Musée Paul-Dini de Villefranche-sur-Saône

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Musée Paul-Dini
Espace Grenette du musée Paul-Dini
Espace Grenette du musée Paul-Dini
Informations géographiques
Pays Drapeau de la France France
Ville Villefranche-sur-Saône
Adresse 2, place Faubert
69400 Villefranche-sur-Saône
Coordonnées 45° 59′ 27″ N 4° 43′ 16″ E / 45.9908, 4.721 ()45° 59′ 27″ Nord 4° 43′ 16″ Est / 45.9908, 4.721 ()  
Informations générales
Collections Une Histoire de la peinture à Lyon et en Rhône-Alpes depuis 1865
Superficie 3 100 m2
Informations visiteurs
Site web musee-paul-dini.com

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Musée Paul-Dini

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Musée Paul-Dini


Le musée Paul-Dini est un musée municipal à Villefranche-sur-Saône. L’institution se positionne aujourd’hui comme un espace d’étude et de valorisation de l’art moderne et contemporain en Rhône-Alpes. Aux côtés des grands musées régionaux, comme ceux de Lyon, Saint Étienne ou Grenoble, le musée Paul-Dini apporte un regard complémentaire sur les courants artistiques et les artistes ayant un lien de vie ou de travail avec Rhône-Alpes. Il donne un panorama d’un siècle et demi d’art pictural dialoguant avec les grands courants nationaux et internationaux.

Histoire d'un musée municipal[modifier | modifier le code]

Présentation[modifier | modifier le code]

L’aventure du musée municipal de Villefranche-sur-Saône commence en 1863, sous l’impulsion du maire de la ville, Jean-Baptiste Boiron et de l’avocat Loyson de Chastelus. À partir de 1893, l’ancienne halle aux grains (2 place Faubert), la Grenette, est aménagée pour accueillir la bibliothèque et le musée jusque-là logés dans les locaux de la mairie.

Le musée enrichi de nombreuses donations, dépôts d’État et achats, rassemble des peintures, sculptures, collections minéralogiques, archéologiques, meubles ainsi que des collections d’Afrique et de Nouvelle Calédonie.

Après-guerre, l’institution se retrouve sans responsable et sans budget. De fait, son activité demeure discrète jusque dans les années 1970, période durant laquelle la collection est mise en sommeil. Dès 1978, la halle aux grains connaît une seconde vie insufflée par la création de l'association Centre d'arts plastiques dont la mission est d'organiser des expositions temporaires d'artistes contemporains.

En 1984, l’artothèque est créée et des ateliers de pratique artistique pour adultes et enfants s’organisent. L’ensemble de ces activités se poursuit après 1990 dans le cadre du Centre culturel de Villefranche. La politique d’exposition d’artistes contemporains permet de fidéliser un public local et d’acquérir la reconnaissance des spécialistes et des amateurs d’art du XXe siècle.

Suite à une première donation, le 15 août 1998, de Muguette et Paul Dini, collectionneurs et sous l’impulsion de Jean-Jacques Pignard, maire de Villefranche et du conseil municipal le centre d’art redevient un musée municipal. L’institution inaugurée en 2001 et alimentée depuis par de nombreuses donations de peintures, propose aux amateurs et professionnels un fonds permanent composé de plus de 1 200 œuvres ainsi que deux à trois expositions temporaires annuelles.

L’aménagement de l’espace Grenette et de l’espace Cornil (1999-2005)[modifier | modifier le code]

Les travaux d’aménagement de l’espace Grenette ont été menés entre 1999 et 2001. Les travaux ont bénéficié des financements de la Ville de Villefranche-sur-Saône, de la Région Rhône-Alpes et du Département du Rhône. L’ancienne halle aux grains construite entre 1841 et 1846, voit ses espaces intérieurs agrandis par l’aménagement des greniers. La toiture à grande partie détruite est remplacée par une verrière à l’ossature d’acier.

En avril 2003, le musée reçoit le label « musée de France ».

