Musées royaux d'art et d'histoire de Bruxelles

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Musées royaux d'art et d'histoire

Les Musées royaux d'Art et d'Histoire (MRAH) constituent l'un des établissements scientifiques fédéraux belges, qui dépendent de la Politique scientifique fédérale belge (Belspo). Ils forment un ensemble de plusieurs musées renommés :

Les collections[modifier | modifier le code]

Grande salle de l'Antiquité

La section Cinquantenaire des Musées royaux d'Art et d'Histoire à Bruxelles couvre l'Antiquité, les civilisations non européennes, l'archéologie nationale, les arts décoratifs européens.

Ce musée regroupe quatre grandes sections :

Rome : Rome : Mosaïque de la Chasse
  • l'Antiquité : Proche-Orient et Iran, Égypte, Antiquité classique (Grèce et Rome), Arts byzantin et chrétien d'Orient :
    • Proche-Orient
      Le Proche-Orient, berceau de notre civilisation, est évoqué par des reliefs, des bijoux et de nombreux objets en terre datant de la préhistoire jusqu’à l’aube de la période islamique. Les cylindres-sceaux, cachets personnels et les bronzes du Lorestan en sont les points forts.
    • Égypte
      La collection égyptienne compte plus de 11 000 pièces, offrant un large éventail de l’art égyptien, des origines à l’époque chrétienne. Les œuvres les plus marquantes sont la ‘dame de Bruxelles’, le relief de la reine Tiyi et la tête colossale d’un roi de l’époque ptolémaïque. Un mastaba, des momies et leurs sarcophages illustrent les coutumes funéraires des anciens Égyptiens.
    • Grèce
      La collection de vases constitue le point d’orgue de la section grecque. Les formes, styles, décors et ateliers sont présentés ici dans toute leur diversité, depuis l’âge du bronze jusqu’à l’époque hellénistique.
    • Rome
      Les collections romaines s’articulent autour de quelques œuvres importantes : de remarquables miroirs étrusques, des bustes en marbre d’époque impériale, l’imposante maquette de Rome de Paul Bigot et plusieurs mosaïques d’Apamée de Syrie, parmi lesquelles celle de la ‘chasse’ provenant du palais du gouverneur de la province de Syria Secunda.
    • Arts byzantin et chrétien d’Orient
      Les arts byzantin et chrétien d’Orient sont représentés par des icônes, une cathèdre épiscopale, des soieries, des textiles coptes et des céramiques provenant aussi bien de Byzance et de Grèce que d’Europe orientale, du Proche-Orient, de Russie, d’Égypte ou d’Éthiopie.
  • les civilisations non-européennes : Islam, Asie, Polynésie et Micronésie, Amérique :
    • Islam
      La diversité des peuples et des cultures qui forment le monde islamique est retracée par des œuvres provenant d’Espagne, d’Afrique du Nord, du Proche- et du Moyen-Orient ainsi que de l’Inde. Ces témoignages, parmi lesquels les textiles et la céramique sont les disciplines artistiques les mieux représentées, s’étalent du VIIIe au XXe siècle.
    • Asie
      Des œuvres provenant de Chine, de Corée, d’Inde et du Sud-Est asiatique permettent au visiteur de découvrir l’univers profane et religieux de ce vaste continent aux dieux et religions si diversifiés. Des céramiques vietnamiennes, des peintures tibétaines, des sculptures khmères, des tambours du Laos, de délicats jades chinois ou un théâtre de marionnettes indonésien en sont autant de témoins.
    • Polynésie et Micronésie
      Les collections consacrées à la Polynésie et à la Micronésie rassemblent des objets archéologiques et ethnographiques évoquant la vie quotidienne, le tissage, le travail de l’écorce, de la pierre, du bois et de l’os. Une des pièces maîtresses est incontestablement la sculpture colossale du dieu du thon, ramenée de l’île de Pâques en 1935 par le navire-école belge Mercator.
    • Amérique
      À travers 4000 ans d’histoire, de 2000 avant notre ère jusqu’à nos jours, des statuettes, des vases peints, des bijoux font revivre les civilisations inca, maya et aztèque. Les collections ethnographiques permettent aussi d’appréhender l’art plumassier des Indiens des grandes forêts d’Amazonie ou les Premières Nations d’Amérique du Nord, évoquées notamment par l’impressionnant mât totémique qui accueille le visiteur qui pénètre dans ces salles.
  • l'archéologie nationale : préhistoire, Belgique gallo-romaine, civilisation mérovingienne :
    • Préhistoire
      La salle de Préhistoire présente les vestiges des cultures et des civilisations attestées en Belgique depuis le Paléolithique jusqu’à l’âge du fer. Outils, vases, bijoux sont remis dans leur contexte grâce à des maquettes et des reconstitutions qui permettent de se faire une idée de l’évolution de la vie quotidienne.
    • Belgique gallo-romaine
      Avec la conquête de la Gaule par César s’ouvre une ère nouvelle pour nos régions. Le développement de l’artisanat est affirmé par la richesse et la diversité du matériel sorti de terre : vaisselle en céramique, fibules, figurines en bronze, ainsi que des récipients en verre, en bronze et en argent dont les exemplaires les plus raffinés proviennent du riche mobilier funéraire des tumulus. Les reconstitutions d’une façade de villa romaine, d’un système de chauffage ou encore d’un décor mural peint, concrétisent la culture gallo-romaine.
    • Civilisation mérovingienne
      La civilisation mérovingienne nous est connue essentiellement à travers le culte des morts. Dans cet esprit, huit tombes sont reconstituées dans la salle présentant cette période. Le mobilier issu d’autres sépultures est réparti dans des vitrines thématiques où l’on peut admirer bijoux, boucles de ceinture et autres fibules.
  • les arts décoratifs européens : du Moyen Âge à l'Art déco, les salles répertoires ainsi que les arts décoratifs du XXe siècle :
    • La salle aux trésors et l’art mosan
      Le panorama des arts industriels s’ouvre sur les chefs-d’œuvre d’orfèvrerie mosane, présentés dans la salle aux trésors à l’ambiance de crypte médiévale. Dans le corridor d’accès sont exposés des vitraux et des textiles de la même époque.
      Statue de saint Jacques le Majeur en chêne, Bruxelles, seconde moitié du XVe siècle
    • De la période gothique jusqu’au Baroque
      Autour du cloître gothique, un circuit mène ensuite le visiteur du XIIIe au XVIIe siècle, âge d’or des anciens Pays-Bas. Outre les sculptures, les vitraux, la céramique et l’argenterie, les retables et les tapisseries des XVe et XVIe siècles constituent, par leur nombre et leur qualité, une collection mondialement connue (audio-guide disponible).
    • De l’époque baroque au XXe siècle
      Les œuvres datant du XVIIe au XXe siècle attestent l’importance croissante de l’art profane. C’est le cas de la collection des cabinets anversois, du salon de musique et des meubles liégeois. Le point d’orgue de cet ensemble est la reconstitution du magasin conçu par Victor Horta pour les orfèvres Wolfers, qui sert d’écrin à une splendide sélection d’œuvres Art nouveau et Art déco, en attendant la création des six prochaines nouvelles salles dédiées aux arts industriels belges du XXe siècle. Dans le parc du Cinquantenaire, un petit pavillon est associé à ces collections récentes. Réalisé par l’architecte Victor Horta, il abrite le bas-relief des Passions Humaines, sculpté par Jef Lambeaux.
    • Les salles par matières
      D’autres salles regroupent des œuvres d’art par matières. Un des plus importants ensembles de dinanderie conservé est abrité dans la chapelle. Verrerie, vitraux, étains, instruments de précision et céramique européenne complètent l’évolution des arts du feu. La salle des dentelles communique avec celle des textiles et des costumes. Les appareils de cinéma et de photographie ainsi que les véhicules hippomobiles complètent ce vaste panorama. Citons également le musée du Cœur, une salle présentant la collection rassemblée par le cardiologue Boyadjian et constituée d’objets faisant référence au cœur sous toutes ses formes.
Coupé de Gala, XVIIIe siècle

