Musée national archéologique d'Athènes

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Musée national archéologique d’Athènes
Façade du musée.
Façade du musée.
Informations géographiques
Pays Drapeau de la Grèce Grèce
Ville Athènes
Adresse 44, rue Patission
10682 Athènes
Coordonnées 37° 59′ 21″ N 23° 43′ 57″ E / 37.98917, 23.732537° 59′ 21″ Nord 23° 43′ 57″ Est / 37.98917, 23.7325  
Informations générales
Date d’inauguration 1829 / 9 août 1893 (par décret royal transformant le musée archéologique grec fondé en 1829)[1]
Collections Antiquités grecques
Nombre d’œuvres Plus de 20 000
Informations visiteurs
Nb. de visiteurs/an 299 691 (2008)[2]
Site web http://www.namuseum.gr/wellcome-en.html

Géolocalisation sur la carte : Athènes

(Voir situation sur carte : Athènes)
Musée national archéologique d’Athènes

Le musée national archéologique d’Athènes (en grec moderne : Εθνικό Αρχαιολογικό Μουσείο) est le principal musée archéologique de Grèce. Il dépend directement du Directorat général des antiquités rattaché au ministère grec de la Culture. Il est dirigé par Georgios Kakavas (2013). Il possède l’une des plus vastes collections d’antiquités grecques au monde. Il abrite plus de 20 000 objets datant de la préhistoire à la fin de l'Antiquité venus de l'ensemble de la Grèce[N 1].

Il est organisé en cinq thèmes plus ou moins chronologiques : la collection préhistorique (du VIe millénaire à 1050 avant J. C.), la collection de sculptures (VIIe au Ve siècle av. J.-C.), la collection de céramiques (XIe siècle av. J.-C. à l'époque romaine), la collection de bronzes, et les collections égyptienne et proche-orientale.

Le musée abrite par ailleurs une vaste collection de photographies, une bibliothèque de recherche, des laboratoires de conservation des objets en métal, terre cuite, pierre et matière organique, un laboratoire photographique et un laboratoire chimique. Le musée accueille également des expositions temporaires. Il dispose d'une salle de conférences, d'une grande boutique[3] et d'un café installé dans un atrium.

Histoire[modifier | modifier le code]

Création[modifier | modifier le code]

Le « Théséion », qui abrita un temps le musée.

L'Assemblée nationale de Trézène, en 1827, durant la guerre d'indépendance grecque, vota un article constitutionnel qui interdisait toute exportation d'antiquités. En 1829, la quatrième Assemblée nationale réaffirma cette interdiction et le nouveau κυβερνήτης (gouverneur) Ioannis Kapodistrias prit des dispositions légales pour la faire appliquer. Il décida aussi de fonder le premier musée national archéologique de Grèce le 21 octobre 1829. Ce dernier s'installa dans le bâtiment d'un orphelinat sur Égine et son premier conservateur en chef fut l'érudit corfiote Andreas Moustoxydis. Dès 1830, un premier catalogue, réalisé par l'archimandrite L. Kambanis était publié. Le musée suivit le déplacement de la capitale et fut successivement installé à Nauplie puis, à partir de 1834, à Athènes dans le « Théséïon », la Tour des Vents ou la Bibliothèque d'Hadrien. La première des lois grecques concernant l'archéologie, votée en 1834, prévoyait la construction d'un bâtiment spécifique pour abriter le « Musée public central d'antiquités », comme on décida alors de l'appeler. Cependant, celle-ci tarda, les projets étant refusés les uns après les autres. L'accroissement des collections, en grande partie dû aux travaux des écoles archéologiques étrangères travaillant en Grèce, la rendit encore plus urgente. Elle commença finalement en 1866[1],[4],[5].

Construction[modifier | modifier le code]

Projets et difficultés[modifier | modifier le code]

Leo von Klenze
(photographie de Franz Hanfstaeng, 1856).

Un premier projet fut confié dès 1834 à Leo von Klenze, l'architecte de Louis Ier de Bavière, père du roi de Grèce Othon. Von Klenze était l'architecte de la glyptothèque et de la pinacothèque de Munich. Il s'inspira d'ailleurs de ce dernier bâtiment pour une « Galerie nationale de sculpture » prévue à l'angle sud-est de l'Acropole (là où fut plus tard érigé le musée de l'Acropole). Mais, le projet fut jugé trop austère. Von Klenze proposa un nouveau bâtiment, plus imposant, qu'il appela le « Pantechneion » et qu'il envisageait de construire sur la colline Aghios Athanasios, dans le Céramique (là où il avait un temps prévu d'élever le palais royal). Le projet proposait deux bâtiments asymétriques : un rectangulaire et une rotonde reliés par un portique, qui devaient rappeler ainsi les Propylées et l'Érechthéion de l'Acropole. Le coût trop élevé du projet en empêcha la réalisation[6],[7].

