Musée des maîtres et artisans du Québec

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45° 30′ 41″ N 73° 40′ 17″ O / 45.51139, -73.67139 ()

Vue de la façade du pavillon Émile-Legault du Cégep de Saint-Laurent qui abrite le Musée des maîtres et artisans du Québec

Le Musée des maîtres et artisans du Québec est un musée consacré aux arts et aux traditions artisanales. Il a pour mission la mise en valeur du patrimoine culturel québécois, à travers les arts anciens et les traditions artisanales, les métiers d'art et l'art contemporain. Le musée accorde aussi une place particulière à l'expression artistique des différentes communautés ethniques qui composent la population locale. Il est situé dans l'arrondissement Saint-Laurent de Montréal, au 615 avenue Sainte-Croix. Il a été fondé en 1979 sous le nom de Musée d'art de Saint-Laurent. En 2003, il change de nomination pour devenir le Musée des maîtres et artisans du Québec.

Il loge dans une ancienne église presbytérienne Saint Paul qui était située près de la Gare centrale, qui fut déconstruite pièce par pièce en 1930 pour être reconstruite l'année suivante à Saint-Laurent.

Histoire du bâtiment[modifier | modifier le code]

Tout commence en 1829, lorsque la communauté presbytérienne St. Paul Church of Scotland devient officielle au Canada. À Montréal, port où aboutissent de nombreux immigrants d’origine écossaise, la communauté gagne rapidement en importance. En 1865, la communauté décide de relocaliser son église, alors située sur la rue Sainte-Hélène. Ils achètent donc un nouveau terrain sur la rue Dorchester et confient à l’architecte Frederick Lawford la conception des plans. La construction est achevée en 1867, permettant aux fidèles de célébrer leur culte dans cette toute nouvelle église de style néogothique anglais. Au fil des ans, les membres de la communauté diminuent et en 1918, l’église fusionne avec sa voisine, l’église de St. Andrew, et prend alors le nom de Église St-Andrew and St-Paul.

Cependant, quelques années plus tard, la compagnie ferroviaire Canadien National envoie une note d’expropriation à l’église, l’avisant des futures constructions d’un terminus et d’un siège social sur leur site. Les négociations commencent. En 1929, la communauté finit par obtenir un terrain voisin au Musée des beaux-arts de Montréal pour y bâtir une nouvelle église. La démolition de l’église St. Andrews et St. Paul est donc prévue pour 1930.

Le Collège Saint-Laurent vers 1860 appartenant aux Pères de Sainte-Croix. Futur site du musée.

Pendant ce temps, à ville Saint-Laurent, les Pères de Sainte-Croix ont besoin de bâtir une nouvelle chapelle pour accueillir les élèves du Collège de Saint-Laurent. Ils entreprennent des pourparlers avec la ville de Montréal et le CN en vue de déménager le bâtiment à côté de leur collège. La compagnie ferroviaire accepte et cède l’église pour la somme symbolique de 1 dollar, spécifiant que le déménagement devra être achevé en moins de 60 jours.

L’architecte chargé du projet, Lucien Parent, accompli l’exploit en marquant chaque pierre avec un code de numéros, de lettres et de couleurs. Le tout est transporté par camion et par train, et l’église est entièrement reconstruite en 1931 sur l’avenue Sainte-Croix, avec quelques modifications marquant son passage du culte presbytérien au culte catholique. De plus, l’architecte, ayant surélevé le bâtiment, construit une grande salle de spectacle accueillant les renommées Compagnons de Saint-Laurent, l’auditorium Émile-Legault.

L'Église est reconstruite sur le site du Collège Saint-Laurent pour devenir une chapelle catholique.

La chapelle du Collège de Saint-Laurent devient un véritable lieu de fierté et de diffusion culturelle. Finalement, en 1967, le système d’éducation québécois se laïcise et la chapelle devint un grand débarras. Gérard Lavallée, professeur d’art au collège Saint-Laurent, décide d’y entreposer des œuvres et des objets anciens et transforma la chapelle qui devient, en 1979, le Musée d’art de Saint-Laurent.

L’orgue, situé dans le jubé de la chapelle, est un des plus phénoménaux du Canada, par sa taille et sa tonalité orchestrale à la fois anglaise et française. Composé de près de 5000 tuyaux et 68 jeux, il fut fabriqué par la compagnie Mitchell et Warren pour l’église St. Paul, puis restauré par Casavant après son transport à Saint-Laurent. Il fera de la chapelle un endroit recherché pour les concerts et les enregistrements, accueillant des organistes de renommée internationale. Cependant, l’orgue est inutilisé depuis les années 1970 et nécessite aujourd’hui de grandes restaurations pour pouvoir jouer de nouveau.

Collection[modifier | modifier le code]

Le fondateur de la collection et du musée est Gérard Lavallée, ancien père laïcisé et devenu professeur d’art plastique et d’histoire de l’art au Collège de Saint-Laurent en 1962. Dès son arrivée, il crée dans le collège la Galerie Nova et Vetera (réalités nouvelles et anciennes). La plupart des objets de la galerie proviennent de la collection personnelle du père Joseph-Célestin Carrier, qui collectionnait toutes sortes de curiosités dans un esprit victorien. De ses objets, seuls 500 ont survécu en bonne condition. Après l’abandon de la chapelle comme lieu de culte, la collection s’agrandit et y est déménagée, menant à la création du musée d’art de Saint-Laurent. Alors qu’il est directeur du musée, Gérard Lavallée enrichit la collection de près de 3000 nouveaux éléments, profitant de la vague de rejet des québécois envers les objets et œuvres d’art liées à la religion catholique pour les racheter à bas prix et accumuler les dons.

