Muséum d'histoire naturelle d'Aix-en-Provence

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Muséum d'histoire naturelle d'Aix-en-Provence
Façade de l'hôtel Boyer d'Éguilles abritant le Muséum d'histoire naturelle d'Aix-en-Provence.
Façade de l'hôtel Boyer d'Éguilles abritant le Muséum d'histoire naturelle d'Aix-en-Provence.
Informations géographiques
Pays Drapeau de la France France
Ville Aix-en-Provence
Adresse Hôtel Boyer-d'Éguilles
6, rue Espariat
13 100 Aix-en-Provence
Coordonnées 43° 31′ 41″ N 5° 26′ 56″ E / 43.52806, 5.4488943° 31′ 41″ Nord 5° 26′ 56″ Est / 43.52806, 5.44889  
Informations générales
Date d’inauguration 4 mai 1839
Collections paléontologie
préhistoire
botanique
ethnologie
zoologie
phrénologie
minéralogie
Superficie 1600 m2
Informations visiteurs
Nb. de visiteurs/an 30 000
Site web http://www.museum-aix-en-provence.org/

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Muséum d'histoire naturelle d'Aix-en-Provence

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Muséum d'histoire naturelle d'Aix-en-Provence

Le Muséum d’histoire naturelle d'Aix-en-Provence, fondé par le géologue Henri Coquand en 1838, est un musée situé à Aix-en-Provence. Il est installé depuis 1950 dans le prestigieux Hôtel Boyer-d’Éguilles, monument historique datant du XVIIe siècle, dans lequel séjourna le célèbre botaniste aixois Joseph Pitton de Tournefort. Il accueille chaque année 30 000 visiteurs venus admirer ses imposantes collections paléontologiques, zoologiques ou encore ethnographiques.

Historique[modifier | modifier le code]

En 1838, Madeleine Carle, veuve d'un pharmacien aixois collectionneur de curiosités, et notamment d'espèces d'oiseaux exotiques, propose à la municipalité d'Aix d'acheter cette collection. Sous l'impulsion du maire d'Aix Antoine Aude, un cabinet d'histoire naturelle est fondé[1]. D'autres scientifiques de la ville cèdent aussi au cabinet une partie de leur collection : le père de Gaston de Saporta, mais aussi Hippolyte de Fonscolombe, et d'autres. Le cabinet est dirigé par le géologue Henri Coquand[2].

Le 4 mai 1839, son ouverture est annoncée par Le Mémorial d'Aix, journal local. Il occupe alors deux salles du premier étage de l'hôtel de ville. Alors qu'Henri Coquand vient d'être reçu docteur ès-sciences, il doit quitter Aix pour Paris et est remplacé à la tête du cabinet par Léon Martin[3]. Divers dons vont venir compléter la collection au fil des années. Mais avant la mort de son troisième conservateur, Camille Léon Mesplès, en 1893, le Muséum n'est plus guère entretenu et les visiteurs sont moins nombreux[2].

Gaston de Saporta (1823-1895)

En 1892, Louise Rostan d’Abancourt (1848-1903) va proposer à la ville une colossale collection incluant des minéraux, des fossiles, des coquillages et divers objets de la Préhistoire. La même année, son ami, le docteur Philippe Aude fait à son tour un don important. Ces deux dons sortent le Muséum de la léthargie dans laquelle il sombrait lentement et c'est ainsi que le 10 novembre 1895, les collections sont transférées dans une salle du musée des Peintures[4], dénommée pour l'occasion « salle Louise Rostan d’Abancourt ». De nouveaux dons sont adressés au Muséum, notamment du paléobotaniste aixois Gaston de Saporta[2], ami de Louise Rostan d’Abancourt[3], qui aura lui aussi beaucoup œuvré pour héberger les collections dans un lieu digne d'elles, mais qui mourra quelques mois avant l'inauguration. Louise Rostan d’Abancourt se rend pourtant compte que l'étroite salle qui a été accordée aux collections ne peut être satisfaisante. Elle continue donc à militer et obtient du maire d'Aix la promesse qu'un bâtiment sera construit pour abriter ce musée. Malheureusement, elle meurt en 1903, avant d'avoir vu la concrétisation de ses efforts[3].