D'autres architectes européens proposèrent alors leurs propres projets, tous rejetés. Finalement, le roi Othon organisa à partir du 30 juin 1858 un concours international, jugé par l'Académie de Munich. À nouveau, les projets, quatorze en tout, présentés au public en 1861, furent rejetés, même si le projet d'un architecte italien, Arturo Conti, fut plébiscité par le public. Le roi lui accorda alors la Croix du Sauveur[6],[7].

Ludwig Lange, professeur d'architecture à l'Académie de Munich et auteur du musée de Leipzig, proposa, de sa propre initiative, des nouveaux plans : un bâtiment carré, organisé autour de deux cours, avec une colonnade en façade. La chute d'Othon et les problèmes financiers du pays empêchèrent à nouveau le projet de se réaliser et la proposition de Lange fut oubliée. Une campagne de presse à partir de 1864 demanda la construction d'un musée. Un comité fut créé afin d'y réfléchir à partir des plans de Conti. Ceux de Lange furent alors redécouverts et jugés supérieurs. Le 24 février 1865, un décret royal de Georges Ier décida de la construction, confiée à l'architecte Panagiotis Kalkos, d'un « Musée archéologique national[N 2] » sur la colline d'Aghios Athanasios, à partir de plans de Lange. Les travaux commencèrent, mais l'emplacement, au cœur d'un site archéologique posa problème et les travaux s'arrêtèrent. Un terrain fut offert par Eleni Tositsa, à côté de Polytechnique, dans le but de construire le musée. Un nouveau décret royal fut signé le 23 mars 1866 et la première pierre fut posée le 3 octobre 1866 en présence du souverain, du gouvernement, de députés et de membres du Saint Synode[8].

Le bâtiment[modifier | modifier le code]

Plan du musée en 1881
tiré de Arthur Milchhoefer, Die Museen Athens, 1881.

La construction prit cependant du retard en raison du décès de P. Kalkos, remplacé par Harmodios Vlachos, puis de problèmes de financement. La partie centrale de l'aile ouest fut achevée en 1874. Le principal changement par rapport aux plans de Lange était la disparition de la colonnade. Theophil Hansen fut contacté. On lui proposa de poursuivre la construction. Il refusa : il n'aimait pas les plans de Lange. Il suggéra par contre de tout reprendre à zéro, au sud de l'Acropole, pour un coût de sept millions de drachmes. L'État grec refusa. Finalement, son élève Ernst Ziller accepta de prendre la relève. Il remania les plans de Lange et donna au musée son aspect néo-classique. Il reprit la proposition qu'il avait faite pour le musée archéologique d'Olympie : un portique avec quatre colonnes ioniques en façade et une de chaque côté de la porte ; deux galeries latérales à pilastres carrés terminées par un portique avec un fronton vide et des statues de terre cuite au-dessus du porche (la marque de fabrique de Ziller). L'aile sud fut complétée en 1885 et l'aile nord en 1889. Commencé en 1866, le bâtiment principal fut achevé en 1889 grâce à des financements de l’État grec (qui à partir de 1854 réserva sur son budget annuel la somme insuffisante de 10 000 drachmes), de la Société archéologique d'Athènes et de mécènes dont Eleni Tositsa qui offrit le terrain, Dimitrios Bernardakis, un Grec vivant à Saint-Pétersbourg, qui donna 200 000 drachmes en 1856 puis son fils, Nikolaos, qui offrit 100 000 francs au début des années 1870[1],[3],[7],[9],[10].

Dès les premières années, le musée se révéla insuffisant pour accueillir des collections toujours plus abondantes. Une première extension fut réalisée de 1903 à 1906 : trois salles, conçues par l'architecte grec Anastásios Metaxás, furent ajoutées vers l'est, dans l'axe de l'entrée principale. À nouveau, elles furent rapidement insuffisantes. Une nouvelle extension, importante cette fois-ci, fut réalisée entre 1932 et 1939, par l'architecte grec G. Nomikos, toujours vers l'est. L'extension de 1903-1906 fut démolie et remplacée par un bâtiment de deux étages où les bureaux et les laboratoires furent aussi installés, ainsi que des réserves en sous-sol. Il donna au musée son organisation actuelle autour de deux cours intérieures, avec près de 8 000 m² d'exposition[1],[3],[7],[9],[11].

