Musée de Salagon

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Musée de Salagon
Le musée de Salagon - Mane (04)
Le musée de Salagon - Mane (04)
Informations géographiques
Pays Drapeau de la France France
Ville Mane
Adresse 04 300 Mane
Coordonnées 43° 56′ 11″ N 5° 45′ 55″ E / 43.936426422898, 5.765333175659243° 56′ 11″ Nord 5° 45′ 55″ Est / 43.936426422898, 5.7653331756592  
Informations générales
Date d’inauguration 1981
Collections 15 000 objets ethnographiques
Superficie 6 hectares de jardins
Protection classé monument historique en 1922 et 1981
Informations visiteurs
Nb. de visiteurs/an 39 000 (2012)
Site web www.musee-de-salagon.com

Géolocalisation sur la carte : Alpes-de-Haute-Provence

(Voir situation sur carte : Alpes-de-Haute-Provence)
Musée de Salagon

Le musée de Salagon est un musée départemental situé à Mane, dans les Alpes-de-Haute-Provence. Il est composé d'un prieuré d'époque Renaissance et d'une église romane classés monument historique mais aussi de six hectares de jardins. Labellisé Musée de France, Jardin remarquable et ethnopôle, il entend valoriser la culture passée et contemporaine de la société provençale. En particulier, ses jardins ethnobotaniques racontent l'histoire de la relation aux plantes des habitants de la Haute-Provence. Le musée de Salagon regroupe à ce jour environ 1 700 espèces de plantes et une collection de plus de 15 000 objets ethnographiques.

Localisation[modifier | modifier le code]

Salagon, musée et jardins est situé à proximité de Forcalquier, dans les Alpes-de-Haute-Provence. Il se trouve à 105 km de Marseille, 91 km d’Avignon et 52 km de Digne-les-Bains.

Informations pratiques[modifier | modifier le code]

  • Salagon, musée et jardins est ouvert du 1er février au 15 décembre.
  • Fermeture le mardi du 1er octobre au 30 avril sauf pendant les vacances scolaires de la zone B.
  • Le musée de Salagon est doté d’un service éducatif qui propose toute l’année des ateliers, visites et animations pour les groupes adultes, les groupes scolaires et le jeune public individuel.
  • Le musée de Salagon est accessible aux personnes handicapées atteintes de déficiences mentale et visuelle. Il est en partie accessible aux personnes à mobilité réduite.
  • Un centre de documentation est ouvert sur rendez-vous au public. Il est composé d'une bibliothèque de 5000 ouvrages, revues, dossiers d'archives mais aussi d'une photothèque et d'une phonothèque.

Galerie de photos[modifier | modifier le code]

Origine du musée[modifier | modifier le code]

Acquis par la commune de Mane en 1981, puis rétrocédé au Conseil général des Alpes-de-Haute-Provence en 1984, l'ancien prieuré de Salagon a été réhabilité, ouvert au public et animé par l'association Alpes de Lumière, fondée en 1953 par Pierre Martel[1].

L'association, avec l'aide de l'État et des collectivités territoriales, en particulier le Conseil général, y a créé le Conservatoire ethnologique de la Haute-Provence.

Depuis 2000, le musée de Salagon est devenu un musée départemental géré par le Conseil général des Alpes-de-Haute-Provence.

Histoire de Salagon[modifier | modifier le code]

De l'époque gallo-romaine à nos jours[modifier | modifier le code]

Les fouilles archéologiques conduites à Salagon, ont révélé une continuité étonnante de l'occupation de ce lieu, du Néolithique moyen à nos jours. Le site a ensuite été christianisé dès l'Antiquité tardive[2].

Situé non loin de la voie Domitienne, les fouilles ont permis de retrouver sous l'édifice actuel, les éléments d'une ferme indigène, puis d'une villa gallo-romaine datant de la fin du Ier siècle. Celle-ci est partiellement abandonnée au Ve siècle et remplacée par une basilique entourée d'un cimetière chrétien. À la fin du XIe siècle, début du XIIe siècle, Salagon entre sous le giron de l'abbaye bénédictine Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon et devient un prieuré. Des travaux sont entrepris par les moines bénédictins pour reconstruire les sanctuaires de Salagon et en particulier l'église Notre-Dame, telle qu'elle est visible aujourd'hui. Au XIIIe siècle, le logis prieural et le mur d'enceinte sont construits. À la fin du XVe-début XVIe, le prieuré est abandonné par les moines et repris par un prieur commendataire. Peu à peu,le prieuré est abandonné. Au XVIIIe siècle, le site sert alors de grenier pour les récoltes des fermiers du domaine avant d'être vendu comme bien national à la Révolution. Il est acquis par une famille de paysans qui y restera jusqu'en 1980 et y fera divers aménagements. Durant la IIe guerre mondiale, l'armée italienne réquisitionne le prieuré et y installe ses troupes[3].

L’apport de Pierre Martel et l'association Alpes de Lumière[modifier | modifier le code]

En 1956, l'abbé Pierre Martel, curé de Mane et l'association qu'il a créée, Alpes de Lumière nettoient l'église avec l'accord de la famille Calixte, propriétaire des lieux. Par ailleurs Pierre Martel commence à constituer les collections (Objets agricoles, photographies,archives...) afin de conserver les témoignages de la vie sociale en Haute-Provence[3].

