Musée d'archéologie méditerranéenne

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Musée d'archéologie méditerranéenne
La cour intérieur de l'hospice de La Vieille Charité.
La cour intérieur de l'hospice de La Vieille Charité.
Informations géographiques
Pays Drapeau de la France France
Région Blason région fr Provence-Alpes-Côte d'Azur.svg Provence-Alpes-Côte d'Azur
Ville Blason ville fr Marseille (Bouches-du-Rhône).svgMarseille (2e arrdt.)
Adresse Centre de la Vieille Charité
2 rue de la Charité
13002 Marseille.
Coordonnées 43° 18′ 01″ N 5° 22′ 04″ E / 43.300167, 5.3677543° 18′ 01″ Nord 5° 22′ 04″ Est / 43.300167, 5.36775  
Informations générales
Date d’inauguration 1995
Collections Antiquités égyptiennes, Antiquités classiques, Protohistoire en Gaule du sud.

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Musée d'archéologie méditerranéenne

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Musée d'archéologie méditerranéenne

Le musée d’archéologie méditerranéenne, qui se trouve au premier étage de la Vieille Charité à Marseille, regroupe trois départements : les antiquités égyptiennes, les antiquités classiques et l’archéologie régionale.

Antiquités égyptiennes[modifier | modifier le code]

La majeure partie de cette collection est constituée d’objets réunis par le docteur Clot-Bey (1793-1868) qui, à la demande du vice roi d’Égypte Méhémet Ali, séjourna longtemps dans ce pays et y créa l’école de médecine. Ce fonds acquis par la ville de Marseille pour un prix dérisoire, fut complété par des dons et des acquisitions diverses.

Cinq salles se succèdent en enfilade présentant les statues, sarcophages et objets divers de manière thématique, la dernière salle représentant une chambre funéraire.

Première salle[modifier | modifier le code]

Déesse Sekmet léontocéphale

Dans cette première salle sont présentés dans deux vitrines des objets de l’époque prédynastique : vases tubulaires, vases à motifs géométriques, épingles en os, palettes à fard, pointes de flèche, grattoirs. On y trouve également un buste d’homme en granit, une statue de Ramsès VI en granit de la XXe dynastie et une magnifique tête léontocéphale de la déesse Sekhmet probablement en provenance du temple de Mout (Karnak) ou d’un temple jubilaire d’Amenhotep III qui avait multiplié les images de cette déesse.

Deuxième salle[modifier | modifier le code]

Dans une première vitrine sont exposés des objets de toilette : cuiller à fard, peignes, épingles à cheveux, pots, tubes et stylets à kohl. On peut également admirer des objets de la vie quotidienne : coffre à vêtement, chaise votive, chevets en bois, sandales en fibre, pions de jeux et osselets.

Dans une deuxième vitrine se trouvent des outils d’artisans (peigne à carder, palette de peinture) et des objets religieux : amulettes à l’effigie des dieux Bès (génie familier) et Ptah (dieu de la ville), ivoire magique, poupée de fécondité, statuette de Bès d’heureuse maternité qui était placée au sommet de quatre piquets pour délimiter l’espace d’accouchement. Dans cette salle sont également exposés un bas relief aux cartouches de Ramsès II et une petite statue cube du préfet Sobekhotep (XVIIIe dynastie). Enfin dans la dernière vitrine se trouvent tout ce qui est relatif à l’écriture : palette de scribe, calames, contrat rédigé en écriture démotique. Sont également exposés deux bustes de fonctionnaires, un arc et des flèches, une stèle de Naos.

Troisième salle[modifier | modifier le code]

Au centre de la salle se trouvent :

  • un sarcophage d’ibis en bois doré, argent, cuivre et pâte de verre d’époque ptolémaïque ;
  • une statue fragmentaire de la déesse Neith en granite noir de la XVIIIe dynastie. Sculptée sous le règne d’Amenhotep III, cette statue fut ensuite transportée de Thèbes à Tanis où elle fut découverte.