Premières présentations et rénovation[modifier | modifier le code]

Le transfert des collections nationales commença dès 1874, alors même que le bâtiment était encore en construction. Le Premier ministre Charilaos Trikoupis suggéra en 1881 de baptiser définitivement le « Musée central » en « Musée national archéologique ». Aux collections déjà rassemblées à Athènes vinrent se joindre en effet des objets de l'ensemble du pays. En 1884, la Société archéologique d'Athènes commença à y transférer ses collections. En 1890, le collectionneur grec Ioannis Dimitriou fit don de sa collection d'antiquités égyptiennes. D'autres collectionneurs firent de même : Eleni Stathatou, Konstantinos Karapanos ou Grigorios Empedoklis. La première présentation des collections fut réalisée par l'éphore des antiquités Panagiotis Kavvadias principalement, aidé de Chrístos Tsoúntas pour la préhistoire et Velerios Stais pour les petits objets. Elle était thématique : sculpture, céramique, statuettes en terre cuite et en bronze, inscriptions (maintenant déplacées au Musée épigraphique d'Athènes), collection mycénienne, collection égyptienne. La taille, relativement petite au début du XXe siècle du musée faisait qu'il était assez encombré : les stèles étaient par exemple accrochées au mur comme des tableaux[1],[9],[12].

Pendant la Seconde Guerre mondiale, une grande partie des collections furent dispersées pour éviter les pillages : cachées sous du sable dans les réserves du musée, sous les salles mêmes du musée, dans les fosses creusées pour l'occasion, dans les coffres de la Banque de Grèce voire dans des grottes de l'Attique. Le bâtiment lui-même fut alors utilisé pour abriter l'orchestre national, la poste et le Ministère de la santé. Pendant la guerre civile, il fut endommagé par les combats et servit de prison. Il fallut avant toute chose restaurer le bâtiment, et principalement son toit. Pendant les travaux, financés par le plan Marshall, une présentation réduite des collections fut concentrée dans trois puis dix salles de l'aile ouest. La réouverture partielle eut lieu en 1946 avec une exposition célébrant le centenaire de l'École française d'Athènes. Ensuite, le directeur du musée Christos Karouzos et son épouse Semni Karouzos réorganisèrent les collections dans un ordre chronologique (de la préhistoire à la Grèce romaine) en collaboration avec l'architecte Pátroklos Karantinós qui réorganisa les espaces. Le musée rouvrit entièrement en 1964. La collection égyptienne fut à nouveau exposée à partir de 1994[1],[13].

Le musée actuellement[modifier | modifier le code]

Plan du rez-de-chaussée.

Le musée a été fermé du 1er octobre 2002 au 1er juin 2004 pour rénovation, suite en partie au tremblement de terre de 1999 mais aussi en préparation des Jeux olympiques d'été de 2004[9],[14]. Les salles ont ouvert ensuite petit à petit. Depuis juin 2008, la collection égyptienne est à nouveau visible. À cette occasion, les horaires ont été étendus. Le musée, qui fermait jusqu'alors à 15h, est dorénavant ouvert jusqu'à 20h, l'objectif étant d'inverser la tendance à la baisse de la fréquentation (-25 % entre 2007 et 2008), mais aussi de répondre aux demandes des agences de voyage qui veulent pouvoir faire « faire » deux sites ou musées dans la journée à leurs clients dans le cadre de leur voyage organisé[15]. Le 26 février 2009, quatre nouvelles salles, financées par l'Union européenne ont ouvert, achevant ainsi la rénovation. Elles exposent 2 500 objets jusque-là en réserve : idoles en céramique, bijoux en or, objets de verre ainsi que des objets chypriotes et la collection Blastou-Serpieri[16]. En avril 2008, le conseil d'administration a approuvé à l'unanimité un nouveau plan d'extension, en sous sol : 24 000 m², principalement de réserves (seuls 2 000 m² seraient consacrés aux expositions. L'architecte Michael Photiadis, qui a collaboré au nouveau musée de l'Acropole, suggère depuis (les travaux n'ont pas commencé) une première extension souterraine de 36 000 m² organisée en trois grandes salles d'exposition, puis une seconde extension, toujours en sous-sol sous les rues piétonnes[17].

Le musée national archéologique est, avec l'Acropole en 2009 au cœur du conflit qui oppose les employés contractuels du ministère de la Culture au gouvernement grec. En contrat précaire, ils demandent leur titularisation. Le gouvernement se refuse à faire cette dépense de 9,2 millions d'euros. Les employés manifestent régulièrement devant le musée comme le 18 mars 2009 ou organisent des grèves tournantes qui obligent à des fermetures des musées et sites à Athènes[18].

