Musée de l'École de Nancy

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Musée de l'École de Nancy
La maison d'Eugène Corbin, aujourd'hui musée de l'école de Nancy
La maison d'Eugène Corbin, aujourd'hui musée de l'école de Nancy
Informations géographiques
Pays Drapeau de la France France
Ville Nancy
Adresse 36-38, rue du Sergent-Blandan
Coordonnées 48° 40′ 49″ N 6° 09′ 57″ E / 48.680278, 6.165833 ()48° 40′ 49″ Nord 6° 09′ 57″ Est / 48.680278, 6.165833 ()  
Informations générales
Date d’inauguration 1964
Protection Logo monument historique Classé MH (1998, Aquarium de jardin)
Informations visiteurs
Nb. de visiteurs/an 52 000, moyenne entre 2006 et 2010
Site web http://edn.nancy.fr

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Le musée de l'École de Nancy est un musée situé à Nancy et consacré au courant artistique de l'Art nouveau nancéien connu sous le nom d'École de Nancy. Aménagé dans l'ancienne propriété d'Eugène Corbin, grand mécène du mouvement, il a été officiellement ouvert au public, sous sa forme actuelle en 1964. Dans le jardin du musée est situé un aquarium classé monument historique, une porte réalisée pour les usines d'Émile Gallé ainsi qu'un monument funéraire.

Les collections exposées sont formées de salles aménagées dans le style Art nouveau (chambre, salle de bain, bureau, salle à manger), de vitrines consacrées notamment aux œuvres d'Émile Gallé ou de la manufacture Daum et de dessins d'Henri Bergé. Parmi les artistes exposés, on peut aussi citer Victor Prouvé, Eugène Vallin, Louis Majorelle et Jacques Gruber.

Histoire[modifier | modifier le code]

À l'issue de l'« Exposition d'art décoratif moderne lorrain », le Comité d'art décoratif lorrain fait l'acquisition de dix-sept pièces d'Émile Gallé, Victor Prouvé, Louis Hestaux et Camille Martin afin de créer un musée[OC 1]. Le musée d'Art décoratif est ensuite créé, en 1900, par délibération du conseil municipal de Nancy et installé en 1901 dans une salle du musée de Peinture et de Sculpture, situé au rez-de-chaussée de l'hôtel de ville, et son premier gestionnaire est Jules Larcher[OC 2]. 39 verreries d'Émile Gallé, sélectionnées par l'artiste, sont à nouveau achetées en 1903, suite au vote de nouveaux fonds[OC 2]. Édouard Bour offre trois autres pièces la même année et, suite à sa mort en 1907, le musée acquiert son premier meuble[OC 2]. En 1909, lors de l'Exposition internationale de l'Est de la France, le musée acquiert des pièces des industries d'art régionales (Baccarat, Keller et Guérin et cristallerie de Saint-Louis), par achat et don[OC 2].

Durant les années 1910 et 1920, la politique d'acquisition est hétéroclite, c'est-à-dire ne privilégiant pas forcément l'art décoratif moderne et de Lorraine, ralentie par la Première Guerre mondiale[OC 2]. La reprise a lieu en 1921, où des pièces Art déco et non plus Art nouveau rejoignent le musée (verreries Daum, vitrail de Jacques Gruber, céramiques des frères Mougins). En 1927, suite à la mort de Louis Majorelle, ses descendants offrent plusieurs de ses meubles au musée[OC 3].

En 1935, la collection École de Nancy d'Eugène Corbin, un de très grands mécènes du courant artistique, est donnée à la Ville de Nancy[OC 3]. Ses héritiers donnent aussi au musée, que ce soit Louis, son frère en 1935, ou l'épouse de Charles Masson et sœur d'Eugène Corbin, en 1938. Cette collection est installée aux Galeries Poirel[OC 3].

Le musée est installé dans une grosse maison bourgeoise construite à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Cette demeure avait appartenu à Eugène Corbin, homme d'affaires fortuné et grand collectionneur. Les premières acquisitions sont présentées au public en 1901. Une aile latérale est construite en 1923. Les collections sont enrichies de manière significative en 1936 par la donation Corbin. Le musée ouvre le 8 juin 1935 mais rencontre peu de succès, malgré la gratuité des visites certains jours et une campagne de communication au niveau local[OC 4].