Dans les vitrines disposées à la périphérie de la salle sont exposés de nombreux objets :

  • sommets d’enseignes en bronze représentant Isis, Harpocrate assis dans une fleur de lotus ;
  • vases votifs, stipules, statuettes en bronze des dieux créateurs (Amon, Mout, Khonsou, Orante, Min) ;
  • tête de chatte en bronze de la basse époque, reliquaire de chat, statue en bronze de Neith (déesse très ancienne de la ville de Saïs), statuettes de Thot ;
  • pour le culte des animaux sacrés : reliquaire d’ichneumon, d’anguille à tête humaine, de chien, d’ibis, de chat ainsi que des momies d’ibis, de chat et de gazelle.

Dans huit piliers formant également vitrine on peut admirer : Nephtys agenouillée en bois polychrome, Isis lactant en schiste, ichneumon (Herpestes Ichneumon, espèce de mangouste se trouvant en Égypte mais également jusqu’en Andalousie ; importée dans les Antilles pour tuer les crotales) en bronze de l’époque ptolémaïque représentée debout coiffé du disque solaire et de l’uræus, une chatte en bronze de la basse époque, mufle de lionne en granit du nouvel empire, stipule en bronze.

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Quatrième salle[modifier | modifier le code]

Au centre de cette salle se trouvent deux magnifiques sarcophages :

  • le premier en serpentine vert sombre appartenait à Ânkhhâpi. Finement travaillé, il a été trouvé à Saqqarah. Il est d’époque ptolémaïque ;
  • le second en basalte noir, moins bien travaillé que le premier, appartenait à Pa-en-ese, puis, après usurpation à Pa-di-ousir. Sous la semelle se trouve une représentation du tertre abritant le tombeau d’Osiris à Abydos situé entre Thèbes et Assiout.

Le long d’un mur sont exposées 18 stèles funéraires. Dans des vitrines sont exposés des vases canopes en albâtre (XXVIe dynastie), des amulettes, des scarabées, des cônes funéraires, des ouchebtis et du mobilier funéraire comportant des vases et des tables d’offrande. Des sarcophages en bois décoré sont également exposés, notamment celui au nom de la dame Noub-em-Ousekhet (XXVIIIe dynastie) en bois bitumé et doré.

Cinquième salle[modifier | modifier le code]

Dans cette salle représentant une chambre funéraire se trouve au centre un sarcophage en bois peint (XXIe dynastie) avec les restes d’une résille de momie, des amulettes, une barque funéraire, une table d’offrande, des ouchebtis, et deux vases canopes. Sur chacun des quatre murs de cette pièce se trouve une stèle orientée provenant du monument funéraire du général Kasa qui fut enseveli à Saqqarah et devait vivre sous le règne de Séthi Ier à l’époque de la XIXe dynastie. Ces stèles scellées dans les quatre murs du caveau servaient de réceptacle à une briquette inscrite d’une formule appropriée et à une figurine, conformément au livre des morts. Ces quatre stèles forment un ensemble unique.

Enfin le long d’un mur est exposé un papyrus de 5,64 mètres de long de la XXVIe dynastie (-664/-525). Il s’agit d’un livre des morts déposé dans un caveau, celui de Nes-pa-safy. Il est composé de deux rouleaux de textes mis au jour en 1858 lors de la découverte de la nécropole de la famille de Nes-pa-safy. Il est composé de deux parties, l’une cédée par Clot-Bey l’autre achetée par le musée sur le marché des antiquaires ce qui a permis de reconstituer de façon complète ce livre des morts.

Antiquités classiques[modifier | modifier le code]

Dans ce domaine, le musée présente aux visiteurs un large panorama de la civilisation méditerranéenne et proche-orientale. L’ensemble des collections est regroupé dans une seule longue salle où sont présentées successivement les différentes civilisations suivantes :

Proche-Orient[modifier | modifier le code]

Le parcours débute en Mésopotamie avec la présentation d’un magnifique panneau en brique émaillée du palais de Darius (-522/-486) et d’une tête de lion médio-élamite du IIe millénaire av. J.-C.. Quelques objets représentant la fondation de Suse et le début de l’urbanisation sont exposés ainsi que des briques, des cônes et des tablettes en écriture cunéiforme.

