Musée d'art moderne de la ville de Paris

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Musée d'art moderne de la ville de Paris
Logotype du Musée d'art moderne de la ville de Paris.
Logotype du Musée d'art moderne de la ville de Paris.
Informations géographiques
Pays Drapeau de la France France
Ville Paris
Adresse 11, avenue du Président-Wilson, 75016 Paris
Coordonnées 48° 51′ 52″ N 2° 17′ 52″ E / 48.86444, 2.2977848° 51′ 52″ Nord 2° 17′ 52″ Est / 48.86444, 2.29778  
Informations générales
Date d’inauguration 1937/1961
Collections Art moderne et art contemporain
Nombre d’œuvres 9772
Informations visiteurs
Nb. de visiteurs/an environ 800 000
Site web Site officiel

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Musée d'art moderne de la ville de Paris

Le musée d'art moderne de la ville de Paris ou MAMVP, situé au 11, avenue du Président-Wilson dans le 16e arrondissement de Paris, occupe l'aile Est du palais de Tokyo et présente la collection municipale d'art moderne et contemporain depuis le Fauvisme, riche de près de 10 000 œuvres, principalement axées sur les mouvements artistiques liés à la capitale et plus récemment sur la scène artistique européenne. L'aile ouest du palais, qui appartient à l'État, est par ailleurs consacrée à la création contemporaine sous toutes ses formes.

Il s'agit d'un des quatorze musées de la Ville de Paris gérés depuis le 1er janvier 2013 par l'établissement public administratif Paris Musées.

Le musée, inauguré en 1961, a rouvert le 2 février 2006, après une période de rénovation, avec une exposition consacrée à Pierre Bonnard.

Identité visuelle (logo)[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Les origines du musée[modifier | modifier le code]

Vue aérienne sur le palais de Tokyo où le musée d'art moderne occupe l'aile Est (à droite).

Le palais de Tokyo, où se trouve le musée, est l'œuvre des architectes A. Aubert, D. Dastugue, J-C. Dondel et P. Viard. Il fut conçu dans le cadre de l'Exposition internationale des arts et des techniques de 1937. D'un point de vue architectural, il appartient au style art déco. En 1934, l'État avait en effet décidé de construire un musée national d'Art moderne. Mais la Ville de Paris, propriétaire des terrains, s’étant engagée à garantir l’emprunt lancé pour le financement de l’Exposition de 1937, l’État accepta finalement, en contrepartie, d'assumer la construction de deux musées d’art moderne, en s’engageant à remettre l’un d’eux à la Ville de Paris pour soulager le musée du Petit Palais : celui de l’État à l’Ouest, à savoir le Musée National d'Art Moderne de 1947 à 1977, et celui de la ville à l'Est.

En 1940, pour éviter que le Palais ne soit réquisitionné par les autorités allemandes, le préfet de la Seine décide de mettre le bâtiment à la disposition de l’Entraide des Artistes pour organiser des Salons.

En 1953, l'apport du legs Girardin sera décisif et déterminera alors les autorités parisiennes à s'affranchir des cimaises devenues trop étroites du Petit Palais pour ouvrir un lieu propre au sein du palais de Tokyo. En 1954, le bâtiment accueille le Salon de la Jeune Peinture jusqu'en 1969, puis de nouveau de 1972 à 1975. En 1959, André Malraux y inaugure la Ire Biennale de Paris avec Une sculpture qui fait de la peinture de Jean Tinguely. Elle se tiendra au MAMVP jusqu'en 1982, sauf en 1971. Le musée héberge aussi le Salon de Mai et le Salon des Réalités Nouvelles (1946-1969), jusqu'à ce que de nouveaux travaux de réfection entrepris en 1976 mettent fin à l'accueil de ces différents salons et permettent l'installation de la Danse de Matisse dans l’ancienne salle obscure ; tandis que l’ARC est aménagé au premier étage.

L'implantation dans l'aile Est du palais de Tokyo[modifier | modifier le code]

Le 6 juillet 1961, après six ans de travaux, le musée municipal ouvre finalement ses portes avec le noyau d'œuvres provenant des collections « modernes » du Petit Palais, auquel s’ajoutent des acquisitions de la commission d’achat des beaux-arts et les enrichissements réalisés grâce à la générosité de collectionneurs privés, comme Ambroise Vollard, le comte Emanuele Sarmiento, Mathilde Amos et la collection du docteur Girardin. L'exposition de 1937 avait par ailleurs été l'occasion d'importantes acquisitions, parmi lesquelles : La Danse d'Henri Matisse, Nu dans le bain et Le Jardin de Pierre Bonnard, L'Équipe de Cardiff de Robert Delaunay, La Rivière d'André Derain, Les Disques de Fernand Léger, L'Escale de Lhote, L'Oiseau bleu de Jean Metzinger, quatre Portraits d'artistes d'Édouard Vuillard, des meubles de Pierre Chareau, André Arbus, Jacques-Émile Ruhlmann, sans parler des grandes décorations de Robert et Sonia Delaunay, Albert Gleizes et Jacques Villon.