Le 15 octobre 2005, le musée Paul-Dini ouvre son second espace : l’espace Cornil. Situé à côté de l’espace Grenette, à l’ange de la rue Desseigne et du boulevard Louis Blanc, l’espace Cornil est une ancienne usine de textile qui occupa ses fonctions jusqu'à l’été 1985. Pour les travaux d’aménagement, la Ville de Villefranche-sur-Saône, reçoit le soutien financier du Département du Rhône et de la Région Rhône-Alpes ainsi que du Ministère de la Culture. Avec l’ouverture de ce deuxième espace, le musée Paul-Dini double sa surface d’exposition et de communication passant de 1 800 à 3 100 m2 .

Une histoire de la peinture à Lyon et en Rhône-Alpes de 1865 à aujourd’hui[modifier | modifier le code]

Suite à leur première donation, Muguette et Paul Dini renforcent la collection avec d’autres dons de peinture (6e et 7e donations en 2009).

Adolphe APPIAN, "Une route dans les environs de Gênes", donation Muguette et Paul Dini 1, 1999, inv. 1999.1.7

D’autres collectionneurs ont depuis continué d’enrichir la collection : Josselyne Naef, Annie et Régis Neyret, Jean de Breyne, Denise Fessetaud-Mermillon, Olivier Houg, Jacques Truphémus, Catherine et Michel Guinle, Jacqueline Gloria, l’association Les Amis d’Armand Avril, Julie Picault-Demilly, les Amis de Jean Chevalier, Mme Ughetto et la famille Jackie Kayser. Grâce à la générosité de ses donateurs, le musée propose une histoire de la peinture à Lyon et en Rhône-Alpes de 1865 à nos jours. La spécificité de la collection renvoie à la notion même de territoire, lieu de vie ou d’activité des artistes, en un panorama et un regard sur l’histoire de l’art dans cette région.

Les représentants du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Le parcours débute par une introduction des paysagistes, rayonnant autour de , l'école de Barbizon, école de peinture de plein air. Elle inspira « les Lyonnais » : Hector Allemand, Charles Beauverie, Auguste Ravier, Louis Carrand, François Vernay, Adolphe Appian, Jean-Aimé Saint Cyr Girier. L’école lyonnaise du XIXe siècle affirme son identité et son originalité par la synergie qui s’opère entre les peintres et les activités de la soierie lyonnaise. Ces manufactures offrent en effet aux peintres de fleurs une opportunité exceptionnelle d’expression.

L’aventure artistique se poursuit avec l’univers de Jean Puy, peintre fauve dont le goût de l’intime se conjugue avec l’intimisme d’Albert André.

Deux grands noms sont eux aussi à découvrir : le lyonnais Puvis de Chavannes et le dauphinois Jules Flandrin. Elève de Gustave Moreau, ami de Marquet, Matisse ou Camoin, Jules Flandrin se laisse guider par les éclats de palette des Nabis puis par celle des fauves. Né à Lyon en 1824, Pierre Puvis de Chavannes perpétue quant à lui, l’esthétique ingresque pour aboutir à un symbolisme mêlé de classicisme.

Les représentants du XXe siècle[modifier | modifier le code]

Le symbolisme des années 1910 est illustré par le peintre Auguste Morisot et son triptyque Ombre-Lumière-Ténèbres (1911). Cet ensemble confirme le rôle fondamental de l’esthétique symboliste et de la réflexion philosophique, caractéristiques des recherches artistiques à Lyon au XIXe siècle et au début du XXe siècle.

Jacques TRUPHEMUS, "Le grand Atelier", 1993, donation Muguette et Paul Dini 1, 1999, inv. 1999.1.389

Après 1918, de nombreux mouvements se succèdent avec le groupe Ziniar (Adrien Bas, Pierre Combet-Descombes, Claude Dalbanne, Albert Tresch, Emile Didier, Étienne Morillon, Antonin Ponchon) et les Nouveaux (Marc Aynard, Antoine Chartres, Pierre Pelloux, Henry Vieilly, Jean-Albert Carlotti, René Chancrin, René Besset, Jean Couty). D’autres personnalités marquent également le paysage artistique lyonnais comme Suzanne Valadon qui doit notamment sa notoriété à la solidité des volumes des corps.