En 2011, la crise se creuse. Le dimanche, seulement 8 des 64 salles sont ouvertes et la boutique est fermée. La majeure partie de l'entretien est réalisé par la Société des Amis du musée. L'ascenseur est en panne. Les vitrines des vases du premier étage sont sales au point qu'il est à peine possible d'en voir le contenu. En fait, le musée ne dispose que de 30 gardiens quand il lui en faudrait plus de 130. La situation devrait empirer en octobre 2011 quand les contrats des gardiens en poste arriveront à terme[19].

Les collections[modifier | modifier le code]

Collection pré-mycénienne[modifier | modifier le code]

La salle 5 du rez-de-chaussée abrite la collection « pré-mycénienne » : Néolithique et âge du bronze ancien et moyen (6 800 à 1 600 avant J.C). Les objets, organisés de façon chronologique, proviennent d'habitats et de cimetières de Grèce continentale et des îles de l'Égée, dont d'importantes découvertes dans l'Égée du Nord-Est[20].

La partie néolithique provient principalement de sites de Thessalie, les premières sédentarisations d'une population passant à l'agriculture et l'élevage. Les objets exposés sont surtout des objets de la vie quotidienne : vases, vaisselle, outils, armes et bijoux. La présentation est chronologique afin de permettre d'appréhender les évolutions techniques, comme par exemple l'introduction du tour de potier. On peut aussi voir quelques figurines masculines et féminines, en argile, dont le « Penseur »[20].

La partie consacrée à l'âge du bronze présente des objets caractéristiques des cultures de l'Égée du Nord-Est, en bronze et en or provenant de Poliochni sur Lemnos, mais aussi de Troie (offerts par Sophie Schliemann, l'épouse de Heinrich Schliemann). Sont exposés aussi des objets retrouvés dans des tombes : tumulus helladique ancien de Leucade, tombes de l'Helladique moyen à Sesklo et Dimini et de la poterie mynienne vernissée noire d'Orchomène en Béotie[20],[21].

Civilisation mycénienne[modifier | modifier le code]

Les salles 3 et 4 du rez-de-chaussée, face à l'entrée, sont consacrées à la civilisation mycénienne. La petite salle 3 contient divers objets de l'époque mycénienne, provenant de l'Attique (Athènes, Brauron, Markopoulos et Salamine) et de l'ensemble de la Grèce[22],[23].

La vitrine centrale de la plus grande salle (no4) abrite les objets trouvés dans la tombe noV du cercle A de Mycènes, dont le célèbre masque funéraire en or, que Heinrich Schliemann lors de sa découverte baptisa « masque d'Agamemnon », remontant au XVIe siècle av. J.-C.. Martelé au repoussé à partir du visage du mort avant son enterrement, il peut être considéré comme une sorte de portrait. La même vitrine contient un poignard en bronze damasquiné en or et argent et représentant une scène de chasse aux félins[22],[23].

Les vitrines sur le côté exposent les autres objets trouvés dans les tombes des cercles A et B de Mycènes : vaisselle, bijoux et armes. Les rhytons (vases à libation en forme d'animaux), en métal précieux (or et argent) ou en pierre (marbre, albâtre, obsidienne mais aussi cristal de roche) y sont nombreux[22],[23].

Cette salle expose aussi les coupes en or du tholos de Vapheio, près de Sparte, découvertes en 1889 ; des tablettes inscrites en linéaire B ; un sceau en or du trésor de Tirynthe ; ainsi que la « Dame de Mycènes », un fragment de fresque considéré comme la première représentation naturaliste en Occident (XIIIe siècle av. J.-C.)[22],[23].

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Collection cycladique[modifier | modifier le code]

La salle 6 offre une importante collection d'art cycladique, avec ses célèbres idoles. Elle est organisée de façon chronologique, mais aussi en fonction des provenances. Les découvertes de Phylakopi sur Milos par la British School at Athens font l'objet d'une présentation particulière. L'« Idole d'Amorgos » est l'une des plus grandes jamais retrouvées : elle mesure 1,50 m (XXVIIIe ‑ XXVIe siècle av. J.-C.). Cette salle contient aussi les musiciens (joueur de harpe et flûte) provenant de Kéros, des « poêles à frire », des vases de marbre (kandiles) et de la céramique cycladique, ainsi que les fragments des fresques de Phylakopi[24],[25],[26].

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Sculpture archaïque[modifier | modifier le code]

Les salles 7 à 13, toujours au rez-de-chaussée, abritent les sculptures de l'époque archaïque (VIIIe ‑ VIe siècle av. J.-C.), principalement des kouroï (type canonique plus ou moins inspiré par l'Égypte et les xoana anciens : un jeune homme nu dont une jambe, le plus souvent la gauche est avancée), et des korai (statue de jeune femme, en péplos)[27],[28].