Finalement, un bâtiment est érigé au boulevard du Roi-René et inauguré le 9 avril 1905 par le maire d'Aix, Joseph Cabassol. Ce jour, 5 000 personnes visitent l'exposition. Le musée ferme pendant la Première Guerre mondiale et ne rouvre qu'en 1921, après une rénovation[3]. Le Muséum restera dans ces murs jusqu'en 1936. Dans les années 1920, le Muséum d'histoire naturelle d'Aix-en-Provence est considéré comme le cinquième muséum de France[2].

Durant l'été 1936, les collections sont brutalement déménagées du bâtiment, sous la direction de Louis Durand, son conservateur, pour permettre l'installation de l'armée dans les locaux. Les promesses d'un relogement rapide seront sans suite, du fait de l'arrivée de la Seconde Guerre mondiale. À la libération d'Aix-en-Provence, en 1944, un incendie dans l’école Dombre détruit une partie des collections du Muséum, et notamment des collections d’entomologie, d’ethnologie et de préhistoire[2].

La nomination de Raymond Dughi au poste de conservateur bénévole va permettre d'envisager une renaissance du Muséum. La municipalité cherche un nouveau local et décide, le 8 février 1950, de louer le premier étage de l'hôtel Boyer-d'Éguilles[5], ayant appartenu à Jean-Baptiste Boyer d’Éguilles. Une grande partie des collections est restaurée et les locaux aménagés durant trois années. Enfin, le 17 avril 1953, les locaux de l'hôtel Boyer-d'Éguilles sont inaugurés. La découverte dans les années 1950 d'œufs de dinosaures dans le massif de la Sainte-Victoire, unique en France[6], va contribuer à asseoir définitivement la popularité du Muséum[2].

Malgré la qualité du bâtiment qui abrite aujourd'hui le Muséum d'histoire naturelle d'Aix-en-Provence, les collections sont si importantes qu'elles ne peuvent être toutes exposées, faute de place. Pour cette raison, en 2001, la municipalité met à la disposition du musée un hangar de 700 m2 contenant 1 500 mètres de rayonnage[3].

Il est aujourd'hui question de déménager le musée et ses collections dans l'ancienne salle de spectacle "Stadium de Vitrolles", située peu après la gare TGV d'Aix et d'intégrer le tout à un parc à thème sur les sciences naturelles.

Description[modifier | modifier le code]

Collections[modifier | modifier le code]

Jules Dumont d'Urville (1790-1842).

Ce musée comprend les collections de :

Paléontologie[modifier | modifier le code]

Crâne de Velociraptor, crétacé supérieur (78 à 70 millions d'années)
(Djadochta, Mongolie), Musée d'histoire naturelle d'Aix-en-Provence.

La paléontologie figure dans les collections du muséum dès sa création en 1838, grâce au don de Victor Coquand. Aujourd'hui, le muséum possède plus de 70 000 spécimens liés à cette discipline. On y trouve par exemple les restes d'un Rhabdodon découvert à Vitrolles ou d'un titanosaure venant de Trets. Beaucoup de squelettes de dinosaures, de crocodiles, de tortues et de mammifères sont exposés. Le muséum possède aussi une collection de plus de 350 dents de squales datées du Miocène[7]. La collection d'œufs fossiles d'allosaures se situe également dans la salle de paléontologie[8]. La collection paléontologique du Muséum en fait l'un des plus importants musées de France avec le musée des dinosaures d’Espéraza (Aude)[1].

Le don de Louise Rostan d'Abancourt compte de nombreux invertébrés, parmi lesquels un stromatolithe, des trilobites, des orthoceras ou des gastéropodes, mais aussi des fossiles régionaux[7].

Enfin, les collections de paléobotanique de Gaston de Saporta sont particulièrement remarquables, auxquelles s'ajoutent 3 000 plantes fossiles des environs de Manosque offertes par François Ducros dans les années 1950[7].

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Les collections préhistoriques du Muséum d'histoire naturelle concernent essentiellement la zone géographique de l'Afrique du Nord. Elles résultent de dons d'Ernest Gustave Gobert et de Gabriel Camps. 60 % du fonds archéologique est constitué de pièces lithiques d'Afrique du Nord. Le muséum possède également plusieurs moulages de crânes d'hominidés[9].

