Musée Ahmed Zabana (Oran)

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35° 41′ 45″ N 0° 38′ 43″ O / 35.695874, -0.645318

Musée national d'Oran.jpg

Le Musée national "Ahmed Zabana" d'Oran[1] (ex-musée Municipal d'Oran puis Demaëght) est créé en 1885[2] par une Société savante dénommée à l’époque, Société de géographie et d’archéologie de la province d’Oran.

Historique[modifier | modifier le code]

L’idée de la création d’un musée dans la ville est venue au commandant Demaëght (archéologue et épigraphiste), qui réunit en 1882 divers objets qu’il a répartis en trois sections : numismatique (13 pièces), antiquités romaines et africaines (16 pièces), histoire naturelle[3], auxquels s'ajoutent dès l'ouverture du musée les deux superbes mosaïques romaines de Portus magnus déplacées du site du "Vieil Arzew", commune de Saint-Leu (Bethioua)[4]: la grande mosaïque en quatre tableaux, et la petite représentant le départ de Bacchus vers les Indes[5]. D’autres sections s’ajoutèrent plus tard, il s’agit de préhistoire et ethnographie, peinture, sculpture, dessins originaux et gravures. Un local approprié s’imposait alors. Édifié en 1933, le bâtiment actuel, sis 19 Boulevard Zabana, fut inauguré officiellement le 11 novembre 1935 dans les locaux du Palais des Beaux Arts et sera dénommé « Musée Demaëght ». Ce palais comprend le musée, la bibliothèque municipale, ainsi que l'école des Beaux Arts. A l’indépendance, le musée fut confié à l’Assemblée Populaire Communale de la Ville d’Oran jusqu’en 1986. Depuis il est sous la tutelle du Ministère de la Culture et a été rebaptisé « Musée National Ahmed Zabana » en hommage à ce grand martyr de la révolution.

Les collections[modifier | modifier le code]

Le musée abrite plusieurs sections, parmi lesquelles :

Section des Beaux Arts : une importante collection s’y trouve, bien que ne bénéficiant malheureusement que de peu de moyens, est reconnu internationalement comme ayant reçu en dotation l'essentiel des œuvre de l'ancien "Musée des Beaux Arts d'Oran", et notamment une collection importante de peintres franco-algériens ou y ayant travaillé tels qu'André Suréda (donation de la veuve de l'artiste en 1948[6]), ou de pensionnaires de la villa Abd el Tif[7]. On y trouve des œuvres de peintres célèbres de l'École d'Alger, comme Jean Launois, André Hébuterne, Maurice Bouviolle, Léon Cauvy, Marius de Buzon, Pierre Deval, Léon Carré, Paul Elie Dubois ou Georges Halbout du Tanney, ou le fondateur de la peinture algérienne moderne Azouaou Mammeri, sans oublier le peintre corse Dominique Frassati avec une Maternité.

Les œuvres du XIXe siècle des écoles européennes. Le XIXe siècle reflète le romantisme hérité de Delacroix, chez Fromentin (paysage de Laghouat) et Dehodencq (le conteur), l’orientalisme chez Marilhat (la caravane), Gustave Guillomet (paysage d’Oran), etc. Des œuvres de diverses tendances modernes se croisent, telles que l’impressionnisme et le surréalisme. La peinture algérienne occupe une place de choix et constitue un ensemble national remarquable témoignant de la vitalité de l’art algérien depuis le début du XXe siècle jusqu'à nos jours. Section art musulman: choisis parmi les monuments les plus caractéristiques qui montrent l’évolution civilisationnelle des différentes dynasties musulmanes du Maghreb, en particulier celles de l’Algérie et du Maroc, ainsi que de l’Andalousie.

Section El Moudjahid : elle a été inaugurée le 19 août 1986 en hommage aux martyrs qui se sont sacrifiés pour l’Algérie. Cette section regroupe les témoignages de la révolution (1954-1961). S’y trouvent, en particulier, les archives de la wilaya V.

Section numismatique : les collections de cette section retracent l’histoire des peuples nord africains à travers le temps, de l'antiquité jusqu'à l'époque moderne.

Section préhistoire : cette section renferme un nombre important d’industries lithiques. La diversité instrumentale, témoin du passage des hommes primitifs sur le sol algérien, et en particulier à l’ouest.

Section du vieil Oran : de Unica Colonia à Wahran, en passant par Ifri, l'histoire d'Oran remonte au delà de la conquête arabe. La section renferme des collections témoignant de son passé pendant les différentes périodes.

Section ethnographie : les collections ethnographiques renferment les vestiges matériels des composantes ethniques du Maghreb, notamment de l’Algérie, du Maroc et de la Tunisie.

Section histoire naturelle : les collections appartiennent à la zoologie, à la botanique, à la minéralogie, à la paléontologie et à l’anatomie comparée[8].

Références[modifier | modifier le code]

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  1. Site officiel du Musée National Ahmed Zabana
  2. Le 5 mai 1885 - Source: Bulletin de la Société de Géographie et d'Archéologie de la Province d'Oran - Tome XVIII° 1898 - page XIV
  3. Site sur le musée Ahmed Zabana [1]
  4. "Bulletin...", opus cité
  5. Article de Louis Demaëght sur Portus Magnus paru dans "Bulletin trimestriel des antiquités africaines -1884- page 117
  6. Elisabeth Cazenave ; Les artistes de l'Algérie ; 2001 ; p.416
  7. Cette villa d'Alger reçut de 1907 à 1961, en pension pendant deux ans, les lauréats d'un concours dit "Abd el Tif" réservé à de jeunes peintres métropolitains. Il s'agissait d'encourager leur intérêt pour l'Algérie. in Alger et ses peintres de Marion Vidal-Bué, 2000, p.240
  8. Musée national Zabana d'Oran