Murchison (météorite)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Murchison.
Météorite de Murchison
Un fragment de la météorite de Murchison en cours d'analyse.
Un fragment de la météorite de Murchison en cours d'analyse.
Caractéristiques
Type Chondrite
Classe Chondrite carbonée
Groupe CM2
Composition 22,13 % ; Fe, 12 % eau
Observation
Localisation Victoria, Australie
Coordonnées 36° 37′ 00″ S 145° 12′ 00″ E / -36.616667, 145.2 ()36° 37′ 00″ Sud 145° 12′ 00″ Est / -36.616667, 145.2 ()  
Chute observée Oui
Date 28 septembre 1969
Découverte 1969
Masse totale connue 100 kg

Géolocalisation sur la carte : Australie

(Voir situation sur carte : Australie)
Météorite de Murchison

Murchison est une météorite tombée le près du village de Murchison en Australie à une centaine de kilomètres au nord de Melbourne. Cette météorite est célèbre pour avoir changé notre conception de l'origine de la vie de par la présence de nombreux composés organiques, ainsi que des acides aminés qui sont à la base du vivant. Ces découvertes tendent à démontrer la possibilité d'une origine extraterrestre des composés de base qui constituent la vie sur Terre[1].

Météorite[modifier | modifier le code]

La météorite est une chondrite carbonée appartenant au groupe CM selon la classification des météorites. D'une masse totale d'environ 100 kilogrammes elle contient 10 % d'eau et 2 % de carbone[2].

Éléments organiques[modifier | modifier le code]

Plus de 70 acides aminés ont été trouvés, dont l'alanine, la glycine, la valine, la leucine, l'isoleucine, la proline, l'acide aspartique et l'acide glutamique qui sont présents dans les protéines terrestres. L'hypothèse de la formation des composés est une série de réactions chimiques dans l'espace entre des précurseurs simples (HCN, NH3, H2CO) et de l'eau liquide[2].

Des purines et des pyrimidines ont également été trouvés. Ces molécules sont particulièrement remarquables parce qu'elles sont les bases de l'ADN et de l'ARN qui constituent le matériel génétique de tous les êtres vivants sur Terre[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1953, les scientifiques Stanley Miller et Harold Clayton Urey réalisent l'expérience de Miller-Urey qui révèle que des composés organiques peuvent être obtenus dans certaines conditions à partir de composés inorganiques. Le fait que nombre de ces éléments composent les protéines tend à démontrer que la vie peut ne pas avoir une origine extraterrestre. Mais la survenue de la météorite de Murchison plus de quinze ans plus tard remet en question cette conception sur l'origine de la vie.

C'est le vers 11h que la météorite s'écrase près du village de Murchison sur une surface de 13 km2 environ[4]. Ce n'est pas la première météorite de ce type, mais les circonstances de sa collecte et les évènements en cours à l'époque en ont fait la plus importante. Sa collecte a été rapide et réalisée notamment par des riverains, ce qui a réduit les risques de contamination. Concernant les évènements de l'époque, la chute de la météorite intervient seulement deux mois après l'atterrissage d'Apollo 11 sur la Lune, ce qui fait que des laboratoires étaient parfaitement équipés pour analyser des fragments extraterrestres. Ce travail est dans un premier temps réalisé par l'équipe de Keith Kvenvolden du Ames Research Center de la NASA, qui en 1970 et 1971 révèle la présence de 18 acides aminés[1],[4].

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Jeremy Bailey, « The Murchison Meteorite », sur Institut d'astronomie de l'Université de Cambridge (consulté le )
  2. a et b Sciences et Avenir, hors-série de juillet et août 2007
  3. (fr) Laurent Sacco, « Les briques de l'ARN ont-elles une origine extraterrestre ? », Futura-Sciences,‎ (consulté le )
  4. a et b (en) Glenn A. Goodfriend, Matthew Collins, Marilyn Fogel, Stephen Macko et John F. Wehmiller, Perspectives in Amino Acid and Protein Geochemistry, Oxford University Press US,‎ 2001, 366 p. (ISBN 0195135075, lire en ligne), p. 19