Le « kouros du cap Sounion » daté des environs de 600 avant J.C. est une colossale statue votive (elle mesure plus de trois mètres de haut) provenant du parvis du temple de Poséidon (salle 8). La salle 11, où on peut voir le kouros de Milos ou le kouros de Volomandra (en marbre de Paros), permet de se rendre compte des évolutions du milieu du VIe siècle av. J.-C. avec l'apparition du célèbre « sourire archaïque ». La stèle en l'honneur d'Aristion, par Aristoklès, dans la salle 13, qui représente un hoplite ou le « kouros d'Anavyssos » (découvert en 1936 pour la statue et 1938 pour la base), tous deux datés de 520 avant J. C., permettent de constater les évolutions des techniques depuis le début du VIe siècle av. J.-C.. Il en est de même pour le « kouros d'Aristodikos » (vers 500 avant J. C.), découvert pendant la Seconde Guerre mondiale à Keratea et dissimulé aux occupants allemands, dont le traitement de la chevelure marque une rupture ou l’hoplitodrome, « hoplite courant » (vers 500 avant J. C. aussi), parfois considéré (à tort) comme un monument commémorant Philippidès[27],[28],[29].

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Sculpture classique[modifier | modifier le code]

Les salles 14 à 28 du rez-de-chaussée sont consacrées à la sculpture de l'époque classique, en marbre et bronze.

La salle 14 accueille l'art dit sévère, avec des sculptures provenant du temple d'Aphaïa à Égine, ainsi que des petits bronzes du début du Ve siècle av. J.-C.[29],[30].

La statue en bronze du « dieu de l'Artémision » (vers 460 avant J. C.), qui pourrait représenter Zeus ou Poséidon selon les interprétations (il pourrait aussi bien brandir un foudre qu'un trident), trouvée au fond de la mer, au large du cap Artémision (nord de l'Eubée) et un des symboles du Musée national archéologique d'Athènes est dans la salle 15. Cette statue, haute de 2,09 m, est un des rares bronzes originaux du Ve siècle av. J.-C. et pourrait être attribuée à Kalamis. Une copie romaine de l’Apollon Omphalos, attribué au même Kalamis, est visible à côté. Cette salle abrite aussi le « disque de Milos » (vers 460 avant J. C.) et le « relief de l'Initiation » (440 - 430 avant J. C.), provenant d'Éleusis et représentant Déméter, en compagnie de Coré remettant les grains de blé à Triptolème[28],[29],[30],[31].

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Les salles 16 à 18 exposent des stèles funéraires, datant principalement de la fin du Ve siècle av. J.-C.. On pense que la fin des travaux de l'Acropole aurait libéré de nombreux artistes qui se seraient alors mis au service des particuliers. Les stèles gagnent en monumentalité avec le temps (jusqu'au décret de 317 avant J. C. qui cherchait à en limiter la taille) et donc au fil des salles. Les salles exposent aussi des lécythes, vases funéraires blancs, comme le lécythe de Myrrhinè (vers 420 avant J. C.), trouvé sous la place Syntagma et donné au musée en 1960, représentant Hermès psychopompe guidant Myrrhiné vers l'Achéron[29],[30],[32].

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En salle 20, on peut voir l'« Athéna du Varvakéion », réplique romaine de la statue chryséléphantine du Parthénon, trouvée en 1880 près de l'école athénienne du même nom. L'« Athéna Lenormant » est elle aussi une copie (inachevée) en marbre pentélique, trouvée près de la Pnyx et datant probablement du Ier siècle. Dans la salle suivante, on trouve le « Jockey de l’Artémision » (vers 140 avant J. C.), retrouvé dans les années 1920, en morceaux épars dans une épave au large du cap Artémision (Eubée). Il a été en partie restauré (ventre et queue du cheval). Une Niké, une couronne dans les mains, est gravée sur la cuisse droite du cheval. On peut aussi voir dans cette salle la copie romaine du diadumène de Polyclète (Ier siècle). Des éléments de décoration du temple d'Asklépios à Épidaure, dont une « Victoire ailée », acrotère central du fronton, sont en salle 22[29],[30],[31],[33].