C’est un ancien élève du collège Saint-Laurent, Jean Palardy, qui enrichira une fois de plus le musée en offrant plus de 180 objets et 8000 photographies de sa propre collection. Une autre grande partie de la collection provient de celle de Jean-Marie Gauvreau, fondateur de l’école du meuble de Montréal. Près de 2000 objets qu’il avait commencé à rassembler dès les années 1930, dans le but de faire connaître et transmettre les savoir-faire d’antan, furent confiés au musée dans un concours de circonstances durant les années 1980.

Après le départ de Gérard Lavallée, en 1985, le musée limita ses acquisitions, pour ne reprendre du dynamisme qu'au tournant du siècle. Depuis, le Musée reçut de nombreux dons et dépôts, dont des costumes d’Alfred Pellan du Théâtre du Nouveau Monde et des réalisations d’artisans locaux.

Musée d’art de Saint-Laurent[modifier | modifier le code]

Le Musée d'art de Saint-Laurent est fondé en 1962 par le professeur d'arts plastiques Gérard Lavallée. Vue de la première exposition permanente ouverte en 1979.

Bien que l’on associe la fondation du Musée à Gérard Lavallée, il ne fut pas le seul instigateur du projet. La galerie Nova et Vetera était le fruit d’une collaboration avec M. Gilbert Marion, lui aussi professeur d’art au collège, et M. Jean-Paul Pothier, un architecte. Sa création fut soutenue par le directeur du collège Saint-Laurent de l’époque, le père Marcel Deschesnaux.

L’objectif principal était de participer au sauvetage de sculptures et de meubles anciens et sensibiliser les gens au phénomène de la création artistique. Une double vocation est dès lors instituée : harmoniser les arts anciens et la créativité contemporaine. Déjà à l’époque, la galerie est ouverte aux visiteurs, mais reste de taille modeste.

En 1968, lorsque la chapelle devient vacante, Gérard Lavallée propose d’y déménager la galerie. Le projet évoluera durant plusieurs années avant d’être finalement accepté, en 1975. Le 11 janvier 1979, le Musée d’art de Saint-Laurent ouvre ses portes avec une nouvelle exposition permanente intitulée Arts anciens et traditions artisanales. L’année 1987 est une date charnière dans l’histoire du musée : elle marque le 25e anniversaire de l’institution, mais aussi le départ à la retraite de Gérard Lavallée qui est remplacé par Mme Rachèle Tremblay.

Musée des maîtres et artisans du Québec[modifier | modifier le code]

L'exposition permanente.

En 2002, le Musée décide de refaire son exposition permanente et, parallèlement, de modifier complètement l’intérieur du musée, améliorant les services aux visiteurs et redonnant sa beauté au décor. La nouvelle exposition, baptisée Mains de maîtres, est inaugurée en 2003 et enrichie par des contes de Fred Pellerin, disponibles sur audioguide. C’est aussi l’année durant laquelle le Musée change de nom et devient le Musée des maîtres et artisans du Québec, appellation qui reflète mieux sa collection et l’élargissement de sa mission aux communautés culturelles. L’équipe du musée compte aujourd’hui des employés dans les domaines de la gestion, la conservation et l’éducation, ainsi que plusieurs bénévoles. Le directeur-conservateur actuel est M. Pierre Wilson.

Activités éducatives et culturelles[modifier | modifier le code]

  • Programmes scolaires : le Musée offre plusieurs programmes, d’une durée de deux heures, qui s’adressent à différents niveaux scolaires. Le programme pédagogique met en valeur le génie humain, son habileté à créer et à inventer, et il permet aux jeunes de mettre en pratique leur propre talent avec des ateliers d'arts plastiques à chaque visite.
  • Ateliers famille : tous les samedis et dimanches à 14 h, des ateliers d'une heure permettent aux enfants et à leurs parents de redécouvrir par eux-mêmes le geste de l'artisan en mettant la main à la pâte.
  • Démonstrations d’artisans : le Musée accueille périodiquement des artisans locaux d’aujourd’hui qui présentent leurs techniques et répondent aux questions des visiteurs.

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

  • Membre de l'Ordre des Grands Laurentiens 2006 - catégorie Famille de l'arrondissement de Saint-Laurent.
  • Mention honorable au Prix du partenariat musées-écoles 2005 remis par le Collège des enseignants et des enseignantes, le Musée canadien de la nature en collaboration avec l'Association des musées canadiens.
  • Prix d'excellence 2006 de la Société des musées québécois.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Rémillard, François. Un musée dans une église, le Musée d’art de Saint-Laurent. Musée d’art de Saint-Laurent, Montréal, 1991, 105 pages.
  • Bordeianu, Gabriela. Brazeau, Louise. Courchesne, Sylvie et France Tardif. Histoire de la genèse et de la création du Musée des maîtres et artisans du Québec.Université de Montréal, Montréal, 2003, 35 pages.

Liens externes[modifier | modifier le code]