Chypre[modifier | modifier le code]

Les différentes étapes de la civilisation chypriote sont présentées avec l’âge du bronze ancien (-2300 /-1600) et récent (-1600/-1050) : tasses, cruches, vases, figurines féminines à oreilles ajourées ou à tête d’oiseau.

Viennent ensuite les périodes de « Chypre géométrique » de -1050 à -700 avec des amphores et de « Chypre archaïque » avec des œnochoés, coupes, vases ovoïdes. Des figurines en terre cuite produites essentiellement au VIe siècle sont exposées : couple, joueur de lyre, conducteur de char, cheval, etc.

À partir du Ve siècle apparaissent des sculptures de pierre : statuettes d’hommes, tête coiffée du pileus. Enfin l’époque classique et hellénistique, puis l’époque romaine (têtes d’homme, lampes, verrerie) terminent la représentation de l’art chypriote.

Grèce[modifier | modifier le code]

Une vitrine présente les différents vases grecs avec :

  • les vases à verser : œnochoés ;
  • les vases à boire : skyphos (simple gobelet), canthares à deux anses verticales, rhyton ou corne à boire ;
  • les vases rituels.

La Grèce insulaire et archaïque est représentée avec des coupes, œnochoés, masques, amphores etc.

La grande Grèce (Sicile, Italie du Sud) dont les premières colonies ont été fondées par les Eubéens, Doriens et Rhodiens à partir du VIIe siècle avant notre ère, est représentée par des œnochoés, amphores etc.

Étrurie[modifier | modifier le code]

Pour cette région d’Italie figurent différents objets : urne cinéraire, amphore et des petits objets de bronze : bracelet, poignées de bassin, statuettes.

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Rome[modifier | modifier le code]

L’exposition se termine enfin par Rome avec une intéressante collection de reliefs en marbre, des urnes cinéraires, des bronzes et de la verrerie (gourde, flacons).

Archéologie régionale[modifier | modifier le code]

Les objets proviennent de différents sites archéologiques situés dans un rayon d’une trentaine de kilomètres autour de Marseille. Ils sont exposés de façon thématique, chronologique et géographique dans le but d’illustrer l’évolution de ces communautés villageoises depuis le Ve siècle avant notre ère. Parmi les habitats des environs de Marseille grecque dont les objets sont exposés, les principaux sont les suivants :

Ventabren[modifier | modifier le code]

Au cours de travaux de voirie effectués en 1902 sur le territoire de la commune de Ventabren située au nord de Marseille, une sépulture à incinération surmontée de deux cippes associés a été découverte. Ces deux stèles sont en grès, la première de 52 cm de haut avec l’inscription Vectitos, la deuxième de 82 cm de haut avec l’inscription de Ouenitoouta.

Oppidum de Constantine[modifier | modifier le code]

Situé sur le territoire de la commune de Lançon de Provence, au nord de l’étang de Berre, cet oppidum a livré une magnifique vasque circulaire de 60 cm de diamètre et de 17 cm de haut en calcaire de Calissanne, dédiée au dieu celtique Belenos. Ce dieu a été assimilé à Apollon.

Oppidum de la Cloche[modifier | modifier le code]

Cet oppidum, situé sur le territoire de la commune des Pennes-Mirabeau entre Marseille et Berre, a livré des fragments d’une statue de guerrier assis en tailleur. De nombreux sites celto-ligures du IIe siècle ont livré des éléments de statues de ce type. Dans ce site ont été trouvés des crânes humains encloués et fixés suivant une coutume celto ligure sur la porte d’entrée de l’oppidum.

Oppidum de la Teste-Nègre[modifier | modifier le code]

Situé sur la commune des Pennes-Mirabeau, cet oppidum très proche de celui de la Cloche a livré de la vaisselle à pâte claire massaliète : marmites, jattes, oenochoés, coupelles et de la vaisselle italique. Il a également fourni des objets métalliques de parures notamment des bracelets en bronze à décor celtique avec de motifs curvilignes.

Le Baou-Roux[modifier | modifier le code]

Ce site a produit un magnifique casque en bronze laissé en dépôt par le musée Granet d’Aix-en-Provence.