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Les salles suivantes sont consacrées au « second classicisme », considéré comme plus dramatique, après le déclin d'Athènes, surtout face à la puissance macédonienne. Des stèles funéraires plus tardives sont dans les salles 23 à 27. La stèle dite de l'Ilissos ou du chasseur, datée de 340 avant J. C. et attribuée à l'atelier de Scopas, sinon au sculpteur lui-même est exposée en salle 23. Un jeune homme, une arme de jet pour la chasse au lièvre à la main, est représenté de face, signe qu'il n'est plus. À ses pieds, se trouvent son chien et son esclave. À ses côtés, de profil (et donc vivant), un homme âgé qui pourrait être son père. À l'entrée de la salle 28 se dresse la stèle, sous forme de naiskos, du guerrier Aristonautes. Datée de 350-325 avant J. C. et rappelant le travail de Scopas, elle a été retrouvée dans le Céramique. Des bronzes retrouvés au fond de la mer sont en salle 28 : l'« éphèbe de Marathon » (330-325 avant J. C.) attribué à l'école de Praxitèle et l'« éphèbe d'Anticythère » (340 avant J. C.)[29],[30],[31],[33].

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Sculpture hellénistique et romaine[modifier | modifier le code]

Les sculptures hellénistiques sont rassemblées dans les salles 29 et 30 du rez-de-chaussée. On y trouve ainsi des statues monumentales de Thémis ou de Poséidon (130 avant J. C.). Le célèbre groupe d’Aphrodite et Pan (vers 100 avant J. C.), en marbre de Paros, provenant de Délos, où la mythologie le dispute à l'érotisme est visible en salle 30[29],[34],[35].

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Les sculptures romaines quant à elles se trouvent en salles 31 à 33 du rez-de-chaussée. On peut y voir des portraits impériaux, ainsi qu'une partie d'une statue équestre d'Auguste, en bronze. La salle 31A abrite toute une collection de poteaux hermaïques ainsi que des bustes d'éphèbes et de cosmètes (qui supervisaient l'entraînement des éphèbes dans les gymnases) provenant du gymnase de « Diogène » à Athènes[29],[34].

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Petits bronzes[modifier | modifier le code]

Les salles 36 à 39 du rez-de-chaussée sont consacrées aux petits objets de bronze, dont une bonne partie provient de la « collection Karapanos », fruit des fouilles faites par ce dernier à Dodone en 1875-1877. La salle 36 propose des objets de l'époque géométrique : figurines animales et humaines, des bijoux placés dans une tombe reconstituée et des chaudrons (IXe siècle av. J.-C.). Des tablettes votives et des masques provenant du sanctuaire de Zeus à Dodone s'y trouvent aussi, à côté de statuettes des VIe et Ve siècles av. J.-C. : un Zeus brandissant son foudre, un cavalier (identifié comme un des Dioscures) formant une paire avec une statuette similaire au Louvre, un joueur de flûte et une divinité féminine (peut-être Aphrodite). Le sanctuaire d'Olympie a fourni la majorité des objets de la salle 37 : des panneaux (vers 600 avant J. C.) avec des aigles, des griffons, Héraclès tirant sur un centaure et une « maîtresse des animaux », des armes et armures et une tête de Zeus (vers 520-510 avant J. C.). La salle 38 abrite les découvertes faites sur l'Acropole dont une Athéna Promachos du début du Ve siècle av. J.-C. ou des créatures mythologiques. On peut aussi y voir la « machine d'Anticythère » (vers 80 avant J. C.) retrouvée au large de cette île avec d'autres objets exposés dans la même salle. C'est le plus ancien mécanisme à engrenages connu. De nombreuses interprétations ont été proposées. Le musée considère qu'il s'agit d'un instrument de navigation. Une reconstitution moderne est proposée à côté. La salle 39 expose la reconstitution, autour des fragments d'origine, d'un harnachement et d'un char[31],[36],[37]. La statue hellénistique dite « dame de Kalymnos », jusque-là exposée en salle 39, est retournée sur l'île où elle avait été découverte en 1994 et est la pièce principale du musée local[38].

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Fresques de Théra[modifier | modifier le code]

Les fresques polychromes d'Akrotiri, sur Santorin, ainsi que de la vaisselle, des armes et des outils sont exposés en haut de l'escalier au premier étage, salle 48. Akrotiri fut détruite à son apogée au XVIe siècle av. J.-C. et est considérée comme une « Pompéi » de l'Égée. Elle fut alors recouverte par une épaisse couche de pierre ponce conservant intactes ses maisons à étages. Elle était alors sous influence minoenne (motifs décoratifs sur les céramiques, fresques murales et adoption du Linéaire A). Les fresques ont été découvertes lors des fouilles des années 1967-1974 par Spyridon Marinatos : la fresque du « printemps » (avec des crocus et des hirondelles) couvre trois murs mais la plus célèbre est celle dite des « boxeurs ». Elles ont été peintes sur des murs recouverts de plâtre humidifié, ce qui a permis leur conservation. Quelques détails furent ajoutés après séchage. Les céramiques présentes dans cette salle sont des vases polychromes à motifs floraux (lys, crocus) et animaux (chèvres, dauphins), motifs importés du continent ou de Crète. On peut aussi voir la reconstitution d'un lit et d'un panier[39],[40],[41].