La collection du musée rassemble aussi des œuvres de Joseph Communal et du cubiste Albert Gleizes, célèbre pour sa théorie sur la translation-rotation de la géométrie abstraite. Ses élèves (Jean Chevalier, Daniel Gloria, Andrée Le Coultre et Paul Regny) ainsi que de nombreux artistes inspirés par sa théorie (René-Maria Burlet, Jean Le Moal et Jean Bertholle) sont présents sur les cimaises du musée.

L'après-guerre nourrit le débat entre figuration et abstraction. Certains artistes, Philippe Artias, Pierre Jacquemon, Jean Degottex s'attachent à développer un travail abstrait alors qu'André Cottavoz, Jean Fusaro et Jacques Truphémus, qui exposent ensemble sous la bannière des sanzistes en 1948,renouvellent la peinture figurative.

Les années 1960 voient l'émergence d'artistes singuliers, Armand Avril, Anselme Boix-Vives, Philippe Dereux, Joannès Veimberg, avec des créations d'assemblages pour certains d'entre-eux les rapprochant de l'art brut.

Tremplin à la création contemporaine[modifier | modifier le code]

Le musée est aussi un hommage et un formidable soutien à la création contemporaine.

De nombreux artistes présents dans le fonds permanent, poursuivent les recherches menées dès les années 1980 : retour à la figuration, exploitation des possibilités de l'abstraction, prise en compte des nouvelles technologies de l'image et de la photographie.

Malgré l'importance croissante des autres moyens d'expression, ils continuent de pratiquer la peinture. Parmi eux, Jean-Philippe Aubanel, Damien Béguet, Carole Benzaken, Stéphane Braconnier, Alain Chevrette, Marc Desgrandchamps, Hilary Dymond, Philippe Favier, Patrice Giorda, Jackie Kayser, Christian Lhopital, Patrice Mortier, Hubert Munier, Kacem Noua, Djamel Tatah, Isabelle Thé, Daniel Tillier …

Artothèque et bibliothèque d’art contemporain[modifier | modifier le code]

Ouverte depuis 1984, l'artothèque qui est une structure de diffusion de l’art contemporain, compte près de 700 œuvres (environ 350 artistes). Sa collection est enrichie chaque année par des achats ou des dons. L’abonné peut emprunter, des gravures, des lithographies, des photos, des dessins, des sculptures, selon une formule d’adhésion annuelle. À l’instar d’une bibliothèque favorisant l'approche de la lecture, l'artothèque met le public en contact avec des œuvres d'art contemporaines. Jeunes artistes et artistes reconnus composent la collection de l'artothèque afin de répondre aux goûts et aux envies de tous. Sont représentés notamment les principaux courants artistiques en France depuis les années 1950 : Pierre Alechinsky, Jean-Philippe Aubanel, Ben, Alexander Calder, Robert Delaunay, Hervé Di Rosa, Gérard Garouste, André Lanskoy, André Masson, Ernest Pignon-Ernest, Jean Raine, Niki de Saint-Phalle, Pierre Soulages, Claude Viallat, Bram Van Velde, Zao Wou-Ki ...

Outre Villefranche-sur-Saône, la région Rhône-Alpes compte sept artothèques : Annecy, Chambéry, Grenoble, Lyon, Saint-Fons, Saint-Priest, Villeurbanne mais on en trouve dans toute la France. La spécificité de Villefranche-sur-Saône est de compter une vingtaine d'artistes également présents dans les collections du musée.

Les abonnés de l’artothèque possèdent systématiquement un Passe-Musée. Ils sont ainsi abonnés à la bibliothèque et peuvent visiter le musée librement. Cette bibliothèque est spécialisée en histoire de l’art et conserve 5 375 ouvrages. Deux fonds d’archives (Morisot et Mermillon) sont également consultables.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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