En 1964, La Fée Électricité conçue par Raoul Dufy pour le pavillon de l’électricité et de la lumière lors de l’exposition de 1937 fut installée dans la grande salle d’honneur.

Plusieurs séries de travaux[modifier | modifier le code]

Le premier chantier après ouverture, débuté en janvier 1971, sous la direction de Pierre Faucheux et Michel Jausserand, fut achevé en mai 1972. Les salles du rez-de-chaussée haut furent aménagées en dégageant l’ossature du bâtiment des multiples cloisonnements internes existants. Le plan initial fut modifié ; on créa un plancher qui coupait l’ancien hall d’entrée, une mezzanine pour les bureaux et le centre de documentation, un auditorium relié aux nouvelles salles par une passerelle à deux niveaux, et un ascenseur pour desservir tous les niveaux du musée. Une muséographie mobile – avec des plafonds modulables et des cloisons déplaçables – fut alors mise en place dans certaines parties du musée. Cet usage de l’espace, typique de l’époque, montra ensuite très vite ses contraintes. L’ARC, jusqu’alors nomade, allait s’installer dans les salles du premier étage.

Vingt ans plus tard, des crédits étaient à nouveau engagés pour refaire le système de conditionnement d’air des salles d’expositions temporaires du rez-de-chaussée haut, et rendre ces dernières accessibles au public handicapé. Ce fut l’occasion pour le nouveau directeur du musée de poursuivre une vraie réhabilitation de l’édifice, déjà mise en place en 1989 lors de l’installation de l’exposition "Histoires de musée", qui révélait à un large public la qualité méconnue du bâtiment. Cette opération, menée entre 1991 et 1994 avec l’architecte Jean-François Bodin, permit de dégager de nombreux volumes initiaux. Par ailleurs, l’acquisition, en 1993, de la version retrouvée de La Danse inachevée d'Henri Matisse rendait nécessaire, pour sa confrontation avec La Danse de Paris, dans les collections depuis 1937, la création d’une salle spécifique, aux dimensions requises. C’est pourquoi, au cours de ce même chantier, fut réaménagée la salle obscure, dite désormais “Salle Matisse”, où sont accrochés en permanence de façon volontariste de la part du musée ces deux triptyques.

En 2000, à l’issue d’une consultation, la Mairie de Paris a chargé l’atelier d’architecture Canal (Patrick Rubin et Annie Le Bot) d’une mission d’étude puis de la maîtrise d’œuvre des travaux de sécurité à effectuer, la maîtrise d’ouvrage et la conduite d’opération étant assurés respectivement par la direction des Affaires culturelles et la direction du Patrimoine et de l’Architecture, agence des grands projets. En 2002, des travaux de désamiantage de la salle Dufy ont été réalisés. La réouverture a fourni l’occasion au musée de procéder à un nouvel accrochage des œuvres. La direction des Affaires culturelles et le musée ont confié à l’architecte Jean-François Bodin le réaménagement du parcours des collections permanentes. En outre, au sous-sol, des espaces fermés ont été remis en état afin que le musée puisse disposer d’une salle obscure pour la diffusion de vidéos de la collection et puisse également retrouver la salle Boltanski reconfigurée.

Collections[modifier | modifier le code]

Les collections permanentes du musée, comptent 9 772 œuvres de 2 146 artistes, dont 1 754 peintures, 1 054 sculptures et œuvres tridimensionnelles, 1 851 dessins ou 2 799 photographies (mi-2014)[2], qui illustrent les divers courants de l'art des XXe siècle et XXIe siècle, avec entre autres des œuvres de : Pablo Picasso, Georges Braque, Henri Matisse, Emile Othon Friesz, Wilhelm Lehmbruck, Maurice de Vlaminck, Georges Rouault, Raoul Dufy, Marie Laurencin, Pierre Bonnard, Édouard Vuillard, Albert Marquet, Henri Laurens, Jacques Lipchitz, Jean Metzinger, Albert Gleizes, André Lhote, Juan Gris, Alexander Archipenko, Ossip Zadkine, Marcel Duchamp, Francis Picabia, František Kupka, Robert et Sonia Delaunay, Fernand Léger, Jean Hélion, Auguste Herbin, Joaquín Torres García, Natalia Gontcharova, Luigi Russolo, Amedeo Modigliani, Giorgio de Chirico, Alberto Magnelli, Gino Severini, Kees van Dongen, Bart van der Leck, Jean Arp, Sophie Taeuber-Arp, Maurice Utrillo, Suzanne Valadon, André Derain, Moïse Kisling, Marcel Gromaire, Marc Chagall, Chaïm Soutine, Léonard Foujita, Alexander Calder, Alberto Giacometti, Jean Crotti, Man Ray, Max Ernst, André Masson, Victor Brauner, Hans Bellmer, Roberto Matta, Wilfredo Lam, Jean Fautrier, Jean Dubuffet, Bernard Buffet, André Fougeron, Pierre Tal-Coat, Pierre Soulages, Nicolas de Staël, Gérard Schneider, Geer Van Velde, Zao Wou Ki, Pierre Alechinsky, Henri Michaux, Étienne-Martin, Antoni Tàpies, Lucio Fontana, Yves Klein, Arman, Martial Raysse, Daniel Spoerri, Raymond Hains, Jean Tinguely, Christo, Alain Jacquet, Victor Vasarely, François Morellet, Carlos Cruz-Diez, Bridget Riley, Daniel Buren, Olivier Mosset, Michel Parmentier, Niele Toroni, Louis Cane, Nam June Paik, Robert Filliou, Ben Vautier, Mario Merz, Giuseppe Penone, Luciano Fabro, Simon Hantaï, Gaston Chaissac, Eugène Leroy, Hervé Télémaque, Eduardo Arroyo, Bernard Rancillac, Jacques Monory, Henri Cueco, Hervé di Rosa, Bertrand Lavier, Bernard Frize, Jean-Michel Othoniel, etc...