En septembre 1939, de nombreuses pièces, dont la liste avait commencé à être établie dès 1936, sont éloignées de la frontière allemande. Elles rejoignent les collections du musée des Beaux-Arts de Nancy, du musée lorrain, de la bibliothèque municipale de Nancy et des archives municipales de Nancy aux châteaux du Bouilh et La Brède. De 1945 à 1964, le musée n'est plus ouvert au public puisque la ville de Nancy souhaite que les Galeries Poirel servent à nouveau aux expositions temporaires[OC 5]. Pendant cette période, le musée continue à acquérir de nombreuses pièces : verreries et meubles d'Émile Gallé, œuvres d'Hector Guimard, et Louis Majorelle.

Le musée ouvre à nouveau en juin 1964 : la presse locale et les héritiers des artistes sont enthousiastes, mais la presse nationale est plus réservée envers le mouvement[OC 6].

Collections[modifier | modifier le code]

Les collections comprennent surtout de petites pièces de mobilier et quelques grands ensembles, ainsi que des objets d'art, souvent en verre ou en céramique, conçus par les plus grands représentants de l'École de Nancy.

Mobilier[modifier | modifier le code]

Pour mieux restituer l'atmosphère de cette époque, les œuvres sont mises en situation.

Les créations d'Émile Gallé sont bien représentées avec, notamment la commode Les parfums d’autrefois, la table Le Rhin et le lit Aube et crépuscule.

Un piano à queue à décor de pommes de pin avec une marqueterie dessinée par Victor Prouvé atteste du talent de Louis Majorelle, de même qu'un buffet Algues et une Salle à manger-meuble-bibliothèque, datées de 1904-1905 et acquises respectivement en 1990 et 1996.

L'ensemble le plus spectaculaire est la Salle à manger Masson, réalisée en 1904 par Eugène Vallin, pour le beau-frère d’Eugène Corbin, Charles Masson. Victor Prouvé réalisa les panneaux de cuir ornant les murs, ainsi que les peintures du plafond sur le thème des cinq sens.

Verre et céramique[modifier | modifier le code]

Les vitrines présentent un ensemble de verreries, dont une belle série d'Émile Gallé : coupes, vases et luminaires.

Parmi les acquisitions relativement récentes figurent un Pot couvert tripode aux couleurs très contrastées (1870-1880) ; un Pot à tabac décoré d'un Gobbo réalisé à la faïencerie de Saint-Clément vers 1875 ; un Vase craquelé, daté de 1880 environ – une première pour la technique de la craquelure chez l’artiste ; un Vase aux orchidées Cypripedium de 1882 – le Cypripedium est une plante que Gallé a longuement étudiée ; une Gourde La Reine Blanche au décor inspiré du Moyen Âge (1882-1884) ; un vase d’inspiration japonaise, Tête de Shi-Shi (vers 1889) ; un Vase aux ancolies réalisé à l’occasion des fiançailles d’Émile André en 1902 ; un vase Rose Wild ou Érable qui porte aussi la signature de sa collaboratrice Rose Wild et fut réalisé en 1903, soit peu avant la disparition des deux artistes.

Exécuté en 1899-1900 – en pleine affaire Dreyfus –, le vase Les Hommes noirs est aussi l'œuvre d'Émile Gallé en collaboration avec l'artiste engagé Victor Prouvé, pour la conception du décor et des personnages.

Daum est également présent, par exemple avec un vase tubulaire en verre soufflé à inclusions métalliques intercalaires, Libellules et Calthas des marais, daté vers 1903-1904.

Vitraux[modifier | modifier le code]

Acquis en 1991, le vitrail « Luffas et Nymphéas » provient de l'une des trois fenêtres de la salle à manger d'un immeuble construit par l'architecte nancéien Georges Biet dans la rue de la Commanderie, et dont il réalisa d'ailleurs l'ensemble des vitraux. Cette œuvre, probablement réalisée vers 1907-1908, est en verre polychrome à couches multiples gravées à l'acide fluorhydrique. Les luffas encadrent le haut de la fenêtre, alors que les nénuphars se développent dans la partie inférieure.

Transition entre l'extérieur et l'intérieur, l'exubérance végétale de la véranda dite de la Salle conçue par Jacques Gruber introduit la nature dans la maison, mêlant fleurs, arbres, plantes aquatiques et oiseaux.

Jardin[modifier | modifier le code]

Réhabilité en 1999 par le paysagiste Philippe Raguin, le jardin restitue les ambiances végétales du début du XXe siècle et constitue une oasis de verdure dans un quartier urbanisé par ailleurs.