Histoire des musées royaux d'Art et d'Histoire[modifier | modifier le code]

Du début du XVe siècle jusqu’au XVIIe siècle, les cadeaux diplomatiques, les souvenirs et autres curiosités offerts aux ducs de Bourgogne puis aux Habsbourg sont exposés dans l’ « Arsenal royal », une grande salle située à proximité du palais du Coudenberg. C’est dans ce lieu aujourd’hui disparu qu’apparaissent les prémices des collections actuellement abritées aux Musées royaux d’Art et d’Histoire. En 1794, une grande partie de ces objets rassemblés au cours des siècles est malheureusement envoyée dans les musées impériaux de Vienne.

En 1835, la toute jeune Belgique, soucieuse de justifier historiquement son existence en tant que nation indépendante, se dote d’un musée d’Armes anciennes, d’Armures, d’Objets d’art et de Numismatique, dirigé par le comte Amédée de Beauffort. Celui-ci installe ses collections dans le Palais de l’Industrie, l’actuelle aile gauche des musées royaux des Beaux-Arts.

En 1847, devenue musée royal d’Armures, d’Antiquités et d’Ethnologie, l’institution déménage vers la Porte de Hal, un vestige de l’ancienne enceinte qui entourait jadis Bruxelles et qui venait juste d’être restaurée. Antoine-Guillaume-Bernard Schayes en est le premier conservateur en chef. Les collections prennent rapidement de l’ampleur, en raison notamment d’importants legs tels ceux effectués par Gustave Hagemans (1861) et Émile de Meester de Ravestein (1874).