Roquepertuse[modifier | modifier le code]

Statue bicéphale
Statue de guerrier

C’est en 1824 qu’eurent lieu par hasard les premières découvertes sur le site de Roquepertuse situé sur le territoire de la commune de Velaux, au nord de Marseille. Un peu plus tard, en 1860, deux statues de guerriers accroupis étaient découvertes par le propriétaire. Par la suite des fouilles dirigées par le comte Henry de Gérin-Ricard eurent lieu de 1919 à 1924, puis en 1927. Les fouilles furent reprises en 1960, puis en 1991. Le site comprend une plate-forme de 1,50 m par 22 m pavée de pierres plates dont une quinzaine de stèles en réemploi et accessible par un escalier en gros blocs de pierres. Il comprend également une zone de stockage de 4 m par 5 m où se trouvaient neuf dolia. Sur la plate-forme devait être implanté le portique avec ses piliers. Les premières interprétations des archéologues réduisaient ce site à un sanctuaire isolé. D’après les dernières conclusions tirées de différentes études pluridisciplinaires, il s’agirait en fait d’une agglomération d’environ 0,5 hectare avec un sanctuaire au nord et un rempart de protection.

La date d’occupation de ce site remonterait au Ve siècle et sa destruction par le feu et par un bombardement de boulets de pierre lancés par des catapultes remonterait au tout début du IIe siècle avant notre ère[1].

Les objets exposés provenant de ce site sont d’un intérêt exceptionnel avec un portique, deux statues d’hommes assis, un linteau avec quatre chevaux sculptés, une statue d’oiseau et une sculpture à deux têtes accolées.

  • La sculpture des deux têtes accolées en calcaire de la région a 20 cm de haut et 30 cm de long. Les visages très dépouillés ont les traits émaciés, des yeux en amandes, une bouche large et mince. Une coiffure originelle en feuilles de gui devait orner le centre de la sculpture. Ces protubérances ont fait l’objet d’un martelage.
  • La statue d’oiseau en calcaire de 60 cm × 60 cm serait un rapace et non pas une outarde, oiseau qui était commun dans la Crau voisine. L’oiseau et le cheval appartiennent avec le rite des têtes coupées à une symbolique guerrière.
  • Le linteau de 60 cm de longueur et de 34 cm de hauteur est en calcaire. Il est gravé de quatre têtes de cheval avec des restes de peintures.
  • Les deux statues représentent chacune un guerrier assis en tailleur vêtu d’une chasuble et d’une plaque couvrant le dos. Les mains devaient être posées sur les genoux. Ces statues n’ont pas de têtes, comme dans d’autres sites, car elles ont dû être brisées volontairement lors de la destruction de l’oppidum. Une des deux statues porte un torque et un brassard.
  • La reconstitution des trois piliers découverts brisés est délicate et, pour l’instant, toujours incertaine. Une solution est proposée. Dans chaque pilier des niches sont creusées dans lesquelles devaient se loger des crânes humains.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Michel Bats, Philippe Boissinnot, Louis Chabot, Lucien François Gantés, Brigitte Lescure, Philippe Leveau,Voyage en Massalie, 100 ans d’archéologie en Gaule du Sud, Edisud, 1990, 256 pages (ISBN 2-85744-496-6) pages 165-171

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Fernand Benoit, Recherches sur l’hellénisation du midi de la Gaule, Publications des annales de la faculté des sciences d’Aix-en-Provence, éditions Orphys, 1965, 336 pages.
  • Bruno Bizot, Xavier Delestre, Jean Guyon, Manuel Molinier et Henri Tréziny, Marseille antique, guides archéologiques de la France, éditions du patrimoine, Paris, 2007, (ISBN 978-2-85822-931-4).
  • Michel Bats, Philippe Boissinnot, Louis Chabot, Lucien François Gantés, Brigitte Lescure, Philippe Leveau, Voyage en Massalie, 100 ans d’archéologie en Gaule du Sud, Edisud, 1990, 256 pages (ISBN 2-85744-496-6)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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