Autour des bassins peuplés de nénuphars, on observe lilas, pivoines, hortensias et anémones, plantes issues des hybridations tentées à la fin du XIXe siècle par les horticulteurs nancéiens, tels Félix Crousse ou Lemoine père et fils. La très urticante berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum) est conviée pour ses qualités ornementales, mais cette plante, découverte en 1895, en plein mouvement Art nouveau, a également été très représentée comme élément décoratif dans le mobilier, les ferronneries et les papiers peints de cette période.

Le jardin et l'aquarium ont été inscrits à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques en 1998.

La porte en chêne[modifier | modifier le code]

Une porte en chêne exécutée par l'ébéniste Eugène Vallin pour les ateliers d'Émile Gallé en 1897 a été installée dans le jardin du musée dès 1964. Restaurée en 1999, elle a été remontée dans l'alignement d'un nouveau treillage prolongeant l'aile latérale du musée.

La devise de Gallé « Ma racine est au fond des bois » y est gravée. Des feuilles de marronnier composent un décor stylisé. Les quatre influences principales de l'École de Nancy y sont perceptibles : art médiéval, japonisme, naturalisme et rationalisme.

Le monument funéraire[modifier | modifier le code]

Érigé en 1901 au Cimetière de Préville à Nancy, un monument funéraire à la mémoire de la femme de l'écrivain Jules Nathan dit Jules Rais a été placé dans le jardin du musée en 1969. Il est l'œuvre de l’architecte Xavier Girard et du sculpteur parisien Pierre Roche (1855-1922). C'est en souvenir de sa jeune femme Georgette Vierling, morte le 21 mai 1899, que Jules Nathan, critique d’art originaire de Nancy, fit construire cette sépulture, ornée de vitraux à décor floral d’Henri Carot et surmontée d'un lys en grès émaillé d'Alexandre Bigot (1862-1927). C'est l'un des premiers exemples d’architecture funéraire Art nouveau à Nancy.

L'aquarium[modifier | modifier le code]

Vers 1904 un pavillon circulaire abritant un aquarium est construit dans le jardin à l'initiative d'Eugène Corbin.

Cet édifice original, qui s'apparente aux folies du XVIIIe siècle, est attribué à l'architecte nancéien Lucien Weissenburger. La toiture en forme d'ombrelle témoigne de l'inspiration japonaise. La porte et les impostes des fenêtres sont ornées de vitraux de Jacques Gruber.

Déjà rénové en 1999, le pavillon accueillait des poissons visibles depuis le rez-de-chaussée. Il fait à nouveau l'objet de travaux de restauration en 2008.

La statue de Louis Majorelle[modifier | modifier le code]

Une statue de l'ébéniste-décorateur Louis Majorelle, pensif, agrémente le jardin. Au fil des années elle tend à prendre la couleur de son environnement végétal.

Expositions temporaires[modifier | modifier le code]

Le musée accueille régulièrement des expositions temporaires, comme en 2008 avec celle intitulée « Victor Prouvé au Musée de l'École de Nancy ».

Fréquentation[modifier | modifier le code]

Le graphique ci-dessous montre l'évolution de la fréquentation du musée entre 2006 et 2010[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Musée de l'École de Nancy, Le Musée de l'École de Nancy : Œuvres choisies, Somogy éditions d'art,‎ janvier 2010 (ISBN 978-2-7572-0248-7)
  1. p. 25
  2. a, b, c, d et e p. 26
  3. a, b et c p. 27
  4. p. 28
  5. p. 30
  6. p. 32
  • Autres références
  1. « Fréquentation 2006-2010 des Musées de France - Lorraine », sur data.gouv.fr,‎ 3 novembre 2011

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claude Pétry (et. al.), Daum dans les musées de Nancy, Musée des Beaux-arts, Nancy, 1989, 183 p. (ISBN 2-901408-03-6)
  • Roselyne Bouvier, Musée de l'École de Nancy, Réunion des musées nationaux,‎ 2001, 125 p. (ISBN 2-7118-4132-4) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Émile Gallé et le verre : la collection du Musée de l'Ecole de Nancy, Somogy, Musée de l'École de Nancy, 2004
  • Le Musée de l'École de Nancy dévoile ses réserves : œuvres méconnues ou inédites, Fage éditions, 2007
  • Musée de l'École de Nancy, Le Musée de l'École de Nancy : Œuvres choisies, Somogy éditions d'art,‎ janvier 2010 (ISBN 978-2-7572-0248-7) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]