Jacques Joseph Champollion-Figeac. Secondé par son frère Jean-François Champollion.
  • 1825-1847 : Albin Crépu (1799-1859)
  • 1847-1881 : Louis Hippolyte Bouteille (1804-1881)
  • 1881-1885 : Léon Penet
  • 1885-1887 : Adolphe Pellat
  • 1887-1919 : Louis Rérolle (1849-1928)
  • 1919-1940 : Victor Piraud (1878-1955)
  • 1940-1978 : Maurice Breistroffer (1910-1986)
  • 1978-2010 : Armand Fayard (1946- )
  • 2011-  : Catherine Gauthier (1971- )

Collections importantes[modifier | modifier le code]

  • Dominique Villars (1745-1814) (botanique)
  • Auguste Mutel (1795-1847) (botanique)
  • Jean Maurice Casimir Arvet-Touvet (1841-1913) (botanique)
  • Émile Gueymard (1788-1869) (géologie)
  • Albin Gras (géologie)
  • Joseph Jacquet (1872-1946) (entomologie)
  • Victor Guédel (1850-1938) (entomologie)
  • Louis Lavauden (1881-1935) (zoologie)
  • Marcel Couturier (1897-1973) (zoologie)
  • Clot-Bey (1793-1868) (zoologie)
  • Louis Arnoux (1814-1867) (zoologie, ethnologie océanienne)
  • Comte Louis de Saint-Ferriol (1814-1877) (ethnologie, zoologie)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ville de Grenoble, Grenoble, guide d'architecture et d'urbanisme, archives et documents de 1770 à 1851, fascicule N°1, 1990, ISBN 2-908624-01-X
  • Joëlle Rochas. Muséum de Grenoble : une histoire naturelle,édité par le Muséum de Grenoble, 2008 (ouvrage adapté de la thèse de l'auteur).
  • Joëlle Rochas. Les origines scientifiques du Muséum d'histoire naturelle de Grenoble (1773-1855), édité par le Muséum de Grenoble, 2002.
  • Bernard Serra-Tosio. Brève histoire de la zoologie à l'université et au muséum de Grenoble Bulletin du Bio-Club, n°26 (1998).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]