En 1981, la commune de Mane devient propriétaire du site. L'association Alpes de Lumière est chargée d'animer le site et de conduire sa restauration. Salagon est ouvert au public est devient le conservatoire ethnologique de la Haute-Provence. Jusqu'en 1995, d'importants chantiers de restauration sont menés par l'association pour transformer Salagon en lieu culturel. Parallèlement, une campagne de fouilles archéologiques est conduite de 1985 à 1994 sous la direction de Rollins Guild puis de Muriel Vecchione.

En 1984, le Conseil général des Alpes-de-Haute-Provence se substitue à la commune de Mane et accélère la remise en état des lieux. Le 1er janvier 2000, Salagon devient un musée départemental géré par le département. En 2011, l'association Alpes de Lumière et le Conseil général des Alpes-de-Haute-Provence signent une convention de cession de la collection d'Alpes de Lumière qui devient propriété du département.

La collection du musée[modifier | modifier le code]

Les collections de Salagon sont réparties de la façon suivante :

  • Collections d’objets : plus de 15 000 objets dont la numérisation est en cours ;
  • Documents photographiques : 3 856 plaques de verre, négatifs, tirages, diapositives, ektachromes, photographies numériques ;
  • Documents audiovisuels : 860 cassettes analogiques et 144 vidéocassettes ;
  • Bibliothèque : 3 172 livres, revues, dossiers documentaires.

Le monument[modifier | modifier le code]

Ancien prieuré bénédictin, Salagon conserve du XIIe siècle son église à deux nefs classée monument historique en 1922. Un logis datant de l’époque Renaissance, deux cours caladées, des dépendances à usage agricoles complètent cet ensemble qui en fait l’un des complexes monumentaux du Moyen Âge les plus remarquables du Haute-Provence. L’ensemble du prieuré a été classé monument historique en 1981. En 1998, l’artiste Aurélie Nemours installe des vitraux contemporains dans l’église[4].

Les jardins ethnobotaniques[modifier | modifier le code]

Le jardin médiéval[modifier | modifier le code]

Le jardin médiéval de Salagon est composé de trois espaces majeurs : le potager, les carrés médicinaux, le jardin floral auquel est venu s’ajouter un coin de plantes vénéneuses et magiques. Cette répartition est fidèle à ce que l’on sait des jardins de monastères, du moins en ce qui concerne le potager et les plantes médicinales. Quant au jardin d’agrément, il n’est apparu qu’au XIIe siècle dans le monde chrétien[5]

Le jardin des senteurs[modifier | modifier le code]

Véritable étude sur le rapport de notre société aux odeurs, le jardin des senteurs propose cinq parcours olfactifs :

– le vocabulaire des odeurs
– la tonnelle capiteuse
– le parcours du parfumeur
– les odeurs du quotidien
– la botanique des odeurs[6]

Le jardin des Temps modernes[modifier | modifier le code]

Le jardin des Temps modernes est un jardin des cinq continents. Il s’intéresse à l’origine et l’histoire des légumes, fruits et fleurs autochtones ou postérieurs à la découverte de l’Amérique[7]

Le jardin des simples et des plantes villageoises[modifier | modifier le code]

Le jardin des simples rassemble la flore de base de la société traditionnelle de Haute-Provence. Il rappelle la place essentielle de l’ancienne médecine rurale et reste fidèle à l’esprit d’un temps où on ne séparait pas les diverses fonctions du végétal, l’aliment du médicament,la belle fleur du pot à tisane[8].

Le jardin de la noria[modifier | modifier le code]

Le jardin de la noria est conçu comme un espace de repos à l’ambiance inspirée de celle des jardins courtois. Il compte une ancienne "noria" (ou puits à chapelet : système d’élévation de l’eau), et un bassin aujourd’hui réutilisé pour l’irrigation gravitaire. Le jardin privilégie les plantes d’ornements florifères[9].

Le parcours de la chênaie blanche[modifier | modifier le code]

Le chêne blanc, ou chêne pubescent, est l’arbre dominant des paysages forestiers de la Haute-Provence[10].

La collection de saules[modifier | modifier le code]

Le musée de Salagon possède une des très rares collection de saules (salicetum) du sud de la France. Celle-ci présente différentes espèces[11].

Les expositions[modifier | modifier le code]

Les expositions permanentes[modifier | modifier le code]

Lavandes et plantes aromatiques en Haute-Provence[modifier | modifier le code]

De la cueillette à la distillation, un parcours ludique et multi-sensoriel offre la possibilité de découvrir la lavande et les plantes aromatiques à partir de jeux, d’objets, de sons et d’odeurs[12].

Les artisans au village[modifier | modifier le code]

En 1993, le musée de Salagon a acquis la forge de Lourmarin, la dernière à avoir fonctionné dans le village. Les outils de Louis Mougin, dernier tonnelier du pays d’Aix-en-Provence complètent l’exposition[13].

Salagon, c’est toute une histoire[modifier | modifier le code]

L’exposition remonte les siècles et plus de 2 000 ans d’histoire pour découvrir les premières traces d’occupation du site de Salagon, de l’époque gallo-romaine au musée actuel[14].

Les expositions temporaires[modifier | modifier le code]

Chaque année, des expositions temporaires sont proposées. Le programme culturel est disponible sur le site du musée.

Salagon, un ethnopôle régional[modifier | modifier le code]

Reconnu pour le travail d’inventaire, de recherches, de publications, de réflexion et de valorisation autour de l’ethnologie, le musée de Salagon a reçu en 1996 le label « ethnopôle » décerné par le ministère de la Culture et de la Communication. Il se consacre en particulier aux savoirs de la nature[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]