La Porte de Hal devenant trop exiguë pour y abriter le nombre d’objets en perpétuelle croissance, la décision est prise de scinder les collections. En 1889, sous la direction du nouveau conservateur en chef, Eugène Van Overloop, les objets antiques sont ainsi transférés au Palais du Cinquantenaire, bâti à l’initiative de Léopold II. Ils y sont rejoints en 1906 par les œuvres d’art ethnographiques, tandis que les armes et armures restent exposées à la Porte de Hal. Le nouvel ensemble muséal du Cinquantenaire est baptisé Musées royaux des Arts décoratifs et industriels. Une société des Amis voit le jour en 1906.

En 1912, les musées sont rebaptisés musées royaux du Cinquantenaire, mais la création du musée de l’Armée en 1922 oblige les autorités, soucieuses d’éviter des confusions, de choisir le titre, définitif cette fois, de musées royaux d’Art et d’Histoire. Cette appellation devient officielle dès 1929.

C’est en 1922 qu’apparaît le Service éducatif, suivi deux années plus tard par le « Magasin d’Images d’Art ». En 1925, Eugène Van Overloop cède sa place de conservateur en chef à l’égyptologue Jean Capart. Celui-ci fait des musées royaux d’Art et d’Histoire une institution scientifique de premier plan. L’entre-deux-guerres est une période faste pour le musée, qui voit s’agrandir ses collections, augmenter son budget et naître divers centres d’études (Fondation égyptologique Reine Élisabeth, Société des américanistes, Institut des hautes études chinoises…), tandis que s’organisent plusieurs expéditions scientifiques, parmi lesquelles celle menée par Henry Lavachery à l’île de Pâques en 1935, à bord du navire-école Mercator.

La Seconde Guerre mondiale vient mettre un terme à cette période d’expansion. Pour éviter qu’elles soient endommagées pendant le conflit, les collections doivent en effet être cachées et protégées. En 1942, Henry Lavachery succède à Jean Capart à la tête de l’institution, et prend en main la réorganisation du musée dès la fin du conflit.

Hélas, le 19 février 1946, une catastrophe vient frapper les Musées royaux d’Art et d’Histoire. L’aile droite du musée est en effet ravagée par un incendie qui anéantit une partie des collections conservées dans cette portion du bâtiment. Il faudra une vingtaine d’années pour reconstruire cette aile et effacer les traces de cette tragédie. Le nouveau bâtiment n’est inauguré qu’en 1966.

Le comte Charles de Borchgrave d’Altena, conservateur en chef de 1951 à 1963, puis son successeur Pierre Gilbert, dirigent de main de maître ces travaux de reconstruction. En parallèle, ils continuent à enrichir les collections du musée (citons, par exemple, l’acquisition de la suite de tapisseries de l’Histoire de Jacob) et à réorganiser celui-ci selon les règles modernes de la muséographie.

Les conservateurs en chef qui se succèderont ensuite continueront cette politique de réorganisation et de rénovation de l’institution. Sous la direction de René de Roo, (1969-1984), de Herman De Meulenaere (1984-1987), de Francis Van Noten (1987-2000), de Eliane De Wilde (2000) et de Anne Cahen-Delhaye (2000-2010), de nombreuses salles sont restaurées, parmi lesquelles la Salle aux Trésors, abritant les chefs-d’œuvre de l’art mosan, ainsi que les salles consacrées aux arts décoratifs gothique, renaissant et baroque, la salle d'Arts du monde islamique, les instruments de précision et la salle consacrée aux Mérovingiens. Dès la fin de l'année 2010, le poste de directeur ad interim est occupé par Michel Draguet, également directeur des Musées royaux des beaux-arts de Belgique. Il envisage de renforcer les synergies entre les deux institutions qu'il dirige et l'Institut royal du patrimoine artistique, afin de créer un véritable pôle "arts" au sein de la Politique scientifique fédérale belge. Michel Draguet démissionne cependant de son poste de directeur ad interim en février 2014, suite à la décision du ministre socialiste Philippe Courard, secrétaire d'état chargé de la Politique scientifique, de ne pas donner de suite à ce projet de fusion. Le 1er mars 2014, Michel Draguet est remplacé à la tête des Musées royaux d'Art et d'Histoire par Eric Gubel, docteur en archéologie de la Vrije Universiteit Brussel et qui était jusque là chef du département Antiquité au Cinquantenaire.

Accès[modifier | modifier le code]

Métro de Bruxelles
Ce site est desservi par la station de métro : Merode.

La station Merode est située à proximité du Parc du Cinquantenaire.

Liens externes[modifier | modifier le code]