Botanique[modifier | modifier le code]

Le Muséum d'histoire naturelle possède 300 000 spécimens d'herbiers. L'herbier est un des plus importants de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur avec Montpellier 4 000 000 échantillons et Avignon 400 000 échantillons. Un des herbiers les plus anciens date du XIXe siècle et est l'œuvre de Frères des Écoles chrétiennes d'Avignon. Un autre, réalisé par une équipe de maîtres de conférence de l'université d'Aix-Marseille III, a été collecté dans les années 1980 et 1990. La carpothèque est riche de près de 150 spécimens originaires d'Afrique, de Guyane, de Nouvelle Calédonie... Ces herbiers sont aujourd'hui en cours d'informatisation[10].

Ethnologie[modifier | modifier le code]

Si le Muséum possédait avant la Seconde Guerre mondiale une importante collection ethnologique, liée à la colonisation massive au cours du XIXe siècle, la quasi-totalité de cette collection a été pillée entre 1936 et 1950, lorsque le musée était fermé. Seuls deux masques-heaumes d'Afrique occidentale ont échappé au pillage, ainsi qu'une cinquantaine d'objets sans valeur[11]. Les collections exposées sont donc récentes et ont été réalisées à partir de 1996 et présentent un vaste éventail ethnologique : Guyane, Brésil, Groenland, etc. On peut voir un diorama représentant une scène de vie des îles du Pacifique[8]. Beaucoup de ces objets viennent de saisies de douanes[11].

Zoologie[modifier | modifier le code]

Une importante collection zoologique est exposée ou conservée au Muséum : 546 spécimens de mammifères, 1 970 spécimens d'oiseaux, 39 570 spécimens d'insectes, 89 000 spécimens de mollusques, 451 spécimens de reptiles et amphibiens et 83 spécimens de poissons[12]. Parmi les espèces remarquables, on peut citer la collection Meyer, acquise en 1951 et constituée dans les Bouches-du-Rhône, le Var et l'Alsace, mais aussi dans la région de Dakar (Sénégal). Cette seule collection se compose de 20 800 coléoptères[12]. Les collections de mammifères comptent notamment des oryx, des loups, des lynx, etc. La collection léguée en 1898 par Louis de Barrigue de Montvalon, et qui compte 590 spécimens de la faune provençale du XIXe siècle est particulièrement impressionnante[12].

Phrénologie[modifier | modifier le code]

Le Muséum possède la plupart des moulages crânien réalisé par l'inventeur de la phrénologie, Franz Joseph Gall (1758-1818), légués en 1860 par le pharmacien aixois Jean-Baptiste Assénat, dont certains des moulages sont peut-être l'œuvre. On peut, entre autres, y voir le moulage du crâne de Gall lui-même, mais aussi de Jean-Paul Marat, Jean-François Champollion, Dante, Mirabeau et Napoléon Ier[13].

Minéralogie[modifier | modifier le code]

13 360 échantillons minéralogiques et pétrographiques sont conservées au Muséum, parmi lesquels la collection d'Henri Coquand, léguée en 1839 dont les spécimens proviennent de Provence et des Pyrénées, au nombre desquels des hématites de l'île d'Elbe, des fluorines de l'Estérel, des boracites de Lunebourg (Allemagne) ou des cuprites de Chessy-les-Mines[14].

Liste des conservateurs[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Muséum d’histoire naturelle », site de la mairie d'Aix-en-Provence.
  2. a, b, c, d, e et f « Historique du Muséum », museum-aix-en-provence.org.
  3. a, b, c, d et e « Le muséum d'histoire naturelle », Gilbert Schlogel, in Deux siècles d'Aix-en-Provence. 1808-2008, Académie d'Aix éditions, Aix-en-Provence, 2008, (ISBN 9782953151008), p. 253-257.
  4. Il s'agit du musée aujourd'hui dénommé musée Granet.
  5. 6, rue Espariat.
  6. « Museum d'Histoire naturelle », aixenprovencetourism.com.
  7. a, b et c « Collections de paléontologie », museum-aix-en-provence.org.
  8. a et b « Les collections du Muséum d'histoire naturelle d'Aix-en-Provence », museum-paca.org.
  9. « Collections de préhistoire », museum-aix-en-provence.org.
  10. « Collections de botanique », museum-aix-en-provence.org.
  11. a et b « Collections d'ethnologie », museum-aix-en-provence.org.
  12. a, b et c « Collections de zoologie », museum-aix-en-provence.org.
  13. « Collections de phrénologie », museum-aix-en-provence.org.
  14. « Collections de minéralogie », museum-aix-en-provence.org.

Liens externes[modifier | modifier le code]