La collection moderne est représentative des mouvements artistiques qui se sont développés à Paris depuis le Fauvisme en 1905 ; tandis que la collection contemporaine, à partir des années 1960, est plus ouverte sur la scène artistique européenne (Nouveau Réalisme, Figuration narrative, Cinétisme, Arte Povera, Supports/Surfaces, BMPT, artistes allemands et jeune scène française…). La donation Michael Werner[3] a ainsi permis de réunir la principale collection française d'art contemporain allemand, avec celle du Musée National d'Art Moderne, par l'apport de nombreuses œuvres de Jörg Immendorff, A. R. Penck, Markus Lüpertz, Antonius Höckelmann, en complément des œuvres déjà présentes de Hans Hartung, Gerhard Richter, Georg Baselitz, Sigmar Polke, Wolf Vostell, Andreas Gursky, Thomas Schütte, Jan Voss, Thomas Ruff, Gisèle Freund, Rosemarie Trockel, Gloria Friedmann, Albert Oehlen, etc..., mais aussi d'acquérir des œuvres de Wilhelm Lehmbruck, Otto Freundlich, Per Kirkeby ou Marcel Broodthaers.

Constituées essentiellement par de grandes donations (legs du Dr. Maurice Girardin, donations Ambroise Vollard, Mathilde Amos, Henry Thomas, comte Emanuele Sarmiento, Berthe Reysz, L’Oréal ou Michael Werner...) parfois consenties par des artistes ou leur famille (legs De Chirico, Suzanne Duchamp-Crotti, donations Brauner, Leroy, Tomilina-Larionov, Buffet, Dewasne...), les collections s'enrichissent régulièrement grâce aux dons ponctuels d'artistes, notamment lors des expositions monographiques qui leur sont consacrées (Simon Hantaï, Jacques Monory, Pierre Soulages, Aurélie Nemours, Erró, Peter Fischli et David Weiss, Robert Motherwell, Keith Haring, Georg Baselitz, Bertrand Lavier, Marc Desgrandchamps, Bernard Dufour, Niele Toroni, Luis Tomasello...) et aux acquisitions régulières (Anton Räderscheidt, Peter Stämpfli, Gérard Fromanger, Martin Barré, Yan Pei-Ming, Anita Molinero...), notamment via la société des amis du musée (Tal-Coat, François Morellet, Albert Oehlen, Peter Doig, Georges Noël...).

Le vol de tableaux de 2010[modifier | modifier le code]

La Femme à l'Éventail par Amedeo Modigliani un des 5 tableaux volés

Cinq tableaux, d'une valeur totale estimée à 100 millions d'euros ont été volés dans la nuit du 19 au 20 mai 2010[4] : Le Pigeon aux petits pois de Pablo Picasso, La Pastorale de Henri Matisse, L'Olivier près de l'Estaque de Georges Braque, Nature morte, chandeliers de Fernand Léger et La Femme à l'éventail de Amedeo Modigliani. La disparition des tableaux a été constatée au matin avant l'ouverture des portes du Musée, ce vol a déclenché une vive polémique sur la sécurité des musées[5]. Le 1er octobre 2010, la mairie de Paris annonce que deux suspects ont été arrêtés, mais que les tableaux n'avaient pas été retrouvés[6].

Statut et organisation[modifier | modifier le code]

Directeurs[modifier | modifier le code]

Département de l'ARC[modifier | modifier le code]

L'ARC (animation, recherche, confrontation) est le département contemporain du musée d'art moderne de la ville de Paris.

Histoire[modifier | modifier le code]

Créé en 1967 par Pierre Gaudibert, l'ARC se voulait international et pluridisciplinaire. Conservatrice depuis sa création, Suzanne Pagé a pris sa direction en 1973 et, c'est sous celle-ci, que l'ARC acquit son autonomie à l'égard du musée d'art moderne de la ville de Paris.

Lorsqu'en 1988, Suzanne Pagé prit la direction du musée d'art moderne, l'ARC, toujours dirigé par elle, retourna sous l'autorité de cette institution.

Succédant à Laurence Bossé, Angeline Scherf dirige actuellement l'ARC.

Pendant les travaux du musée, de 2004 à 2005, l'ARC a proposé des expositions au Couvent des Cordeliers.

Liste des expositions monographiques[modifier | modifier le code]

Liste des expositions collectives[modifier | modifier le code]

Accès[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

Annexe[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]