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Céramiques[modifier | modifier le code]

Le premier étage (salles 49 à 56) expose des céramiques et des petits objets. En plus d'une présentation chronologique des céramiques antiques (du XIe siècle av. J.-C. à l'époque romaine), les objets sont regroupés par thèmes : sanctuaires importants (salle 52), coutumes funéraires (salle 53) et la femme et l'enfant (salles 55 et 56)[42].

Plan du premier étage.

La salle 49 est consacrée aux céramiques attiques allant de la fin de l'époque mycénienne à l'époque géométrique. Elles permettent de voir la disparition progressive des décors naturalistes qui laissent la place à des formes géométriques. Les soixante-huit vases trouvés dans la tombe, dite « d'Isis » en raison de la présence d'une statuette de cette déesse, à Éleusis sont représentatifs de la période protogéométrique (Xe siècle av. J.-C.) où les motifs sont faits uniquement de lignes, losanges ou cercles. L'une des pyxides contenait une substance blanche à base de kaolin qui aurait pu avoir une fonction cosmétique. Au géométrique, la figure humaine réapparaît, stylisée. Les vases du Maître du Dipylon (appelés ainsi car son atelier se trouvait près de cette porte monumentale d'Athènes) ou ceux du peintre de Hirschfeld en sont des exemplaires caractéristiques[42],[43],[44].

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La salle 50 présente la production de céramique provenant des autres régions de Grèce ainsi que des vases de « style orientalisant ». On y trouve la statuette féminine en terre cuite qui a servi de modèle pour une des deux mascottes des Jeux olympiques d'Athènes en 2004, en l'occurrence « Athiná ». On peut aussi y voir des terres cuites de Thessalie, Santorin ou Chypre. La salle suivante (no 51) propose des vases provenant des Cyclades en général, de Paros en particulier, de Corinthe, d'Eubée et d'Attique et présentant les premières figures noires comme l'amphore du peintre de Nessos (VIIe siècle av. J.-C.)[42],[44],[45].

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Les salles 52 et 53 exposent des céramiques attiques à figures noires : trois amphores (VIe siècle av. J.-C.) et un cratère par le peintre Sophilos représentant Héraclès affrontant Nérée (salle 52) et des lécythes ou une coupe portant la signature d'Exékias (salle 53). On peut aussi voir dans la salle 52 des tablettes de bois peint (VIe siècle av. J.-C.) provenant de la grotte de Pitsa en Corinthie et totalement uniques[N 3]. Elles représentent une procession féminine. Des céramiques de Béotie (VIe siècle av. J.-C.), dont les « coupes à oiseaux » nommées ainsi en raison de leur motif principal (un oiseau aux ailes déployées), se trouvent également en salle 52. Les petits objets trouvés dans le sanctuaire d'Héra (Héraion) d'Argos (VIe et Ve siècles av. J.-C.) permettent de se faire une idée de la vie quotidienne d'alors. Des éléments des temples d'Apollon à Thermos (métopes et antéfixes) et d'Artémis à Laphria (acrotère) complètent cette salle 52[42],[46],[47].

La salle 54 permet de suivre le passage des figures noires aux figures rouges, à la charnière des VIe et Ve siècles av. J.-C., peut-être à l'initiative du peintre d'Andokidès qui travaillait à ce moment-là au Céramique à Athènes. Cette salle expose des vases d'Euphronios et de Douris ainsi que des rhytons en forme de tête d'« Éthiopiens ». La salle suivante (no 55) expose la pélikè du peintre de Pan (470 avant J. C.) représentant Héraklés tuant Busiris et des céramiques à fond blanc (principalement des lécythes). Enfin, la salle no 56 propose des céramiques à figures rouges (Ve et IVe siècles av. J.-C.) provenant d'Attique, de Béotie et de Corinthe ainsi que des céramiques de la fin du IVe siècle av. J.-C., polychromes et foisonnantes de détail, dites du « style de Kerch » (en Crimée). Des scènes de compétitions sportives ornent des amphores attiques. On peut aussi voir un épinétron (objet servant à filer que les femmes posaient sur leur cuisse), des amphores panathénaïques (prix pour les vainqueurs de ces compétitions) et des gobelets servant aux Anthestéries (fêtes en l'honneur de Dionysos)[42],[48],[49].

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Collection égyptienne[modifier | modifier le code]

Les salles 40 et 41 du rez-de-chaussée, très peu fréquentées et systématiquement évitées par les groupes en visite guidée[50], sont consacrées à la collection égyptienne du musée, la seule collection de ce type en Grèce. Elle a été offerte principalement par deux Grecs installés en Égypte, Ioannis Dimitriou, originaire de Lemnos mais qui vécut à Alexandrie et qui fit don de sa collection entre 1880 et 1885, et Alexandros Rostovitz du Caire, qui fit de même en 1904[50],[51].

La collection, du Ve millénaire avant J. C. à 354 de notre ère, organisée de façon chronologique par l'ancien conservateur Perikles Kourachanis, propose des papyrus, des hiéroglyphes, des vases canopes, des scarabées, des sarcophages et des momies, ainsi qu'une statue assise du scribe royal Rahotep et une statuette d’Hapi. Certaines statues rappellent les liens entre l'Égypte et la Grèce. Celle de la princesse Takusit (715 avant J. C.) est très proche plastiquement des korai, tandis que le buste d'Alexandre le Grand évoque l'Égypte hellénistique. On peut aussi voir une statue d'Isis provenant d'un temple à Marathon et des portraits du Fayoum[50],[51].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les objets crétois sont cependant plutôt au musée archéologique d'Héraklion et ceux retrouvés dans les tombes macédoniennes sont exposés au musée de Vergina.
  2. C'est la première fois que ce nom lui est donné. Le décret suivant lui donne le nom de musée Bernardakis, le principal bienfaiteur. (Kaltsas, op. cit., p. 18).
  3. Les seuls vestiges de la peinture grecque dont nous disposions sont les vases et quelques exemples de peinture murale, mais tous les panneaux de bois peint, hormis ceux-ci, ont disparu.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Histoire. Site du Ministère grec de la culture.
  2. General Secretariat of the National Statistical Service. Entrées 2008
  3. a, b et c Présentation. Site du Ministère grec de la culture.
  4. Nikolaos Kaltsas, op. cit., p. 15-16.
  5. R. Barber, op. cit., p. 162-163.
  6. a et b Nikolaos Kaltsas, op. cit., p. 16.
  7. a, b, c et d Grèce. Guide Gallimard., p. 233.
  8. Nikolaos Kaltsas, op. cit., p. 17-18.
  9. a, b, c et d Athens Infoguide
  10. Nikolaos Kaltsas, op. cit., p. 17-19.
  11. Nikolaos Kaltsas, op. cit., p. 20.
  12. Nikolaos Kaltsas, op. cit., p. 19-20.
  13. Nikolaos Kaltsas, op. cit., p. 20 et 22.
  14. General Secretariat of the National Statistical Service.
  15. Athens Plus, supplément hebdomadaire en anglais à Kathimerini, 13 juin 2008 et 20 février 2009.
  16. Athens Plus, 27 février 2009.
  17. (en) e-Kathimerini, 28 mars 2011.
  18. Athens Plus, 13 et 20 mars 2009.
  19. e-Kathimerini 04/06/2011
  20. a, b et c Néolithique. Site du Ministère grec de la culture
  21. R. Barber, op. cit., p. 165.
  22. a, b, c et d Grèce continentale., p. 200-202.
  23. a, b, c et d R. Barber, Greece., p. 163-165.
  24. Grèce continentale., p. 202.
  25. R. Barber, Greece., p. 165.
  26. Cycladique. Site du Ministère grec de la culture
  27. a et b Grèce continentale., p. 202-203.
  28. a, b et c R. Barber, Greece., p. 165-167.
  29. a, b, c, d, e, f, g et h Sculpture. Ministère grec de la Culture
  30. a, b, c, d et e Grèce continentale., p. 203-206.
  31. a, b, c et d Objets en métal. Site du Ministère grec de la culture
  32. R. Barber, Greece., p. 168.
  33. a et b R. Barber, Greece., p. 169-170.
  34. a et b Grèce continentale., p. 206-207.
  35. R. Barber, Greece., p. 172-173.
  36. Grèce continentale., p. 207-208
  37. R. Barber, Greece., p. 171-172.
  38. Athens Plus., 10 avril 2009.
  39. Fresques de Thera. Site du Ministère grec de la culture
  40. Grèce continentale., p. 208-209.
  41. R. Barber, Greece., p. 173-174.
  42. a, b, c, d et e Céramiques. Site du Ministère grec de la Culture
  43. Grèce continentale., p. 209-210.
  44. a et b R. Barber, Greece., p. 174-176.
  45. Grèce continentale., p. 210.
  46. Grèce continentale., p. 210-211.
  47. R. Barber, Greece., p. 176-177.
  48. Grèce continentale., p. 211-212.
  49. R. Barber, Greece., p. 177-178.
  50. a, b et c Athens Plus, 21 novembre 2008.
  51. a et b Égypte. Site du Ministère grec de la culture
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